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CARBONATE DE MAGNÉSIE

( Carbonas magnésien.)

Le sous -carbonate de magnésie, qu’on appelait jadis magnésie blanche, craie magnésienne, magnésie aérienne, poudre deSentinelli, terre magnésienne, magnésie effervescente, etc., résulte de la combinaison de l’acide carbonique et de la magnésie. Ce sel se trouve raremt’ t. pur dans la nature; le plus souvent, on le rencontre à l’état de carbonate double de magnésie et de chaux. Lorsqu’il est pur, il est blanc , léger, doux au loucher, insipide, inaltérable à l'air, presque insoluble dans l’eau; à la chaleur rouge, il perd l’acide carbonique, et laisse l’oxyde de magnésium à l’état de pureté (magnésie calcinée). — A cause de l’acide carbonique qui peut facilement s’eu dégager, son action est plutôt cardiaque que vasculaire; elle ralentit le pouls, détermine facilement une surséeréfion urinaire et des évacuations alvines. Ces effets sont encore plus évidents si l’on sc sert du bi-carbonatc de magnésie, avec addition d'une petite quantité d’acidc sulfurique délayé. Dans ce cas , on obtient une excellente eau gazeuse artificielle, qui est préférable a l’eau de Sellz.

Formulcs-mod'clcs.

% Bi-cnrbonntc de magnésie , 24 grammes (0 gros).

Dissolvez dans 270 grammes d’eau distillée (9 onces). -

GiucominL

D’autre part :

2j. Acide sulfurique, 2 grammes ( f/2

gros).

Eau distillée, 90 grammes (3 onces).

Donnez ii petites doses, en mêlant, au lit du malade, une portion de la solution magnésienne, avec une portion de l’acide, cl failes-la lui prendre pendant l’effervescence.

Potion dite digestive.

2\. Sous-carbonate de magnésie,

Acide tantrique, parties égales.

Sucre à la fleur d’oranger, une partie.

Mêlez.

On prend une bonne prise de celle poudre, un peu avant le repas.

Il est des individus qui ont de la difficulté à avaler la magnésie dans l'eau ; on peut alors la leur prescrire sous forme de tablettes.

2). Magnésie calcinée, ou bien, bi-carbonale de magnésie, deux parties.

Sucre blanc pulvérisé, quatre parties.

Mucilage de gomme préparée avec l'eau de fleurs d’oranger, q. s. pour confectionner.

Des pastilles d’un ou deux grammes chaque.

A prendre cinq à six par jour.

SÉNÉ. ( Folia sennev.)

§ Ier. Caractères physiques. — Origî nuire de la liante Egypte, mais actuellement cultivée en Italie, la cassiascnna , delà famille des légumineuses(décandric monogynie, Lin.) , est un arbuste d'un mètre environ ; en médecine on nesc sert que de ses feuilles et tic scs follicules. On en connaît dans le commcrccdcux varié tés principales: le séné oriental ou d'Alexandrie, et le séné d’Italie ; le premier a les folioles ovales, lancéolées, d’un vert I’êle ou jaune ; le second a des feuilles obovées d’une couleur plus vive. Tous les deux sont peu odorants cl d’une saveur légèrement aigre et amère.

§ II. Notion1; chimiques. — Lassaignc et Fenetille, qui ont analysé les différentes espèces de séné, ont retiré de celte piaule un principe nouveau qu’ils ont nommé calliarlinc et qui paraît être le principe médicinal actif; plus, de la chlorophylle , une huile grasse, une

514 rhubarbe.

huile volatile en petite quantité, de l’albumine, un principe colorant jaune , du mucilage, de l’acide malique , du mainte et du tartrale de chaux, de l’acétate de potasse, et des sels minéraux.

( Note d. trad.) [La calliarline pourrait être , d’après de Candolle, le même principe actif, cathartique, qui se retrouve dans les parties hei bacéesde toutes les légumineuses plus ou moins fétides, et qui a été signalé sous divers noms dans la cestie , l’anagéris , la caroniile bigarrée. (Y. de Candolle, Phys, végé!., t. n , p. 352.) Righini décrit ainsi ce principe paiticulier nouveau, qui! nomme seni/ic .- substance différemment composée, d’une saveur amère, dégoûtante; d’une couleur jaune foncée ; d’une odeur sui generis , non cristallisée, soluble dans J’alcool et dans l’eau [a). On peut prescrire la calhartine ou scnine comme purgatif à la dose de 25 à 30 centigrammes (5 à 10 grains), selon l’âge et la constitution du malade, soit en pilules, soit en électuaire.]

