Cullen, Mat. med., t. n, p. 300. Stoerk, Fothergill
(71) Boerhaave, Præl. ad Instit., t. vr, p. 255, et les auteurs suscités.
(72) Amal. Lusitanus, cent, v, c. xcin. Baylies. Gatackcr.
(73) Greding, ci t. , p. 118.
(74) Baylies, Cullen, Fothergill .
(75) Loco cilato.
(70) YVhylt, On nervous di&orders, p. 22. — Stoerk. Lond., 1702.
(77) Stoerk.
(78) Cullen, Andry, cl autres.
(79) Cullen, Andry, et autres.
Cullen, Amat. Lusitanus.
Ibid.
Simon Pauli, Quadr. Botan. cic.
(80) (81) (82) ma j.
Auteurs cités.
Uicbler, Ausf. Arzneiin., 2 Bd.,
CIGÜE.
et ils nommèrent le vin le poison de la ciguë. A plus forte raison on regarda par la suite l 'alcool et les éthers comme les moyens les plus propres à combattre l’empoisonnement par la ciguë. Macarlan soutenait aussi que l’opium ôte à la ciguë la propriété toxique, et que la ciguë rendait nulle l’action de l’opium , de sorte qu'il conseille alternativement ces deux substances , l’une comme antidote de l’autre (85).
Tous ces faits devraient suffire pour prouver que les anciens avaient raison de classer la ciguë parmi les poisons ou remèdes froids , ce qui équivaut à dire, dans notre langage, remèdes hyposthénisants. Les Browniens croyaient excitantes toutes les substances qui jouissent d’une action quelconque ; cette erreur est partagée aussi par ceux qui ne sont pas encore au courant de la réforme médicale italienne. Cetle croyance fait que plusieurs regardent encore la ciguë comme un excitant, un stimulant, un narcotique âcre, enfin un hyperslhénisant. Partant de cetle hypothèse, ils ne sauraient voir dans cette plante que des vertus d’byperslhénie et d’irritation ; et si en réalité ces effets n'existent pas, leur imagination y supplée, lesenfante, et l’on décrit des douleurs atroces d’estomac et d’intestins, des érysipèles et autres phénomènes phlogisliques qui n’existent pas ou qui dépendent d’une maladie préalable à l’administration de la ciguë. On parle de fièvre alors que le pouls était lent, petit et très-faible ; d’agitations véhémentes et de tétanos, alors qu'il y avait faiblesse extrême ou paralysie , de chaleur, au lieu de froid, etc. ; et l’on voit enfin sur les cadavres, des incendies, des gangrènes, des érosions qui n'existaient pas. Mais, ce qui est encore pis, on déduit de là des conséquences thérapeutiques d’une application désastreuse.
On établit en effet que l’empoisonnement par la ciguë ne doit se traiter que par les acides, les anti-phlogistiques et les saignées. — Il est vraiment déplorable que de pareilles monstruosités existent encore dans la médecine, alors surtout qu’il s’agit de questions de vie ou de mort. Cependant l’empoisonnement par la ciguë est si fréquent, que les toxicologues auraient dù en approfondir l’élude , surtout sous le point de vue thérapeutique. Tout le
(85) Mérat et Delcos, Diclionn. univ.
de mat. méd., t. n, p. 386.
monde connaît les détails de la mort de Socrate, qui donna une si grande célébrité à la ciguë : Socrate, après avoir bu le suc de celte plante, se promène dans sa prison, adresse des paroles de consolation à scs amis, et, lorsqu’il se sent engourdi, il s’étend sur son lit et s’enveloppe de son manteau. Un froid glacial s’empare de son corps, il continue à dire encore quelques mots à Crilon ; une minute après il n’était plus. Philopémcn aussi, après avoir appris au fond de son cachot que Licorta et ses jeunes compagnons étaient hors de danger, s’assied, prend des mains de son bourreau la lasse fatale, et, après l’avoir bue, se couche et s'éteint sans proférer la moindre plainte. Ces faits et une foule d'autres analogues n’ont aucune valeur aux yeux des toxicologues, qui voient partout de la stimulation ; ils les taxent même d’exagération fabuleuse. "Voyons cependant si les faits modernes que la science possède ne seraient pas identiques à ceux que l'histoire ancienne nous a conservés. Nous choisirons, parmi une foule d’aulres, un cas consigné dans le Journal de Médecine de Leroux (8G). Haaf, étant en garnison à Torrequemada, en lispagne, a été appelé le 2 mars 1812 pour donner du secours à un grenadier qu’on disait mourant. Il le trouva profondément assoupi, sans connaissance, respirant avec beaucoup de dilficullé, étendu par terre dans une petite chambre basse, fermée , remplie de monde et de fumée. Son pouls était petit , dur, lent , ne donnant que trente battements par minute. Ses extrémités étaient froides, la figure livide. Ce soldat avait mangé, une heure et demie auparavant, avec plusieurs de scs camarades, une soupe dans laquelle on avait mis par mégarde de la ciguë. Les autres éprouvèrent une espèce d'ivresse, avec douleur à la tête et au gosier; mais ils se rétablirent promptement, sans subir aucun traitement. Le grenadier en ayant mangé davantage s’était bientôt assoupi, et avait présenté les symptômes ci-dessus. On le transporta immédiatement au grand air, et il commença à donner quelque signe de vie. Haaf prescrivit GO centigrammes (12 grains) de tartre stibië dissous dans de l’eau chaude; il lui fit aspirer du vinaigre, appliquer sur la tète de la glace pilée, pratiquer des frictions
(80) Journal de médecine de Leroux et Corvisart, t. xxur, p. 107.
