AMÈRE
de la douce-amère sur les parties phlogosées ou meurtries, prouve que sou action méeanico - chimique irritante, ou astringente, est fort légère.
§ V11L Mode d'administration. — L’extrait de douce-amère qu’on prescrivait jadis n’est presque plus employé de nos jours. 11 est aussi très-rare de prescrire celte plante seche, réduite en poudre. L’infusion et la décoction sont les seules préparations qu’on emploie aujourd’hui.
Dose. — La douce-amère est plus ou moins active, selon qu’elle a été récoltée au printemps ou en automne, à l’ombre ou au soleil , sur les montagnes ou dans la plaine. On doit s’enquérir de ces conditions pour bien en régler les doses.
Cette remarque fait déjà comprendre pourquoi certains auteurs attribuent à cette plante des vertus énergiques , tandis que ccrlaius autres la regardent presque comme tout- à-fait inerte. La dose de la douce-amère récoltée sur les collines exposées au soleil, est de huit à seize grammes (deux à quatre gros) en infusion ou en décoction ; de l’autre, au contraire, elle est de vingt -quatre à trente grammes (six à huit gros). Ce remède, comme bien d’autres qu’on prend sans interruption pendant long-temps, doit êlre administré à doses croissantes. Althorf parvint graduellement jusqu’à la dose de cent quatre-vingts grammes (six onces) par jour. Quelques praticiens le combinent avec du lait , ou , mieux encore, avec du petit-lait. Lorsqu’on prescrit l’usage de la douce-amère pendant vingt ou trentejours, au priutemps, comme on le pratique en Italie, il conviendrait de faire précéder son usage d’une saignée s’il y a quelque symptôme de pléthore. Pour rendre la décoction plus active, il est utile de laisser les liges coupées et écrasées infuser pendant douze heures.
Formule-modèle.
2J. Tiges de douce-amère contusc , huit
grammes (deux gros).
Faites bouillir dans trois ccuts grammes
(dix onces) d'eau.
A prendre en une ou deux fois.
(09) Flora suecic.
SALSEPAREILLE
SALSEPAREILLE
( Srnilax sarsaparilla. )
§ Ier. Caractères physiques. — La salsepareille, genre de la famille des nsparaginées, et delà diœcia hexandria de L., est originaire de différentes contrées de l’Amérique. Les radicules de celle plante se rencontrent dans le commerce, dépouillées de leurs souches, et en bottes rondes. Elles sont striées longitudinalement, flexibles, entrelacées, de la longueur de quelques pieds, de la grosseur d’une plume à écrire. Leur épiderme est mince, d’un brun plus ou moins foncé, ou rougeâtre; blanc à l'intérieur, et très-amylacé ; le cœur est ligneux ; elles ont une odeur terreuse , presque insipide.
Ou connaît dans le commerce plusieurs variétés de salsepareille, dues spécialement aux différents lieux d’où elles proviennent. Ge sont celles de la Colombie, du Mexique, du Pérou et du Brésil. Les droguistes n’en distinguent que deux espèces, d’après leur apparence, blanche ou rouge. Selon nous, la rouge, qui est delà Jamaïque, mérite la préférence , car elle est plus sapide , et donne presque le double d'extrait que les autres ; c’est ce qui a été du moins vérifié par Page , de Londres, Guibourt et Robinet.
§ II. Notions chimiques. — M. Canobbio a été un des premiers à s’occuper de l’analyse de la salsepareille. Deux autres chimistes italiens, MM. Galilco Pallotta et Folchi, se sont livrés au même travail, et ils ont été conduits à reconnaître dans cette racine une matière extractive amère et colorante, de l’albunnne, de la gomme, une huile grasse, de la fibre ligneuse. Ils y ont aussi soupronne la présence d’un principe alcalin (100). Ces auteurs croient pourtant que le principe actif de cette racine réside dans la fécule amylacée et dans la matiere ad.po-résineuse , âcre et amère (1). M. Pallotta a cru l’avoir retrouvée dans 1 ecorce , et il lui a donné le nom de pardlme ou snii/lacine. C’est une substance blanche , légère, pulvérulente,
(100) Hepericn.. med. ^ g. Torir]( nno 825, p. 152, et Commentario < p. 282 Chlm‘ ra,,mac' (,i B'chini, 183É
(1) Mat. med. compeml., t. r, p. 2:
Giacomini.
