Opj ? 2 onces
Croci., 1 once.
Cinnamôm., l drachme.
Coryophyllorum, ibid.
Yin. Hispanici, 12 onces.
Incis. infundantur per triduum, deinde filtrentur.
Dosis. Datur 15 à 20 goutt.
ORDRE Ve
HYPERSTHÉNISANTS GASTRO-ENTÉRIQUES.
L’estomac est le premier viscère qui est ordinairement touché par les médicaments , car on les donne le plus souvent par bouche ; les intestins viennent après. Malgré cela , ce ne sont pas toujours les fonctions de l’appareil gastrique qui paraissent sensiblement altérées les premières par l’action du remède ; c’cst ce que nous avons déjà fait observer en traitant de l’ammoniaque , de l’opium et de l’alcool. S’il est vrai que l’action dynamique des médicamenls commence lorsque l’action physico-mécanique est sur le point de cesser; s’il est vrai que c’est l’assimilation organique qui fait cesser cette dernière et développer l’effet constitutionnel ; s’il est vrai enfin que l’assimilation même est due à une force vitale du système vasculaire , il est également vrai que l’estomac, lorsque le remède est ingéré, bien qu’il soit le premier à en éprouver l’action physico-mécanique, peut assez souvent être le dernier à ressentir l’effet dynamique ou vital. Nous avons déjà fait remarquer qu’ordinairement l’action mécanique est de peu de durée, car l’estomac a en lui-même le pouvoir et les moyens de l’anéantir. L’alcool, par exemple, qui fait rider les tissus morts , qui fait crisper, bien qu’à un moindre degré, la peau vivante, n’exerce pas une action mécanique aussi prononcée sur la muqueuse gastrique ; aussitôt arrivé effectivement sur celte membrane , il est résorbé et assimilé. Les resserrements et les callosités qu’on rencontre parfois sur
les cadavres des grands buveurs, ne démentent pas ce que nous venons d’avancer ; puisque dans ces cas les altérations organiques n’ont eu lieu qu’après de longs abus et à la suite de gastrites prolongées, etc. — D’ailleurs, nous ne nions pas qu’il ne puisse arriver à la longue , dans l’estomac , ce qui a lieu dans d’autres organes; mais nous nions que, dans un estomac sain, l’alcool puisse occasionner tout à-fait les mêmes résultats mécaniques qu’il détermine sur le derme vivant et sur la peau morte.
Il y a des substances hypersthenisantes qui développent plus promptement et plus visiblement leur action dynamique sur tout le canal gastro-entérique qu’ailleurs. Il est aisé de comprendre , d’ailleurs , que les effets qui ont lieu dans l’estomac dépendent uniquement de ce que les molécules du remède se trouvent en contact avec la muqueuse, et que l’action mécanique ne peut conséquemment pas être évitée; mais cette action ellemême peut être anéantie en grande partie par l’effet dynamique. Les nerfs ganglionnaires de l’estomac , sur lesquels porte l’action dynamique, ne se trouvent pas à découvert à sa surface ; ils ne peuvent donc recevoir l’impression du remède que par le passage du chyle à travers les vaisseaux lymphatiques, ou bien par l’intermédiaire du sang, ou bien enfin par le travail d’endosmose qui s’opère dans les tissus du même viscère ( F. Prolégomènes).
Pour bien saisir l’action des hyper-
CANNELLE
sthcnisanU gastro-entériques , il faut se rappeler qu’il y a dans l’ensemble des actes de la digestion des fonctions actives et d’autres qui sont purement passives , et que de toutes ces fonctions la plus essentielle est la préparation et l’absorption du chyle. Ce travail a pour but de fournir au sang les nouveaux matériaux qui doivent réparer ces pertes. Les vaisseaux lymphatiques qui entrent dans cette fonction exercent, sans contredit, une action active. (L’action vermiculaire de l’organe digestif est également active, et est sans doute provoquée par le stimulus des aliments , et probablement aussi par le mucus et les autres sucs gastriques qui abreuvent continuellement la membrane muqueuse. Ce qui prouve cette dernière assertion , c’est que les intestins offrent des mouvements vermiculaires plus actifs à jeun qu’à estomac plein. Une troisième fonction active est celle de la sécrétion du mucus et des autres humeurs qui provoquent l’action vermiculaire et qui servent en même temps à changer les aliments en chyle. Cet acte sécréteur s’étend aux cryptes muqueux , à la muqueuse ellemême, aux glandes salivaires , au foie et au pancréas. Le passage cependant de ces humeurs à travers les conduits excréteurs est purement passif, il suppose effectivement un relâchement, un abandon absolu de leur part pour le passage du liquide. — Le sentiment de la faim et de la soif est également un acte passif et dépend de l’absence de stimulus des organes. Ainsi donc, nous pouvons regarder comme des fonctions actives, dans la digestion, l’absorption, le mouvement vermiculaire, la formation des humeurs digestives ; comme passives, au contraire, la sécrétion ou l’effusion de ces humeurs, le sentiment de la faim et de la soif.
Cela posé, il est facile de comprendre que tous les médicaments capables d’augmenter l’énergie des fonctions actives de la digestion, doivent diminuer les fonctions passives, et vice versa. — Nous i reviendrons avec détail sur quelquesl unes de ces idées , qu’on pourra peutêtre croire obscures ou peu liées à mon sujet pour le moment.