‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 35 sur 168 · II · texte numérisé non relu

II

(12) Lib. cilat.

(15) Samml. auserl. Abh. z. Gebr. f.

Aerzt., 13 Bd., p. 617.

(14) llufeland’s journ., 55 Bd., 1 st.,

(15) Fieberlebre, 4 Bd., p. 511.

(10; Ilufoland’s journ., 4 Bd., p. 214.

(17) Spec. Ihcrap. , 7 Bd., p. 501.

(18) Ilufeland’s journ., 14 Bd., 5 st., p. 99.

(19) Nouv, éléments de thérapeutique, vol. n, p. 103.

(20) Kunsl uns Kinder, zu gcs. St fia l— ebiirg zu erzieben, p. 89.

car il pourrait éteindre tout-à-fait la faculté procréatrice.

La paralysie a également son siège dans l'appareil cérébro-spinal ou dans ses dépendances, et, bien qu’elle puisse reconnaître une origine variable , souvent elle tient à une inflammation de la pulpe nerveuse. Nous reviendrons sur ce sujet ; disons en attendant que dans la paralysie par inflammation des nerfs, ou par congestion active , comme on dit , le camphre est un excellent remède. Dans l’ambliopie amaurotique , le camphre a été employé avec succès par Arnemann (1), par Seling (2), par Flemming. Ce dernier l’a prescrit aussi avec succès dans l’amaurose parfaite, à la dose de huit scrupules par jour (3). D’autres l’ont employé également avec avantage dans l’apoplexie. Il est bien vrai qu’on a l’habitude de combiner le camphre à d’autres remèdes, mais généralement ceux-ci ne sont pas de nature à s’opposer à son action , soit parce que leur dose est trèspetite, soit parce que leur action est analogue à celle du camphre, ainsi que nous le verrons plus loin.

On espère tirer beaucoup d’avantages du camphre contre plusieurs maladies, à cause de sa vertu sudorifique tant vantée. Indépendamment du typhus, dont nous avons déjà parlé, delà fièvre nosocomiale, de celle des prisons , etc., les affections exanthématiques se présentent en première ligne, sous le rapport du camphre, surtout si elles offrent des caractères de malignité, ou bien que l’éruption présente de la difficulté à paraître, ou bien enfin qu’elle soit rétropulsée et qu’on désire la faire reparaître. On prescrit les sudorifiques dans ce but, et en particulier le camphre.

Dans un travail fort étendu sur ce sujet que je publierai sous peu, je démontrerai que les exanthèmes ne sont pas des maladies isolées du derme, car la lésion de cet organe est trop peu de chose pour rendre raison des phénomènes morbides.

L’éruption effectivement ne se déclare qu’après plusieurs jours de l’existence de la maladie, et elle disparaît parfois toutà-fait, sans que la maladie cesse d’exister; celle-ci se continue au contraire, et s’aggrave même. Les exanthèmes sont

(1) Magazin, 1 Bd., 1 st., p. 98.

(2) Ilulcland’s journ., 41 Bd., 2 st., p. 130.

(5) Ibidem, 52 Bd., \ st., p. 107.

204 CAMPHRE

des maladies à fond spécifique , déterminées par un principe contagieux ou des miasmes (1).

Entré dans les extrémités veineuses, cet élément étranger se fixe dans quelques-uns de ces vaisseaux et il ne tarde point à déterminer un trouble dynamique qui est de nature liyperstbénique. Si l’affection est simple et légère , elle'se dissipe d’elle-même après avoir parcouru ses périodes et le principe spécifique est assimilé et détruit; si au contraire l’affection est grave, la condition morbide s’étend à tout le système circulatoire , la fièvre est violente , et soit que l’éruption disparaisse, soit qu’elle s'affaiblisse ou qu’elle se montre très-confluente, les centres organiques sont attaqués , la muqueuse abdominale ou thoracique ou l’encéphale devient le siège d’une véritable inflammation locale. Si le mal se termine par la mort, cela tient uniquement à la violence de ces phlogoses locales ou à l'inflammation du cœur et des artères. Tous les soins des praticiens doivent être dirigés contre ces affectious, c’est-à-dire contre l’état dynamique morbifique, le seul qui met en danger l’existence du malade et que l’art peut sûrement combattre par des moyens éprouvés.