§ III. Effets su r l'homme bien portant et sur l'homme malade. Appréciation de l'action. — Trois heures après avoir pris du séné , on a des évacuations alvines abondantes , qui deviennent liquides à mesure qu’elles se multiplient. L'administration de ce remède est quelquefois suivie de coliques , lesquelles n’ont pourtant lieu que lorsque les intestins se trouvent dans un état de sensibilité morbide ou de surexcitation ; on comprend par conséquent que ces coliques ne sont dues qu’au passage un peu brusque des matières fécales à travers les intestins. Les personnes délicates, les femmes grosses , les enfants même , supportent très-bien , sans éprouver aucune douleur, l’effet du séné. Nos ancêtres ne craignaient pas de le donner dans toutes les maladies inflammatoires, lorsqu’ils voulaient obtenir des évacuations alvines. De nos jours ce médicament n’est plus aussi usité; on préfère d’autres purgatifs. Il y a pourtant des cas dans lesquels le séné mérite la préférence. Nous avons de fortes raisons pour croire qu’à l’instar des substances dont nous venons de parler, le séné jouit d’une vertu hyposlhénisante entérique assez énergique.

jj 1 V. Mode d'administration. — On

(a) Righini, Comment, di prepar. far- |nac. Milano, 1838, p. 248.

ordonne rarement le séné en poudre. La dose est de 2 à C grammes (1/2 gros à

1 gros et 1/2). Communément on l’administre en infusion chaude ou en décoction à la dose de 4 à 8 grammes (i ou

2 gros), dans 180 ou 240 grammes (C à 8 onces) d’eau. Le séné est un remède d'autant plus commode qu’on peut le donner sans que le malade s en aperçoive, ce qui est très-commode, surtout" chez les enfants. On le fait infuser ou cuire dans le bouillon de la soupe ou dans du calé. Je suis parvenu de celte manière à donner du séné pendant plusieurs jours à des enfants, sans qu’ils s’en doutassent. On obtient le café de séné par l’infusion bouillante de ses follicules passée avec expression.

(Note d. trad.) [On fait cuire aussi les follicules de séné avec des pruneaux; les enfants prennent ces fruits et leur jus ainsi préparé avec plaisir. — On sait que la poudre de séné entre comme partie constituante du catholicum double des anciennes pharmacopées de l électuaire , appelé lenitif , des pilules de Fuller, etc. On administre aussi le séné en lave-r ment , à la dose de 120 à 240 grammes, qu’on associe ordinairement à de la manne grasse , ou à des sels purgatifs. On joint souvent le séné à des purg?-‘ifs plus doux, tels que la pulpe de casse", le tamarin, la manne en larmes, etc. Le séné est souvent sophistiqué dans le commerce. IY1. Guibourt a fait des expériences curieuses pour reconnaître ces falsifications.]

RHUBARBE. (Radix rhei clccti.)

§ I". Caractères physiques. — Sans entrer dans la question des botanistes, de savoir si la racine de rhubarbe appartient à l’une ou à l’autre espèce de rheum , ou si on la tire indistinctement de diverses espèces , telles que le rheuin emodi , le pulmalum, le compactum , ou Vondulatum , lesquelles appartiennent loutesà la famille des polygonnées. genre de l’ennéandrie trigynie, Lin. ; nous dirons qu’on trouve dans le commerce trois qualités de racine de rhubarbe.

La première, la plus estimée et la plus rare, est celle de la Chine ou des iu.Jes. Elle est ordinairement en morceaux arrondis, écorchés, de couleur jaune sale

bhobakbe.

à l’extcrieur, et d’une texture compacte. Ces morceaux ont ordinairement un petit trou, dans lequel on faisait passer la corde pour les suspendre pendant la dessiccation. Elle présente dans son intérieur une membrane serrée de couleur briquetée terne. Elle craque sous les dents, et colore la salive en jaune orangé; sa saveur est amère. Pulvérisée, elle tient le milieu entre le fauve et l’orange.

La seconde qualité est celle de Moscou, qu’on appelle aussi de Tartarie ou de Russie , et, que l’on croit native de la Tartarie chinoise ; elle nous arrive par le commerce qu’on a avec ces contrées.

On la reçoit communément en morceaux un peu aplatis, anguleux, irréguliers, marqués d'un grand trou ; couleur jaune pure à l'extérieur, marbrée de veines rouges et blanches, irrégulières, quelquefois disposées en étoile. Sa texture est moins compacte que celle de la précédente ; odeur très prononcée, saveur amère, astringente. Sa poudre est d'une couleur jaune. Celte rhubarbe est la plus usitée.

