AYMON
Approbation des professeurs et ministres de Berne, et terminé par une •série de diplômes obtenus jadis à Rome par rautciir,et quMl a Taiidace de produire comme exemples des prévarications romaines. Installé en Hollande, à La Haye, Tancien di^mitaire papal est devenu ministre protestant à Tâge de quarante ans; mais c'est comme professeur de matbé> matiques (|uil pourvoit à ses besoin»; il s'est marié; enfin il est, à partir de Tan 1700, et probablement en récompense de son petit livre, pensionné par les Etats-généraux. Vers 1703-1704, il s'occupe des projets, si souvent débattus, de la réunion des deux Eglises en publiant un volume intitulé : iiLpMre du sieur Ajjmon, cy-devant prélat domestique du pape Innocent XI, à tous les archiprétres, curez, vicaires et autres du «clergé séculier, au sujet de quehjucs propositions qui luy ont été faites par M. l'abbé Bidal... sur la réunion des deux religions. » Cet ouvrage ne fit sans doute aucun bruit. Mais le nom de l'abbé Bidal, agent de France à Hambourg pour affaires concernant la religion, devait servir à Ayraon. A la fin de 1705, il résolut en eflTet d'aborder un Jiouveau et plus brillant théâtre. Il écrivit au garde de la Bibliothèque du roi à Paris, pour le prier d'oflrir en son nom à Sa Majesté un précieux herbier qu'il venait d'acheter à Leyde, en échange de quoi il ne demandait ni faveur, ni pension; il sollicitait seulement un passeport pour venir à Paris, ayant en tête de sérieux desseins pour le service du roi. Le paisible et savant bibliothécaire, Nicolas Clément, ne répondant guère à cette première ouverture, reçut bientôt lettres sur lettrés de ce correspondant qu'il ne connaissait pas. Il ne s'agissait plus d'herbier, mais de certains secrets dont le roi serait touché. Clément se laissa séduire et, au mois d'avril 1706, Aymon était à Paris. Quelques jours après» M. de Pontchartrain reçut de lui deux mémoires, dans l'un des<{aels il découvrait au roi divers projets qui s'ourdissaient en Hollande (les <leux nations étaient alors en guerre), principalement des inventions <le nouveaux projectiles et des complots de camisards et autres protestants; dans l'autre mémoire il signalait en termes généraux le « lil)ertinage, les désordres de tout genre, les énormes attentats » auxquels se livraient en Hollande les pasteurs et leurs troupeaux réfugiés. L'archevêque de Paris, le cardinal de Noailles, récompensa ces révélations en désignant le séminaire des missions étrangères pour servir de logi^ au pécheur repentant, qui devait, dans cette paisible et sainte retraite, préparer son retour à la véritable Eglise et composer à loisir ses utiles pamphlets. Mais ce fut là tout. Il faut reconnaître qu'en ce temps où l'on tenait bureau ouvert pour acheter les consciences, Aymon pouvait justement se plaindre de ne rien recevoir. Un beau jour il partit, emportant un manuscrit grec sur le dernier concile de JérusaK-in, ainsi que plusieurs autres pièces importantes qu'il avait dérobés à la Bibliothèque. Clément perdit le procès qu'il lui intenta à I^ Haye où le déprédateur, rentré en grâce auprès du gouvernement hollandais, s'était réfugié. Aymon fut rétabli dans sa pension, et il continua paisiblement le cours de ses travaux littéraires, en y reprenant le rôle d'ennemi de Rome. Parmi eux nous ne relèverons que sa collection des Sijiid'.es nationaux des Efflises ré foimées de France ^ha Haye, 1710.2 vol.
AYMON — AZYMITES 767
in-i". Une prétendue seconde éditioii (La Haye, 1736) est la même avec simple réimpression d'un nouveau litre. La préface apprend (jue les actes dont Touvrage se compose ont été imprimés sur la copie d'un exemplaire authentiiiue envoyé par le synode de Cliarenton à David Le Leu de Wilhelm, président du Conseil souverain et de la Cour féodale de Brabant. C'est la seule collection de ces actes que nous ayons; mais c'est une simple compilation, dans laquelle il n'y a de l'auteur que la mise en ordre et l'impression. Aymon mourut vers 1720, sans qu'on ait aucun renseignement sur la manière dont il termina cette carrière véreuse. — Voyez France protestante, 2® édit., I, p. 613 ss.
H. BOBDIEB.
AZAÏS (Pierre-Hyacinthe), né à Sorèze en 1766, vécut à Pans, où il jouissait, sous la Restauration, d'une réputation de philosophe qui ne s'est pas maintenue, et mourut en 1845. Son système fut son œuvre personnelle, quoiqu'il offrit bien des affinités avec l'école sensualiste. 11 se proposa de rattacher à une même loi et à une même cause tous les faits de la nature et de l'humanité. L'expansion est le mode unique de l'action universelle; chaque être se dilate incessamment, et il se dissoudrait, s'il ne rencontrait la dilatation des corps environnants. L'é(iuiUbre universel résulte de ce ((uela somme de ces actes de répression conservatrice est égale à la somme des actes d'expansion. Au moyen de cette loi, Azaïs se flatte d'expliquer tous les phénomènes de l'ordre physique, de l'ordre organique et de l'ordre intellectuel,, moral et politi([ue, l'esprit étant, dans ce troisième ordre, considéré comme un corps et les idées comme des corpuscules. Dans notre vie morale, nous retrouvons les deux opérations opposées et solidaires ; que l'expansion soit faible ou forte, la compression sera proportionnelle ; les grandes joies appellent les gi^andes douleurs ; pour chacun la somme de son bonheur est éç^le à celle de son malheur : système de compensation qui n'autorise ni l'optimisme ni le pessimisme, et qui devrait conclure à la résignation. La cause première de cette action incessante est appelée Dieu, et son équité est démontrée par l'équilibre des biens et des maux dans cha(|ue destinée particulière. Des nombreux ouvrages d'Azaïs, nous ne citerons que Y Explication universellp,, 6 vol., 1826. — V. Damiron, Ilist. de la phiL en France au XI X'' siècle, tome 1. A. Matter.
AZAAIAS, roi d'Israël. Voyez Ozias.
AZYMITES. Ce fut vers 1033 que le patriarche de Constantinople, Michel Caerularius, inventa d'appliquer ce surnom aux chrétiens occidentaux, qui se servaient de pain azyme pour la Sainte-Cène. Les Latins répondirent par l'injure de fermentaires (voy. ces mots dans Ducange). Par un rapprochement singulier, nousretrouvon.; chez les historiens de la première croisade, et en premier lieu dans ie Tudehode abrégé, le nom iïAzymites comme celui d'une tribu de Sarrasins.