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sèches et chaudes aux extrémités. Le malade commença à f.iire des efforts pour vomir, et bientôt après son état, qui avait donné quelque espoir d'amélioration, empira visiblement. Néanmoins, il parlait encore, et il se plaignait d’avoir froid. 11 retomba dans la prostration, sans donner d’autre signe de vie que les mouvements du cœur. On lui lit avaler du vinaigre chaud; mais il mourut trois heures après le repas. À l'autopsie du cadavre, on trouva l’estomac à moitié plein de liquide , et quelques rougeurs vers le pylore ; le foie volumineux ; il n’y avait aucune adhérence entre les intestins ; le cœur et les veines caves étaient vides, le lobe droit des poumons détruit par une suppuration ancienne, les sinus de la dure-mère engorgés. MM. Mérat et Delens ont tiré de ce fait la conclusion que ce grenadier était mort d’une congestion sanguine cérébrale , et qu’il aurait fallu, pour le sauver, le saigner copieusement (87).
11 y aurait bien des réflexions à faire à cette occasion , si le temps et l’espace nous le permettaient ; nous ne pouvons cependant nous empêcher de faire remarquer combien est inexacte la conclusion de MM. Mérat et Delens, qui supposent qu’une congestion cérébrale a été h cause de la mort. Quel est le clinicien qui a jamais vu une congestion cérébrale s’accompagner des symptômes ci-dessus relativement au pouls et à la calorification ? une congestion qui tue en trois heures, et qui permet en même temps à l’individu de parler paisiblement et de répondre aux questions qu’on lui adresse jusqu’au dernier moment de la vie ! Les commensaux du grenadier, qui n’eurent recours à aucun médecin, en échappèrent. Admettons qu’ils aient mangé moins du mets empoisonné, il sera toujours surprenant de voir la différence du résultat chez les uns et l’autre. Si l’on veut réfléchir qu’aussilôt que le grenadier a été exposé à l’air ouvert, il éprouva u mieux ; qu aussitôt qu’on lui administra les remèdes indiqués , il empira et il mourut, on comprendra que ce malheureux est mort plutôt par l’action des remèdes que par celle de la ciguë. J’ai la conviction que beaucoup de médecins, en prêtant foi aux précejilcs de cera,ns toxicologues , ont assassiné plu-
(87) Dictionnaire universel de matière médicale, i. n,p. 391.
sieurs malheureux empoisonnés, dans la bonne intention de les sauver. Nous nous permettons encore une observation relativement au tartre slibié prescrit par Ilaaf à la dose de CO centigrammes. Il avait en vue de produire le vomissement pour évacuer le poison, dans le cas où il y en eût eu encore dans l’estomac ; l’indication était sans doule juste; mais ce qu’il a fait pour obtenir le vomissement, en le donnant à haute dose, n’a servi, au contraire , qu’à le rendre impossible. En cela, 011 ne doit pas accuser Haaf; car, à cette époque , on ne connaissait pas encore la théorie du vomissement , ni l’aclion dynamique du tartre slibié. Ces connaissances doivent faire pressentir que, dans une constitution déjà hyposthénisée par le poison, une dose si forte de tarlre stibié devait augmenter l’hyposlhénie générale , empêcher le vomissement el conduire à la mort.
§ V. Effets clans les maladies. — La C'guë, que les anciens avaient placée au nombre des poisons, a pris place, par la suite, dans la matière médicale, surtout depuis que le baron de Sloerk l’a beaucoup préconisée contre les affections cancéreuses et les engorgements glanduleux qui ont le caractère du squirrhe.
