PRÉFACE DE L’AUTEUR
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J’essaie de faire dans cet ouvrage ce que plusieurs auteurs, et même des corps académiques, ont tenté inutilement avant moi; c’est-à-dire de réduire la matière médicale à principes scientifiques invariables. Ce grand problème avait été insoluble autrefois, faute de données suffisantes. Il ne l’est plus aujourd’hui , grâces aux progrès récents de la médecine , de l’anatomie pathologique , de la physique, de la chimie, de l’art expérimental et de la philosophie médicale. La pharmacologie est une science essentiellement expérimentale; mais à quoi servent les expériences sur lesquelles on la base, si elles ne sont pas éclairées par la saine philosophie? On a de tout temps fait des expériences sur les médicaments, mais à quoi ont-elles conduit? A des conséquences absurdes. C’est qu’elles ont été mal dirigées et mal comprises.
Pour opérer la réforme importante dont il s’agit, il faut des masses considérables de faits bien observés. Or ces faits existent ; il s agit de les coordonner, de les interpréter, et de les rattacher à des lois invariables de physiologie et de pathologie. Ce ne sont pas seulement des faits cliniques dont nous aurons besoin, il nmis en faut d’un autre genre, c’est-àd,re qui proviennent de l’expérimentation directe chez les animaux. Des hommes très-laborieux, très-éclairés, et animés du désir de reculer les bornes de la science, en Italie, en France, en Angleeire, en Allemagne et en Amérique,
nous ont non-seulement légué les détails d un très-grand nombre d’expériences qu ils ont faites chez les animaux avec des médicaments divers et dans des buts différents, mais encore sur eux-mêmes.
IVous reprendrons ces expériences , nous les jugerons sans idées préconçues, nous les comparerons a celles que'nous avons faites nous-mêmes ; nous rapprocherons enfin leurs résultats à ceux que nous fournit tous les jours l’observation clinique, et nous ne tirerons aucune conclusion qui ne soit conforme à la logique et aux lois les^mieux connues de la physiologie et de la pathologie.
Depuis un grand nombre d’années que j ai l’honnejir de professer dans celte université, j’ai été obligé, par des circonstances particulières, d’enseigner successivement presque toutes les branches de la médecine. J’ai dû passer de la chaire de physiologie à celle de pathologie interne, de celle-ci à celle de pharmacologie, et enfin à l'enseignement clinique.
J’ai vu par ma propre expérience combien les spécialités isolées étaient nuisibles au progrès de l’art, car, en se bornant dans un cercle particulier, on se prive des lumières immenses qui jaillissent des autres branches. J’ai dû dans cet enseignement successif m’enquérir de tous les faits, tant nationaux qu’étrangers, qui appartiennent à chacune de ces spécialités; j’ai dû, par conséquent, me mettre au niveau de toutes les doctrines accréditées, de toutes les pratiques. Pour cela