‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 37 sur 168 · Lavement · texte numérisé non relu

Lavement

2\. Camphre, G grammes (1 1/2 gros).

Jaune d’œuf, n° 1.

Broyez ensemble et délayez dans une décoction émolliente , 1 kilogramme (2 livres).

[Noie d. trad.) L'usage du camphre dans les maladies n’a jamais été aussi étendu que de nos jours. L’observation microscopique , l’analogie des faits , et l’induction ayant fait adopter l’opinion qui fait dépendre un grand nombre des maladies de la présence des sarcoptes ou d’enlozoaircs dans nos tissus, les médecins ont cru pouvoir mettre à profil Tayersion que l’odeur du camphre cause

aux divers insectes pour les éloigner avec son secours du corps de l’homme. Les naturalistes s’en servent également pour é'oigner les insectes des collections zoologiques. Sms rapporter ici tout ce qui a été dit dans ces dernières années sur cette substance, dont un grand nombre de maladies réclame aujourd’hui l'administration, nous croyons utile de joindre au savant chapitre de Giacomini une intéressante lettre de M. Raspail sur le camphre. Cette lettre indique les manières les plus rationnelles de se servir du camphre et les principales maladies ou il est indiqué.

« Je prends la liberté d’adresser aux principaux recueils de médecine la communication suivante, sur l'utilité de laquelle mes expériences et mes observations ne me laissent plus la moindre incertitude. Je la soumets à la pratique éclairée de MM. les médecins, avec la conviction qu’après avoir expérimenté eux- mêmes sans aucune prévention favorable ou défavorable , ils jugeront que je n’ai pas trop présumé de l'efficacité de cette médication.

» La substance qui en forme la base n’est certainement rien moins qu’uue nouveauté en thérapeutique ; il n’y a en tout ceci de nouveau que les appareils et le procédé lui même. MM. les médecins, je le répète, tiendront compte de la concision qu’on est forcé de s’imposer dans une note adressée aux journaux de divers formats.

» 1° Soit une tabatière à double fond, dont un compartiment renferme du camphre réduiten poudre impalpable, et dont l’autre soit destiné à contenir des petites cigarettes de camphre , dont je vais donner la construction , on aura là une petite pharmacie portative pour une foule de cas qui ne sortent pas du cadre de l’hygiène ordinaire, et dont je vais spécifier quelques uns ci-après. Les cigarettes dont je parle sont des petits tuyaux de paille ou des plumes à écrire du plus petit calibre, dans lesquels on a introduit des petits grumeaux de camphre, que l’on y contient au moyen de deux tampons de papier-joseph. ün fume ces cigarettes comme un cigare ordinaire, mais on les fume à froid , c’est-à-dire qu'on se contente de faire passer par leur capacité l’air qu’on aspire; en même temps, on a soin d’avaler la salive que la présence de la cigareltc provoque. Quant au camphre en poudre, on le prise comme du tabac à priser, dont il offre tous les

CAMPHRE

avantages hygiéniques, sans posséder aucun de ses inconvénients , car cette poudre n’est presque pas sternutatoire , et ne produit aucun écoulement coloré ou incolore , en sorte qu’on peut en prescrire l’usage aux dames, aux enfants, etc. , dans tous les cas où le tabac serait indiqué comme hygiénique ou moyen de distraction.

» 2° Le second appareil consiste dans une compresse en linge imbibée d’alcool, saturée de camphre, et dans un surtout, soit en caoutchouc , soit en parchemin , soit en vessie de cochon , soit en linge fortement empesé à la gomme ou à l'amidon, et dont les dimensions soient telles , que l’on puisse envelopper toute la surface que doit recouvrir la compresse. Ce surtout est destiné à s’opposer à l’évaporation de l'alcool et du camphre, en sorte qu’on puisse être assuré que la surface souffrante se trouve constamment enveloppée d’une atmosphère de camphre. Si le mal avait envahi toute la surface du corps , ce surtout pourrait être remplacé par un sac soit en peau, soit en toile fortement empesée.

