ALEXANDRE LE GRAND — ALEXANDRE U
n'est point en parfait accord avec le témoignage des auteurs grecs et latins (Quinte-Curce, Arrien, Plutarque).
ALEXANDRE BALA, originaire de Rhodes, s'étant fait passer pour le fils d'Antiochus IV Epiphane, usurpa, en 152 avant J.-C., le trône de Syrie, après avoir renversé Démétrius Soter, avec Tappui de Ptolémée Philométor, roi d'Egypte, d'Attale, roi de Perganie, et d'Ariarthe, roi de Gappadoce. Il s'était aussi allié avec le Maccabéen Jonathan (1 Macc. X, i ss.), qu'il nomma gouverneur et général en chef de la Judée. Alexandre régna pendant près de six ans, livré à la paresse et à la débauche. Au bout de ce temps, Ptolémée s'étant tourné contre lui et ayant envahi la Syrie, Tusurpateur, battu, dut fuir en Arabie où il fut assassiné (1 Macc. XI, 17). Démétrius Nicator, fils de Démétrius Soter, occupa alors le trône de son père (voy. Justin, XXXV; Appian. Syr., LXVII ; Liv., £pii., L ; Diod. Sic, Fclog., XXXIl). ALEXANDRE JANN^. Voyez Asmonéens (les).
ALEXANDRE !«• (Saint), pape ou plutôt presbytre de l'Eglise de Rome. Irénée {Hœ?\, 111, 3, 3) et Augustin (A'p, 53) le placent entre Evariste et Sixte. D'après Eusèbe (Hist, ecci,, IV, 1, 4), il fut évéque de Rome de 108 à 118, et non, comme l'on compte ordinairement, de 109 à 119; d'après la (Chronique d'Eusèbe, il occupa le siège épiscopal de 103 à 114, et d'après le Catalogue libérien de 109 à 116. Suivant les Actes de son martyre [AA. SS,, 3 Mat, I), il fut mis à mort en Tan 117, avec saint Eventius et saint Théodule, sur la Via Nomentana ; mais ces Actes sont évidemment inspirés sinon par le Livre pontifical (530), du moins par le Catalogue léonin (après UO). M. Lipsius [ChronoL der rœm. Bisch. bis z, 4*^" Jhh, 18<i9, p. 169) estime que nous n'avons pas de raisons pour douter de l'existence de ce personnage ; mais il ne croit pas qu'il se soit conservé aucune tradition dans TEglise de Rome touchant l'époque de son installation, la durée de son ministère et Tannée de sa mort. — Voy. Tillemont et Pagi ; Aube, Hist, des persécutions, P., 1875, p. 284 ss.
ALEXANDRE H, pape (1061-1073). Nicolas II étant mort le 27 juillet 1061, le parti impérial envoya auprès de Henri IV une députation chargée de l'inviter à intervenir dans réleclion du pape. Le jeune roi réunit autour de lui les évéques lombards, et dans un synode assemblé à Bàle, l'évêque de Parme, Cadalous, est élu et prend le nom d'Honorius II. Déjà, le l*»" octobre 1061, Anselme, évéque de Lucques, natif de Baggio près Milan, élu par tous les cardinaux-évêques, avait été sacré sous le nom d'Alexandre II. L'impératrice Agnès envoie, pour frayer les voies à l'antipape, un homme rusé et sans scrupules, Benzo, évéque d'Alba. Benzo s'établit avec la faveur du peuple dans la cité Léonine, quartier de la noblesse, Alexandre est battu près du Vatican, et le sénateur Censius reçoit Cadalous dans le château Saint-Ange, tandis que le pape occupe le Capitole. Cependant Godefroy, duc de Toscane, se présente devant Rome, et, sous prétexte de conciliation, il invite les deux partis à attendre la décision de la cour impériale Au même moment, l'archevêque de Cologne, Annon, s'emparait du jeune prince, et réléguait l'impératrice dans un couvent. Le 27 octobre 1062» Annon
