DE PATHOLOGIE
noire [hlack wash) est fort usitée pour les ulcérations vénériennes, soit primitives, soit consécutives. Elle variera de concentration suivant les circonstances.
Quand j'étais élève, la proportion des substances qui en forment la composilion était un gros de calomel pour une pinte d'eau de chaux , mais maintenant on la fait plus forte, et quelquefois on va jusqu'à dix ou quinze grains de calomel par once d'eau de chaux. Quant à la manière de s'en servir, si l'ulcération ou les ulcérations sont situées sur la partie externe du prépuce, on applique sur elles un peu de charpie trempée dans cette lotion ; mais si les ulcérations sont h l'intérieur du prépuce, l'introduction de la charpie en ce point occasionnerait trop d'irritation , et alors on peut , dans les cas oîi on l'emploie, l'injecter en dedans du prépuce avec une petite seringue. La lotion jaune [ydlow wash) employée de la même manière contient deux grains de deutochlorure de mercure par once d'eau de chaux.
Les onguents ne sont généralement pas bons à appliquer sur les ulcérations •vénériennes primitives de quelque espèce qu'elles soient. Quelquefois on emploie l'onguent de nitrate de mercure mêlé avec l'onguent de blanc de baleine ou avec celui de zinc, dans des proportions varices ; et dernièrement l'onguent d'iodure de mercure , dont la proportion était de vingt grains d'iodure pour une once et demie d'axonge, a été recommandé pour le pansement des ulcères vénériens invétérés. Mais je ne puis dire s'il est réellement utile par mon expérience personnelle.
Une autre manière d'employer le mercure comme topique est celle de la fumigation. Dans ce but, on se sert d'un appareil composé d'un fer chaud et d'un tube de cuivre, à l'aide duquel la fumée est commodément dirigée à la partie affectée ; et afin de procéder d'une manière plus parfaite , nous avons un tube -droit et un tube courbe, ce dernier convenant particulièrement pour les ulcères dans la gorge. La préparation mercurielle habituellement employée est le cinabre ou sulfure rouge de mercure, qui, lorsqu'on le place sur un fer chaud , donne lieu à une poudre grise et subtile qui se sublime , et, venant se loger dans l'ulcération , produit dans beaucoup de cas sur elle un effet très-avantageux. J'ai •vu des plaies de la gorge , des chancres et autres ulcérations qui avaient résisté
CHUIDRGICALE,
pendant des semaines et des mois à tous les moyens imaginables, prendre un aspect de bon caractère , et se cicatriser rapidement après qu'on avait essayé un petit nombre de fumigations. Il est trèsimportant de connaître ce fait, beaucoup plus que de pouvoir dire exactement jusqu'oii allait dans ce cas la puissance spécifique du mercure à produire ce résultat avantageux. La fumigation d'un ulcère de dimension modérée ne doit pas avoir beaucoup d'effet, ou même un effet marqué sur la constitution ; et je serais porté à croire qu'ordinairement cette méthode ne peut s'opérer d'après ce principe. Je puis dire, peut-être comme remarque générale , qu'à l'exception des fumigations , ces topiques mercuriels ne sont babituellement point considérés plus utiles que d'autres qui ne contiennent pas de mercure. On fait souvent usage de la lotion noire oa au calomel, mais je ne crois pas qu'elle possède des propriétés plus efficaces que plusieurs autres lotions astringentes dans la composition desquelles il n'entre pas une particule, d'hydrargyre.
Quant à l'introduction du mercure dans l'économie par la surface du corps, on peut l'elfectuer , soit en frictionnant la peau avec de l'onguent mercuriel, soit en faisant des fumigations mercurielles sur une portion considérable de la surface du corps. La friction avec l'onguent, qui est la méthode ordinaire et la plus généralement adoptée , parce qu'elle ne réclame l'emploi d'aucun appareil, est pratiquée par le malade lui-môme qui frotte un endroit quelconque, habituellement la partie interne de la cuisse , pendant un quart d'heure ou vingt minutes devant le feu avec un demi-gros ou un gros d'onguent, dans certains cas, une fois, et, dans d'autres, deux fois par jour. Cependant la quantité d'onguent employée varie dms différents cas, suivant les circonstances. Quelquefois, ua scrupule; quelquefois, un demi-gros, et , dans d'autres occasions , le doubla de cette dernière quantité, ou mc'me plus encore, peut être employé en une fois.