« On sera peut-être étonné au premier abord de m’entendre dire qu’au moyen de ces deux catégories d’appareils on parviendra à soulager instantanément et quelquefois à dissiper commepar enchantement une foule de maux lents à guérir, et même rebelles à tout autre traitement. Je prie MM. les médecins de croire que je ne me suis pas dissimulé l'effet de cette première impression ; mais je les prie de passer outre comme moi et d’expérimenter. Je fais un appel , non à leur souvenir, mais à leur conscience , et la conscience du physiologiste est toute entière dans l’expérimentation,

» 3U Dans toutes les affections de poitrine qui peuvent être rangées dans les catégories désignées par les expressions suivantes : toux , rhumes , catarrhes , grippe, étouffements , pituite , coqueluche, croup , que le malade tienne constamment à la bouche une cigarette de camphre, qu’il n’aspire l'air presque que par ce petit tuyau , que de temps à autre il prise de la poudre de camphre, ce dont au reste il peut se dispenser comme d’un accessoire d’une simple utilité , les accès diminueront d’intensité et se succéderont avec moins de fréquence, alors qu’ils ne cesseront pas tout d'un coup. Le malade ne tardera pas à éprouver un sentiment debien-être qui est presquesubit, lorsque les poumons soûl simplçmenl engorgés.

» 4° L’analogie me porte à croire que l’usage constant et non interrompu des cigarettes de camphre est capable de dissiper tous les symptômes de la plilhisie pulmonaire, au moins à la première période, et dès lors la prudence ferait un devoir de l’indiquer même dans les cas désespérés de cette maladie.

» Il est un fait sur lequel je n’élève pas le moindre doute , c’est que les douleurs provenant d’une adhérence pulmonaire, celles que les malades désignent sous le nom de points de côté, se dissipent presque sur-le-champ par l’emploi de la compresse imbibée d’eau camphrée, jointe à l’usage des cigarettes. Je n’oserai pas avancer qu’il en soit de même des affections du cœur , autres que l’anévrisme.

Cependant , j’ai par devers moi de fortes raisons pour pencher vers l’affirmative; au reste, le remède est si inoffensif, qu’on ne s’expose à rien par un essai inutile.

» 5° Dans les affections de l’estomac rebelles aux médicaments anti-phlogistiques, on sent le mal disparaître par l’usage seul des cigarettes , et je conseillerai même volontiers à MM. les pharmaciens de faire entrer un centigramme de camphre par litre dans la composition de leurs sirops de gomme (on sait que le sucre a la propriété de dissoudre cette substance) ; on ne saurait croire d’avance tout l’effet de celle simple addition presque insignifiante. Les personnes qui souffrent à jeun de l’estomac, se soulagent instamment en aspirant une cigarette; et rien n’est plus hygiénique que de faire un usage habituel de ce moyen. Depuis plus de trois mois j’en ai constamment une à la bouche, et il me manque quelque chose toutes les fois que je suis forcé de m’en départir.

» 6° Dans les maladies qui affectent les viscères que renferme la capacité abdominale, entérites , fièvres intermittentes et typhoïdes , choléra , fièvre jaune, etc., affections du foie, de la rate, des reins, de l'utérus, etc., que l’on recouvre toute la surface abdominale de la compresse camphrée sus-citée, arrosée fréquemment et emprisonnée dans son surtout, et qu’on oblige le malade à n’aspirer l’air que par le tuyau d’une cigarette ou par celui de tout autre analogue que commandera la position spécinle du malade, et qu’on n’interrompe en aucun cas ce traitement jusqu’à la terminaison de la maladie , l’effet sera quelquefois du genre de ceux qui ont fait donner à certains médicaments la désignation

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d’héroïques. (J'ai vu des fièvres intermittentes être coupées par la seule application d’un morceau de camphre sur le creux de l’estomac.)

» 7U 11 en sera de même dans les maladies de la peau ; mais en règle générale, en ce cas plus que dans tous les autres , on ne doit jamais avoir recours à l’emploi des compresses sans faire usage abondamment des cigarettes et du sirop camphré ; en d’autres termes, on ne doit jamais envelopper la surface épidermique du corps d’une atmosphère camphrée sans revêtir les surfaces muqueuses de vapeurs de camphre ou d’un liquide légèrement camphré ; c’est le moyen de s’opposer aux répercussions dans les cas où elles sont à craindre.