La troisième espèce est l’indigène, ou rhubarbe d’Europe ; elle est en morceaux plus gros et plus longs que les précédents, d’une texture plus ligneuse, d’une couleur rosée en dehors, d’une odeur moins forte, d’une saveur plutôt slyptique qu’amère, ne croquant presque pas sous la dent ; c’est la qualité la moins estimée.

§ IL Notions chimiques. — L’analyse de la rhubarbe du professeur Peretti a fourni une résine, du tannin, une huile grasse, une huile volatile, une substancecolorante jaune, de la gomme, du sucre, de l’acide malique et des sels à base de chaux. D’autres chimistes y ont reconnu d’autres principes particuliers; Anderson y a trouvé un acide qu'il a nommé rheumiqui r; Henri a jugé la matière colorante jaune d’une nature particulière, qu’il a nommée cafopiciile ; une substance analogue a été trouvée parPialT, dite rhubar burine. Caventou en avait déjà séparé un principe immédiat, qu’il avait nommé rliubarbnriu. Vendit! a appelé rhrina le principe colorant qu'il y rencontra. Rossi, Nani et Rudolfi préparèrent avec la rhubarbe un sel , qu’ils nommèrent sulfate de rhubarbarine. — On peut déduire de ces analyses que la rhubarbe contient un principe particulier, soluble dans l’alcool , et même, selon quelques personnes, dans l’eau, d’une couleur jaune, foncée, brillante, amère; d'une odeur désagréable.

§ II T. Effets sur l homme bien portant. — L’ellèt le plus immédiat qu’on obtient de la rhubarbe prise intérieuiement, c’est la teinte jaune des urines , penchant vers le vert brun , comme chez les ictériques. Celte même coloration a été aussi remarquée dansla sueur (71). Chez les nourrices, le lait acquiert aussi une couleur jaune , une saveur amère et les qualités médicinales de la rhubarbe (72). L'appétit auginenie, et l’on éprouvesouvenl un sentiment de vide à l’estomac. Si la dose est assez élevée, il se déclare, après plusieurs heures de son usage , des évacuations alvincs,ni trop liquides ni trop abondantes; elles n’ont cependant pas toujours lieu , car Frilze, ayant administre à six individus 4 grammes de rhubarbe à chacun , trois seulement eurent quelques évacuations, les trois autres n’éprouvèrent rien , mais ils urinèrent beaucoup. Aucun n’éprouva de douleurs d’eulrail les, ni le moindre dérangement abdominal (73). Que l’action de la rhubarbe soitpurgativesans être échauffante, c’est un fait admis aussi par ftlérat et par Delens (74). La rhubarbarine ou son principe actif, que Tagliabo a administré à la dose de 50 à 00 centigrammes, produit des évacuations abondantes de ventre, mais sans douleurs (75).

Je me suis soumis dernièrement moimêine à l’action de la racine de rhubarbe. J'en ai pris I 2 grammes en pondre, infusés dans de l'eau, le soir avant de me coucher; mon pouls buttait soixante- huit fois par minute. Après une légère nausée, je suis resté vingt minutes à lire tranquillement, sans éprouver d’autre malaise que quelques rots, qui me renouvelaient la nausée. Alors j’ai uriné, et j’ai conservé ce liquide à part ; le pouls était à soixantequatre. Après vingt autres minutes, le pouls tomba à soixante, et je commençai à éprouver un malaise général, notamment vers l’estomac, que je ne saurais pas définir. Une heure plus tard, j’ai eu quelques envies de vomir, quoique la nausée duc à la mauvaise saveur de la drogue

(71) Menzel, Eph. nat. cur., an. 7, 8, obs. 38, p. 110. — Tellingius, IUinbarbarologia Francfort, p. 218.

(72) Paullini, Obs. med. pbys., cent, r, obs. 20, p. 30.

(73) Annal., t. i, p. 304.

(74) Dict. univers, de mat. méd. , t. vi, p. 6G.

(75) Journal de pharmacie, vol. xiv, p. 650.