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réunit un synode à Augsbourg. Le cardinal Pierre Damien, aixient hildebrandiste, a écrit l'histoire de ce concile. Le synode ne sut prendre aucune résolution, néanmoins Annon fait rentrer Alexandre à Rome. Le jeune Henri IV est tiraillé entre Annon et Farchevêque de Brome, Adalbert, favorable à l'antipape. Celui-ci reprend la cilé Léonine et Saint-Pierre, et son parti semble triomphant. Cependant Cadalous est abandonné des siens. L'antipape, retenu prisonnier par Censius dans le château Saint-Ange, s'enfuit seul, après avoir payé rançon. A ce moment, raconta Bonizo, Annon, « voulant réconcilier le sacerdoce el l'empire, » vint à Rome reprocher à Alexandre d'avoir accepté la tiare sans l'agrément du roi des Romains. Hildebrand lui répondit que les décrets des Pères excluaient l'empereur du choix des papes. En effet, l'élection d'Alexandre II avait inauguré un droit nouveau. Nicolas II, dans un concile de 1059, avait donné aux seuls cardinaux le droit d'élire le pape, « sauf l'honneur et la révérence de notre bien-aimé fils Henri. » Mais le fait de cet entretien parait douteux. Le concile de Mantoue, assemblé à la Pentecôte de l'an 106i par Annon, convoque les deux papes. Alexandre seul y parait; il se justifie par serment des reproches de trahison et de simonie, et il est solennellement proclamé. Honorius, dont les partisans ont tenté d'envahir le concile, est excommunié. Alexandre ne fut seul maitre que lorsqu'en 1066 l'archevêque de Brème fut précipité du pouvoir. Le parti hildebrandien et populaire en Lombardie, la Pataria, dont le chef Arialdo venait d'être massacré, releva la tête; le pape, vainqueur des Normands avec l'aide du duc de Toscane, mourut le 21 avril 1073. Disciple d'Hildebrand, qui lui succéda, il avait osé citer Henri IV à comparaître devant lui. — Le livre de Bonizo, ad Amicum, la lettre bouffonne de Benzo, ad Heinricum /F, la Vie d'Alexandre^ par le cardinal Boso, résumée de Bonizo, et qui a été pubhée sous le nom du cardinal Nicolas d'Aragon (Murât., 5cr., III, 1), etc., se trouvent dans VVatterich, Pontifiaim Boni, vttœ, L., 1864, in-8«, I. Voy. Gregorovius, IV, 121 ss.; Hefele, IV, 784 ss., Irad. franc., VI, 409 ss. ; Giesebrecht, Ann. altali,, 1841, et Gesch. der Kaiserzeit, III, 66 ss. S. Berger.
ALEXANDRE m, pape (1159-1181). Roland Bandinelli, évêque de Sienne, chancelier de TEglise de Rome, fut, à la mort d'Adrien IV, élu le 7 septembre 1 159 par la majorité des cardinaux. Deux voix seulement se déclarèrent pour Octavien Maladetti. L'antipape se fait introniser sous le nom de Victor IV. Roland est assiégé neuf jours dans Saiiil- Pierre par les Victorins, soutenus par les ambassadeurs impériaux. Mais le peuple de Rome se déclare pour lui ; sacré à Nimfa, il prend le nom d'Alexandre 111. Le roi de France, Tordre de Cileaux, celui des Chartreux, la Castille, TAragon, la Hongrie, les Normands d'Italie, se déclarent pour lui. L'empereur convoque à Pavie un prétendu concile général, mais ce synode, réuni le 5 février en présence de Victor, se montre partagé. Renaud de Dassel, archevêque élu de Cologne, excite au schisme l'empereur et les prélats, Frédéric I*^' tient l'étrier à Victor. L'Allemagne, la Bohême, le Danemark et la partie impériale de la Bourgogne sont les seuls pays où Tantipape soit reconnu. Les Cisterciens sont