d’une odeur particulière, d’une saveur amère, âpre et nauséabonde, inaltérable à l’air, pouvant se combiner avec les acides et former des sels. Pallotta croit que toute la partie active de la salsepareille est renfermée dans cette substam e (2). Dix années plus tard, Thubeuf, ayant extrait le même principe cristallisé, l’a nommé salseparine (3). Batka, au contraire, a trouvé par l’analyse un acide particulier, qu’il regarde comme le vrai principe actif de la salsepareille. Il croit que la substance dont parle Thubeuf n’est qu’un pari llinate de potasse (I), ce que ce dernier nie complètement, malgré les arguments péremptoires de son adversaire. En attendant, malgré toutes ces analyses, on est encore dans l’incertitude sur le principe actif de la salsepareille. 11 y a pourtant quelque probabilité en faveur de la substance dont parle Pallotta, vérifiée par Planche ct par d’autres chimistes
[Note d. trad.) La société de pharmacie de Paris, dans sa séance du C février (839, eut à s’occuper de ce sujet. M. Ferai lui avait présenté l'échantillon d’unesubstance ci fs ta 1 1 i n c, blanche, qui s’était déposée dans le liquide tiré par la distillation d un hydralcoolique de salsepareille , préparé à froid par la macération. Ce chimiste croyait reconnaître dans cette substance la salseparine , et il expliquait, par sa volatilité, la plus forte saveur que possède l’infusion à froid de salsepareille sur la décoction; mais Robiquet ct Thubeuf objectèrent que la substance en ques'ion n’est soluble que dans l’eau bouillante, et qu’elle se précipite à froid. Quoi qu’il en soit, on n est pas encore certain que la substance blanche cristalline de M. Béral, qui est la même dont avaient parlé les chimistes cités par M. Giacomini, soit la seule matière dans laquelle réside le principe actif de la salsepareille, car elle contient en outre une résine amère, âcre et odorante, une matière gommeuse, amidonnée, et plusieurs autres principes , qui probablement ne sont pas sans quelque action thérapeutique sur les individus qui font usage de cette plante.
(2) Giorn. di fisica e chimica, Pavia, 5 L., 1824.
(5) Bulletin général de thérapeutique 15 avril 1834. * 1 *
isv/ Journnl (,e Pharmacie, janvier
ûOO SALSEPAREILLE.
§ III. Effets chez l homme lien portant.— Toutes les expériences tentées sur les animaux avec la salsepareille sont restées milles, à cause de son peu d’action. Par la même raison, les effets de celle substance ne sont presque pas bien sensibles sur l’homme bien portant. Ce qu’on a observé quelquefois, c’est une sueur abondante , mais bien souvent cet effet manque complètement. Il en faut des doses très- fortes pour que l’estomac s’en ressente. Il survient alors quelques nausées, et même le vomissement. Hermann et Teulhorn ont observé, par l’administration de fortes doses de celte substance , des frissons généraux , mais pas à la poitrine ni à la ligure (5). La plante fraîche cependant doit avoir plus d'action , si ce qu’en dit Cox est vrai, savoir qu’à la Colombie ceux qui en usent éprouvent la salivation (G).
La substance découverte par Pallolla paraît douée d’une action énergique. 11 dit avoir fait sur lui-même quelques essais. Dix centigrammes ( deux grains ) pris à jeun , lui firent éprouver un goût styptique amer, une sensation de constriction à la gorge, et rien de plus. Le jour suivant, son pouls marquait soixantedix pulsations par minute, il en prit trente centigrammes (six grains). Aux phénomènes ci-dessus s’ajouta un malaise d’estomac , et le pouls baissa de six pulsations. Après deux jours , son pouls marquant soixante-six, il avala cinquante centigrammes (dix grains) de parilline ; il éprouva des nausées, un resserrement assez fort à l’œsophage , et de la langueur à l’estomac ; son pouls baissa de huit pulsations par minute. Le jour suivant, ayant répété l’expérience , il eut à souffrir une légère douleur à la région lombaire, des nausées, des vomissements , une irritation au gosier; son pouls était plus petit que dans l’expérience précédente, abattement général, une demiheure après, sueurs abondantes. En dernier lieu, le pouls étant à soixante-huit, il en avala soixante-cinq centigrammes (treize grains). Il éprouva des nausées, des vomissements d’une matière amère , mais sans secousses et de peu de durée; irritation, con? triclion, comme précédemment, faiblesse générale tellement
(5) Ilahnemann, Reine Arzn., 4 Bd., p. 255.
