‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 222 sur 226 · AVILA — AVITUS · texte numérisé non relu

AVILA — AVITUS

projet. 11 resta donc en Andalousie dont il parcourut, pendant bien des années, les villes et les villages en prêchant. Le procès que lui intenta rinquisition de Séville pour quel([ues opinions soi-disant hérétiques et dont il sortit sans encombre, ne lit (|u'auginenter son zèle et qu 'accroître sa réputation. De cette brillante époque de sa carrière, il lui resta le surnom iV apôtre de l'Andahusie. Juan de Avila, qui, comme prédicateur, s'inspirait des procédés de saint Paul, dont il pratiquait continuellement les écrits, appartient, par ses œuvres de théologie et de morale, à la grande école mystique espagnole. Ses deux principaux ouvrages sont les Cartas esptriluales et un traité de morale chrétienne, adressé à une dame, Sancha Carrillo, et auquel le prédicateur a donné pour titre les mots Audi, filt'a, du Ps. XLIV. Juan de Avila mourut à MontiUa, le 10 mai 1569. — Sources .• Vida del vénérable maestro Juan d? Avila^ predicador apostolico del Andaiucia, par F. Luis de (irauada, t. III, p. 450 à 487 des œuvres de.Luis de Granada publiées par Ribadeneyra; Vida del renei^able siero de iJios, maestro Juan de /4rf7a, par Luis Munoz, Madrid, 1635, 4**. Cette biographie est plus détaillée que la première. La liste des ouvrages de Juan de Avila et une notice étendue de sa vie se trouvent dans N. Antonio, Bibliotheca Impana nova, t. I, 639-6ii

Voy. aussi P. Rousselot, /.es Mystiques <'.«j;o^w(?fe, Paris, 1867,8".

Morel-Fatio.

AVIS, ordre militaire du Portugal, fondé après la prise d'Evora, vers 1 1 47, par le roi Alphonse P' de Portugal. Les premières constitutions de Tordre furcut rédigées en 11C2 conformément à la règle de Qteaux et approuvées en 1204, par Innocent III. En lâll, Alphonse II litdonation à l'ordre de la ville d'A\is, d'où il a tiré son nom actuel. L'ordre d'Avis se réunit bientôt à Tordre de Calatrava, et les deux associations maintinrent .eur union jusqu'à la linduseizièmesiècle;àpartir de cette époque, *e premipr ordre a recouvré son existence indépendante. En 1550, la grande maîtrise de Tordre d'Avis devint la propriété des rois de Portugal.

AVITUS (Saint Avit). Alcimus EcdiciusAvitus, natif de Vienne, d'une ancienne famille de patriciens gallo-romains, devint, en 490, évéque de sa ville natale et mourut comiiie tel en 523. Comme à celte épo<|ue la Gaule possédait encore (juelques écoles Oorissantes, il avait revu une bonne instruction classique et théologique. Vienne était sous la domination des Bourguignons, (jui étaient ariens; Avitus ne négligea rien pour gagner le roi Gondebaud au catholicisme ; il lui adressa des lettres dans lesquelles on regrette de trouver trop d'adulation. Après la'conversion de Clovis, Avitus, espérant que ce chef mettrait lin à Tarianisme, lui écrivit : « Votre foi est voire victoire. ))En 449 il assista, à Lyon , à une conférence entre des ariens et des catholiques, en préstMiiv de Gondebaud; il n'y réussit pas à convertir ce prince. 11 réussit mieux auprès de son fils Sigismond, sous le règne duquel il présida, en 517. le concile d'Epaone dans le Valais, qui régla la situation de l'Eglise catholique dans le royaume de Bourgogne. Il a laissé un poênie : D-* mundi pjuncipio et aliis diversis amditionibus. Cet ouvrage, imitation assez heureuse des anciens, contient quelifucs beaux passages; on en a

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comparé, non sans raison, les trois premiers livres, qui traitent de la création de Thomme, de la chute et de ses suites, au Paradis perdu de Hilton. Le IV** et le V° livres sont consacrés au déluge et au passage de la mer Rouge; on y ajoute parfois, comme YI'', un poème adressé par Avitus à sa sœur Fuscina, De comolatoria lande virginitatis. Les lettres d'Avitus aux rois fi'ancs et bourguignons, à quelques évêcpies de la Gaule et à ceux de Constantinople, de Rouen, de Jérusalem, sont importantes pour rbistoiro de Tépoque. — Voy. Avtti opéra, éd. Sirmond, Paris, 1G43; Hist. lût. de la France, IW, p. 122; Guizot, Hùt. de la civilisation en France, Paris, 1829, II, p. 199 ; Ampère, Ilist. litt. de la France avant le douzième siècle, II, p. 193 ss.

AVRANCHES (civitas Abrincatum, Abrincx), évéché suftVagant de Rouen, connu depuis révoque Nepus (oll). Saint Sever (1" février) et Saint Pair (/^a^«?rwMs),dontFortunata écrit lavie(/i4. .S\S., 1(5 avril) furent évé([ues d'Avranclies au sixième siècle. En 708, saint Michel apparut à révêipie saint Aubert (.4^4. SS., 18 juin) et lui ordonna de lui élever une église sur le Mons Tumba; Téglise de Saint-Michel-au-Périlde-la-Mer fut dédiée en 709, et en 9()() Richard P' de Normandie y établit des moines. Lanfmnc tint son école à Avranches de lOiO à 1042. Le synode d' Avranches, réuni en 1172 au couvent de Savigny, entendit les excuses du meurtrier de Becket. La cathédrale de Saint-André fut , élevée au douzième siècle, et reconstruite par révé([ue Louis de Bourbon (1485-lolO). Le siège d'Avranches, illustré par Huet, fut supprimé en 1790 et réuni à Coutances {Gallia, XI).

AYMON (Jean) [1661-1720], né catholique, dans une bonne famille du Dauphiné, fut élevé pour la prêtrise. Il réussit d'abord dans cette carrière, mais ni assez, ni assez vite au gré de son âme ambitieuse et inquiète. Il avait fait ses premières études au collège de Grenoble, puis il avait été apprendre à Turin latiiéologie et la philosophie; il fut même à Rome, et il obtint le titre de docteur en droit canon. Nommé aumônier de Févéque de Saint-Jean-de-Maurienne, bien qu'il n'eût pas encore Tàge canonicjue, il composa, pour venger une injure récente de son patron contre la cour romaine, un pamphlet où les secrets et les hontes du saint-siége étaient hautement dénoncés. S'étant réfugié en pécheur contrit et repentant auprès du cardinal Le Camus, évoque de Grenoble, cpril n'avait pas ménagé dans ces révélations, il eut le talent de se faire recommander par lui à Rome où il fut nommé protonotaire du pape, et devint un petit personnage à la cour apostoliciue (1687). Ce n'était pas encore assez pour son ambition. Il fit ce faux calcul (jue, dans les conjonctures politiques où l'on se trouvait, alors que l'exécution implacable donnée par Louis XIV à la révocation de l'édit de Nantes remplissait le monde d'émotion et apportait aux pays protestants des foules réfugiées pour la religion, il pourrait, lui qui tenait dans sa main tous les secrets de Rome, jouer un grand rôle parmi les protestants. Il était à Lyon, lors(iu'il partit inopinément pour la Suisse, et se mit en mesure d'abjurer la croyance romaine. En réponse à une lettre excellente du cardinal Le Camus, il publia un petit livre intitulé: Métamorphoses delà relif/ion romaine, etc., La Haye, 1700, précédé par une

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