On appelle ceci (en anglais) r-ubbing in, parce qu'il semble qu'on a pour ainsi dire fait entrer par la friction une partie de l'onguent dans les pores de la peau; mais, à moins que le malade ne soit trèsaisément affecté par le médicament, cequi reste à la surfiice de la peau ne devra point être essuyé , et il portera un caleçon de flanelle ou d'autre étoffe. Je
TRAITÉ
l'obstacle principal, ces tumeurs n'oJfriraient pas plus i|e résistance au passage de rinslrunieiit que les abcès de cette réijion , qui ne proviennent ni ne sont compliqués de maladies de ce conduit.
Ces séries d'abcès peuvent avoir la même origine que ceux qui se forment dans les autres parties du corps. 11 y eu a de stercoraux, qui viennent d'une crevasse du rectum ; quelques-uns dépendent d'une carie des branches du pubis , de l'ischion ; d'autres sont des dépôts puru
jeune homme ne pouvant satisfaire à un nouveau besoin d'uriner, on tenta de le sonder , mais inutilement. On le fit transporter à trois lieues de là dans une voiture, dont les chocs augmentèrent ses douleurs, et cependant lui firent rendre un peu d'urine. Les saignées furent réitérées ; on continua les résolutifs sur le scrotuni et le périnée, qui étaient tuméfiés. Les urines coulèrent goutle il goutte et non sans eflorls. Le dixième jour il parut au périnée, près
lents par métastase, dans les fièvres pu- de l'os ischion droit , un pelit abcès qui trides , dans les su|)puralions des pou- s'ouvrit, et d'où il sortit du pus et de
dans les parois de ce calians lu prostate. Cet en-
inons ou des viscères du ventre. Ils peuvent s'étendre au point de comprimer les parois de l'urètre, de gêner le passage des urines , et même de causer leur rétention dans la vessie ; mais ils s'opposent rarement à l'introduction de la sonde dans ce viscère. D'ailleurs, si et lie introduclion ne pouvait s'opérer , ra]>cès serait certainement dans l'élat de maturité convenable pour qu'on en dût faire l'ouverlure ; et le pus étant évacué, ouïes urines reprendraient naturellement leur cours, ou il ne serait pas difficile de leur donner issue par le moyen de la sonde. — 11 se forme quelquefois à la suite des contusions profondes du périnée un engorgement lymphatique dans le tissu cellulaire qui environne l'urètre iifil, et même gorgemenl peut tellement rétrécir ce conduit, qu'il vienne à gêner ou empêcher le cours des urines ; il est même possible qu'il s'oppose entièrement au passage de la sonde dans la vessie , à iqoins qu'on ne surmonte l'obstacle en employant une algalie très-forle et de petit diamètre, qu'on pousserait avec force selon la direction du canal dans sa cavité excessivement rétrécie, ou que, dans le cas oîi celte cavité serait presque effacée, on enfoncerait à travers la substance des parois qui la forment. Nous décrirons ce procédé dans l'observation que nous allons rapporter.
Un jeune homme âgé de vingt et un ans tomba d'une fenêtre à califourchon sur le bord d'un tonneau sans fond et redressé. Il se fit au périnée près del anus une forte contusion sans plaie extérieure, et rendit beaucoup de sang par la verge. Le lendemain de sa chute il eut une rétention d'urine. On le sonda, il sortit du sang et de l'urine. Après avoir donné issue à ces humeurs , on retira la sonde. Quelques heures après, ce
l'urine. La tuméfaction des parties t^énitales diminua, les urines reprirent leur cours par l'urètre , et l'ouverture fistuleuse se guérit. Leur éjection se fit alors sans douleur , mais avec difficulté. Ou eut recours aux bougies , à la sonde ; il fut impossible de les faire pénétrer jusqu'à la vessie. Ce jeune homme cessa tout remède pendant plusieurs mois.
