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I.ips

(60) Eph. nat. cur., dec. il, an, 10.

quentes et involontaires (CI); pâleur trèsprononcée de la figure (G?) et de tout le reste du corps, avec gonflement et rougeur nu visage (G3); chaleur interne et soif (04); grand assoupissement, létargie (05); faiblesse excessive du système musculaire (GG); pouls faible, petit (C7), filiforme (68), irrégulier (C9) , asphyxie

(70). La mort est arrivée, au dire de Van-Swieten, par quatre baies de belladone seulement. Il est des individus qui ont pu en tolérer jusqu’à dix ou douze.

Les cadavres des victimes de la belladone^ présentent la surface du corps bleuâtre, et même noirâtre; tous les tissus passent promptement à la putréfaction (71). Les traces légères d’une prétendue phlogose que quelques médecins ont cru remarquer ne sont autre chose qu’une coloration dépendant d’une stase passive du sang. Les intestins sont ordinairement distendus par des gaz, mais ils il offrent ni inflammation, ni autre lésion appréciable (72). On prescrit d’abord, contre cet empoisonnement, les vomitifs qui peuvent être utiles , puisque l’estoniac peut encore renfermer une portion du poison non encore digérée. Quelques praticiens prescrivent les purgatifs, dans le but de faire sortir la substance meurtrière par la voie du rectum. Mais ceux qui connaissent le mécanisme de la digestion savent que les purgatifs sont eux-

— Laurand, Jour, belladon 1831, déc.,

(61) Dumoulin, Journal de médecine, t. u, p. 129.

(62) Weichardt, Diss. de pliarm. rit.

const. Lips., 1776, p. 25.

(65) Albrecbt, Comni. litt. Nor.,1751, p. 552. Eph. nat. cur., t. n, obs. 60.

(61) Yalenlini, Àct. plivs. med., t. îr, obs. 119.

(65) Weichardt, I. c. • — Vierus, Do præst. Dæm., p. 515. — Yalenlini, cité.

(66) Sicel, Diatr. bot. médic. Jen., 1725. — Lewis, Yalenlini, 1. c.

(67) Hoffmann, Med. rat., p. 275.

(68) Faber, Mise. nat. cur., au. 9, 10, obs. 92. — Mangetli, Bibliot. med. pract., t. iv, p. 811.

(69) Lambert, Preslwich’s poisons, p. 152.

(70) Gilibcrt, Hist. des plantes d’Europe.

(71) Gmclin. V. giflig. Cew.rchsen.

Ulm, 1775.

(72) Gockel, Frank. Samml., 3 Bd., p. 44.

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mêmes absorbés avant d'agir. On comprend en conséquence combien il est absurde de croire qu’une substance vénéneuse puisse parcourir tout le tube intestinal sans être digérée et absorbée eu grande partie. Pour calmer les autres symptômes, on prescrit le vinaigre, les mucilagineux, le lait, et en général un traitement anli-plilogistique. On rapporte aussi plusieurs guérisons à l’aide de cette médication. En y réfléchissant, cependant, on verra que ces cas élaient très-légers et auraient guéri sans aucun secours. Celle médication peut , dans beaucoup de cas, produire beaucoup de mal. Roques s’est assuré que le seul usage du lait augmentait les symptômes de l’empoisonnement (73). Baldinger a vu un individu, qui était déjà un peu rétabli de l’empoisonnement par la belladone qu’il venait d’essuyer, mourir en un instant après avoir pris 70 centigrammes de tartre stibié (74), ce qui est facile à expliquer d’après notre doctrine.

L’expérience avait déjà appris aux anciens ce qu’une bonne philosophie pathologique nous démontre , savoir : que les effets toxiques de la belladone sont anéantis par les subslances hypersthcnisantes. Prosper Alpin et Lobe! avaient déjà remarqué que l’opium combiné à la belladone affaiblit l’action de cette dernière (75); Bonet traitait l'empoisonnement en question avec les alexipharmaques et les excitants (76) ; Camerarius aussi avait recours aux mêmes moyens (77) ; les excitants et la thériaque étaient prescrits par Faber (78), le vin par Schenk (79), les bézoars, les aromates et les huiles volatiles par Valentini

(80). Lippi compte plusieurs guérisons à l’aide du laudanum de Sydenham (81;; I.aurand sauva , au moyen d’une potion éthérée, un enfant qui avait pris 1 gram*

(73) Phytogr. mcdic., t. r, p. 231.