Dans ces circonstances, le camphre est utile comme remède hyposlhénisant cardiaco- vasculaire , capable par conséquent d’abattre l’hypersthénie déterminée par l’élément spécifique de l’exanthème et empêcher l’extension de ce dernier dans tout le système circulatoire, et par conséquent aussi dans les viscères; en un mot, à rendre le mal simple et bénin. Le camphre produit cet effet comme la saignée pourrait le faire. Le médecin, par conséquent, qui croit que les exanthèmes tardent à paraître ou disparaissent par faiblesse de la constitution ou sous l’influence des remèdes hyposthénisants, commet une erreur grave que le raisonnement et l'expérience condamnent également. Qu’il nous suffise de citer l’autorité de Borsieri à ce sujet. Cet

(1) Nous distinguons la contagion du miasme, en ce que la première est un produit animal capable de donner naissance à une maladie semblable à celle (jui l’a produite, tandis quo le miasme n’est pas le produit d'une maladie, il dépend d’autres circonstances, et n’est pas transmissible d’individu û individu.

auteur affirme que le meilleur moyen pour faire développer l’éruption cutanée ou pour la faire reparaître si elle avait disparu, c’est la saignée.

D’après celte manière de voir, le camphre pourra être employé seul, dans les fièvres légères , conjointement à la saignée, dans les fièvres graves, à toutes les époques de la maladie , mais surtout au début. On pourra par conséquent regarder comme mal fondées les craintes d’exaspérer la fièvre et la phlogose par l’administration du camphre dans les maladies exanthématiques. Ces remarques trouvent surtout leur application dans le traitement de la variole, llaller, en effet, dans une épidémie grave de cette espèce, ne trouva de meilleur remède pour la dompter que le camphre , donné à la dose de dix à viugt grains par jour dansdu suede citron (l). Woodville dit qu’à Londres, dans l’hôpital des varioleux , on emploie généralement le camphre à la dose d’un scrupule par jour, avec un avantage remarquable, surtout lorsque les malades offrent de la céphalalgie avec insomnie. Le mal de tête disparaît sur-le-champ par l’action du camphre (2). De semblables observations ont été faites par plusieurs autresauteurs (3).

Je dois ajouter à ces remarques que plusieurs praticiens ont regardé le camphre comme un remède spécifique contre la variole. Ils prétendent que le camphre neutralise ou détruit le virus variolique. Jesenius fit des expériences en conservant pendant quelque temps du virus vaccin à côté d’une certaine quantité de camphre , il trouva que le virus perdait la faculté de reproduire la maladie, l’inoculation ayant été sans effet (4). Déjà Hoffmann (5), Borsieri (6), et Bayler (7), avaient observé qu’en enduisant la figure avec du camphre dissous dans du jaune d’œuf, on empêchait le développement des pustules. Il est enfin connu , depuis l’antiquité , [que le camphre peut sauver des maladies contagieuses,

(1) Opuscol. patholoc.

(2) Medical botnny, p. 68S.

(3) Ilufeland’s journ., 22 Bd., 3 st., p. 109 et 148; 19 Bd., 1 st., p. 51; 22 Bd., 2 st., p. 130. Yoigtcl, Arzneinailt., 2 Bd., 2 Abth., p. 597.

(4) lleilmittelhre, p. 520.

(5) Diss. cit.

(G) 1 nsi il . med, prakt., vol. ni, p. 20t. (7) Ilufeland’s journ. , 1 Bd., p. 450.