Deux ans après il se rendit à l'hospice du collège de chirurgie: il me raconta ce qui vient d'être exposé. Ses urines sortaient sans qu'il fîlbeaucoup d'efforts, d'abord goutte à goutte, puis en formant un filet très-fin et continu; quelquefois elles coulaient involontairement. On sentait une petite tumeur dure au périnée, près de la branche de l'ischion du côté droit. Je ne pus parvenir à introduire aucune espèce de sonde dans la vessie : toutes s'arrêtaient constamment à la partie membraneuse de l'urètre au-devant de la prostate , que je jugeai , au moyen du doigt mis dans le rectum, être gonflée et plus ferme qu'à l'ordinaire. Après qu'il eut pris Jes bains, je fis encore de. nouvelles tentatives pour le sonder avec une algalie de petit diamètre ; je voulus forcer l'obstacle, mais les douleurs qu'il éprouva, et la crainte de faire une fausse route , me déterminèrent à retirer l'instrument. 11 s'écoula un peu de sang de l'urètre. Les bains calmèrent l'irrilation du canal. Quelques jours après, M. Louis et d'autres chirurgiens consultants de l'hospice, tentèrent en vain de faire pénétrer la sonde dans la vessie : l'obslacle parut invincible, et on décida le malade à subir l'opération de la boutonnière.
J'y procédai de la manière suivante.
Après avoir introduit dans l'urèlre jusqu'à l'obstacle un cathéter courbe , sans arête à la cannelure , j'incisai , comme dans la taille les tc'^gumenls du périnée à un pouce au devatU de l'anus ; par une seconde inaisiou , faite sur l'urètre , je
DES MALADIES F
découvris rc.xlrcmité de la cannelure de J.1 sonde , tt je plongeai un peu la seclion avec le couleau dans la direction du canal et dans la substance de la prostate; voulant ensuite porter par la plaie une sonde cannelée et mousse dans l'urètre, et l'enfoncer à travers le rétrécissement de ce canal jusqu'à la vessie , afin de fendre cette portion rétrécie, et de conduire une canule dans ce viscère, j'éprouvai une si grande résistance causée par l'épaississement et la dureté de ces parties , que je crus devoir suspendre celte opération et attendre les effets de la suppuration. Les consultants furent du même avis. Nous espérions que le dégorgement des parties épaissies de l'urètre et de la prostate rendrait moins difficile l'introduction de la sonde. Les urines prirent leur cours par la plaie ; elle suppura, et donna issue à quelques flocons de matière grumeleuse : lorsque ses bords commencèrent à s'affaisser, je tentai de passer une sonde dans la vessie, soit en la mettant dans l'urètre par l'ouverture du gland, soit en l'y portant par la plaie. Mes tentatives n'eurent aucun succès. La cicatrice se forma ; mais il resta une listule à l'angle supérieur de l'incision : les urines se partagèrent entre cette fistule et l'urètre. Six semaines après, j'invitai M. Desault à venir à l'hospice pour tenter l'introduction de la sonde. Ne pouvant faire pénétrer dans la vessie une petite algalie semblable à celle dont on se sert pour les enfants, il en prit une plus longue, légèrement courbée , très-mince mais forte, d'argent : après l'avoir portée dans l'urètre jusqu'à l'obstacle , il enfonça profondément l'index de !a main gauche dans le rectum et, ayant baissé vers le scrotum le pavillon de la sonde qu'il tenait avec la paume de la main droite, le pouce appuyé sur l'anneau du mandrin , il poussa l'algalie avec une grande force selon l'axe du corps et la courbure de l'urètre sous le pubis, en la soutenant et la dirigeant au moyen du doigt porté sur la paroi antérieure du rectum. Etant parvenu dans la vessie, il retira le mandrin qui reraiilissait la cavité de l'algalie , il l'urine sortit. Cette sonde était si serrée par les parties de l'urètre que la prostate embrasse, qu'il me fut presque impossible de la mouvoir dnns la vessie, .T. ide l'enfoncer, ni même de la retirer un peu en avant. Elle fut bouchée et assujettie par deux bandelettes passées »ous les cuisses. On fit des injections
émoUientes dans ce viscère. Le malade resta dans la position horizontale où il avait été sondé. Les douleurs aiguës qu'il avait éprouvées pendant l'introduction de la sonde se calmèrent.
Quelques heures après elles devinrent très fortes dans les reins, au col de la vessie et à la région de l'anus. Il eut de la fièvre. Le lendemain, malgré l'usage des lavements , de boissons adoucissantes, des fomentations, la région hypogastrique restait tendue, et la chaleur du rectum était si grande, qu'un thermomètre de Mossy, enfoncé dans cet intestin , monta à trente-deux degrés.