(74) Neuc Magaz. f. Herzt., 1 Bd., 1 st., p. 33.

(75) Cap. xlii, p. 51 .

(76) Polyalthes, 1G93, t. n, p. 575.

(77; 'VVepfer, llist- cicut. aquat. Bas.,

(78) Strychnom., p. 87.

(79) Obs. mcd.

(80) Eph. nat. cur., dec. iî, an. 10; obs. 118.

(81) De vcn. bacc. bellad, prod. atq.

- opii in eo usu. Tub., 1810.

me environ d’extrait de belladone (82).

De cinq individus qui avaient pris aussi de ce même extrait , et qui en éprouvèrent des effets plus ou moins graves , celui qui avait bu par-dessus du vin blanc en fut promptement délivré (83).

§ V. Effets dans les maladies. — Malgré les effets délétères de cette plante et les dangers auxquels son usage expose fréquemment, on t'emploie fort souvent en médecine. On l’a plus ou moins préconisée de tout temps contre les affections les plus opiniâtres, sans qu’on se doutât de son action véritable. Borda a été le premier à démontrer expérimentalement celte action , en employant celte plante au lieu de la saignée dans les maladies inflammatoires franches. Ses nombreux élèves ont été témoins oculaires des guérisons opérées par ce célèbre praticien à l’aide de la belladone; son traité de matière médicale renferme des exemples remarquables de pneumonites fort graves et autres maladies analogues traitées heureusement moyennant ce végétal et sans pratiquer une seule saignée. Il lui est arrivé aussi, en élevant la dose, de produire une sorte de délire ; mais ce praticien ne se laissa pas imposer par ce phénomène, car il avait observé que c’était là un effet passager du médicament, et il obtenait en attendant une diminution remarquable des symptômes propres à l’affection. 11 avait observé en oulre que le délire et la dilatation de la pupille ne se manifestaient jamais, tant que l’état hypersthénique de la maladie persistait : ils commencent à se déclarer lorsque l’état sthénique est sur le point de cesser tout-à-fait , on que le cerveau est moins hypersthénisé que les autres parties. De sorte que le véritable délire inflammatoire, dépendant de méningite, loin d’augmenter, diminue sous l’influence de la belladone. L’obscurcissement de la vue et la dilatation de la pupille qu’on regarde comme des effets propres de ce remède, ne se déclarent qu’autant que le délire morbide a disparu. On peut déduire de là que le délire produit par la belladone est de nature opposée à celui qui accompagne f encéphalite, c’est-à-dire qu’il est hyposthénique. Nous démontrerons bientôt que le

(82) Journ. hebdomad., déc. 1834, p. 521.

(83) Kœsller, Arch. généi*. de méd., déc. 1831,

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délire hypersthéniqne el celui produit par la belladone different essentiellement entre eux, et s’accompagnent de caractères qui ne permettent pas de les confondre.

En passant en revue les différentes affections dans lesquelles on a administré la belladone, soit avant, soit après Borda, nous trouvons qu’elles étaient toutes de nature plilogislique ou hyperslliénique.et qu'on pourrait les diviser en deux séries, savoir : en celles qui intéressent l’appareil cérébro-spinal, et en celles qui affectent les autres organes. Je ne m'arrêterai pas sur les pneumonites, les bronchites, les pleuriles et autres inflammations franches guéries par Borda, au moyen de la belladone; car elles sont assez généralement connues. Je ferai seulement remarquer que Lenhossek a traité heureusement avec la belladone des maladies pulmonaires qui avaient toutes les apparences de la phthisie (84), que Morteau arrêta par elle les accès de la fièvre étique (85) et que Palazzi en a obtenu d’excellents effets contre la même maladie (8 (i) . Les partisans de la belladone dans le traitement de la coqueluche sont assez nombreux comme on sait. Plusieurs praticiens regardent à tort celle maladie comme spasmodique ou nerveuse; sa nature plilogislique est incontestable, selon nous; son siège est dans les cryples muqueux de l’appareil respiratoire. On a reconnu que la belladone est trèspropre à combattre l’artliritis ; les observations de plusieurs praticiens en font foi, entre autres celles de Ditlimars(ST), de Molenbroek (SS) , de Z egler (89) , et de Lovatte (90). En Westphalie on s’en sert généralement contre la goutte (91). Genscner (i)2) et Rai (93) l’ont prescrite avec avantage contre la dysenterie épi-

(84) Beobacht. u. Abh. œster Aerzle, 4 Bd., t. iv, p. 15.

