AMÈRE
temps , a produit des résultats heureux.
Waulers a guéri une arthrite très -aiguë à l’aide de la douce-amère à trèshautes doses (86); Boerhaave, Buchwald, Kühn , Allhof, Oberteufer, Hufeland, Slark , l’employèrent aussi contre la goutte avec un grand succès. Dans l’aménorrhée et scs suites, elle a été conseillée par Boerhaave; dans la coqueluche ( adéno-bronchite) par Hufeland (87) et Gœbel (88); dans l’ophthalmie , dans l’amaurose, dans la surdité due à la suppression de quelque exanthème, par Paulilzky (89) ; dans le catarrhe chronique, par Guersant (90) ; dans la phthisie pulmonaire, par Werlhoff (9t) et par Boerhaave (92). Sagar la considère comme le remède unique dans cette maladie
(93); et Busch la regarde, avec bien plus de raison , comme un sédatif capable de calmer l’érélisme des vaisseaux pulmonaires (94). Selon Linné, la douce-amère est employée, par les Westrogotes, avec succès dans les inflammations thoraciques. On sait aussi que Boerhaave y avait recours dans les cas de pleurésie et de péripneumonie bâtarde (95); Blair, dans la pneumonie muqueuse (96); Neumann, dans la pneumonie chronique ( 97 ) ; Sachs, vers la terminaison de toutes ces maladies (98) ; enfin , presque tous les praticiens italiens s’en servent contre les inflammations thoraciques aiguës ou chroniques qui réclament l’usage d’une action hyposthénisante légère. Ils en font autant quand il s’agit de combattre ces éruptions phlogistiques sur le derme qui se déclarent chez plusieurs personnes au printemps : une infusion de douceamère continuée pendant une vingtaine
(86) Roques, Phytogr. médic., vol. i, p. 248.
(87) Journ. supplément., 4825, p. 130.
(88) Diss. de tussi convuls. et dulcau:. in eam effic. Berol., 4805.
(89) Med. pr. Beobacht., 4 Bd., 4 st., p. 434.
(90) Diclionn. des sciences médicales, t. x.
(91) Opéra, p. 796.
(92) Ilaller, Histor, cit.
(95) System, morb., p. 46.
(94) Roques, Phyt. cit., p. 250,
(95) Haller, Ilistor. cit., n. 575.
(96) Frank. SammI., p. 424.
(97) Handbuch, 4 Bd., p. 450.
(98) Handbuch. d. nat. Syst. dcr prakt. Mediz., 4 Bd., 2 Abth., p. 255.
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de jours produit dans ccs cas d’excellents cfl'ets. Enfin, Linné la recommande contre les fièvres inflammatoires (09). On pourrait peut-être taxer d’exagération ce que cet écrivain a dit sur les propriétés médicinales de la douce-amère ; on verra cependant qu’elles excluent dans ce solanurn la qualité échauffante qu’on lui attribue communément.
§ VI. Appréciations de l’action. — Si nous n’avons pu présenter des cas d’inflammations aiguës et intenses guéries à l’aide de la douce-amère uniquement , c’est que ce remède n’a pas une action assez puissante, ni assez prompte; mais qu’il soit pourtant un hyposthénisant, ces maladies le prouvent, puisqu’on a recommandé contre elles la douceamère, comme la saignée, et tous autres hyposthénisants connus. Je dirai , néanmoins , que je ne crois pas que la puissance de cette plante soit aussi légère qu’on le dit, car si on en fait usage pendant long temps, on parvient à vaincre des affections inflammatoires opiniâtres, telles quedes rhumalhalgies,desarlhérites lentes, etc. Son action n’est pas prompte, mais elle est durable. Ce ne sont pas seulement les capillaires artériels, cutanés, mais aussi ceux des glandes sébacées , qui, à la longue, éprouvent l’effet de ce remède. Aussi dans les dartres et dans toute espèce d 'impétigo la douce - amère a la préférence sur les remèdes dont nous avons parlé. — On croit généralement que ladouce-amère adoucit le sang ; c’est pour cela qu’on s’en sert de préférence dans le printemps. Cette manière de voir peut bien sourire aux personnes étrangères à la médecine qui croient aux âcretés du sang et à l’existence des moyens propres à les corriger; mais le physiologiste ne peut admettre un pareil langage. 11 sait bien, en effet, que le sang, étant un produit des organes, ne peut acquérir aucune altération , à moins que les organes ne soient eux-mêmes affectés primitivement. En supposant qu’une substance étrangère vin tà être injectée dans le sang, le désordre ne s’arrêterait pas dans ce fluide; il affecterait bientôt les organes.
Il y aurait de la démence à vouloir corriger le sang sans modifier d’abord convenablement les tissus qui le préparent et l’élaborent.
§ VII. Action mécanique. — L’usage qu’avaient les anciens d'appliquer le suc