Le 3, la sonde était peu serrée ou plus mobile dans l'urètre ; les urines en sortirent sans causer de douleur ; l'irritation et la chaleur du rectum furent moins fortes; la fièvre continua. Le 4 , la diminution des accidents fut sensible; la sonde sortit de la vessie; ne pouvant l'y replacer, on la laissa dans l'urètre; les urines s'écoulèrent, après beaucoup d'efforts pour les rendre , entre la sonde et le canal , et principalement par la fistule du périnée. Le malade prit un bain et se trouva soulagé. M. Desault substitua à l'algalie une sonde de gomme élastique à petit diamètre , et l'introduisit avec un peu de difficulté. Celte sonde fut assujettie par des fils de coton autour de la verge. Le malade se trouva dans un meilleur état. Le 6, il avait encore le ventre tendu , sans être douloureux, et la langue chargée de mucosités jaunâtres ; il prit une boisson de tamarin et de sel de Glauber, et la continua pendant trois jours; la fièvre diminua.
Pendant la nuit du dixième jour, la sonde s'échappa encore de la vessie ; le malade, éprouvant des douleurs vives pour uriner, le chirurgien interne de J'hospice essaya en vain de la réintroduire : ces tentatives furent très-douloureuses; il s'écoula du sung de l'urètre, ce canal devint gonflé et tendu. Le malade rendit cependant de l'urine par la fistule, et fut mis dans un bain. Ne voulant pas le fatiguer par de nouvelles tentatives pour le sonder, et craignant de ne pas réussir, je fis |)rier M. Desault de venir lui reinetire la sonde. Ce chirurgien eut beaucoup plus de peine que la première fois à l'introduire dans la vessie; il n'y parvint même qu'après environ une demi-heure de tentatives, en forçant la résistance qu'il sentait vers la prostate. 11 s'écoula du sang et de l'urine par la sonde. Le malade fut très-
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demment , il peut empoisonner promplemenl l'individu. La dose est petite, la quantité donnée habituellement est d'un huitième de grain deux ou trois fois par jour. Lorsqu'on le mêle avec de l'eau distillée, il se dissout plus rapidement si on ajoute une petite proportion d'Iiydrochlorale d'ammoniaque. Il y a des cas dans lesquels on peut prescrire d'un demigrain à trois quarts de grain , en doses fractionnées, à prendre dans une journée (1). Quand on désire l'administrer avec du quinquina, on peut en faire dissoudre un grain dans une once de teinture de quinquina ; on donne une cuillerée à café de ce liquide. Le deutoiocîure de mercure ( Pharinac. de Lond.) , sous la forme de solution alcoolique, est quelquefois considéré utile dans des cas de syphilis opiniâtre, qu'on rencontre parfois chez des sujets très-scrofuleux. Les proportions sont: alcool à 36°, une once et demie ; deutoiodure de mercure , 20 grains. La dose est de 1 0, 1 5 ou 20 gouttes dans un verre d'eau distillée.
L'hjdrargyre associe au carbonate de chaux est la préparation mercurielle la plus douce qu'on ait jamais employée dans ce pays, et, pour cette raison, est préférée lorsqu'on désire exercer une influence mercurielle légère sur la constitution. On la considère comme la meilleure préparation hydrargyrique pour les enfants attaqués de syphilis.
Il y a une précaution nécessaire à prendre quand on emploie le mercure, c'est de surveiller ses effets très attentivement, car il agit diversement sur différents individus. Quelques-uns éprouveront une salivation violente pour avoir pris quelques grains de la pilule bleue ou un scrupule d'onguent gris ; tandis que d'autres feront usat,'e d'un à trois gros de cette substance quotidiennement pendant des mois de suite , sans en ressentir d'effet manifeste sur les fonctions des glandes salivaircs, des intestins ni d'autres organes. Les dosus des préparations mercurielles doivent donc être réglées d'après les circonstances ; il est en vérité totalement impossible de donner sur ce point aucune règle précise, à cause des différents effets de ce minéral sur divers sujets. Je puis dire cependant que la méthode la plus sûre est de commencer
(1) Celte dernière dose paraît énorme et devrait dans bien des cas déterminer de graves accidents. Nous ne dépassons jamais un quart de grain. {Noleda ttad.)
MENTAIHE
toujours par de petites quantités de mercure , de surveiller les eflets du médicament et de se laisser guider par eux.