(85) Journ. de méd., t. îv, p. 13.

(80) Omodei, Anal. univ. di medic.,

oct. 1829, p. 181.

(87) Sinetius, 1. îv, p. 138.

(88) Varen, Op., c. xv, § 13.

(89) Beob. ans. d. Arzneyw., p. 33.

(90) Omodei, Ann. univ. di mcd., maggio 1832, p. 584.

(91) Consbruchs. Klin. Tasehenb., 2 Bd., p. 50.

(92) F.pist., p. 30.

(93) Eph. nat, curios., dec. n, an. 3,

obs. 04.

déinique. Ce dernier s’en servait au -si contre les inflammations aiguë>(94). Z >ru y avait recours de même contre les brûlures (95). Gaglia rapporte avoir dissipé promptement des inflammations graves à l’aide du même remède (90). L’emploi le plus ancien delà belladone a été contre les duretés inflammatoires du sein chez les femmes nouvellement accouchées, surtoutcontrecesdurillonsqui passent facilement en suppuration ou bien à l’état de squirrhe, qui n’est que le premier degré du cancer. De là, cette renommée générale de la belladone contre le squirrhe et le cancer, soit du sein, soit d'autres régions. Il faut dire pourtant que, si plusieurs auteurs ont été assez heureux pour obtenir des guérisons avec l’atropa helludona , d’autres l’ont prescrite sans eu tirer d’avantage; il est néanmoins vrai que de l’inefficacité d’un remède dans des cas particuliers, on ne doit pas déduire son inutilité dans toute espèce de maladie, d’autant plus qu'il s’agit d'un mal regardé comme incurable par un grand nombre de médecins. Depuis quelques années, la belladone est appliquée sous forme d’extrait ou de cataplasme sur les tumeurs herniaires étranglées.

Nous pourrions citer pour notre propre compte plusieurs cas de hernie étranglée pour lesquels l’opération avait été jugée indispensable, qui ont guéri à l’aide d’extrait de belladone à l’extérieur (97). On croyait autrefois que l’étrang'emeiit était produit par une espèce de spasme musculaire qui serrait les viscères déplacés. D'après cette fausse idée, on appliquait l’extrait de belladone comme anti-spasmodiqae. Il est cependant démontré aujourd'hui que l’étranglement e.->t le résultat de l'inflammation des parties.

L'extrait en question n’agit autrement que par sa qualité an ti plilogislique. C’est par cette raison que Chevallier (nS) et Chaussier ont trouvé utile la belladone dans les accouchements difficiles dépendant du rétrécissement du col de l’utérus

(94) Ilistor. plant.

(96) Botanolog. med., p. 654.

(96) Omodei, Ann. univ. di med.f mai et juin 1853, p. 527.

(97) Omodei, Ann. univ., nov. 1829, mars 1830, août 1850, février 1832, mai 1833, etc.

(98) Loud. med. and phys. Journ.,

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(99); que Holbrook (100), Will (l) et Ty rrel (2) l'ont louée contre lu slrangurie douloureuse. Les' médecins allemands ont préconisé beaucoup la belladone pour préserver de la scarlatine et d’autres exanthèmes. L’expérience pourtant n’a pas toujours répondu à celte attente; d’autant plus qu’on ne pourrait pas assurer que les enfants qui n’en furent pas atteints en prenant le médicament, l’auraient été en ne le prenant pas. La belladone est d’ailleurs un remède trop héroïque pour qu’on puisse s’en permettre l’administration trop légèrement et sans une nécessité absolue.

Si nous passons à l’examen d’une autre série de maladies, savoir : à celles qui appartiennent à l’appareil cérébro-spinal, nous trouvons d’abord la rage , affection dépendant d’un principe spécifique et d’une condition essentiellement inflammatoire du système vasculaire et de la moelle allongée.

