Méral et Delcos, vol. vi, p
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elle donne 80 de résine soluble dans l’al-
cool , 1 9,5 de pomme soluble dans l’eau, et 0,5 de matières étrangères, insolubles dans les deux liquides. On peut la délayer dans les huiles fixes et volatiles.
§ lit. Effets sur les animaux. — Vu l’action très -énergique de la gommegutte sur l’économie animale , les pharmacologues se sont empressés de l’étudier sur les animaux. Danhenton l'a essayée sur les moutons , à la dose de 3 grammes environ ; il n'en a obtenu aucune-évacualion , aucun effet sensible à ses yeux. Ayant porté la dose à 8 grammes , il les tua-(i4). Orfila dit en avoir administré 8 et même iG grammes à des chiens sans produire d’autre effet que des vomissements légers. En leur liant l’œsophage, ils moururent promptement.
Cette substance appliquée sur des blessuresnedonna lieu nia des vomissements, ni à des évacuations alvines , ni à des phlogoses, mais la mort en a été la conséquence. Bien que d’après ces expériences l’action liyposthénisanle de la gommegutte soit clairement démontrée, ce dernier auteur n’a pas même su l’entrevoir, et il s’est avisé d’expliquer la mort des animaux par l’irritation sympathique du système nerveux. M. Orfila s’est imaginé que l’action de celte gomme-résine pourrait être assimilée à celle d’une brûlure qui tue sans produire d’eschare, ce qui est absurde (15). Assurément, personne n’a jamais vu une brûlure locale, avec ou sans eschare, produire une mort presque instantanée. Les énormes doses de gomme-gutte employées dans les expériences de VI. Orfila ont agi sur les contres vitaux et sur toute la constitution à la fois; des doses plus légères auraient produit des évacuations alvines, ainsi que je les ai obtenues sur un chat, auquel j’avais fait prendre dans sa soupe 30 centigrammes environ de gomme-gutte (7 grains).
(Note cl. trad.) [Ce qu’il y a de plus bizarre dans l’appréciation de l’action delà gomme-gutte par i\l Orfila, c’est que cet auteur soutient la non-absorption de celle substance. Ainsi, selon lui, les phénomènes d’empoisonnement ne sont produits que par une prétendue brûlure que la substance produit sur le tube intestinal.
(14) Mém. do la Soc. deméd. de Paris, t. iv, p. 2G0.
(15) Toxicologie, t. h, prem. partie.
Nous n’avons pas besoin de réfuter une pareille erreur. Si le docteur Orfila eût jamais bien compris l’enchaînement des phénomènes qui constituent un empoisonnement, il ne soutiendrait pas de pareilles extravagances (qui ont tant nui à la science et à la société).]
§ IV. Effets sur l'homme bien portant. — Il y a déjà huit ans que j’ai fait préparer une espèce d’elixir, dont je donnerai plus loin la formule , trèschargé de gomme-gutte. J’en ai pris moimême une quantité qui devait en contenir 5 centigrammes. A pareille dose, je n’ai obtenu que rarement quelque évacuation , mais j’ai éprouvé des faiblesses à l’eslotnac et un grand besoin d’alimenis Lorsque la quantité de la résine s’élevait à 20 ou 30 centigram- ■ mes (4 à 5 grains), j’éprouvais plu-sieurs évacuations alvines très -liquides. Deux fois j’ai porté la dose à i 20 » centigrammes (24 grains), je n’ai pas:
éprouvé d’évacuations ni aucun autre' effet ; mais j’ai oublié de m’explorer le pouls. J’ai répété la même dose,, j'ai celle fois éprouvé des nausées, et i j’ai vomi copieusement. Un jour j’étais; tourmenté par des douleurs d’entrailles,, j’en ai pris une gorgée qui contenait!
50 centigrammes environ de gommegutte ; le mal cessa presque aussitôt..
Un de mes amis dissipa des coliques^ intenses, qui le tourmentaient depuis:
deux jours, à l’aide du même moyen..
Ilahnemann avait observé que la gomme-gutte , à la dose de 75 centigrammes- (15 grains), ce*se d’être purgative pour: devenir diir'étique (15*).
§ V. Effets dans les maladies. — Rasori est le premier qui ail fait con-naifre la véritable action de la gommegutte. Son travail sur celte matière a été traduit en français par le docteur Fou-taneilles (16'. Les affections contre lesquelles Rasori employa la gomme-gutte,’ présentaient précisément tous les carac-tères de l’hypersthénie ou de l'inflammation. La dose qu’il prescrivait était!
énorme , et les résultats qu’il en a obtenus ont servi de base à la doctrine du contro-stimulismc. Les guérisons nombreuses qu’il a opérées ont d’autant plus-
(15*) Trad. liai, delà Mat. niedic. da Cullen, t. il, p. (V29-
(tG) Annali di scienxe a lettere, 1S 10, t. m, p. 104 et suir.