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CRÈME DE TARTRE SOLUBLE

Crcmor tarlari solubilis.

La crème de tartre étant peu soluble dans l’eau , on préfère très-souvent le sous-carbonate de soude, ou la crème de tartre combinée au borax; cette préparation est appelée crème de tartre soluble. On l’obtient en faisant bouillir huit parties de tartrate acide dépotasse, et deux parties d’acide borique dans quarantehuit parties d’eau pure. Dans cette combinaison, il y a dissolution complète du sel et de l'acide. La crème de tartre ainsi préparée -se, dissout en deux ou trois parties d’eau froide. L’action de ce sel et sa dose sont lès mêmes que celles de la crème de tartre.

SEL D’ANGLETERRE, ou sulfate de magnésie.

(S al anglicum vel suif as magnesiœ.)

§ I. Caractères physiques. — Le sulfate de magnésie, connu sous les noms de sel amer, sel d’Angleterre, sel d'Epsom, de Sedlitz , d’Egra, de Scheydschulz, et de sulfate de protoxyde de magnésium, est un sel blanc, cristallisé en beaux prismes rectangulaires à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces. H est très-amer et désagréable au goût; il eflleurit lentement à l’air sec. Il existe dissous dans plusieurs eaux minérales qui lui ont donné leur nom. Celui qu’on rencontre dans le commerce est toujours plus ou moins impur, il renferme d’autres substances salines. Les pharmaciens s’en servent pour préparer là magnésie pure on carbonatée. Ce sel existe dans plusieurs montagnes d'Europe , dans les Alpes, dans la Suisse , les Apennins, etc.; on en a même rencontré à Montmartre. Toutefois celui qu’ou

MAGNÉSIE

relire en grand des montagnes de Seslri dans la Ligurie, cl qu'on prépare à l’aide d'un procédé ingénieux de J. Mojon , est le plus estimé en Italie à cause de sa pureté (09).

tj II. Notions chimiques. — Ce sel neutre est formé , d’après Henry et Daltou, de 38 parties d'acide sulfurique, 18 de protoxyde de magnésium et de 4 S parties d’eau. Les alcalis en précipitent plus ou moins la magnésie; l’alcool ne le dissout pas. A la température rouge cerise , une petite quantité de ce sulfate est décomposée en oxygène et en acide sulfurique qui se dégagent, et en magnésie qui reste libre ; le contact des acides ne lui fait subir que fort peu d’altération.

§ III. Effets sur l'homme bien portant. — Le sulfate de magnésie pris à petite dose , à jeun , détermine une sorte de faiblesse, de langueur d’estomac, réveille l’appétit, excite la soif, et bientôt après la sueur; on note aussi parmi ses effets de fréquentes envies d’uriner. Audessus de 15 grammes (1/2 once), il est purgatif, donne lieu à des évacuations liquides qui , cependant, ne se répètent pas long-temps. Au-dessus de 45 grammes (4 onces et 1/2), ce sel provoque de fortes nausées et même le vomissement.

Néanmoins, j’en ai vu donner jusqu’à 60 grammes en une seule fois sans causer ni vomissements , ni purgations ; mais à leur place se sont déclarés tous les symptômes d’une hyposthénie générale ; savoir : frisson , pâleur, impuissance du mouvement, tremblements dans les membres, défaillances répétées. Chez nnè autre personne plus délicate , ces phénomènes ont été plus intenses encore et accompagnés de vomissements; mais sans évacuations alvines, quoique la dose du sel ne fût que de 45 grammes.

§ IV. Effets dans les maladies. — Le sulfate de magnésie est généralement regardé comme un excellent purgatif , et il est employé comme tel contre la constipation et l’embarras des premières voies. Il existe cependant un grand nombre d’autres affections dans lesquelles ce sel est administré avec avantage ; telles sont, par exemple, les indigestions, les gastrites chroniques, l’hydropisie , les

(69) Alibert, Nouveaux éléments do thérapeutique, vol. i, p. 357, première édition. Memoria sopra il soif, di magnesia di J. Mojon. Genova, 1804.