(IV. d. irnd.) [Dans trois cas d’hydrophobie que j’ai observés, les cadavres m’ont offert la membrane veloulée des artères d’une couleur rouge très- vive , et une injection phlogislique profonde dans l’arachnoïde de la moelle allongée . Celte injection s’étendait aussi, mais plus légèrement, à la moelle même et au cerveau. Si l'on veut rapporter les symptômes de 1 hydrophobie aux organes d’où ils émanent, on sera obligé de convenir que leur source est précisément dans les parties que je viens d’indiquer. Le virus de la rage est transporté dans le sang, et paraît exercer principalement son action dans les artères en général et en particulier dans celles de la moelle allongée.]

Dans celle terrible maladie, la belladone a été préconisée par Mayerne, nonseulementcomme remède prophylactique mais aussi comme spécifique (3). Bergniann en faisait mystère, et plusieurs malheureux avaient recours à lui. Dans le Hanovre, on guérissait jadis lcsliydrophobes avec la belladone ; des ecclé-

(99) Mérat et Delens, Diclionn., t. i, p. 492.

(100) Férussac, Bulletin des sciences méd., t. i, p. 307.

(1) Journal des progrès des sciences médicales, t. i, p. 97.

(2) The Lond. med. and surg. Journ.

N. S., t. vu, p. 320.

(3) Prax. med. synlagm. ait., p. 130.

siasliques tels que Schmidt la donnaient non au poids, mais par cuillerées. Les deux ftJüneli, père et fils, publièrent plusieurs cas de guérisons d’hydrophobie par cette plante (4). D’autres auteurs en confirmèrent futilité, parmi lesquels on doit compter Sauter qui sauva deux hydrophobes (5). D’autres croient la belladone inutile contre cette maladie. Sans nous perdre dans de pareilles hypothèses nous ferons observer que les partisans de ce moyen contre l'hydrophobie l’employaient à des doses très- élevées, tandis que ses adversaires ne dépassaient pas les doses ordinaires, ce qui les rendait insuffisantes.

L’aliénation est une affection de l’encéphale dont la nalure, si elle n'est pas mécanique ou dépendante d’une conformation viciée, est hypersthénique. Pour la guérir ou du moins pour la combattre, on a eu recours aux évacuations sanguines et aux remèdes dont l’action est analogue à celles-ci. Parmi ces derniers, la belladone a été beaucoup vantée par Siegesbeclv (G), par Mardorf(7), par Sehmucker (8), par iVlünch(9), par Evcrs(lO), par Slarck( 1 1), par Reiner ( 1 2), par Buehhave

(13), par Dreyszng (14), etc. Ce dernier assure avoir guéri à l’aide de la belladone une encéphalite aiguë. Je ne sais sur quels faits s’appuie Riehter , pour contester celte dernière observation, en prétendant qu’il n’aurait été question que d’une manie puerpérale (16). Dans toute espèce de délire, inflammatoire ou hyperstliénique, la belladone est indiquée en vertu de son action conlro-slimulunle

(4) Beob. angew. Bellad. b. d. Mensch., 4789. Prakt. Abh. v. d. Bellad. Gott.,

(5) Ilufeland’s Journ., 11 Bd., 1 st., p. lit.

(6) Ilencheri, Nov. provenl. Yiteb., 1713, p. 13.

(7) De maniac. Giesscns, etc., 1G91.

(8) Vermischt. ch. Schr., 1 Bd., 1776, p. 183.

(9) Diss. med. sist. obs. c. u. bellad. in med. man., etc.

(JO) Berl. SammI. z. bef. d. Arzn., 5 Bd., p. 565.

(11) llandb., 2 Bd., p. 36.

(12) llufeland’s Journ., 17 Bd., 2 st., p. 115.

(13) Samml. aus. Abh. z. G. f. pr.

Aerzte, 14 Bd., p. 617.

(14) Handwært, 3 Bd., 1 th., p. 386,

(15) Ausf. Arzn., 2 Bd., p. 535.

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sur le cerveau; elle calme admirablement cette espèce de délire , ainsi que cela a été observé par Borda. Evers eut à s’en louer aussi dans les inflammations les plus internes de l’encéphale et dans le traitement de l’apoplexie (l G). La belladone a été utile contre les-phlogoses de la moelle épinière, et le tétanos(17), ainsi que cela a été observé par plusieurs auteurs , entre autres par Lobenstein Lœbel.

