‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 139 sur 168 · COMME · texte numérisé non relu

COMME

pas d’effet sur les intestins. Les anciens , notamment les Arabes, prescrivaient la scammonée h des doses beaucoup plus élevées que nous. Ce qui a fait penser que la scammonéc des anciens était moins efficace que celle dont nous nous servons; tandis que c’était précisément la dose très-élevée, qui produisait des effets généraux sur lesquels on ne portait pas l'attention, ne s’attendant à d’autre effet qu’aux purgations.

§ IV. Appréciation de l'action. — IVous nous bornerons à dire ici qu’administrée à haute dose, la scammonéc produit des effets hyposthénisants vasculaires, et, à petite dose , des effets hyposthénisants entériques.

§ V. Action mécanique. — Il n’est pas douteux que souvent la scammonée ne détermine des irritations intestinales. Celte particularité pourrait faire présumer, au premier abord, que la scammonée est un remède échauffant , stimulant , âcre , ou même presque corrosif. Mais il est évident qu’un pareil effet dépend de l’action mécanique des principes résineux que la substance contient , et qui sont, comme on sait, difficiles à digérer. Une pareille remarque n’échappa pas aux anciens qui, pour esquiver les douleurs de ventre , délayaient autant que possible la substance. De là les nombreuses préparations dont fourmillent les pharmacopées, et dont le but est de diviser à l’infini les molécules de la scammenée , afin de tempérer ses qualités dites irritantes. Ces composés ont été nommés par Célius Aurélianus diacides. Aussi voit-on dans les pharmacies anciennes des pois portant ces étiquettes : diagrydium sulfuratum , diagrydium cydoniatum , diagrydium rosatum, etc., suivant la nature du correctif employé, savoir : les fleurs de sOufre, le suc de coing, l'infusion de roses, etc. En administrant la scammonée sous forme de teinture dans laquelle la partie résineuse est entièrement dissoute , on prévient sûrement les coliques. On comprend par là que si elles dépendaient de son action exci'ante ou âcre , l’addition de l'alcool devrait immanquablement les augmenter. On comprend également que Hippocrate, Galien et d’autres aient employé avantageusement la scammonée comme topique , en poudre ou en décoction , sur des régions enflammées jet douloureuses (1 4).

(14) Murray, App. mcd., vol. 1, p.

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§ VI. Mode d' administrai io n . — Le soin principal qu’on doit avoir en prescrivant la scammonée , c’est de bien diviser ses molécules résineuses , afin de les rendre très-absorbables. Nous avons déjà dit que les anciens avaient imaginé à cet effet les diagrides. Un mélange plus rationnel serait de broyer exactement la scammonée avec des amandes douces et du sucre pour en faire émulsion, comme nous l’avons dit pour le jalap. — Si l’on veut obtenir des effets entériques, la dose de ce médicament est de 30 , 60 et même 75 centigrammes (6 à 15 grains).

Si on veut en retirer des effets hyposlhénisanls vasculaires , la dose doit être augmentée selon la tolérance de l’individu. Quand on ordonne la résine de scammonéc isolée des autres principes, on doit se borner à la dose de 15 à 20 centigrammes (3 à 4 grains). Une préparation très en vogue autrefois et dans laquelle entrait la scammonée est la poudre de tribus , poudre des trois diables ou poudre de cornachine ; elle est composée de diagride sulfuré, d'antimoniate de potasse, et de lartrate acidulé de potasse. On peut la prescrire à la dose de 1 ou 2 grammes (l à 2 scrupules). — La teinture de scammonée serait très-commode , si l’alcool ne mitigeait pas son action.

GOMME-GUTTE. (< Gummi-gullce .)

§ I. Caractères physiques. — La gomme-gutte qu’on rencontre dans les pharmacies est un suc épaissi qu’on obtient par suintement ou par des incisions de différents arbres de la famille des guttifères , qui vivent à Siaui et à Ceylan , et de quelques euphorbes , mais surtout de la cambogia gulta ( polyandrie inonogynie, Lin.). Cette substance s’offre dans le commerce sous forme de gâteaux de volume variable, d’un brun jaune à l’extérieur , plus foncé à l’intérieur, légère. friable, à cassure brillante et transparente , inodore, d’une saveur d'abord faible, puis acre et amère ; elle rend la salive lactée, ensuite d’un jaune sale.

Réduite en poudre, elle est également jaune , mais d’une couleur plus orangée.

§ II. Motions chimiques. — La meilleure analyse que nous possédons de la gominc-gutlc est celle de M. Rraconnot ;

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