‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 134 sur 168 · RHUBARBE · texte numérisé non relu

RHUBARBE

res dont nous avons parlé. Ainsi donnée à petites doses, la rhubarbe peut être regardée comme un remède hyposlhénisant gastrique. Mais à dose élevée, son action s’étend sur les intestins et devient hvposthénisante entérique, elle détermine îles évacuations alvines comme les remèdes que nous venons d’étudier. Il pourrait se faire que les ramifications de Ja veine porte , et conséquemment du ioie, en éprouvassent plus particulièrement l'efficacité, ainsi que le disent plusieurs pharmacologues; mais nous n'avons pas encore assez de faits pour appuyer cette doctrine.

L’action hyposlhénisante gastrique et entérique de la rhubarbe est constatée dlaillcurs par l’usage qu’en ont fait de tous temps les praticiens contre les maladies connues sous les noms de dyspepsie , indigestion, rojts , constipation jiypersthénique , etc. Ces affections ne sont, comme on sait, que des sub-phlogoses des viscères abdominaux , notamment du foie , si le mal s’oft’re sous forme d hypochondriase et avec jaunisse , flux de ventre, etc. Que dirons-nous maintenant des auteurs qui, en établissant une classe de médicaments purgatifs , Ja subdivisent en évacuants an ti-ph log istiques, et évacuants phlogistiques, et qui placent la rhubarbe parmi ces derniers ? Nous ferons premièrement remarquer que l’union de la rhubarbe avec les huileux, ou avec les sels neutres, donne des effets purgatifs plus forts que si on administrait ces substances séparément; et que, d’après leur manière de voir, l’un étant phlogisliquc , les autres anti-phlogistiques, les effets devraient de toute nécessités élider, se détruire réciproquement.

Nous ferons aussi observer que les anciens ont prescrit avec un grand succès ce prétendu purgatif phlogistique, dans des affections Iranclietnenl inflammatoires; et que Avicenne l’employait contre les flux chauds comme remède froid (70); que Furdycc (77) et Lentin (78) remarquèrent qu’il donnait du calme et procurait le sommeil; que Bergius a guéii avec la rhubarbe l’odontalgie (79);Jque contre la dysenterie (maladie bien cer-

(70) Tillingius, Rhabarbarologia.

Francf., p. 50. °

(77) Neu inq. int. the putrid. and innamm. fevers, p. 157.

(78) Beob. einig Krànkh.,p. 1(J1,

(70) Mal. nnid., t. i, p, 551.

tainement phlogistique), Degner trouva dans la rhubarbe un excellent remède (80), et qu’elle a été prescrite contre celle maladie par Alexandre de Tralles (Si), par Zimmermann (82), par Monro (83), par Clark (84); que Bicker a déclaré qu’il faut s’en servir quand il exisle des douleurs d’entrailles (85); que Hoffmann (80) et Bergius (87) prescrivent de l’administrer dans les diarrhées, lorsque les douleurs commencent à se faire sentir; que contre les aphthes des enfants elle a été recommandée par Rosenstein (88) ; et dans le tabès mésaraïque , avec tension abdominale par Linné (89) et par Fordyce(90); que dans la néphrite calculeuse et même dans l’ulcère des reins elle a été conseillée avec éloge par Hoffmann (9t); ces seuls faits suffisent déjà pour prouver que les personnes qui croient que la rhubarbe est un purgatif tonique ou phlogistique se trompent.

§ Y. Action mécanique.— Le caractère un peu résineux de la racine de rhubarbe pourrait, en séjournant quelque temps entre les replis de la muqueuse intestinale, occasionner quelquefois une légère irritation. On pourrait par là aussi expliquer les douleurs de ventre qu’on attribue à I usage de la rhubarbe. L’infusion et la poudre de rhubarbe ont une action mécanique si peu marquée, queHome(92) et V oigtel (93) l’ont vantée pour lotiou- 11er les plaies.

§ VI. Mode d! administration. — > II y a une méthode simple et très-usitée de prendre la rhubarbe; c’est de la mâcher et d’en avaler la salive à jeun.

Quand on peut s’habituer à l’amertume particulière de cette drogue, cette manière de l’administrer est la meilleure

(80) Ilist. dysent. bil. contag., p. 140.

(81) Lib. vu 1, c. 111.

(82) De opio, sect. 1 ir, p. 187.

(83) Diseases iubrilish. milit. hosnit

(85) Genoot

Lond.,

On the diseas. in bot. countr.,

Nozemann Verharidel. v. liet.

■ Rot., t. i, p. 455.

Opcr., t. v, p. Ü0.

Mat. niéd., 1. r, p. 547.

Om. Burns Juck-, etc., p. 45.

Amœn. Acad., t. ni, p. ‘228.

Ouv. c., p. 208, 227.

Op., 1. 11, I>. 1, p. G, 507.

Pracl. obs. 011 the treat. of uleors

(95) Aruncym., 2 Bd., 1 Abth., p. 502

jalai*.

pour l’estomac et les intestins. La dose ordinaire, en poudre, pour obtenir des évacuations alvines , est de 2 à 4 grammes ( 1/2 gros à 1 gros) , une plus faible dose agirait plutôt sur l'estomac. Les doses les plus élevées , 1 2 à 1 5 grammes, exciteraient le vomissement et agiraient comme liyposthénisantes cardiaco-vasculaires sans produire d’évacuations. La teinture aqueuse de rhubarbe qu’on prépare dans les pharmacies avec l'addition d’uu peu de sous-carbonate de potasse, pour empêcher qu’elle ne s'altère, peut être donnée à la dose de 30 à 60 grammes (i à 2 onces). La teinture alcoolique est moins active, à cause de l’alcool qui paralyse en partie l’action de la rhubaibc. L'alcool sert pourtant à dissoudre les principes résineux du médicament, et à empêcher qu’ils ne produisent des douleurs de ventre. On peut en prendre deux à quatre cuillerées à soupe ; elle est fort peu employée au reste.

L'extrait de rhubarbe u’est pas plus efficace que la poudre simple. Ordinairement on le prescrit à dose plus élevée, savoir : de 3 à 8 grammes.

Le sirop de chicorée composé contient de la rhubarbe ( ru pus cichorei cutn

r/ieo). 11 est très-employé pour les enfants , l’amertume de la rhubarbe étant corrigé par le sirop. On peut en donner 30 ou 60 grammes, selon l'àge, etc. ( 1 à 2 onces).

Formules-modèles.

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