CALCIUM
garismes et d’injections d’eau contenant de l’hydrochlorale de chaux (39). Cohen a obtenu de très-bons effets dans une phthisieptilmonaire accompagnée de fétidité des crachats, de la solution de ce sel donnée à l’intérieur à des doses progressives (40). Avec celte même solution appliquée sur un cancer du visage , Froehlich en a obtenu , dit-on, la guérison ; ce cancer avait pourtant été rebelle à tous les remèdes réputés anti- cancéreux (41). Chisholm raconte avoir fait cesser un météorisme par l’administration d’une mixture de camphre et d’hydrochlorate de chaux (42). Delpech, Percy, Siedmogrodzki, Travers, Renard, et dernièrement encoreMM. Roche et Jules Cloquetont tiré de très-grands avantages de l’emploi de l’hydrochlorate de chaux contre les ulcères gangréneux.
Danscerlainscasilnesuffitpas de tremper des compresses dans cette solution pour être appliquées sur la plaie, il faut aussi en administrer à l’intérieur (43). Reid a donné en lavement et en potion l’hydrochlorale de chaux à la dose de cinq décigrammes, contre une dysenterie épidémique qui a régné à Dys. R parvint avec ce remède à dissiper la fétidité des évacuations et à guérir la maladie. Bonamy employa aussi le chlorure avec succès contre le flux de ventre dépendant d’une phlogosc chronique des in- 1estins(45). Les brûlures ont été pansées parTrusen, par Lisfratic , par Iloit, et par d’autres avec des plumasseaux ou du colon imbibés d’une solution de ce sel
(46). Les injections faites avec une solution de chaux chlorurée ont été employées avec avantage par Sérulas (47)
(39) ITolscher, llannov. Annal, f. d.
ges lleilk. Hanover, i. i, 1830.
(40) Casper, Wocbensch., 1834, p. 743.
(41) Med. Jalirb, des K, K, Œslcw.
Stant., 1834.
(42) The London Med. reposit., 1824, mars.
(43) P.usl. Magaz., t. xxix, p. 278.—
Magendie, Formul., ‘Je édit., 1830, p.
(\5) Dictionnaire de médecine, 2« 6d., t. vu, p. 431. Journal de médecine et de cliir., 1835, p. 207.
(40) Casper, Woclienschr. f. d. gcsammie lleilk., 1834, n. 33; The Lancet. Lond., april 1833; Revue médicale, juin 1820.
(47) Journal do chimie raédic., juillet
et par Biett (48); Roche, Voiles et Wetzler assurent avoir guéri en peu de temps la coqueluche avec l’hydrochlorate de chaux par inspiration vaporeuse et en boisson délayée dans une tisane pectorale (49). Coslanti et Cliantourelle conseillent contre le croup le chlorure de calcium sous forme de liqueur de Labarraque(50). Dans le traitement de la fièvre typhoïde , Graefe préfère ce sel chloruré à d'autres remèdes ; la formule dont il se sert est la suivante : chlorure de calcium, G grarn.; eau distillée de valériane, I 5 décagram.; sirop d’écorce d'orange , 3 décagram. ; à prendre par cuillerée d’heure en heure (51). Les heureux résultats du chlorure de calcium contre la gale, soit en lotion sur toutes les parties affectées de pustules, soit sous forme d'onguent , sont justifiés par la pratique journalière de Derheiin (52), de Chevalier, de Cluzel (53), d’Hospital, de Fantonetti (54) , de Magendie (55), et d’une foule d’autres. On sait qu’à Paris, dans l'hôpital des vénériens, on emploie les injections chlorurées dans les blennorrliées du vagin , depuis que Werneck les a préconisées contre la leucorrhée fétide (5G). Ces mêmes injections dans les narines ont été employées avec avantage par llorner dans un cas d’ozène (57) , ainsi que par W.
Maclay-Axvl (58).]
§ VI. -Appréciation cle V action. — Les effets de l’hydrochlorate de chaux ressemblent tellement à ceux de l’hydrochlorale de baryte, qu’on ne saurait s’empêcher de lui accorder la même action hyposthénisanle lymphatico-glandulaire. Il faut pourtant convenir que celte action est moins prononcée, moins
(48) Rinna, Repert.
(49) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. v, p. 247; Arch. génér., nov. 1830.
(50) Gazette médicale, 1833, juin. — Graefe u. Warlhcr, Journ., 1831.