L'action du mercure sur l'économie animale est très-puissante; le système nerveux, le système lymphatique et le système sanguin en sont tous fortement affectés; son emploi excite une irritabilité excessive ; il amène de la fréquence dans le pouls et un état fiévreux de toute l'économie. Les sécrétions sont toutes augmentées, surtout celles de la peau, des reins et des glandes salivaires. La salivalion ou augmentation de la sécrétion de la salive et l'ulcération et le gonflement des gencives et de la bouche, sont des effets que les chirurgiens ont observés depuis long temps avec attention; car on les regarde habituellement comme des moyens d'apprécier si le remède a sur l'économie une influence suffisante pour guérir d'une manière effective la maladie pour laquelle on l'administre ; car il ne s'agit pas simplement de guérir les sjmplômes primitifs^ mais de donner au malade les moyens les plus efficaces d'échapper aux symptômes consécutifs. En effet, c'est là le but principal que l'on se propose en donnant du mercure; nous savons que nous pouvons guérir les symptômes primitifs sans hydrargyre, et si l'on considérait abslractivement ces effets seuls, peut-être serionsnous rarement autorisés à causer la moindre salivation chez le malade. Mais le grand argument en faveur du traitement mercuriel est que, lorsqu'on ne l'emploie pas, le malade est plus exposé au développement des symptômes consécutifs.
Quoi qu'il en soit, même à cet égard, je doute que les symptômes consécutifs soient plus fréquents après le traitement des chancres primitifs par l'iodure de potasse et la salsepareille qu'après le traitement mercuriel, et d'ailleurs beaucoup de praticiens, qui suivent les résultats du premier mode de traitement adopté généralement dans l'hôpital du collège de l'Université savent que les symptômes consécutifs, quand ils surviennent ensuite, ce qui n'est pas très-fréquent, sont légers si on les compare avec des cas présentés par des individus amenés dans cet hôpital après avoir été dans d'autres, oii le culte du dieu Mercure est en plus grande faveur.
La première altération dont on s'aper-çoive est un goût de cuivre dans la bouche ; l'haleine prend une odeur particulière et fétide, et quelquefois trahit un
DE TATHOLOGIE CHIRDRGICALE.
secret que Tindividu ne désire pas toujours qu'on découvre, savoir qu'il est soumis à un trailement mercuriel. Ce fait n'est pas le seul dont on puisse tirer celle induction , car sa montre et l'argent qu'il porte sur lui sont lâchés par le mercure, par suite de la transpiration de ce mêlai à la surface du corps. Quand le mercure est donné à doses ordinaires, il en résulte un gonflement mollasse des gencives , accompagné d'inflammation et de sensibilité de ces parties, puis de l'inquiétude, de la douleur, de l'ébranlemenf dans les dents, et une inflammation plus ou moins forte de la membrane muqueuse de la bouche. Quand la constitution est remarquablement susceptible d'être affectée par le mercure , il suffira quelquefois d'une très-petite quantité de ce métal pour produire chez le malade une salivation violente , accompagnée d'ulcération et même de la formation d'eschares dans la bouche. Les gencives et la membrane muqueuse de la bouche s'ulcèrent; les bords de la langue sont affectés de la même manière; la langue elle-même peut acquérir par le gonflement une dimension énorme, et être pressée contre les dents , de manière à ce que celles-ci s'y enfonçant y forment leur empreinte, et ce point devient le siège d'ulcérations profondes. J'ai souvent vu l'ulcération être si destructive qu'elle s'étendait à travers la joue , et produisait même une mortification étendue des parties et la nécrose de la mâchoire. C'est ce danger qui devrait toujours nous engager a commencer par de petites doses de mercure et à surveiller leurs effets.