CAMPHRE

et l'on n’ignore point qu’avant que le chlore n’eùt acquis tant de célébrité, on ne connaissait de meilleur désinfectant en cas de peste ou d’épidémie, que les vapeurs du camphre; et il est très-vraisemblable que, même de nos jours , les praticiens n’omettraient pas de tenir dans leur bouche et dans les mains un morceau de camphre, en visitant leurs malades, si le chlore n’était pas dans toutes les allées de leur passage. Je suis loin de refuser au camphre la faculté anti-contagieuse et anti-miasmatique que les anciens lui ont attribuée. Il ne répugne pas à la raison que sous l’influence des vapeurs de camphre, la matière contagieuse soit physiquement ou chimiquement décomposée et rendue inerte. Si l’hypothèse des animalcules, qu’on regarde comme cause des maladies contagieuses , venait à être appuyée sur des faits incontestables, il serait aisé de comprendre la propriété désinfectante du camphre .par la destruction des êtres en question. Nous avons vu en effet que le camphre était un ennemi de la vie. On comprend que, dans ce cas, le camphre n'agit sur le malade que comme un moyen mécanique. Quelle que soit la confiance qne puisse mériter le camphre comme anti-contagieux , nous avons cru devoir en parler pour qu’il soit expérimenté dans les maladies contagieuses; s’il n’est pas utile comme désinfectant , il le sera toujours, par sa propriété hyposthénisante.

Nous disons de l’essayer, non-seulement dans la petite-vérole, mais aussi dans d’autres maladies contagieuses ; effectivement, le camphre a clé loué par plusieurs médecins contre la gale, la gonorrhée, la syphilis commençante (l). Plu-, sieurs chirurgiens le mêlent avec l’onguent mercuriel, soit dans l’intention d'empêcher la salivation , soit de hâter la guérison (2). Dans l’hydrophobie même, la plus terrible des maladies contagieuses, le camphre est proposé comme pro- : phylactique parSchmucker (3), par Alix W> Par Êrugelslein. Ce dernier prétend

(1) Hoffmann, Diss. cit., §15.

(2) Raulin, Obscrv. de méd. Paris, 1754. Missa an lui veneresc lydrargyr.

camphor. 2, 1756. Dis3. Journ. de med., mars et avril, 1756.

(3) Schneiders Wahrnchm. auz d.

Wund., 2 Bd., p. 114.

(4) Observai, chirurg., fasc. 3, p, 177.

avoir guéri à l’aide du camphre une hydrophobie déclarée (1). En le combinant avec les cantharides , comme nous l’avons déjà dit, il servira dans l’hydrophobie, non-seulement comme correctif, mais encore comme un remède auxiliaire de ces dernières.

D’après la même indication, de favoriser la sueur, les praticiens prescrivent le camphre contre les maladies qui résultent d’une transpiration cutanée arrêtée ou troublée. Telles sont les douleurs rhumatismales, le lumbago, la sciatique, et plusieurs autres névralgies analogues.

Susemihl guérit, à l’aide de fortes doses de camphre , une névralgie faciale trèsopiniâtre (2). Nous ne nous arrêterons pas à démontrer que ces affections nerveuses étant de nature phlogistique, il est tout naturel quelles aient trouvé du soulagement dans l’administration du camphre, qui est un hyposthénisant.

Pour prouver que la propriété sudorifique du camphre n’est que secondaire , et tout-à-fait subordonnée à son action hyposthénisante, on n’aura qu’à réfléchir sur ce fait important , savoir que les sueurs abondantes qui accompagnent la fièvre dite elocles et la fièvre sudaloria anglicana s’arrêtent comme par enchantement sous Y influence du camphre.

Dans la dysenterie et dans d’autres flux muqueux (3), dans le catarrhe de la vessie (4), dans la phthisie pituiteuse (5), dans la goutte (6), dans l’hydropisie (7), notamment dans celle qui survient après la scarlatine (8), l’usage du camphre a produit d’excellents effets , ce qui n’est pas surprenant d’après ce que nous avons dit. Ajoutons que le camphre a été aussi administré avantageusement dans les fièvres intermittentes (9). Nous nous expliquerons ailleurs sur ce dernier sujet.

(1) D. Geschicht d. Hundweith, p. 555.

(2) Ileckers. Litter. annal., G Bd., p.

(3) Roques, Pliytograph. med., v. j, p. 295.