D’autres, tels que Greding fl 8), Thedenfl9), Sloll(20), Stark (21), Blakelt

(22) , A flamand (23) , Müncli (24) , la trouvèrent d’une grande utilité contre l'épilepsie. Elle a été avantageusement employée contre les névralgies en général. Les inflammations des organes des sens, notamment celles des yeux, ont été heureusement combattues à l’aide de la belladone. Les faits se présentent en grand nombre dans cette dernière catégorie. D'abord les ophthalmies simples ont été traitées avec un grand succès à l’aide de ce moyen, par Tabernemontano (25) , par Welsch (26), par Wainxvright (27), Guignon et Demours(28), Lembert (29), Lisfranc (30); vient ensuite l’kilis qui, comme on sait, fléchit assez promptement sous l’influence de la belladone. Ici se présentent une foule d’observations , entre autres celles de Kupfer(31), de Bonpa-

(16) Berl. Samml., 5 Bd., p. 565.

(17) Wcsen u. Heil. d. Epileps., p. 277.

(18) Ludwig, Adv. pract., t. i, P. iv, p. 657.

(19) Neue Erfahr. 2 Bd., p. 212.

(20) Rat. med., t. m, p. 406.

(21) Ilandb., cité.

(22) On t lie employem. of bellud.

(23) Essais et cas de médecine pratiquei Baumes, t. i.

(24) Diss. med. sist., obs. c. u. bcllad.

(26) Mictomim, p. 9.

(27) Phys. a. med. Journ., oct. 1801,

(28) Roques, Phylogr. méd., vol.i, p. 238.

(29) Revue médic., janv. 1826, p. 17 ; juin 1826, p. 384.

(50) Nouvelle bibliothèque médicale, t. n, p. 299.

(31) Diss. de utilit. bellad. in snn.

conslt;. nimiaind, Erl.,1803,

rola (32) , de Robertson (33) , etc. Ce dernier a remarqué que, durant l’inflammation de l’iris, la belladone ne produit pas l’effet ordinaire de la dilatation de la pupille; c'est lorsque l’inflammation est en grande partie dissipée , que cet effet se manifeste; ce qui prouve clairement que l’action hyposthénisanle de la belladone sur l’iris est d’abord employée à combattre la phlogose. Il y a lè confirmation manifeste de la loi de la tolérance ou de la capacité morbide de l’organe pour le remède, en raison du degré de saturation d’hyperslhénie.L’ambliopie et l’amaurose qui dépendent d’une phlogose sourde de la rétine ont été heureusement traitées à l’aide de la belladone. Ronchi, dans une amaurose complète (34), Miinch, dans un aveuglement consécutif à la petite-vérole (35), Richter (3G) , Henning (37), Flemming (38), Graafe(39) , et d’autres dans des amauroses et ambliopies qui avaient succédé à l’apoplexie , se sont bien trouvés de l’administration de ce remède.

§ VI. Appréciation de l'action. — .

Les deux séries d’affections dans lesquelles la pratique a montré l’utilité de la belladone confirment son action hyposthénisante vasculaire générale et céphalique très-énergique, que nous avions déjà observée dans les expériences sur les animaux et sur l’homme bien portant. Les objections qu’on a faites à son action contro-stimulante ont pour objet les rougeurs à la peau , les gonflements au visage, et le délire qui accompagnent l’empoisonnement produit par la belladone. Ces objections n’ont pas un fondement réel, ces phénomènes ne se rattachant pas à un état inflammatoire.

Le reste de la peau elïectivement est pâle, froid, le pouls filiforme. C'est là l’effet d’une simple stase passive de sang dans quelques groupes de vaisseaux

(32) Omodel, Annal, univ. di med., agos. e sctl. 1830, p. 586.

(55) Edinib. med. and surg. Journ.

Frorieps, Notiz., 10 Dd.. p. 4i.

(34) Folchi, Mat. med. comp., I. i, p, 251.

(55) Ilann., Magaz., 1773, p. 46.

(56) Anfangsgr. d. Wundarz., 5 Bd., p. 454.

(37) Ilufeland's Journ., 25 Bd., 4 st., p. 70.

(38) llufelands, cil., 32 Bd., 6 st., p. 32.

(39) Repert. aug. Ileif., p. 48.