» 8° Quiconque soigne une maladie contagieuse de l’homme ou des animaux doit priser et fumer lecamphre, si toutefois il n’a pas déjà l’habitude du tabac ; mais, dans l’un et l’autre cas, il ne doit interrompre en aucun instant cette médication, et ses vêtements doivent être fortement imprégnés de l’odeur de l’une ou de l’autre substance. Je le répète, toute la puissance du préservatif est dans la constance de son emploi.

» 9° Dans les maladies de la boîte crânienne, on enveloppera constamment la tête de la compresse, en y joignant les cigarettes et la poudre à priser. Le tournis se dissipera peut-être en peu de temps , mais le malade en sera bientôt soulagé.....

» .... Les maux d’oreilles et d’yeux, en général guérissent en versant de la poudre de camphre dans le tuyau auditif et l’y maintenant avec du coton , en saupoudrant la conjonctive d’un peu de

fioudre de camphre. La petite douleur que a conjonctive éprouve du premier contact de celte poudre est de très-courte durée. Qu’on introduise un grumeau de camphre dans le creux d’une dent cariée, et qu'on l’y maintienne avec du plomb en feuille ou du papier mâché, la douleur si aiguë qu’elle soit se dissipera en quelques instants, et quelquefois le progrès de la carie sera arrêté; on recommencera si la douleur se renouvelle et si la carie continue ses progrès. 11 ne faut pas attacher une grande importance à la répugnance que certaines personnes éprouvent pour l’odeur du camphre ; celle répugnance est quelquefois imaginaire et de convention; mais, en tous cas, elle s’efface au bout de quelques minutes b; le malade peut s’astreindre à ne pas sentit:

d’autre odeur. Les impressions de nos sens s’émoussent par la constance et l’uniformité. »

M. Planche a fait dernièrement quelques expériences extrêmement curieuses avec le camphre. On sait que l’union du camphre avec les gommes résines et autres substances donne un composé mou ; on sait aussi que parmi les propriétés diverses que possèdent les gommes-résines on remarque celle de masquer, d’atténuer, ou d’exalter l’odeur du camphre.

Il résulte de ces observations qu’on pourrait, d’après M. Planche, classer ces corps en deux catégories, les considérer : premièrement, sous le rapport de la consistance que leurs mélanges prennent avec le camphre ; secondement, sous celui de l’influence qu’ils exercent sur leur odeur.

Première catégorie .

Substances qui prennent avec le camphre la consistance pilulaire et la conservent indéfiniment : sang-dragon , résine degayac,assa-fœlida, galbanum. — Substances qui, prenant d’abord la consistance pilulaire, se ramollissent ensuiteà l’air: benjoin, baume de tolu, gomme ammoniaque, mastic. — Substances qui prennent avec le camphre une consistance demiliquide constante : sagapenum , résine animée. — Substances qui forment des mélanges pulvérulents un peu granulés :

oliban , opopanax, gomme g ulte, rhubarbe, bdellium , myrrhe, succin. — Substances qui conservent indéfiniment l’état pulvérulent : lacamahaca , résine dejalap , sandaraque, matière résinoïde du quinquina.

Deuxième catégorie.

Substances formant des mélanges dans lesquels l’odeur du camphre est absorbée, le corps ajouté conservant celle qui lui est propre : assa-fœtida, pal b an um, sagapenum , résine animée , baume de tolu. — Substances conservant faiblement l’odeur du camphre: sang-dragon, oliban, mastic, benjoin , opopanax, résine de qayac, gomme ammoniaque. — Substances formant des mélanges qui exaltent l’odeur du camphre ou qui la retiennent fortement : gomme-gutte , euphorbe, succin , myrrhe, résine dejalap, scammonée, sandaraque, matière résinoïde du quinquina, etc.

Ces remarques sont de la plus haute

importance pour 1 aride formuler.

MENTHE

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