(4) Michaelis, Ilufeland’s journ., 34 Bd., 2 st,, p. 29.

(5) Kortum, ibid., 31 Bd., 1 st., p. 52.

(6) Roques, op. cit.

(7) Rcmcr, Ilufeland’s journ., 54 Bd., 4st.,p. 41.

(8) Bracht, ibid., 58 Bd., G st., p. 33.

(9) Auduart, Nouvelle thérapeutique des fièvres intermittentes, 1812.

CAMPHRE

Les médecins pourront peut-être élever des doutes sur la nature liypersthénique des maladies dont nous venons de parler; je sais en effet que des autorités respeclables ont soutenu une opinion différente de la nôtre. Aucun doute cependant ne saurait être élevé sur la nature de celles dont nous allons nous occuper. En première ligne se présentent la pleurésie et la péripneumonie. De tout temps le camphre a été employé avec succès contre ces maladies. Plusieurs praticiens emploient le camphre dans les pneumoniles et dans les bronchites franches, mais seulement quand le mal a déjà fait quelques progrès, et lorsqu’on croit que l’intensité de l'inflammation est tombée, ou lorsqu’on présume qu’il est nécessaire d’aider les forces pour faciliter l’expectoration ; on prescrit alors le camphre comme un remède excitant, et ce remède réussit admirablement, soit seul, soit combiné au kermès minéral ou au sel de nitre , car il jouit d’une action hyposlhénisante comme le sel de nitre et le kermès minéral. Comment pourrait-on concevoir qu’une affection domplée jusqu’à ce point par la saignée ou autres remèdes analogues, mais qui ne l’est pas entièrement, eût besoin, pour s’éteindre complètement, des moyens opposés à ceux qu’on avait employés jusqu’alors avec avantage? Pourquoi donc ne prescrit-on pas, dans ces circonstances, les éthers et l’alcool, qui sont des hypersthénisants par excellence? Mais on n’ignore point les heureux résultats de la pratique de ceux qui, dans la pneumonie , n’emploient pas d’autres moyens à la fin qu’au commencement de la maladie, seulement ils ont la précaution d’en diminuer les doses vers la fin. On ne peut pas non plus ignorer d’autre part que le camphre, administré à haute dose dès le début des pneumonies, a produit les plus heureux résultats, et remplacé la saignée. Cela étant , je ne sais ce que pourront dire les partisans de l’existence des phlogoses asthéniques ou passives ; leur plus fort argument est basé sur la guérison d’inflammations à l’aide du camphre , qu’ils croient excitant. Ils présument avoir changé la méthode de traitement , quand ils ont remplacé les saignées par le camphre , le kermès et le nitre ! Notre démonslralion sera complétée, je présume, par l’indication d’un grand nombre de cas de phlogoses franches et aiguës, guéries à l’aide du camphre, par Hoffmann , parTralles, par Collin, par Abrecht,

par Bouleau , par Joerdens (l), par Rogenstein (2), par Waldschmidt (3), par Baglivi (4), par Mead (5). par Werlhoff (G), par Huxam (7), par Pringle (8), par de Mertens (9), par Vogel (io), par Horn (1 1), par Bayler (12;, par Kortner

(13), par Wolff (1 1), par Osthoff (15). Ces phlogoses sont les angines, le croup, le rhumatisme aigu, l’artrite, la pleurite, la péripneumonie, la colique inflammatoire , la métrite , la péritonite puerpérale, etc. L’urétrite, ou blennorrhagie très-aiguë, a été également traitée par Ben-Bell, à l’aide du camphre, parla bouche et en frictions au périnée (IG).

Parmi les phlogoses, on doit aussi compter les fièvres aiguës, ardentes et inflammatoires, contre lesquelles F. Heister employa le camphre avec un grand avantage ; mais , regardant celte substance comme excitante, cet auteur fut obligé de soutenir la thèse que le feu peut s’éteindre avec le feu (17). Le camphre a été parîiculièrement recommandé dans ces fièvres par Hoffmann (18) , par Werlhoff, qui sut encourager les autres . médecins à s’en servir (19); par Berger, qui est surpris qu’il y ail des opposants, à son usage (20); par Wolff(2i), par Joerdens (22), par Junke (23), et par bien d’autres qu’il serait trop long de citer. Stahl

(1) Ouv. cit.