La quantité de salive que peut sécréter un malade lorsqu'il est dans un état de salivation complète est quelquefois trèsabondante : trois à quatre pintes pourront être rendues dans les vingt-quatre heures. Je ne vois jamais un malade en état de violente salivation sans en éprouver du dégoût, car je sais que c'est une pratique qui n'est nullement nécessaire; elle est même tout à fait préjudiciable' car je dirai que ce mode gruel d'administrer le mercure ne peut se justifier par rien de ce que nous savons sur le véritable caractère de la maladie vénérienne. Je suis cependant heureux de pouvoir dire que celle pratique n'est pas aujourd'hui communément employée à Londres; mais quiconque a eu l'occasion de voir les traitements mercuriels que l'on faisait suivre, il y a. quelques années,
dans les salles de vénériens des hôpitaux , n'oubliera jamais les scènes horribles qu'on y observait. A cette époque, un grand nombre de morts était dû. à l'abus du mercure. S'il est introduit trop promptement ou trop abondamment dans l'économie , on ne pourra peut-être pendant long temps arrêter la salivation. Ainsi, une pauvre femme que je soignais il y a quebjue temps avait été suivie d'abord par un médecin qui la traita en lui faisant prendre dix grains de pilule bleue en doses fractionnées. Cette quantité produisit une violente salivation, suivie de la perte de toutes les dents , d'ulcération et de formation d'eschares gangreneuses. Ici , l'on ne saurait blâmer aucunement le praticien ; il avait nécessairement affaire à une idiosyncrasie particulière extraordinairement susceptible d'être affectée par le mercure , et dont on rencontrerait difficilement des exemples (I). Mais même chez les constitutions ordinaires, ces effets redoutables pourront survenir quelquefois avant que nous soyons capables de réprimer l'action du mercure, et je puis ajouter que nous ne connaissons point de moyens de réprimer une salivation aussi promptement que le mercure la détermine. Les moyens habituellement mis en usage pour remplir ce but, sont l'exposition à l'air froid, l'administration des purgatifs sa-
(t) J'avouerai ici francliement un insuccès de celle nature, afin que cet exemple soit utile aux praticiens qui font un usage varié du calonicl. Je me sers quelquefois de ce médicament comme purgatif; et, dans un cas où je n'avais nullement affaire à une maladie syphilitique, mais à un embarras gastrique long et prononcé, jé prescrivis du calomel préparé à la vapeur, qui est plus faible que le calomel de la pharmacopée anglaise.
J'en ordonnai douze grains ; c'est la dose que marquent tous les formulaires français , et nous ne voyons ordinairement résulter aucun accident de l'adminislralion de celle dose quand ce médicament est préparé à la vapeur. Afin de mitigcr encore son action , je l'associai à un demi-grain d'exirait gommcux d'opium.
Sans doute celle dernière substance fit pour aiVisi dire toldrer le calomel, qui, au lieu d'agir comme purgatif, fut absorbé en tolaliiô et agit comme altérant : il en résulia une salivation irôs-pénible avec des ulcérations dans la bouche, et il me fallut plus de quinze jours pour dissiper tous ces accidents.
{Note du trad.)
TBAITB
méat ; 3° une cloison membraneuse qui le partage en deux, qui en rétrécit l'en-
trée, et rend le jet des urines bifurqué ; •i« le carcinome du gland, d'oii s'élèvent
Un tilrangcr dont la verge était mal con. formée do naissance, consulta Peiit pour savoir si ce vice pouvait se réparer, ou si, telle qu'elle était, elle le rendrait impropre au mariage qu'il était près de contracter. Il avait la verge si recourbée que la peau du scrotum lui servait d'enveloppe dans toute sa partie inférieure.
