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COPAHU

tant et il mangea comme à son ordinaire. Le surlendemain on lui fil prendre de nouveau l’huile de copaliu; mais, au lieu d’alcool, on y joignit de l’eau de lauriercerise. Il offrit les mômes phénomènes que le précédent, et il ne survécut que dix minutes. Les deux cadavres n’ont présenté aucune trace de phlogose. Chez le premier pourtant , qu’on avait tardé plus long- temps à disséquer, l’estomac était presque déliquescent et facile a déchirer. Celle double expérience ne pouvait être plus démonstrative pour prouver que l'huile essentielle de copahu jouit d'une action analogue à celle de l’eau de laurier-cerise, et opposée « celle de l’alcool. Ce n’est pas ici le cas de mettre en avant les différences individuelles de tolérance, lesquelles, môme chez les animaux, peuvent avoir lieu, car celui qui avait si bien supporté l’alcool et l’huile essentielle combinés , mourut lorsqu’on joignit à celte dernière l’eau de laurier-cerise.

§ IV. Effets chez l'homme bien portant. — Le baume de copahu et son huile essentielle produisent chez l’homme hien portant des effets analogues à ceux de la térébenthine. L’urine est sécrétée abondamment, mais sans offrir l’odeur des violettes. On doit pourtant convenir qu’elle conserve un tant soit peu de l’arome balsamique; sa couleur est aussi un peu plus foncée que d’ordinaire , sa saveur est amère, au dire des personnes qui l’ont goûtée. Dans l'estomac, ce baume produit plus de trouble que la térébenthine ; il occasionne aisément des nausées, des vomissements et des évacuations alvines. Le pouls se ralentit et devient plus faible. Les auteurs de matière médicale disent généralement que le pouls s’accélère au contraire, et qu’il acquiert plus de forces sous l’action du baume de copahu; mais ceci n’est pas exact , celle assertion n’étant basée que sur la présomption que l'action du copahu est excitante. L’usage long temps continué du baume produit sur la peau des taches rougeâtres, sans fièvre, ni autre phénomène morbide. Ces taches disparaissent d’elles- mêmes à l’instar des sudamina (77). La fièvre, la diarrhée sanguinolente, que les auteurs attribuent

(77) Kopp, Bcilragc ziw prakt. Med.

Jlufeland’s Journ. 1827, 4 si., april, p, 82. Desruellcs, Ilcwson, Buchncrs, Rcpcrf., 32 Bd., 1 st., p. 132.

à l’action du copahu , n’ont jamais été observées réellement , selon moi. — M. lléveillé-Parise , en parlant de l’administration du baume de copahu, conjointement avec le laudanum liquide , dans le traitement de l’urétrite, dit avoir observé que ce dernier nu t à l’action du baume (78), ce qui revient à ceci, je crois, que ces deux actions sont opposées l’une à l’autre.

§ V- Effets dans les maladies. — Les propriétés thérapeutiques du baume de copahu sont analogues à celles de la térébenthine. Les maladies dans lesquelles il a été administré avec avantage sont l’hydropisie (79), le catarrhe de la vessie (80), la dysurie, la néphrite (81), l’affection calcuieuse des reins et de la vessie (82), les hémorrhoïdes(83), l’aménorrhée (8 4), les fièvres intermittentes (85), l’arthrite aiguë (8G), l’oplithalmie , quelle que soit son espèce (87 ), h goutte (88), la diarrhée (89), les viscéralgies (90) , les lésions traumatiques. On peut voir au sujet de ces maladies ce que nous avons dit à l'article térébenthine. — Le baume de copahu a obtenu des éloges , surtout dans deux maladies particulières, savoir : dans les affections pulmonaires et dans celles de l'urètre. Dans les premières, le copahu avait été administré d’après la présomption que comme baume il devait cicatriser les brèches du poumon des

(78) Acad, de med. de Paris, séance 15 mars 1827. Rev. med., avril 1827.

(79) Mulis, Nouvelles de la république des lettres, etc., 1786, n. 53, p. 571.

(80) Stroem, Rapport sur les travaux de la société médicale de Suède. Delpech, Anal. univ. di med. di Omodei, 1823, may, p. 290.

(81) Iloppe, Dict. de balsm. copaib.

Yalentini, Ilistor. simpl., p. 622.

(82) Comment. Noric., 1754, p. 159.

Brande, Ilandb. d. mat. med., 1826. p.

(83) Bell, Chirurg, t. u, p. 274.

(84) Comm. Noric., 1734, p. 159.

(85) Labbat, Voyage, 2, p. 321.

(86) Lacnnec, Revue médicale, août 181(1.

(87) Ribcs, Omodei, Ann. univ. di med. Maggio 1823, p. 233.

(88) Hoffmann, Obs. dict. rais. univ.

de mat. med., t. u, p. 55.

(89) Lcniberton, Journ. d. prakt.

Ileilk. von llufeland und Ilarless, 1 Bd., p. 31 .