(2) Observ. med., t. il, p. 221.

(5) Oper. med. prat., cas 48, p. 213.

(4) Op. omn., p. 18.

(5) Mor. med., p. 21.

(6) Op. cit.

(7) De febrib., cap. vin.

(8) T. in, c. vii, seat. v.

(9) Obs. med., t. n,p. 27.

(10) Loders Journ. f. d. chir., ii Bd., p. 255.

(11) Ueb. die pneum., cap- vu, p. 8.

(12) llufeland’s journ., 1 Bd., p. 431.

(15) Ibid., 51 Bd., 1 st., p. 48.

(14) Ibid., 50 Bd., 1 st., p. 110.

(15) Siebolds chiron., 1 Bd., 5 st., p.

(16) Edinb. journ. of medic. scienc., april 1820.

(17) De igné per ignem extinguendo diss. Wittemb., 1712.

(18) Observai, phy s medic., I* i, obs.

(10) Op. med., p. 722.

(20) L. c.; et Cullen, 1. c.

(21) Comin. Noric., 1740, p. 513.

(22) Loc. cit.

(23) Conspcct. lherap. general., p. 131.

CAMPHRE

a proclamé ce remède comme le dominateur de la phlogosc (1). Tel nous a paru aussi le camphre dans plusieurs maladies que nous avons traitées avec succès à notre clinique. Voici , en peu de mots, quelques-uns de ces cas. Antoine Borlio, venu à la Clinique avec une bronchite, le huit janvier 1831, est sorti guéri, sept jours après , par le moyen du camphre, à la dose de deux grammes par jour, après une saignée, le poulss’étant abaissé jusqu’à cinquante-cinq battements par minute. Nicolas Nani, atteint de pleuropneumonie , a été reçu le vingt-sept décembre 1833 ; l’usage du camphre l’a complètement guéri en douze jours. Ce médicamenta été.donné à la dose de douze décigrammes jusqu’à trois grammes par jour; le pouls a été réduit à quarantehuit pulsations. Dans ce cas, le camphre a été employé sans saignée; seulement, nous y avions joint quatre décagrammes de sulfate de magnésie. Louis Zaramelli, de Padoue, a été reçu le 14 février 1834 avec les symptômes manifestes d’une cardite aiguë. On lui pratiqua d’abord trois saignées , mais le mal n’a cédé complètement qu’à l’usage de trois grammes de camphre, répétés plusieurs fois.

Le sixième jour, il était convalescent. — Une metro-artérite chez Magdeiaine Bellini, de Trévise, une métrite avec artritis chez Elisabeth Gussela, aussi de Trévise , et une métrorrhagie chez Clare Zampieri , furent également dissipées avec une promptitude étonnante à l’aide du camphre, à la dose de cinq à quinze et vingt décigrammes par jour. Il nous est arrivé , dans quelques cas , d’observer que les malades se plaignaient, après quelques jours de l'administration du camphre, d’une assez forte chaleur à la tète , et notamment aux oreilles , accompagnée de douleur, et d’une sensation de froid. Ces phénomènes disparaissaient moyennant un lavement purgatif ou un laxatif , et souvent ils se dissipaient d’eux-mêmes , en continuant l’usage du camphre et en augmentant la dose.