Le gland était la seule partie saillante lors de l'érection. L'ouverture de l'urètre était placée à l'endroit de la fosse naviculaire, de manière que quand il urinait, l'urine sortait en nappe, et mouillait tout le scrotum. Petit le jugea impropre au mariage, et lui conseilla de ne pas se rendre aux raisons de ceux qui auraient envie de le délivrer de son incommodité par quelques opérations. Il dit que, quoique les parties qu'il faudrait couper pour séparer entièrement la verge du scrotum ne fussent pas trèsimportantes, et qu'il pût ne résulter de cette section aucun accident, cependant on n'obtiendrait pas ce qu'on espérait; la verge resterait toujours courbée en se gonflant, parce que la cicatrisation crispée des téguments ne pourrait jamais se prêter à l'allongement de la verge, et que d'ailleurs l'urèlre trop court et privé du tissu spongieux ou cellulaire ne pourrait pas s'éiendre dans la même pi'oporlion que les corps caverneux, lors de l'érection ou de leur gonflement. Cet étranger ne suivit pas ce conseil; il se décida à l'opération qu'un autre cliirurgien lui proposa, l'ille fut faite en la présence de Petit ; mais la verge, quoique exactement séparée du scrotum, conserva sa courbure et ne put jamais être redressée, elle resta dans cet état après la cicatrice. Ceux qui naissent avec la verge courbée, soit qu'il y ail bypospadias ou non, ne peuvent guérir de celte courbure : les cellules du tissu spongieux de l'urètre n'existant pas, les cor^s caverneux auront beau se gonfler, la verge ne s'allongera pas; elle se trouvera raide à la vérité, mais courbée en-dessous, puisque l'urètre qui est uni aux corps caverneux ne pourra que très-peu se prêter à leur allongement. Polit s'est convaincu de la réalité de ce fait sur le corps d'un enfant mort d'une fluxion de poitrine :\ l'âge de douze ans, qui était né avec l'Iiypospadias, et qui avait la verge courbée. Il avait vu cet cnfani dès le jour de sa naissance et plusieurs fois p,.iKlant le cours de sa vie, et avait toujours engagé les parents à ne pcrmellrc aucune opération, cette diironniié étant irréparable. Voici
le procédé qu'il suivit dans l'examen anaiomique des parties génitales. Ayant soufllé de l'air dans l'un des corps" caverneux, la verge se gonfla et se courba en dessous. Pour la conserver dans cette figure, il retint l'air au moyen d'une ligature. Il disséqua la verge, trouva l'urètre fort court, pour ainsi dire ligamenteux et incapable de s'étendre, et n'ayant aucun tissu cellulaire. Il le sépara exactement des corps caverneux, mais avec beaucoup de peine. Malgré cette séparation ces corps s'allongèrent fort peu, lu verge resta courbée, ce qui lit juger que la mauvaise conformation de l'urètre n'était pas la seule cause de la courbure, et que la portion des corps caverneux adliérenle à ce canal y avait quelque part. Après avoir séparé ces corps caverneux de toute autre partie, il ne put les allonger en les tirant par leurs extrémités ; mais ils reprirent leur figure, en y soufllant encore de l'air. Il attribua d'abord cette courbure à une bande ligamenteuse qui régnait à l'endroit d'où 11 avait séparé l'urètre. Il reconnut ensuite, après avoir enlevé celte bande et poussé avec force de nouvel air dans ces corps caverneux, que la ligure courbe qu'ils avaicni toujours conservée dépendait de ce que leurs cellules étaient presque boucbées dans la partie cave de la courbure, et qu'elles s'élargissaient par degrés jusqu'à la partie convexe où se trouvaient les plus grandes. Ce fait prouve que cette difformité est incurable, et qu'on ne peut y remédier par la séparation des parties adhérentes. — L'hypospadias présente encore d'autres dilférences. Quelquefois l'urèlre s'ouvre à l'extrémité du gland, et esl aussi percé près du frein, de sorte que l'urijie sort par ces deux ouvertures. D'autres fois l'orifice de ce canal se trouve à la racine de la verge, devant le scrotum; et il y a des sujets qui ont celle ouverture située au-dessus du scrotum. Nous avons vu un garçon, âgé de dix ans, qui avait l'urètre audessus des corps caverneux. L'orilice du canal était près de la symphyse du pubis, et l'urine en sortait par jet du côté du ventre : l'urètre, dans le reste de sa longueur, était ouvert et formait une espèce do goultièrc rougcàtre, qui se terminait par une substance charnue on forme de gland aplaii, et qui aurait été fondu dans la moitié de son épaisseur.