(51) Graefe, Diss. de calcar. elilorin.
natura et usu med. Berol.. 1831.
(52) Archives générales, janv. 1828.
(53) Dictionnaire de môd., 2« édit., t. vir, p. 433.
(54) Bull, de thérap., 1834.
(55) Foy, Formulaire, p. 548.
(50) Clavus, etc. Beytrage, t. ni, p. 151;
(57) The Amer. Journ. of lhe med.
scicnc., mai 1850.
(58) Journ. of lhe med. and. phvs. sc,,
CIGUË
violente que celle de l’hydrochlorate de baryte. En effet, on est obligé de le prescrire à dose un peu pins élevée que ce dernier.
§ VII. Action mécanique. — Celte action est aussi plus légère que celle de l’hydrochlorate de baryte. Il convient malgré cela de rendre celte action mécanico-chimique aussi légère que possible à l’aide de moyens convenables.
Sa propriété physique d’absorber beaucoup de calorique en se délayant dans de l’eau rend cet hydrochlorate très-utile en solutions sur les parties où l’on veut produire une sensation vive de froid.
On peut avec avantage s’en servir pour remplacer l’azotate de potasse dans le bain dit de Schmucker.
§ VIH. Mode cl administration. — La solution de ce sel à la dose de 10 à 15 centigrammes ( 2 à 3 grains) , qu’on peut porter jusqu’à 1 et même 2 gram., à répéter deux ou trois fois par jour, doit être préférée à tout autre mode d’administration. — On le donne aussi en pilules sans inconvénient, mêlé à un extrait approprié. — A l’extérieur on l’a employé en bain, à la dose de 6 à 9 décagramrncs dans une quantité d’eau nécessaire pour remplir une baignoire.
( Noie d. trad.) [Formule de Beddoes dans le traitement de la phthisie pulmonaire.
2j. Hydrochlorate de chaux pur et dissous, 6 décagrammes (2 onces).
Extrait de jusquiame, 30 centigrammes (6 grains).
Eau distillée, 180 grammes (0 onces).
Sirop de framboise , 2 décagrammes (6 gros). M.
A prendre une cuillerée à bouche quatre fois par jour.
Topique contre l'affection scorbutique des gencives.
2J. Chlorure de calcium , 1 à 2 grammes.
Mucilage dégommé arabique , 21 gram.
Sirop d’oranges, 8 grammes. M.
Pour en toucher les gencives à l’aide d’un pinceau.
Solution contre la brûlure.
2j. Ilydrochlorure de chaux, 16 grammes (1/2 once).
Eau de roses, 1/2 kilogramme (1 livre).
Passez et ajoutez : mucilage de gomme
arabique ou de sem. de coing , C0 grammes (2 onces). M.
On en imbibe les compresses qu’on applique sur la plaie.
Onguent contre la gale et les dartres.
2J. Chlorure de calcium bien trituré, C décagrammes (2 onces).
Soufre sublimé et lavé, 3 décagrammes (1 once).
Axonge récente, 30 décagrammes (10 onces).
M. f. pommade.
Pour frictions matin et soir sur tous les points malades.]
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( Cicuta major , conium maculatum.)
§ Ier. Caractères physiques. — La ciguë çroît sur les bords des fossés, dans les (terrains pierreux, dans les cours près des Vieux bâtiments. C’est une plante bisannuelle, appartenant à la famille des ombcllifères et de la pentandrie dyginie, Lin. On l’a appelée ciguë officinale , grande ciguë , conium tacheté , à cause des taches noirâtres ou d’un brun rougeâtre qui se remarquent sur sa tige.
Toute la plante a une odeur vireuse , nauséabonde. Ou n’emploie en médecine que les feuilles ; elles sont d’une couleur verte, très- foncée, trois fois ailées, à folioles pinnalifides.
§ II. Notions chimiques. — L’analyse chimique de la ciguë ne nous apprend pas grand’chose. Brandes et Gisekey ont trouvé un alcaloïde d’une odeur nauséeuse qu’ils ont nommé cicutine ou coninc , et qu'ils considèrent comme le principe actif delà ciguë. Schader et autres chimistes y ont trouvé tle la résine, une huile essentielle, de la gomme , de l'albumine, de la fécule verte, de 1 acide acétique, de l’hydrochloratc, de l’azotate et du sulfate de potasse, etc.