Avant de ranger cette plante parmi les médicamenls, Stocrk lit des expériences sur des animaux et sur lui-même (88).
Il en donna d’abord contre des maladies cutanées , d’après les anciens et d’après "W’ier (89), notamment dans les cas de teigne , d’après le conseil de Murray (90), de Lespine (91) et d’autres. Il persévéra spécialement dans son administration contre les engorgements squirrheux des seins et le cancer des mamelles ; il en étendit enfin l’usage contre toute espèce d'induration glandulaire, squirrhe et cancer. On a rapporté des exemples si évidents et si nombreux de guérison, que la ciguë eut bientôt un grand nombre de partisans, spécialement pour résoudre toute espèce d’engorgement glanduleux. Le nombre de faits heureux
(8S) Libellus quo démon, cir. non sol. us. exir., elc., 1760. Libel. 2» quo conurm., elc., 1701. Libel. quo coulin., etc., 1705.
(89) Yoy. Sprengel, Stor dclla mcJ., t- v, p. 477.
(90) App. mcdic., t. 1, p. US.
(91) Journal général de médecine, t. xxxviii, p. 457.
474 ciguë.
augmenta , mais aussi on en publia de contraires dans lesquels ce remède , non seulement ne fit pas de bien , mais fut nuisible. L'exagération de plusieurs praticiens, qui déclarèrent la ciguë un remède souverain , spécifique , contre le squirrlie et le cancer, donna lieu à des controverses; des détracteurs puissants surgirent contre la méthode de Stoerk , notamment de Haen , qui a déclaré que la ciguë était moins active que l’eau chaude.
(N. d. Irad.) fGullen, dans son Traité de matière médicale, dit avec raison que l’introduction dans la thérapeutique du coniurn maculaturn a donné très- souvent l’exemple palpable de la fausseté de l’expérience. Il avance même que si plusieurs médecins allemands, tels que Rouppe , Quarin et autres , ont porté aux nues les vertus thérapeutiques de celle plante, c’était uniquement pour flatter le très-puissant baron de Stoerk. Muller s’est affranchi de celte dépendance, et, tout en admettant que rien ne peut faire rétrograder les dégénérescences cancéreuses , il borne les bons effets de la ciguë aux cas de squirrlie et de cancer, à l’affaiblissement qu’elle produit dans la sensibilité locale, et conséquemment à calmer les douleurs vives, lancinantes, qui accompagnent ces maladies. W. Batt assure que la ciguë n’a jamais guéri le véritable cancer , mais que bien certainement elle a tué des malades qui auraient été soulagés ou guéris à l’aide du fer et du feu (a). Alibert avoue que, quelque soin qu’il ait mis à répéter les expériences de Stoerk et de ses partisans , il n’a jamais obtenu les heureux résultats qu'ils ont proclamés. Plus de cent femmes affectées de squirrlie ou de cancer à l’utérus et dans d’autres parties, auxquelles ce praticien administra pendant long-temps le remède à l’hôpital Saint-Louis, n’en ont pas éprouvé le moindre avantage ( b ). Ainsi, sans vouloir déprécier la valeur de la ciguë dans certains engorgements glanduleux et dans quelques autres maladies, nous disons qu’il faut souvent se méfier de certaines opinions émises par des hommes graves. ]
(a) Medicina empirieo-rationalis frag.
pract. in., t. m, p. 170.
(b) Nouveaux éléments de thérapeutique, l. i, an. xii, p. 425.
11 est inutile de nous étendre sur l’histoire thérapeutique de cette plante ; ce qu’il importe seulement de faire remarquer comme le résultat de l’expérience, de plusieurs siècles, c’est qu’elle est au nombre des remèdes les plus u iles contre les phlogoscs glandulaires qui ont une tendance vers l’induration, avec apparence de squirrlie ou de cancer occulte. Celte utilité, si elle n’est pas toujours capable de produire la guérison, l'est cependant toujours assez pour retarder les progrès d'un mal d’ailleurs incurable , et pour calmer les douleurs. Presque tous les praticiens sont d’accord sur ce point. Les auteurs qui ont eu le plus à se louer de la ciguë contre la scrofule, sont Quarin, Loeber, Cullen, Depuy, Pourchère (92), Dzondi (93), Hoffmann (9i), etc.; et, dans t’ophthalmie scrofuleuse, Lemoine (95); Vivenzio, dans le tabes mésentérique (9G). Parmi les maladies traitées avantageusement avec la ciguë, on doit compter l’induration des testicules, lors même qu’elle est duc à une affection syphilitique. De sorte que, dans toutes les formes de la vérole secondaire, la ciguë a été employée avec succès (97). — Toute inflammation qui affecte une glande conglomérée ou les cryptes en général, peut èlre combattue, avec la ciguë. La grippe et les affections i vermineuses sont attaquées avantageusement avec celte substance. Butter (9S), Amslrong, Buchkavc (99), Runve (100), Lentin(l) et Schlesinger (2) traitèrent.