J.-L Petit a vu un enfant dont le scrotum partagé on deux parties égales, l'une à droite, l'autre à gauche, représentait
DES MALADIES DES VOIES DRINAIRES. 397 des foneosités qui bouchent ou resser- en élargissant le mdat par des bougies rent cet orifice. On détruit ces obstacles de corde a boyau ou par une légère in-
asscz bien les lèvres de la vulve; mais, en les écartant, on ne trouvait aucun vestige du vagin. A la partie inférieure, près de l'anus, était l'ouverture de l'urètre, ou le méat urinaire; l'urètre manquait depuis cette ouverture jusqu'à l'exirémité de la verge. Cette partie, située au-dessus du scrotum, était fort petite, recourbée en dessous, et n'avait presque pas de gland ni de prépuce : la regardant comme un clitoris, on eût pu croire que cet enfant était une fille; mais quinze jours après un testicule parut dans l'aine gauche, et bientôt l'autre testicule se montra au côlé opposé. Les organes atleslôrent qu'il était homme; cependant ils n'ôtèrent pas la première idée des parents, qui crurent que cet enfant était îiermaphroditc. {OEuvr. posth., t. m, p. 121 .) — Nous avons observé ce même vice de conformation chez un garçon de quinze ans, natif de Reims, qui s'est présenté à l'Académie de chirurgie le 21 février a788. Ce garçon a été baptisé et élevé comme lille, et en a porté l'habit jusqu'à la fin du mois de janvier précédent, qu'il a commencé à éprouver les effets de sa qualité d'homme. Quelques personnes l'ont pris pour hermaphrodite, et des peintres frappés de sa nature, de ses formes et de ses proportions, ont cru retrouver dans ce sujet un modèle de quelques-unes des figures antiques d'Hermaphrodite. Sa taille était de quatre pieds huit pouces. Sa physionomie approcliait de celle d'une fille, ainsi que sa voix; ses yeux avaient plus de vivacité que ceux d'un garçon du mêmeSge. On apercevait à son menton quelques poils déliés et noirs qui annonçaient de la barbe. La forme de sa poitrine avait de la ressemblance aveccelled'unefille. La régiondes mamèlles était mieux dessinée que dans l'homme, et il s'y trouvait plus d'embonpoint qu'on n'en remarque aux garçons du même .'ige , cl que n'en comportait d'ailleurs le reste du corps du sujet. Le corps glanduleux des mamelles était polit, et l'aréole, ainsi que la papille, sans aucun développement. Les clavicules paraissaient moins courbées qu'elles ne le sont dans les garçons. Le bassin semblait tenir de celui de l'homme, quoique la région lombaire fût plus enfoncée et plus cambrée qu'on ne l'observe communéluent : les hanches s'élevaient plus perpendiculairement que dans la femme; la crête des os des îles était plus courbe, plus convexe en dehors, et l'épine aniérieuro plus rentrante : la distance des
épines d'un côté à l'autre était de sept pouces une ligne ; la l.irgeur du bassin mesurée de la convexité la plus marquée de la crêle des os des iles, de huit pouces huit lignes; son épaisseur prise du milieu du pubis extérieurement à la partie postérieure et supérieure du sacrum, de six pouces cinq lignes. Les cuisses, les genoux et les jambes étaient arrondis comme ceux des femmes. La région du pubis était assez saillante et commençait à se couvrir de poils. Deux protubérances formées par les téguments, et longues de quatre pouces, prenaient naissance du pubis et des côiés de cette région; elles descendaient parallèlement en forme de grandes lèvres de la vulve vers l'anus, laissant entre elles un large sillon. Leur surface était grenue et superficiellement sillonnée, comme l'est celle du scrotum. On distinguait dans leur épaisseur cl un peu au-dessous de l'anneau inguinal de chaque côlé, les testicules. De la parlie inférieui'e du pubis, descendait un corps allongé, de la forme d'une verge humaine. Ce corps situé dans le sillon des deux protubérances dont il a éié fait mention, ôiait légèrement recourbé sur lui-même, et convexe en dessus; il avait deux pouces de longueur, et deux pouces huit lignes de circonférence, lorsqu'il se trouvait dans l'état de flaccidité. Il se raidissait un peu lorsqu'on le titillait, et cependant il ne se relevait pas entièrement. 11 était terminé par un gland bien conformé, mais ce gland n'était pas percé; on remarquait seulement à son extrémité uno dôpi'ession superficielle, qui indiquait le lieu où devait être le méat urinaire. Les téguments qui recouvraient la verge formaient un prépuce retiré et plissé sur la couronne du gland. Le frein se remarquait à la base du gland; il était trèsgros et long de quinze lignes; sur sa crête régnait un sillon superficiel du côlé du gland, mais profond et large en bas, où il formait une gouttière qui aboutissait à une ouverture un peu oblongue, et dont les bords élevés et de couleur rougeàtre avaient quelque apparence dos deux pe'.ites lèvres de la vulve. De celle ouverture, on voyait jaillir les urines, lorsque le sujet les évacuait : c'était donc l'extrémité du canal de l'urètre. Knire celle ouverture et la marge antérieure de l'anus était le périnée, ou un espace de l'étendue de dix-huit lignes. Nous n'avons senti avec le doigt enfoncé prol'ondément dans l'anus aucun corps qui an-