(90) IIoppo, citât.

COPAIIU.

phthisiques. Iloflmann (*)> Fullcr (91), Viilcarcnghi (92) , Lenlin (93) , Monro

(94), Cesmer (95), Simulons (9G), et plusieurs autres l’ont préconisé dans ce but, cl ils ont obtenu, soit des guérisons, soit de simples améliorations plus ou moins durables. Plusieurs médecins cependant s'élèvent contre l’usage du copahu dans la phthisie, ce qui a donné lieu a de vives contestations. Quant a nous, nous appliquerons au copahu les memes considérations que nous avons exposées a 1 occas on de la digitale dans le traitement de la phthisie. On conçoit par là quelles sont les espèces de phlhisies dans lesquelles le copahu peut être administré avec avantage. Que ce baume puisse convenir dans les affections pulmonaires par son action hyposlhénisanle cardiaco-vasculaire , nous en avons la preuve dans les faits publiés par llallé, de catarrhes pulmonaires chroniques guéris à l’aide de ce médicament (97) ; dans ceux de Labbat, de guérisons d’hémoptysie (98) ; daus ceux de Roche, d’Armstrong et d’autres, de guérisons de croup, de trachéite, de bronchite (99). — Relativement aux maladies de J’urètre , nous savons que dans la gonorrhée syphilitique le baume de copahu est donné comme une sorte de spécifique ; il y a même des praticiens qui ne le croient indiqué pour aucune autre affection que pour celle-ci. Celle vérité étant connue, je n’ai pas besoin de citer des autorités à son appui. Nous devons pourtant faire remarquer qu’il n’y a dans ce remède aucune spécificité , et que celte idée n’est venue précisément que par suite de la présomption que le baume était hypersthénisant ; ne pouvant nier le carac-

(*) Observ. phys, china., p. 24.

(91) Pliarmac. extempor, p. 275.

(92) Spec. tract, de pract. febrib., p. 173.

(93) Beobacht. üb cinig. Krunkh., 1774, p. 58.

(94) Diss. in the britisli. mil. Ilospit., p. 129.

(95) Samml. v. d. Bcobaclit. a. d.

Arzneiz., 1 Bd., p. 4G.

(96) On the treat. of consumtions , p. 30.

(97) Œuvres de Tissot, t. î, p. 462.

Note.

(98) Voyag. cit. Mérat et Delens, Diction., t. n, p. 41G.

(99) Prakt. illustrât, of the scarlet. lever, etc. London, 1816. The norlli nmcrican med. and surg. journ., april 1827,

1ère phlogistique de la blennorrhagie, on s’est imaginé que le médicament jouissait d’une faculté mystérieuse ou spécifique.

Craignant pourtant encore 1 action échauffante du copahu , les praticiens ont pris garde de le prescrire dans la périodeaiguë de la blennorrhagie; ils prédisaient de graves accidents a qui eu ferait usage. Mais, depuis l’an 1804, une méprise commise par un malade (trouva à M. Ribes que le baume de copahu peut être administré avec succès dans la période la plus aiguë de l’urétrite, et à doses bien plus élevées qu’on ne le prescrit d’ordinaire. Vers la même époque, Anxiansl'employailà fortedosccontre tous les accidents primitifs et consécutifs de la blennorrhée (100). Delpech aussi l’a prescrit à plus de quatre cents soldats atteints de blennorrhée , et à un grand nombre d’autres malades de sa pratique privée. Il le donna indistinctement à tous les individus, à toutes les époques delà maladie , et même lorsqu’il y avait une forte inflammation et l’érection cordée.

Dans ces cas seulement , pour donner plus d’action au traitement, il y ajoutait la saignée ou les sangsues ; cl, dans (ous les cas, il a obtenu les plus heureux résultats (1). Roques (2), Cullerier, Rossignol^), et presque tous les chirurgiens français et italiens, adoptèrent cette pratique ; et loin de voir l’inflammation augmenter, l'écoulement disparaître inétastatiquement pour se porter dans les bourses , ils ont observé la maladie guérir heureusement sons l’influence du copahu à haute dose. Thorn assure qu’avec le copahu on guérit plus aisément lu blennorrhagie aiguë que la chronique, et J. -II. Koppe le conseille pour prévenir le développement du mal , lorsqu’après le coït suspect on commence à éprouver une cuisson insolite ou douloureuse dans l’urètre (4). De même que la gonorrhée cède au baume de copahu, de même aussi la leucorrhée s’arrête parce moyen , d’après l’expérience de Dejaer , de Castel et de Lacombe (5). Il y a des

(100) Omodei, Ann. univ. di medicina.

Maggio 1815, p. 295.

(1) Journ. cit.

(2) Pliytogr. med., t. ir, p. 2G3.

(3) Report, med. chir. de Turin, 1821,

(4) Beitr. zur prakt. Med. Ilufcland’s Journ., 1827, p. 82, avril.

(5) Bibliothèque médicale, t. xxxv, p.

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