(92) Ancien Journal de médecine, t. xxu, p. 219.
(95) Æskulap., 1 Bd.. 1 st.
(94) Yermischt. med. Schrift., 1 Bd., p. 90.
(95) Journal de médecine, t. xxxvi.
(90) De ci cilla commentar., 1774.
(97) Stoerk, cit. — Larrieu, Journal do médecine, par Corvisart, t. iv, p. 267. — Quarin, Bucholz, N. A. nat. cur., l. iv, p. 261. — llanain. Roques, Pbytogr. medie., t. m, p. 93. — Girlanuer, Abh. ub. d. vouer. Krank., 1 B., p. 193. — Wittliam. , Med. rcposilory. — Weickard, Vermischl. meil. Schrift., 3 B L, p. 135. — Dzondi, N. cur. llcil. d. Lusts, 1820,
(98) Treatiscon the Kindkengh-, 1773.
(99) Sam. Ans. Abh. z. Gcbr., 4 Bd., p. 109; 14 Bd., p. 018.
(100) Act. B. Soc. Ha fn., t. I, p- 331.
(1) Mcmorabilia, p .79.
(2) Bibliothèque médicale, vol. lyhi, p. 579.
CIGUË. 47
la coqueluche , même épidémique, avec différents remèdes, et plus utilement avec la ciguë ; le vomissement chronique, qui dépend d'une induration du pylore; la leucorrhée, qui dépend d'une phlogose lente des cryptes muqueuses du vagin et de la matrice (31.
Il y a encore d’autres maladies qui prouvent d’une manière incontestable l'efficacité de la ciguë: telles sonl , par exemple , les névralgies (4) , i’ischurie , le rhumatisme , l’arthrite , la phthisie catarrhale , scrofuleuse (5) , l’anasarque avec forte fièvre, l'hépatite, la fièvre puerpérale ou péritonite (6) , la métrorrbagie avec tension abdominale , c’està-dire métritc. Dans toules ces maladies, Stoerk , Yivenzio , Autenrieth , Daniel
(7) , Biett (8) , Schingler (9) , Ilufeland
(10) , Fothergill , Chaussier , Dumeril , Yogler Hooper (1 1), Schnuhr (12), etc., rapportent une foule de guérisons obtenues au moyen de la ciguë.
§ YI. Appréciation de 1 action. — Si les effets sur les animaux et sur l’homme bien portant mettent hors de doute l’action hyposthénisante de la ciguë , les maladies contre lesquelles, d’après le consentement de tous les médecins , on l’administre , confirment celte même
^ (S) Wenzel, Ub. d. Krankli. d. Utérus,
(-4) Fothergill , Med. observ., t. v, p. 400. —Chaussier, Duméril, Guersant , Dictionnaire des sciences médicales, t.v, p. 212. — Masius, llufeland’s Journ., 25 bd., 1 St., p. 69. — Tliilenius, Med. ch.r. Bemerk., 1 Bd., p. 283. — Siebold, Doloris fac., etc., décemb. 1795.
(5) Quarin, Baumes, De la phthisie
pulmonaire, t. n, p. 285.— Alibert, Mat. méd., t. j, p. 425, prem. édit. — Adair, Samml. aus. Abh., etc., 15 Bd., p. 562. — Paris, Frorieps Noliz., 14 Bd., n. 21 p. 555. ’
(6) Bibl. méd., 1. xxiv, p. 279.
(7) Naumann, Klinik, t. n, art. Angio-
palhia. °
(8) Dict. de méd., deuxième édition
vm, p. 15. ’
(9) Comment, med. sist. observ. circa isumconii macul. et mali cilrci inscorb. Jim., 1791.
i.GOl BaylC’ DlbL ÜC lhé,'ap” '• 111 ’
(11) Memoirs of the med. Soc. of mud. inst. in the ycar 1773, vol. n,
(12) Med. Zeit. f. Ilcilk. in Pr. 1837,
action et décèlent en elle une action élective sur le système lymphatique et sur les glandes ; de sorte qu’il faut lu placer parmi les hyposlhénisanfs lymphalico-glandulaircs. Pourlant , si l’on fait a II eri lion que celte substance ralentit fort souvent les battements du cœur et qu’un grand nombre d’affèclions inflammatoires aiguës ont été guéries par elle, on doit convenir qu’elle exerce aussi une action hyposlhénisante sur le cœur et sur les vaisseaux, et que, par conséquent , il faudrait lui accorder aussi une place parmi les hyposthénisants cardiaco-vasculaires.
