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AM AND US AMÈRES

sièmc, qui était un peu plus âgé, et qui nen avait pris que quatre, éprouva moins d’effet. Un droguiste mangea douze décagramuies (quatre onces) d amandes amères, il éprouva tous les symptômes qu’on attribue aux poisons narcotiques

(l). Loxvy observa, chez douze individus qui avaient pris une certaine quantité d’amandes amères, des symptômes analogues à l’ivresse. Ceux qui en avaient mangé le plus curent des nausées et des vomissements (2). L’eau distillée d’amandes amères donne lieu, d’après Thomson, à la paralysie des extrémités, à la dilatation de la pupille, à une diminution notable dans l’excitabilité de tous les organes, et à la mort même si les individus ne sont secourus à temps à l’aide des stimulants diffusifs, tels que l’alcool, l’éther, l'ammoniaque, etc. (3). L’action contraire des stimulants était déjà connue depuis les temps les plus reculés de la science. Uioscoridc effectivement prescrit les amandes amères contre l'ivresse alcoolique. Plutarque nous apprend que le médecin du fils de Néron avait pour usage de manger une certaine quantité d’amandes amères avant de se mettre à table; il se donnait de la sorte la faculté de boire impunément beaucoup plus de vin que tous les grands buveurs qui assistaient à ses repas. Que si l'on venait nous dire que les amandes amères enivrent elles- mêmes aussi, nous répondrions (pic cela prouve de la manière la plus évidente que leur action est parfaitement opposée à celle du vin ; car comme on sait que les symptômes de l'ivresse peuvent dépendre de causes diamétralement opposées, l'opposition d’action qui existe entre les amandes amères et l’alcool est démontrée aussi par une préparation diététique connue sous le nom de rossolis d'amandes amères. On sait effectivement que cette liqueur excite beaucoup moins que les autres.

§ Y. Effets dans les maladies. — 1. 'usage thérapeutique des amandes amères est très rare. Ou dit qu’Esculape s’en servit dans les mélancolies. Hippocrate en fit usage dans les douleurs utérines qui suivent l'accouchement et les pertes blanches ; Thémison, dans la péripneumonie ; Eraclite, de Tarente, les préco-

(1) Bibliolh. germanique, t. i, p. 102.

(2) Haller, Ilislor. helv. de venenis, p. 1081.

(5) Bolan. du droguiste, p. 312.

nisa dans la pleurile ; et , bien que Dioscoride, Pline, ilosen, aient parlé de leurs excellentes propriétés, les médecins postérieurs les laissèrent dans l’oubli jusqu’à Boerhaave. Ce grand praticien les remit en vogue ; il les recommanda dans les maladies inflammatoires comme fondant et atténuant les humeurs. Elles ont élé proposées par Bergius (l) et Murray (2) dans les fièvres intermittentes rebelles , de préférence au quina. Frank , Rosen

(3), Wiebel (4), Hufeland et Mjlius (5) adoptèrent cette indication. Thebasius les prescrivit contre l’hydrophobie , et rapporte douze cas de guérison de celte maladie à l’aide de ce moyen (6). Dans les éruptions cutanées chroniques avec excès de sensibilité, les amandes amères ont été reconnues utiles par P. Frank (7). Balemann en obtint de bons résultats dans d’autres affections dermiques telles que l’épkélide , par exemple; Richter, et attires, dans le prurigo des vieillards et du scrotum (8). Depuis le temps d’Hippocrate on s’en est servi comme cosmétique contre les taches de rougeur et les taches hépatiques. Mercuriale, Geoffroy, Sxvediauret Hufeland les regardent comme un excellent anlhelmentique ; ils les prescrivent contre le taenia (9). Cet emploi des amandes amères dans les maladies dont nous venons de parler a élé suggéré par l’expérience empirique. Borda cependant a établi d une manière positive leur vraie manière d’agir, lorsqu’il a su par les travaux de Schrader, Vauquelin et Yogel que ces amandes renfermaient de l’acide prussique, et qu'elles ont de l’analogie avec l'action de l’eau de laurier-cerise. Il en a obtenu effectivement les mêmes bienfaits que par celle eau dans les maladies inflammatoires.

Parmi les nombreuses guérisons que Borda a obtenues à l’aide du remède en question, on compte celle d’une diapliragmite

(1) Mat. medical., p. 412.

(2) Appar. medic., vol. m, p. 128.

(3) Hufeland Jour»., 24 Bel., G st., p.

f4) ?d., 4 st., p. 1 68.

(5) Russisclic Sam ml. f. natur. Wissenseb. u. Heilkund. V. Cliriclor, Rehmann, und Burdach. n. Ilaft., p. t.

(6) Nova acta natur. curios., t. i, p.

(7) Prax. med. univ. prœccpt., vol. u, P. t, p. 55.

(8) Ausführ. nrmein., 2 Bd., p. 510.

(0) Journ., etc., Bd., 4 si., p. 179.

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