J’aurais beaucoup d’autres faits cliniques à rapporter qui me sont propres, et lin grand nombre d’autres qui m’ont élé communiqués par mes confrères et élèves concernant les effets salutaires du camphre dans les maladies hypersthéniques, mais je crois en avoir déjà assez dit. Je

(1) James, Dictionn. univ. , etc., r>.

ne pourrai cependant pas omettre de faire connaître quelques faits fort concluants qui m’ont été adressés par MM. Gargnani et Navarini , médecins distingués, l’un à Andria, l’aulre à Bassano. Dans l’un de ces cas, il s’agit d’une pneumonite qui avait été traitée jusqu’au quatrième jour à l’aide de saignées, et elle s’offrait encore avec des caractères fort graves et dans une marche ascendante ; M, Gargnani eut recours au camphre, qu’il administra à la dose de quatre scrupules par jour. Le mal a décliné à vue d’œil , et le sixième jour le malade était guéri. Dans un second cas, il s’agit d’une artérite lente qui n’avait pas cédé aux évacuations sanguines répétées ; le même praticien parvint à la guérir à l’aide du camphre, qu’il administra à a dose de trente décigrammes par jour (70 grains). Dans un troisième cas, il est question de trois individus atteints de gastrite ; la guérison a été obtenue à l’aide du camphre , à la dose de deux à quatre scrupules par jour, et de quelques petites doses de sulfate de magnésie. Les faits de M. Navarini sont relatifs à une angéoïte lente et deux artérites aiguës. La première fut guérie en dix-huit jours au moyen d’une saignée et du camphre à la dose de deux à quatre grammes par jour. Les deux autres malades, à cause de l’intensité du mal , furent traités dès le commencement avec deux saignées, et par la suite, avec le camphre, porté j usqu’à quatre et six grammes par jour. La guérison a été très-prompte ; le pouls descendit parfois à quarante-six pulsations par minute. Il y a enfin des maladies externes dans l esquelles, d’après plusieurs auteurs, l’application du camphre est très-utile; ce sont les engorgements lymphatiques, les tumeurs , ainsi diles froides , et surtout les œdèmes ; les contusions (i), les engelures, les brûlures (2), les otalgies (3); les ophthalmics opiniâtres (3), purulentes des enfants (5); les douleurs viscérales, arthritiques (6), les douleurs au

(1) Gmelin , Sclnvæb. beob. a. d Arzn., 5 B., p. 71.

(2) Flajani, Nuovo metodo di medic.

alcun. malat. , p. 117. Roques, Phvt.

(3) Rosenstein, Apoleque, p. 48.

(4) ’lrew. n. acta nat. eurios. , vol. r p. 108. Murray, App. med., t. jv, p. 221*

(■>) Moza , Samml. auserl. abh. etc 14 Bd., p. 522. » ”

(G) Roques, cit.

CAMPHRE

mamelon après le sevrage (1), les érysipèles (2), reçoivent du soulagement par l’application locale du camphre. On l’emploie dans des sachets , ou bien dissous dans du jaune d'œuf ou dans un mucilage. On a employé aussi le camphre extérieurement pour quelques maladies internes, telles que le rhumatisme et l’arthrite , mais sous forme de vapeur.

Cheze employa la vapeur du camphre avec succès dès l’année 1808 , dans les rhumatismes; il a été suivi dans celte pratique par Duparquier , Delormel et Gargasson (3). En Italie , le camphre a été expérimenté avec avantage dans ces maladies par Palmieri (4) et par nousmêmes. Nous avons traité à notre clinique une arthrite opiniâtre chez un homme nommé Louis Barioni, dePadoue ; nous nous sommes servi d’une machine fumigatoire qu'on emploie ordinairement pour le soufre. La machine était échauffée , et bien que la chaleur de l’atmosphère fut forte (21 juin), et que le malade fût couvert de sueur, son pouls n’a pas offert la moindre accélération; au contraire, il s’est abaissé un peu, et est devenu très-mou. On employa chaque fois deux à trois décagrammes de camphre, six fumigations suffirent pour amener une guérison complète.

§ VI. Appréciation de l action du remède. • — D’après ce que nous venons de dire , j’aime à croire que les praticiens n’auront aucune difficulté de reconnaître dans le camphre une action hyposthénisante cardiaco-vasculaire et spinale ; je crois qu’ils seront même surpris d’avoir pu regarder jusqu’à ce jour le camphre comme un remède excitant, et d’avoir professé à son égard des idées si contraires à la vérité ! Les réformateurs italiens étaient tombés eux-mêmes dans cette fausse idée. Borda l’emporta avec lui dans la tombe, et Rasori lui-même l’avait adoptée. « Moi aussi (m’écrivait-il en août 1833) depuis long-temps , sur la foi des médecins qui l’employaient, j’étais porté à croire qu’on pouvait placer le camphre parmi les stimulants. Un petit

(1) Siebold, Chim. , 2 Bd., 2 st., p.