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capillaires. Le délire qui s’associe h la petitesse et à la hauteur du pouls, à la pâleur et au froid de la peau, est purement asthénique et tout-à-l'ait différent de celui qui accompagne les phlogoses cérébrales. Ce dernier est constamment accompagné de chaleur, d’un pouls fort, fréquent et fébrile. La dilatation même de la pupille, qu’on regarde comme caractéristique de l’action de la belladone, ne dépend que de 'l’affaissement qu’éprouvent par cette action les vaisseaux sanguins dont l’iris est presque entièrement formé. Je ne dirai rien des autres phénomènes, puisqu’ils annoncent par eux-mêmes leur caractère livposthénique ; mais je dois rappeler que la nondilatation de la pupille sous l’action de la belladone, lorsqu’il y a iritis, la cessation du délire, de la manie, des convulsions, de l’obscurcissement de la vue et même de la cécité sous l'influence de la belladone, sont autant de preuves de la nécessité de distinguer dans les remèdes l’action absolue et primitive des actions secondaires, et de se mettre en garde contre le système adopté jusqu’à ce jour, et qui consiste à établir exclusivement l’effet des médicaments sur l'une ou sur l’autre de ces actions.

§ VII. Action mécanique. — On ne doit pas soupçonner la moindre action irritante dans la belladone, du moment qu’on sait qu’elle calme les inflammations. La soif et la sécheresse à la bouche qu’éprouvent les personnes empoisonnées par la belladone dépendent de l’augmentation de l’action absorbante de la muqueuse du gosier et du canal gastrique, et peut-être aussi de la lenteur, de la faiblesse de la circulation qui n’apporte pas aux vaisseaux capillaires de celle membrane les matériaux nécessaires à la sécrétion muqueuse, ainsi qu’on l’observe souvent chez les agonisants.

On voit assez généralement que les feuilles de la belladone ont plus d’énergie que sa racine. Les feuilles sont administrées en poudre à la dose de 5 à 15 centigrammes par jour (l à 3 grains); la racine, également en poudre, est donnée à la dose de 10 à 30 centigrammes (3 à C grains), c’est-à-dire à do>e double des feuilles. — L’extrait a moins d'énergie : on le prescrit ordinairement à la dose de 10 a 30 centigrammes. Ces doses cependant ne sont pas suffisantes dans certains sujets; par exemple, dans l’bydrophobic. iMiiach prescrivait la saignée

jusqu’à la syncope, et il donnait ensuite la belladone depuis 5 jusqu’à 70 centigrammes à la fois , qu’il répétait une fois tous les deux jours. Sauter l’administrait à 40, 50, G0 centigrammes, et il en répétait la dose à chaque accès. Gherardini en a donné jusqu’à 4 grammes en douze heures. — Les oculistes s’en servent quelquefois pour faire dilater la pupille, et s’assurer par là si l’iris est adhérent, si le cristallin et sa capsule sont altérés, etc. Pour cela, on fait dissoudre 1 gramme d’extrait de belladone dans 30 grammes d’eau distillée , et on verse quelques gouttes de celte solution dans l’œil une ou deux heures avant l’opération. — Si l’on examine les différentes préparations médicinales dans lesquelles on fait entrer la belladone, on verra qu’elles peuvent avoir des inconvénients à cause du mélange des substances. En général, moins les préparations de belladone sont composées , plus l'action en sera sûre et prompte. La pommade de belladone a été recommandée spécialement par Chaussier , pour produire le relâchement du col utérin , par Meola, Pacinl, Kœler, Magliari et d’autres pour combattre l’étranglement herniaire, et par totis les oculistes enfin pour dilater la pupille et pour combattre l'hypopion, la rétinile, l’iriüs, la kéraiiLe , la sclérolite, etc. Cette pommade est composée ordinairement de 8 grammes d’extrait de belladone préparé à froid , 30 gr.immes d’eau pure pour le dissoudre, et 45 grammes d'axonge fondue, le tout trituré ensemble. On se sert aussi de l'emplâtre de belladone composé de 267 grammes (9 onces) de jus frais des feuilles de cette plante, d’autant d’huile de graines de lin, de 180 grammes (G onces) de cire jaune, de 24 grammes de térébenthine (G gros), et de G0 grammes (2 onces) de belladone en poudre.

Formules-modèles.

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