BHCBABBE.

eût cessé. Je suis resté tranquille encore une demi-heure, en m’explorant le pouls, qui donnait tantôt soixante, tantôt soixanle-un battements; je faisais tous les efforts possibles pour ne pas vomir. Bientôt, je fus pris par le sommeil. Le besoin d’uriner m’éveilla, ce qui m’arrivait rarement pendant la nuit, trois heures et demie après avoir pris le remède. Le pouls ne battait plus que cinquante-huit, et le malaise avait cessé. Je me rendormis aussitôt après , pour ne m’éveiller que quatre heures plus tard. J’ai trouvé mon pouls à cinquante-quatre; ma bouche était sèche, et j’aimais rester au lit, contre mon ordinaire, éprouvant un véritable besoin de repos. Dans la matinée, j’ai eu une évacuation naturelle, à l’heure ordinaire. Le restant de la journée se passa sans aucune particularité. Ayant trempé un linge blanc dans l’urine , il prit une teinte safranée plus marquée encore dans la seconde urine. Quoique la dose de la rhubarbe fût assez forte , je n'ai pas éprouvé la moindre douleur ni irritation dans aucune partie du corps.

— Que penser donc des pharmacologues qui, parmi les effets de la rhubarbe, énumèrent les irritations, les douleurs d’entrailles , les inflammations d’estomac , l’accélération du pouls et la fièvre ? Nous pensons qu’ils ne les ont jamais observés, et qu’ils ont noté ces effets hypothétiquement, ou en prenant pour effet de la rhubarbe ce qui dépendait d’autres circonstances, soit morbides, soit accidentelles. Nous avons aussi observé plusieurs fois , chez certains malades , que les évacuations obtenues au moyen de la rhubarbe étaient précédées, ou accompagnées, de douleurs intestinales, ou de coliques; mais nous n’avons pu les attribuer à l’action directe de la rhubarbe, puisqu’elles n’ont eu lieu que plusieurs heures après son administration , lorsqu’elle avait déjà été digérée et absorbée, et que les matières étaient déjà sécrétées et prêles à être évacuées. Comment ne pas voir dans le passage rapide de ces mêmes matières, d’un point à un autre de l’intestin, la cause véritable et immédiate des douleurs de ventre, ainsi que nous les avons vues naître pour avoir pris une huile purgative , de la manne, du tamarin et autres médicaments. —

^ IV. si p prédation de l'action, cl effets dans les maladies. — Un axiome thérapeutique, ignoré jusqu’à ces derniers temps, et que nous avons établi dans plusieurs endroits de ce traité, c’est

que tonte substance, pour agir sur l’économie animale, comme médicament, doit être absorbée, et pénétrer dans l’assimilation organique ; et que les évacuations qu on obtient par les substances dites purgatives, ne dépendent pas de l’action immédiate ou du contact du remède sur l’intestin, mais bien de l’effet dynamique qui a succédé à sa digestion et à son passage dans le torrent de la circulation. Nous avons une démonstration très-évidente de ce fait dans la rhubarbe, puisque nous la voyons digérée, absorbée, passée dans la circulation , dont partie est expulsée du corps bien avant que les intestins aient éprouvé son effet. Le premier effet apparent de la rhubarbe est la coloration de l’urine, par le passage des principes composant cette drogue dans ce liquide , principes qu’on rencontre dans l’urine quelques minutes après l’avoir avalée. On reconnaît ces principes ensuite dans la sueur, et assez promptement aussi dans le lait des nourrices.

(iV. d. tl'ad.) [Ces observations , devenues depuis long-temps triviales aux thérapeutistes au courant de la science, ne démontrent-elles pas tout le ridicule, pour ne rien dire de plus, des prétentions de M. Orfila qui vient aujourd’hui à l’Académie de médecine se donner presque pour l’auteur de la découverte de l'absorption des poisons et de leur retour par l’émonctoire urinaire ? Si ce chimiste eût jamais approfondi la science thérapeutique et les travaux véritablement importants qui existent en toxicologie, il s’abstiendrait de venir devant le premier corps médical de France se couvrir de ridicule en débitant avec une imperturbable assurance de pareilles matières.]

Les vaisseaux sanguins sont les premiers à éprouver l’action de la rhubarbe, car le pouls devient petit et lent. D’où l'on doit déduire que son action est hyposlhénisanle Pourtant si l’estomac n’e>t pas le premier, il est toujours l’organe qui en ressent l’effet avec le plus de force. Lorsqu’on administre celte substance à petites doses, on éprouve un effet qu’on appelle corroborant. On dirait en effet qu’elle active les forces de l’estomac et favorise la digestion. Cela n’est cependant que le résultat de la cessation de l’orgasme morbide dans lequel se trouvait cc viscère, résultat qu’on obtient également par l'administration des substances antè-

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