(2) Ganslhore, Samml. aus. abh., 16 Bd., p. 329. Renard, Hqfeland’s journ., 22 Bd., 2 st., p. 24. Vogel , Loders, Journ. f. d. cliir., 2 Bd., p. 256.

(3) Revue médicale, mai 1826.

(4) Esculapio de Tencre. Maggio, 1831.

opuscule cependant d’un des Hoffmann me fit dessiller les yeux; je fis des expériences avec le camphre, j’ai examiné avec soin ses effets , et je ne doute plus de sa puissante action contro-stimulante.» — Aux yeux du médecin philosophe , la démonstration de la véritable action du camphre doit être de la plus haute importance. La médecine, en effet, a acquis par là un remède hyposthénisant trèsénergique. Nous devons actuellement être un peu plus justes envers les anciens qui nous transmirent naïvement les observations que nous avons rapportées, et que les modernes avaient jugées fabuleuses par l’unique raison qu'elles étaient en opposition avec leurs idées. Plusieurs phénomènes qu’on regardait autrefois comme inexplicables , trouvent désormais leur explication satisfaisante. Un grand nombre de contradictions, qui paraissaient exister dans les faits, n’avaient réellement leur source que dans les doctrines ; tout cela disparaîtra tout-à-fait aujourd’hui. Nous possédons donc dans le camphre un excellent hyposthénisant capable de vaincre à lui seul les phlogoses vasculaires et cérébro-spinales , sans-emploi des évacuations sanguines, ou en l’associant avec un bien plus petit nombre de saignées que de coutume. La pléthore doit être enlevée avant l’administration du camphre , et si l’on doit traiter, avec ce remède dès le commencement, une inflammation intense, par exemple , une pneumonite de deux ou trois jours de date , on ne doit pas exiger que le pouls s’abaisse immédiatement et que l’affection disparai ssesur-le-champ; on verra même , pendant un ou deux jours encore , la fièvre augmenter quelquefois , mais celle augmentation ne doit point être attribuée au camphre , elle lient à la marche naturelle de l’inflammation, ce qui arriverait également malgré l’emploi de tout autre traitement.

§ VII. Action mécanique. — Les propriétés mécanico-chimiques du camphre ne sont nullement irritantes. On peut appliquer ce médicament sur les parties les plus délicates , même sur les tissus enflammés , sans le moindre danger ; son contact n’est pas pour les parties malades plus irritant que celui de l ait atmosphérique. Dans l’estomac pourtant , si on en prescrit pendant longtemps, le camphre occasionne quelques troubles qui dépendent des difficultés que ce viscère éprouve à le digérer. Celte circonstance paralyse en quelque sorte

h fonction propre de l’estomac , et on éprouve les mêmes phénomènes que dans les cas de réplélion gastrique par suite d’excès de table. On peut empêcher cet effet en combinant au camphre le sel de nitre; dans ce cas, on augmente son effet dynamique. On peut l’empêcher aussi en le liquéfiant dans l’alcool , mais alors on diminue l’action constitutionnelle. — Parmi les vertus mécaniques du camphre, on doit compter celle d’empêcher la putréfaction des substances animales. Le chirurgien peut tirer le plus grand avantage de cette propriété dans les ulcères fongueux, baveux, cancéreux, dans les fistules qui rendent de la matière sanicuse facile à dégénérer au contact de l'air. On sait que dans les plaies qu’on appelle de mauvaise nature il y a un suintement d un liquide âcre qui rougit et excorie des parties saines; ce liquide plus il reste au contact de l’air, plus ii dégénère, et réagit sur les surfaces qu’il touche. Le chirurgien ne peut pas toujours empêcher ce contact irritant du liquide. Dans certains cas, il est urgent de prévenir cet effet, surtout lorsque le pus séjourne dans une cavité. On atteindra ce but à l’aide du camphre appliqué sur les parties malades. On comprend que

CAMPHitE? 209

testable. Pronge (1), Rosenslein (2), Bnldinger (3), Fouler (4), Roques (5), rap. portent un grand nombre de cas en faveur de ce mode d’application du camphre.