§ III. Effets sur les animaux. — Sans remonter aux temps de Socrate et de Phocion , dont la mort donna tant de célébrité à la ciguë, l’histoire de la médecine nous apprend que ce n'est pas d’aujourd’hui que les auteurs se sont occupés d’expériences avec cette plante sur des animaux, dans le but de reconnaître son action particulière, et de l’employer dans
le traitement de plusieurs maladies qu’on n’avait encore pu guérir avec aucun des remèdes connus, telles que le squirrUc, le cancer, certaines dartres, la scrofule, etc. Il est des animaux , tels que la chèvre et le mouton, qui peuvent brouter la ciguë impunément, ce qu’on avait remarqué déjà du temps de Lucrèce; il en est d’autres, au contraire, qui en sont plus ou moins incommodés; les lapins et les chevaux, par exemple, en ressentent fort peu les eflets (59) , mais les bœufs (CO), les loups (G 1), les chiens (Gï) en sont empoisonnés à une dose môme légère. Les chiens pourtant , à cause de leur facilité à vomir, surmontent l’effet de celte intoxication , quoiqu’ils restent tremblants pendant quelques jours ; en effet, M. Orfila dit n'avoir que rarement pu tuer des chiens avec cette plante (63). Alibert rapporte avoir renfermé plusieurs cabiais dans une cage et en ne leur donnant aucune autre nourriture que de la ciguë. Ces animaux Furent atteints de convulsions qui durèrent environ quarante minutes et ils périrent. Leur autopsie ne présenta, au dire de ce praticien , aucune trace d’inflammation dans l’intérieur de l’estomac (Ci). — La cicutiue ouconineest douée d’une action très-énergique; les lapins, qui, comme nous l’avons dit, endurent une certaine dose de ciguë sans souffrir beaucoup, meurent sous l’action de quelques centigrammes de cet alcaloïde (65).
§ IV. Effets suri' homme bien portant.
— On ne manque pas de faits qui attestent l’efficacité de la ciguë sur l’homme, donnée à dose graduellement croissante:
elle produit d’abord une augmentation de l’appétit, mais la force digestive cependant s’affaiblit (66); puis elle occasionne de la soif (G7) et de la sécheresse
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dans l’amère-bouche (68) ; la sécrétion de l’urine augmente (G9) ; l’appçtit vénérien cesse complètement. Surviennent ensuite des nausées, des rots (70), des vertiges (7i), obscurcissement de la vue (72) , des illusions optiques (73), des tremblements dans les membres (74), des convulsions (75), des faiblesses dans tout le système musculaire (76) , la paralysie (77), l’aphonie (78), la perte des sens ou le délire (79) , l’assoupissement (80), pouls faible et très -lent (81), défaillances (82) , froid aux extrémités et à tout le corps, sueurs froides, syncope , mort ordinairement tranquille (83). A l’autopsie des sujets morts par la ciguë , on remarque un engorgement de sang noirdaus tout le système veineux, notamment dans celui de la veine porte et les sinus de la dure-mère. — Les poumons sont généralement engorgés et offrent des taches noires. Les organes digestifs sont à l’état normal. Cela a été noté même par les auteurs qui attribuent à la ciguë une propriété âcre , irritante ou stimulante. Ils avouent qu’il existe bien moins de lésions dans l’estomac par cet empoisonnement que par tout autre narcolico-âcre (84). — Les anciens, considérant la ciguë comme un poison froid, recommandèrent le vin pour antidote.
(59) Gmelin, Flor. sibir., t. i, p. 205. — Sprœgel, Dissert. sisl. exper. cire, venen., p. 15.
(00) Linn., Wæslgola rcsa, p. 98. — Gadd; Wetensk. Academ. Ilandl., 1774, p. 255.
(01) AVepfcr, De cicut. aguat., p. 155.
(65) Toxicolog., t. u, p. 437.
(01) Nouveaux éléments de thérapeutique, t. i, p. 424, an xn.
(G5) Journal de pharmacie, t. xm, p.
(66) Andry, Pharm. helv. cicuta.
(67) Iîaylics, Essaya on (lie med. subj.
Lond., 1775. — Fothergill, Med. obs. a.
inq., t. ni, p. 400.
(68) Baylies, Stoerk, lib. De cituta, cap. h.
(09) Bierchen, Tal om Kraftskador. — Gatackcr, Essays on med. subj., p. 8. — Stoerk.
(70) Greding, Vermischt schrift., p.