‹ Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérirChapitre 20 sur 29 · TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

pouls , de difficulté de la respiration et d'une fièvre plus ou moins forte. C'est le premier ou le second jour après l'apparition de la fièvre que se développe l'affection érythémateuse qui quelquefois ressemble considérablement à l'urticaire , et lorsque le mal affecte cette forme il est toujours très-léger; mais dans d'autres cas on voit de larges plaques rouges sur lesquelles s'accumulent de nombreuses vésicules apparaissant sur la surface du corps, elles se réunissent ensemble et ainsi peuvent couvrir la plus grande partie de la peau.

Après uu certain temps elles se rompent, forment des croûtes, et le malade, à cause de l'étendue de la surface affectée •est réellement dans un état fort triste. Cette maladie devient dangereuse lorsqu'elle est mal traitée, et jadis, quand on croyait cette affection d'une nature syphilitique , on avait coutume d'augmenter la quantité de mercure, et le malade succombait.

Les médecins d'autrefois pensaient que c'était une éruption syphilitique , et ce qui les confirmait dans leur croyance c'est que les éruptions sont rarement la conséquence du mercure mais très- souvent celle de la vérole ; l'affection cutanée était donc attribuée à cette maladie et traitée comme telle , on poursuivait alors l'usage du mercure en plus grande quantité suivant de vieilles maximes et des préjugés fortement enracinés. Comme l'érytlième mercuriel se développe quelquefois quand on a administré seulement une petite quantité d'hydrargyre, on suppose que ce cas ne peut se présenter que lorsqu'il existe chez l'indi- ■vidu une idiosyncrasie particulière. On assure que cela n'a jamais lieu que lors- 'que le malade s'est exposé à l'air froid *t humide. Voici donc une autre raison pour que l'on suive le genre de régime que j'ai recommandé. Quelquefois l'éruption commence sur la partie que le TOalade a frottée avec du mercure, comme la cuisse ou la jambe; mais dans beaucoup du cas elle se déclare quoique le mercure n'ait été employé qu'intérieurement, de sorte que la friction n'est pas essentielle à sa production. Le traitement consiste à bien fomenter les parties avec une décoction de tètes de pavots ou de fleurs de camomille; il est inutile de dire que l'on interrompt le mercure , puis on administre de petites doses de poudre d'antimoine et des purgatifs salins ou de l'huile de ricin.

Quand l'inflammation a cédé, et qu'il n'y a plus qu'un suintement purulent à la surface, on peut donner de la salsepareille ou du quinquina avec de l'acide sulfurique dilué, et prescrireune diète légère mais substantielle. Les bains chauds sont aussi très-salutaires. Si la partie est excoriée il sera nécessaire d'appliquer l'onguent de zinc.

L'hydrargyrc agit comme un poison sur quelques individus; ils sont saisis par des palpitations de cœur, des tremblements dans les membres, de l'oppression dans la respiration, et leur pouls devient irrégulier. Quand une indispositioa de ce genre se manifeste chez un sujet faisant usage du mercure, nous pouvons ea inférer que ce minéral produit une action délétère sur son économie. Feu M. Pearson a remarqué que chaque année , dans Lock hospilal , à l'époque où l'on était dans la coutume de provoquer beaucoup à la salivation , un certaia nombre d'individus traités ainsi mouraient subitement; l'affection commençait comme je lai décrit, et, lorsqu'ils se livraient au plus léger effort, ils tombaient frappés de mort. L'expérience a démontré à M. Pearson que ces morts étaient dues à l'action délétère de l'hyrdrargyresur leur constitution, et il proposa d'appeler erétisme mercuriel ce désordre de l'économie. Il est à peine nécessaire de dire que le traitement consiste à suspendre totalement l'usage du mercure ; à exposer le malade à une atmosphère pure, fraîche et sèche; à lui administrer des toniques particulièrement de la salsepareille, ou, comme le préfèrent quelques praticiens, de l'ammoniaque dans une mixture camphrée.

Quant aux autres remèdes donnés fréquemment à des époques quelconques de la maladie vénérienne, nous devons, tout eu reconnaissant leurs propriétés antisyphililiques, nous garder d'oublier cette vérité importante, savoir : que le mercure n'est pas absolument nécesaire pour la guérison de la généralité des maladies syphilitiques; car M. Rose, dans les recherches qu'il fut à même de faire, n'a jamais rencontré un seul cas qu'il n'ait pu guérir sans mercure. L'hydrargyrc est souvent utile pour accélérer la guérison et peut-être, à l'exception de l'iodure de potasse, peut -il rendre des services plus importants que tout autre remède connu pour diminuer qucnce mais non, je crois, la gravité des symptômes consécutifs. Gepeudaut , ces

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