§ VIII. Préparation. — Le camphre a été falsifié en le combinant avec la cire; outre qu’il est alors moins odorant, moins transparent, moins fragile , il ne se dissout pas complètement dans l’alcool, et ce qui reste c’est de la cire, et à l'action d une chaleur modérée, il ne se volatilisé qu eii partie. — La râclure de camphre peut sc donner en pilules avec quelque extrait ; on peut aussi le dissoudre dans un jaune d’œuf et en faire des pilules k l’aide d'une poudre quelconque. Les per-

sonnes auxquelles l’odeur du camphre ne répugne point , peuvent le prendre en émulsion avec de la gomme arabique et quelque sirop.

Dose^ On n’est pas encore entièrement d’accord relativement à la dose.

Les uns s’en tiennent aux petites doses d autres en sont plus généreux. On ne voit pas que les effets augmentent en raison de la dose, car souvent, dit-on, ces effets sont les mêmes , quelle que soit la quantité du camphre qu’on ait fait prendre.

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chirurgiens, parmi lesquels je nie bornerai à citer Sa viard(i), Conradi (2), Flajani (3), Ficker (4). — On accorde enfin au camphre une qualité anthclminfiffue , avec raison , car son odeur tue indistinctement les entozoaircs. C’est là comme on le voit, uoe action mécanique qu on peut souvent mettre en usaPe. II n est pas nécessaire pour cela que le camphre soit digéré et assimilé; il suffit que les vers intestinaux soient enveloppés dans son atmosphère. Dans les dissertation, de Wcdel, de Juck, de Grono-

nh°r» .df,Rasl’a*1 > cetfu verlu du camphre est démontrée d’une manière incon-

J.», chlrure'

* S pL0224S’ J0UmaI f> d’ Chir’> 2 Bd‘ (3) Osservaz. pratic., etc., p. 193.

ICO? AUfS' UUd Beobacilt-» 1 Bd., p

Giacommil

effets répondent mieux aux doses Æ naires depuis 50 centigrammes (10 grains) jusqu a 4 grammes (I gros), (elles sont les doses les plus ordinaires. Si on le combine avec du sel de nitre et avec le kermes minéral , la dose doit être moins toi e. A 1 exteneur, on peut l’appliquer racle et sous forme de sachet pour que la chaleur animale en attire les émanations. On peut aussi l’appliquer en poutre par le moyen de quelques gouttes

d'œuf0 ’ °àl biCn d'SSOUS dans du jaune œuf ou dans un mucilage , ou enfin

dans c e l’esprit de vin (eau de. oie cZ-

trî'Z :i P'16 dernièrc Préparation est trcs-usitée contre les œdèmes ; et , bien

iuelle résulte de la combinaison de

g 9?i0 l!>* docamP,,orfe virtut. anlholm.,

(2) Apoteque, cit.

ni* Kranl<t- d- Armee, p. 411.

f p,ed: commen., vol. vux, p. 344.

(5) Pbyiogr, mod., vol. 1, p. 15g.

camphue,

deux substances douées d’une action opposée, celle de l'alcool est surpassée par celle du camphre , car l'alcool dont ou se sert pour cela est très faible. D'ailleurs une partie de ce liquides’évapore. L’huile camphrée est encore une assez bonne préparation; on la fait avec une partie de camphre sur quatre parties d’huile. Le liniment d ’opodeldoc n’est autre chose que du camphre combiné avec du savon , de l’huile de thym, de romarin, dont l’action est analogue à celle du camphre; il y a aussi de l’ammoniaque dans ce composé.

Formules-modèles.

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