§ YII. Action mécanique. — Contrairement à l’opinion de certains toxicologues , la plante en question ni son extrait n’ont aucune action appréciable ou irritante locale. Appliquée sur les plaies , sur les inflammations externes , loin d’irriter, elle soulage la douleur et diminue la phlogose.
§ Y III. Mode d' administration. — C’est une question fort difficile à résoudre que de bien déterminer la dose de la ciguë, car son énergie varie à l’infini. Chez quelques individus nous voyons des effets très-violents à la suite de i’adminislralion de quelques centigrammes de celte plante ; chez d’autres , presque aucun effet , malgré les doses fort élevées. Harley dit en avoir mangé impunément 120 grammes (4 onces) (13).
Cette différence d’action dépend du climat et du sol où elle croît , du temps de la récolte , de la manière dont elle est préparée et conservée. Quant au climat, il est certain que plus la température atmosphérique est chaude , plus ce végétal est actif. Aussi la ciguë du nord est elle moins redoutable que celle qu’on trouve en Grèce , en Espagne et en Italie. Conséquemment , il n’est pas étonnant que celle de Vienne , devenue célèbre depuis Stoerk , ait pu être prescrite à doses fort élevées , cl que celle d'Angleterre soit presque sans action , ainsique le dit Colenbroock (l4).
D’après Steven, les paysans de la Crimée la mangent impunément après l’avoir fait bouillir dans de l'eau (l5). Le degré
(13) Sangiorgio, Isloria dclle pianto medicale, t. 1, p. 504.
(14) Sprengel, Stor. prœm. délia med.
(trad. liai.), t. v, p. 477.
(15) Dictionnaire des drogues, vol. n p. 131.
CIGDE.
«l’aclion de la ciguë augmente aussi dans le môme climat par la seule exposition vers le midi et sur un lieu élevé. Pour l’avoir dans toute sa vigueur, il faut la cueillir pendant qu’elle est en fleurs. Eu Italie , c’est vers la mi-août qu’on la récolte. — Pour la conserver, il faut la sécher à l’ombre ou à l’étuve et la déposer dans des bocaux bien fermés à l’abri de l’air et de la lumière.
La ciguë séchée et pulvérisée peut être prescrite à l’intérieur à la dose de 10, 20 centigrammes ( 2 à 4 grains) , et môme davantage , plusieurs fois par jour. Sous cette forme , elle est fort peu usitée. — L’extrait est la préparation dont on doit se servir, d’après Stoerk. On le prépare en écrasant dans un mortier de marbre , avec quelque peu d’eau , la plante choisie ; on l’exprime à la presse; le suc est alors évaporé au bainmarie ou à la vapeur, en ayant la lirecaution de remuer sans cesse avec une large spatule en bois , jusqu’à ce qu’il ait acquis la consistance d’une masse pilulaire. Stoerk commençait par en donner 10 centigrammes (2 grains), qu’il augmentait plus ou moins , selon les effets. Chez nous , on est parvenu à en prescrire jusqu'à 4 grammes (1 gros) par jour. Borda observa qu’en général les malades tolèrent mieux le soir que dans les autres heures de la journée les doses fractionnées de cet extrait. — L’emplâtre de ciguë est composé de deux parties de cire jaune, une de colophane et une d’huile, le tout fondu ensemble. En laissant refroidir, on y ajoute , en remuant , deux parties de ciguë en poudre. — Le cataplasme peut se faire de deux manières, savoir : ou en saupou-
drant avec de la poudre de ciguë un cataplasme ordinaire ; ou en mêlant une. partie d’herbe-ciguë , une de feuilles de. mauves , une partie de lait et suffisantequantité de mie de pain pour en confectionner un cataplasme.
L'expérience a démontré assez souvent l’avantage de mêler avec l’extrait deciguë d’autres remèdes hyposlhénisants lymphatico - glandulaires , dont nous avons déjà parlé , tels que l’hydriodatt de potasse , par exemple. — Dans l'ems plâtre dtabolanum , dont parlent toute?
les pharmacopées , la ciguë entre pour beaucoup.
Formules.