(G) The London med. and surg. journ.
1831, t. vr, p. 210.
prononcée qu’il fut obligé d’avoir recours à une potion cordiale (7). D’après ces essais, on entrevoit l’action hyposlhénisante de la salscparine. Il est à présumer qu’elle se trouve en fort petite quantité dans la salsepareille ordinaire du commerce, car elle n’a que fort peu d’action.
§ IV. Effets dans les maladies. — Prosper Alpin nous apprend que la salsepareille était en usage en Égypte contre la maladie vénérienne (8), apportée par les Espagnols en Europe vers la moitié du seizième siècle. Cette plante a été préconisée contre cette affection par Ximenes, Trincavelli, Faloppe, Cesalpin, N. Massa, Sydenham, Fordyce et plusieurs autres. Elle eut aussi des détracteurs, qui essayèrent de la faire tomber dans le discrédit, tels que Montano , Fracanziano, Johren , Cullen , Bromfield, Alibert, Chamberet , Canielli ; mais Hunier, Storck, Fordyce et Fancinetti la remirent en honneur. Ce remède eut presque constamment ses partisans, même de nos jours, de sorte qu’il est rare qu’on entreprenne un traitement anti-syphilitiquesans celte plante, qu’on combine aux mercuriaux. On la loue beaucoup dans les affections vénériennes de vieille date, notamment dans celles qui ont résisté à l’action du mercure. — Une autre maladie , dans le traitement de laquelle la salsepareille est très en vogue, c’est le rhumatisme, soit chronique, soit aigu, d’après les observations de Scholz (9), de Bergius (tO), de Smith (lt) et de plusieurs autres. Ces praticiens, en la prescrivant comme sudorifique, la recommandent aussi contre les exanthèmes , le lumbago, l’ischiati— que, le tic douloureux et autres névralgies.
La salsepareille a été très-xantée contre l'arthrite par Wittich (l 2). par Claudin (13), et par Spiess (O). Quarin la regarde comme le meilleur remède contre la goutte, en le combinant h l’antimoine (15). Brisbone eut à s’en louer
(7) Repert. cil., p. 130.
(8) Plant. Ægypt., p. 30.
(9) Cons. crator, 1. u, cons. 0.
(10) Mater, medic., t. n, p. S54.
(11) Foy. farmac.
(12) Consul!, med., p. 65.
(15) Exper. rat., I. ni, p- 24.
(14) De arlhrit., p. 61.
(15) Met h. med. influai.
SALSEPAREILLE.'
dans le traitement des plaies et dans celui des ulcères cancéreux (10). Enfin, dans les affections cutanées sordides, une foule de praticiens ont beaucoup de confiance dans cette plante.
§ Y. Appréciation de l'action du remède.— il n’est pas nécessaire de revenir sur les maladies dont nous avons déjà parlé , et notamment sur la goutte, l’arthrite , le rhumatisme, dont la nature liyperstliénique a été mise en plein jour. Si la salsepareille parvient à les maîtriser, c’est qu'elle est douée de vertu hyposthénisanle. Il estvrai que le clinicien croit qu’elle n’est utile qu’à cause de la sueur qu’elle détermine , mais combien de fois ne guérit-elle pas ces affections sans donner lieu à la moindre diaphorèse ( 1 7) ? Fordyce, partisan zélé de ce remède, dit que la guérison est plus prompte lorsqu’il n’y a pas de sueur (18). D’ailleurs, nous avons déjà démontré que la sueur n’est qu’un phénomène secondaire qu’on ne peut obtenir sans modifier la vitalité du système vasculaire. Dans notre cas, cette modification ne peut consister que dans un relâchement du tissu des capillaires dû à l’action des hyposthénisanls vasculaires, parmi lesquels nous devons compter la salsepareille. — Des analyses chimiques incomplètes n’avant démontré dans la salsepareille que de la fécule amylacée, qu’elle contient assez abondamment, avaient fait penser pendant long-temps que la salsepareille ne doit convenir dans certaines maladies que par sa propriété nutritive. Il est surprenant qu’on n’ait pas vu qu’un morceau de pain est bien plus nourrissant qu’une tisane de salsepareille , et il est bien plus suprenant encore que, même de nos jours , on puisse accorder quelque valeur à celte idée , depuis que des analyses plus exactes ont démontré que, soit la parilline de Pallolla , soit la smillacine de Folchi, soit la salseparine de Thubeuf, soit enfin 1 acide parillinique de Balka, ou matière extraclive d’autres chimistes, doit avoir une existence réelle et des vertus thérapeutiques bien supérieures à celles de l’amidon.