congestions cérébrales , etc. Les auteurs qui ne voient dans ce remède que la seule action purgative le croient contr’indiqué dans toutes les affections accompagnées de tendance à la diarrhée et aux hémorrhagies intestinales. Plusieurs praticiens, craignant la stimulation de ce sel, le proscrivent rigoureusement dans toute affection inflammatoire des intestins. Selon nous, ces médecins sont dans l’erreur, car, je le répète , les maladies dans lesquelles ils le prescrivent ne sont pas les seules où il convient; il y en a bien d’autres dans lesquelles ils le croient nuisible et où il est pourtant utile. L’avantage qu’on en retire n’est pas dû à sa propriété purgative, car celle-ci n’est pas le résultat de l’action Véritable et primitive du sulfate de magnésie , quoique les évacuations suivent fréquemment son usage. Nous avons déjà fait observer que parfois des effets opposés en apparence ont lieu par l’administration du sulfate de magnésie , et que les évacuations alvines manquent complètement lorsqu’il est donné à fortes doses. Il m’est arrivé , ainsi qu’à d’autres" (70), de voir la diarrhée ou la dysenterie s’arrêter sous l’influence du sulfate de magnésie ; d’où* on aurait pu inférer que ce sel , loin d’être purgatif , est un véritable astringent. Enfin , ou obtient , chez l’homme bien portant,, des effets tout-à-fait analogues à ceux du tartre stibié, c!est-àdire hyposthéniques. Il pourrait exister quelque doute concernant l’action mécanique, irritante , locale , de ce sel. Pour éclaircir ce point, j’ai appliqué sur des parties externes enflammées et douloureuses une solution de sulfate de magnésie, et j’en ai retiré de fort bons effets, comme quand on applique le bain de Sfilimucker. J’ai usé de cette même solution sous forme de collyre dans dek cas d’ophthalmie aiguë, avec le même avantage que lorsqu’on fait usage des décoctions émollientes et des applications froides. En 1824, la colique inflammatoire régnait d’une manière épidémique dans mon pays natal; j’en fus atteint moi-même. J’ai eu recours à 40 grammes de sulfate de magnésie , à l’instant même les douleurs les plus aiguës qui me tourmentaient ont cessé comme par enchantement; les ayant senties de nouveau plus tard, j’aï eu

(70) Trousseau et Parmentier, Archives générales de médecine, mai 1822,

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encore recours au sel de magnésie, et elles cessèrent aussitôt pour toujours. J’ai guéri plusieurs personnes de la même manière; et mon confrère, le médecin communal , à qui j’ai fait part de mes succès , a de suite mis de côté les remèdes huileux dont il se servait et s’est parfaitement bien trouvé du sel d’Epsom, sans omettre, bien entendu, au besoin, la saignée, etc. Depuis celte époque, je n’ai plus ücsÜé à regarder le sulfate de magnésie comme un hyposlhénisant enlérique , et comme un secours précieux contre 'toute espèce d’inflammation de l’estomac et des intestins. Je l’ai cm.ployéavec un très-grand avantage contre la sub-gastrite (gastralgie, pyrosis, gastricisme), la gastrite la plus intense, la sub-entérite (colique, diarrhée hypersthénique), l'entérite véritable accompagnée de météorisme, de dysenterie et même de phénomènes nerveux. Je l’ai administré tantôt seul, tantôt après la saiguée Ou les boissons glacées., selon l’intensité de la maladie. Le compterendu des quatre dernières, années de notre clinique, publié par le docteur Mugna, constaté précisément les bons effets que j’ai retirés de ce médicament dans plusieurs maladies.

§ Y. Appréciation de V action. — Les effets du sulfale de magnésie observés sur l’homme bien portant prouvent que son action est très-analogue à celle du tartte stibié, c’est-à-dire liyposlbénisanlc vasculaire. Mais la dose qû’on prescrit ordinairement fait sentir plus directement son action sur les intestins; aussi Lavons-nous placé parmi les hyposthé^.

nisants entériques. Nous avons déjà expliqué comment l’action de ce’ sel détermine des effets purgatifs, et comment cette même action peut produire -des effets opposés, c’est-à-dire arrêter, empêcher les évacuations afvines préexistantes. On comprendra ce phénomène en se rappelant que l’état mhrbide qui déterminait les évacuations était hyposthénique, et qu’il devait cesser aussitôt que cette condition était enlevée par le remède; comment enfin les auteurs se trouvent dans l'erreur lorsqu’ils assignent au sulfate de magnésie une véritable propriété purgative. Nous croyons avoir démontré en effet que ceteiïetcst toujours secondaire à l’action dynamique primitive, effet qui peut manquer par conséquent, et qui n’est pas d’une importance capitale dans l’action du remède.

§ yi, Action mécanique . — > Le sul-

fate de magnésie dissous dans l’eau est fi peu irritant que les parties enflammées et douloureuses non-seulement en tolèrent l’application, mais même en éprouvent un grand soulagement.

§ VIL Mode d' administration .• — La dose du sulfate. de magnésie dissous dans l’eau tiède est communément de 3 0 grammes (1 once) ; on peut cependant la porter jusqu'à 45 dans certains cas, et toutes les fois qu’on veut obtenir un effet h y péslhcnisant entérique énergique. On donne 4 ii G grammes de ce sel, plusieurs fois dans lajournée, lorsqu’on veut obtenir un effet hyposlhéiiisanl vasculaire, plus léger, mais général. Dans ce dernier cas , ou persévère dans l’adminislration du sulfate de magnésie pendant plusieurs jours.

Pour corriger le goût désagréable de ce sel, on a proposé de le combiner à un huitième d’acide sulfurique étendu.

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