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AMANDES AMÈRES

( Semiua nmara amygdali commuais .)

§ I". Caractères physiques. — Il y a dans la famille des amandiers communs ( amygdalus commuais ) une variété qui croît dans les pays chauds et sous les zones tempérées , et qui donne des fruits d’un goût très - amer. On les connaît communément sous le nom u’amandes amères. Elles ne diffèrent des amandes douées que par la saveur et le volume qui est plus petit.

§ II. Notion1; chimiques. — Les amandes amères contiennent, indépendamment d’une huile grasse, le mucilage et quelques autres éléments qu’on rencontre aussi dans les amandes douces, une huile essentielle très -âcre et de l’acide hydrocyaniquc. Ces éléments, bien que répandus dans toute leur pulpe, se trouvent réunis en plus grande quantité dans la pellicule vaste qui leur sert d’enveloppe ou de chemise. L’huile fixe qu’on relire par expression et sans le secours du leu a les mêmes propriétés que les autres huiles. Quelques auteurs cependant croient qu’elle participe des deux autres principes ; cela n’est pourtant pas prouvé. L’huile essentielle est jaune, aromatique et vénéneuse par l’acide prussique qu’elle contient. Les chimistes n’ont pourtant pas encore prouvé si son énergie dépend uniquement de ce dernier. Il ne faut pas oublier l’importante observation d’Emmert à ce sujet. Si l’on enlève de l’eau d’amandes amères tout son acide hydrocyanique, elle conserve

AMANDES AMÈIIES.

toujours ses propriétés toxiques bien qu’a un plus faible degré. Une circonstance p us importante encore, c’est qu’elle jouit en même temps de la faculté de fournir et de créer, pour ainsi dire, du nouvel acide prussique (lj. Ce fait viendrait à l’appui de l’idée que nous avons émise, savoir, que l’acide prussique n’est pas une substance existante en nature toute faite, mais bien produite par des opérations chimiques particulières. Avec les amandes amères on fait des émulsions ; on en fait aussi une espèce de sirop en les broyant avec du sucre candi en poudre et de l’eau. Les différentes préparations , dans lesquelles on fait entrer les amandes amères, occupent une place remarquable dans la pharmacologie.

§ III. Effets sur les animaux. — Les qualités dangereuses des amandes amères étaient déjà connues des anciens.

Dioscoride a écrit qu’elles sont utiles pour tuer les renards (2). Matthioli , Montano, Wepfer, les signalèrent comme propres à empoisonner les animaux domestiques. Ce dernier auteur fit observer que leur vertu toxique consiste dans la diminution progressive et l’anéantissement de la force du cœur (3).

Les poules auxquelles on fait manger des amandes amères éprouvent des vacillations dans la démarche , puis elles tombent par terre et reslent dans une sorte d’assoupissement profond (4). — L’huile essentielle qu’on relire des amandes amères est, selon M. J. Bluff, plus active que l’acide prussique ordinaire (.S). Si sur ce point les différents auteurs ne sont pas d’accord, on ne saurait pourtant pas nier sa grande action. Vogel, en ayant donné quatre gouttes à un chien, le vil tomber surses quatre pattes, avec une respiration difficile, vomissements, écume à la bouche. Il resla quelque temps dans l’assoupissement ; puis il s’éveilla , mais ne reprit point par la suite sa gaîté ordinaire , ni son appétit, et mourut huit jours après. Quant aux oiseaux , il suffit d’une seule goutte appliquée sur la langue pour les tuer en quelques minutes.

(1) Hufeland’s Journ. xi.v. Bd. 5, st.,

(2) Mat. niedic., lib. i, cap. ci.xxvi.

(3) De cicuta aquatica, p. 244.

(4) Epbomer. natur. curiosor. decit., anno 8, p. 184.

(5) Schweigger’s, Journal für chimie und phytik. JH, 1825.

D’après les expériences de Soemmering jeune, la mort produite par cetle huile a été aussi très - prompte chez les chiens (1).

§ IV. Effets sur l'homme en sanie.

— Depuis qu’on a découvert l’existence de l’aride hydrocyanique dans les amandes amères, il était naturel d’imaginer qu’elles devaient être douées d’une action analogue. Effectivement , Soemmering

(2), Stange, Ittner, Pfaff (3), et plusieurs autres soutiennent celte opinion ; Jocrg dit que l’action de ces amandes est égale, bien qu’un peu plus légère, à celle du laurier-cerise (4). En effet, les cas d'empoisonnement par les amandes amères ne manquent pas; les annales cliniques de Montpellier contiennent deux exemples de ce cas (5). Une femme nommée Ramsau, de Munich, ayant habituellement des fortes palpitations au cœur, prit, d’après le conseil d’une de ses amies, quelques amandes amères, en commençant par une, et en en augmentant graduellement le nombre. Elle ne larda pas à éprouver un malaise général a\ec anxiété et des défaillances , de sorte qu’elle a été obligée d'en cesser l’usage après être parvenue à en prendre sept par jour. — Crescimone, médecin sicilien, tourmenté par des maux aux gencives, fit usage d’une émulsion d'amandes amères; peu de temps après il éprouva un abattement considérable avec pesanteur aux yeux et aux membres. Il essaya de descendre un escalier, et il fut pris de vertiges, d’obscurcissement de la vue, de faiblesse dans les jambes. Ces symptômes cessèrent peu à peu après le vomisseroent d'une matière visqueuse, amèrcfl}.

— Le docteur Pievra, d’Altenburg. rapporte que trois enfants mangèrent chacun cinq ou six amandes amères: peu de temps après ils éprouvèrent de fortes envies de vomir. L’un d’eux perdit les sens, la parole et le mouvement; l’autre tut des convulsions. Ces phénomènes cependant n’ont eu qu’une très-courte durée, mais ils restèrent pendant trois heures dans un état d’étonnement ; le troi-

(t) Bulletin depharm., t. »v, p. 172.

(2) Op. cit.

(3) Mat. med. V. Band, p. 155.

(4) Matcrial zu ein künftig. arzneimik., 1 Bd., p. 53.

(G) Hoques, l’hytographie médicale, t.

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