(16; Select, cases in thcpract. ofmcd..
(il) Nerat et Delens, Dictionn., t. vi. p. 38t.
(18) Mediç. observ. and inquir., t. i,
Nous devrions ici dire quelques mots de la salsepareille comme remède antisyphilitique, mais nous croyons devoir renvoyer ce sujet à l'article Mercure. Il suffit pour le moment de savoir que cette plante peut convenir contre la vérole , par sa seule qualité hyposlhénisante vasculaire. Le mal vénérien est incontestablement une affection spécifique, mais le caractère dynamique qui l’accompagne est hypersthénique. C’est sur ce caractère de la maladie que la salsepareille exerce son action. — Quel est le degré d’action de la salsepareille? On a beaucoup trop loué les vertus de cette planle, et l’on est tombé dans l’exagération.
Nous ne nous aviserions jamais de conseiller la salsepareille dans le traitement des inflammations intenses, sans avoir préalablement pratiqué quelques saignées. Si parfois on est parvenu à maîtriser l’arthrite , le rhumatisme , la goutte, avec la seule salsepareille, on doit convenir que la cure a été fort longue et douteuse. Le traitement de la syphilis, par l’administration de la salsepareille uniquement, n’est pas toujours bien sûr et radical , l’affection reparaît assez souvent. Pearson et plusieurs autres ont observé de ces rechutes (19). Actuellement ou est si peu rassuré sur l’efficacité anti-syphilitique de la salsepareille, qu’on l’associe toujours à quelque autre remède d’action plus énergique et mieux constatée. D’ailleurs l’expérience a prouvé que les bons résultats qu'on a obtenus contre la vérole par la salsepareille n’ont eu lieu que lorsqu’on avait fait subir au malade un traitement mercuriel, bien qu’en apparence sans effet. Ainsi, soit comme subsidiaire du mercure, soit autrement, il n’est pas moins vrai que cette plante peut être utile dans quelques cas de vérole. — Si nous disons que l’action de la salsepareille est très-légère, nous ne nous mettons pas pour cela du côté de certains auteurs qui font d’une manière si rigoureuse le procès à cette plante, au point de lui refuser toute propriété médicale. —Si les essais de Pallolta sont exacts, nous ne pouvons refuser au principe actif de cette plante une action réelle et énergique.
§ "VI. Action mécanique. — -On pourrait tout au plus admettre dans la salse-
(19) Obs. on the cffects of var. articl. of the mat. med. in lhe cure of luer venerea, etc.
SALSEPAREILLE
pareille une légère action mécanique, à cause de son âcre té ; les autres préparations n’en ont aucune.
§ Vil. Mode d'administration. — Si l’on ne prend pas le plus grand soin dans le mode d’administrer de la salsepareille, on n’en obtient pas les effets qu’on a droit d’en attendre. Telle est peut-être la raison pour laquelle on l’a tant méprisée. 11 faut premièrement ne faire usage que de la véritable salsepareille : la cupidité a cherché à mettre dans le commerce d’autres racines exotiques d’une valeur fort inférieure, et dont les vertus sont bien loin d’être aussi actives que celles du smilax sarsaparilla. Parmi les racines signalées, et qu'on cherche à vendre comme de la salsepareille, il y a celle de l’agave cabensis ou mexicana , L del ’herarria sarsaparilla , Marlins ; de ïara/ia nudicaulis , de l’asperge , du car ex arenaria, de la douce-amère, etc. C’est pour cela que le pharmacien doit n’acheter que la racine entière, pour n’être pas trompé. Secondement, il y a à craindre que cette même plante n’ait végété dans un climat ou dans un terrain qui ne lui convienne point, ou bien qu’elle n’ait été cueillie hors de saison. Troisièmement, il faut prendre garde que la racine ne soit pas trop vieille, ou cariée, enfin dégénérée. Quatrièmement, comme on l’ordonne le plus souvent en décoction , il faut avoir la précaution qu’elle ne perde rien de son principe actif : aussi les uns voudraient avec Fordyce une cuisson fort longue ; les autres, avec Paris, la tiennent en infusion dans l’eau froide, préalablement pendant plusieurs heures (20). 11 y a au contraire des praticiens qui, avec Thompson , défendent formellement la longue cuisson , comme propre à en affaiblir l’action ; ils croient que la seule immersion de cette racine écrasée , pendant douze heures, dans l’eau chaude (la température du digesteur étant à GO degrés centigrades), peut lui enlever presque tous les éléments solubles et actifs (21). Voici quel est, selon moi, le parti le plus sûr à prendre. La racine coupée et écrasée est infusée pendant vingt-quatre heures dans de l’eau chaude ; cette infusion est prise le malin à jeun. Du résidu de celte digestion , on fait, en y ajoutant de l’eau, une décoction qu’on réduit à la moitié
(20) Pharmacol., t. iq p. 178.
(21) London dispens. 1821, p. 755,
par l’ébullition ; on la coule et on la boit dans le courant de la journée.
( Note d. trad.) L’expérience ayant prouvé que la salsepareille ne cède h l'eau qu’un septième environ de son poids des parties extractives , on ne peut douter de l’insuffisance de cet agent dissolvant dans l’exlraclion des principes médicamenteux de cetle racine. Tout fait d’ailleurs présumer que ses parties vraiment actives sont solubles dans l’alcool. Quelques praticiens ont proposé d’ajouter à son infusion aqueuse une certaine dose d’esprit de vin , sans réfléchir que par une telle addition on neutralisait la vertu thérapeutique de la plante. Aussi Monteggia, dans un appendice à sa traduction de l’ouvrage de Fritze (a), propose d’administrer constamment la salsepareille en poudre. Ce conseil a été assez généralement suivi par les praticiens italiens.
Cinquièmement, la dose qu’on doit prescrire est d’une grande importance.
Il arrive souvent qu’on perd le temps, les soins et la dépense à cause de l’insuffisance des doses employées. Tous ceux qui en ont fait un grand usage , et qui ont obtenu des bons et incontestables résultats de la salsepareille, recommandent instamment de s’en tenir toujours à des doses généreuses. Fordyce n’en donnait jamais moins de 90 grammes ( trois onces) par jour. Francinetli en ordonne 60 grammes ( deux onces ) dans les cas légers , et il en porte la dose jusqu'à 1 20 grammes (quatre onces) dans les cas graves ("). Nous suivrons leur exemple.
Sixièmement, la durée du traitement a aussi son importance; elle doit dépasser l’époque de la cessation de tous les symptômes. On perd souvent le résultat d'un traitement par impatience ou par trop d’économie.
Septièmement, on ne doit pas négliger les autres soins hygiéniques, surtout par rapport à l’alimentation et à la température atmosphérique. Aussi, doit-on éviter toute substance stimulante, défendre le vin, les mets aromatisés, flatueux, etc.; et, quant à la température, on doit se régler selon la saison et le climat. Celui * (*)
(a) Compendio sopra le malattic vcncrca del Friize, coll’ aggiunta di utta dissertazione sopra l’uso délia salsapariglia, etc. Milano, 1806.
(*) Délia salsapariglia e délia maniera di igorlœ Bresçia, 1819, p. 58.
GAYAC
qui n’aurait pas pris garde, dans l'administration de la salsepareille, à toutes ces attentions, serait frustré dans son attente, à moins qn’il ne s’agisse d'une affection fort légère, et n’aurait aucun droit de se plaindre de l’inefficacité de la salsepareille. La meilleure préparation de la salsepareille serait la parilline, ou ce principe quelconque, particulier, qu’elle paraît renfermer. Les chimistes, au lieu de s’occuper à répéter l’analyse des substances dont le principe actif est déjà reconnu, comme l’ipécacuanha, l’opium, la noix vomique , rendraient un véritable service à la science en indiquant d'une manière précise celui des substances dont l’action est légère et variable, comme la salsepareille, ou mêlée à des parties inertes qui s’en laissent difficilement séparer. La parilline de Pallotta peut être donnée à quinze centigrammes (trois grains), deux, trois, et même quatre fois par jour, en poudre ou en pilules. — Nous croyons ne devoir rien dire des extraits, des décoctions, des eaux, des sirops dans lesquels on fait entrer la salsepareille, et qui se trouvent entre les mains des charlatans.
Formules-modèles.