‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 70 sur 226 · ALEXANDRE D'ALEXANDRIE— ALEXANDRE DE HALÈS · texte numérisé non relu

ALEXANDRE D'ALEXANDRIE— ALEXANDRE DE HALÈS

écrivit à Alexandre une lettre dédaigneuse (Eusèbc, Viia Const.^ H, 64 ss.); Sev. Binius, et après lui presque tous les auteurs, ont supposé que cette lettre avait été falsifiée par un des Eusèbe. Heinichen dans son édition d'Eusèbe [ed, W^Melet. 25), combat cette opinion. Suivant les calculs ordinaires, Alexandre mourut le 18 avril 326, cinq mois après le concile de Nicée auquel il avait pris une part active ; mais d'après un document syriaque publié en 1848 par Gureton [the f estai Lctlers of Atfuxnasius^ cité parHefele, 1, 429, trad. fr., I, 437), sa mort n'arriva que Iel7avril328. — Voyez Epiph.; Hœr.,iyd; Socr.,I, 5ss. 15; Sozom., L 15 ss.; 11, 17; Théod., I, 2 ss. 26; AA. SS., 26 Febr,, III (voir aussi Tarlicle Arianismc),

ALEXANDRE, élu patriarche de Constantinople en 317. Défenseur de la doctrine orthodoxe, il prit part au concile de Nicée. II mourut en 340, heureux de no pas voir Arius réintégré dans PEglise et Thérésie victorieuse.

ALEXANDRE DE HALES (Balésius), ainsi appelé du couvent anglais où il avait reçu son instruction. Il enseigna la théologie à Paris, et mourut en 1245. Ilestle premier des docteurs scolastiquesqui ait utilisé pour la théologie, outre la dialectique d'Aristote, sa physique, sa psychologie, sa métaphysique. Il forme la transition entre ceux qu'on appelait sententiaires, parce qu'ils s'étaient bornés à exposer les sentences ou passages dogmatiques des Pères, et les théologiens plus systématiques. Mais en introduisant dans le système de nombreux éléments aristotéliciens, il* Ta encombré d'une foule de matières étrangères. Il est aussi le premier qui dans la discussion du pour et du contre, du^ic et non^ ne laisse plus subsister aucune incertitude, La Summa universx theoloyix est un commentaire sur Pierre le Lombard; chez ce dernier il y a encore des questions indécises, sur lesquelles il n'ose pas se prononcer; Alexandre de Halès résout tons les problèmes ; il donne d'abord les arguments dont la conclusion est : videtur quod sic, puis il leur oppose ceux qui aboutissent au videtur quod non; enfin il se déclare pour l'un ou pour l'autre, soit en invoquant une autorité, soit en faisant une nouvelle distinction. Quant aux Pères, il n'admet pas qu'il puisse y avoir entre eux le moindre désaccord ; tout au plus diffèrent-ils par le point de vue. La forme de sa Somme est on ne peut plus scolastique ; il a un talent de faire des distinctions subtiles qu'on ne rencontre chez aucun des docteurs précédents ; chacune des quatre parties de la Somme est divisée en un certain nombre de questions, chaque question en membra^ chaque membre en articles, et en cas de besoin ceux-ci sont divisés en paragraphes. Cette méthode fut adoptée par la plupart des scolastiques postérieurs. Parmi les questions qu'il soulève, il y en a déjà qui dénotent une curiosité peu théologique. A cause de l'apparente rigueur avec laquelle il résout et démontre tout, il a reçu le nom de doctor irrcfragabdis. Un commentaire sur la métaphysique d'Aristote et une Summa de virlutibus qu'on lui a attribués, ne sont pas de lui. — La l«éd. de la Summa parut à Venise, 1475, in-f» ; la meilleure est celle de 1576, également à Venise, 4 vol. iri-f". Voy. But. litt. de la France, t. XVIIl ; Hauréau, De laphil, scoL, t. I*r, p. 423 ss. Ch. Schmidt.

ALEXANDRE NEGKAM — ALEXANDRE I«r 157

ALEXANDRE NECKAM [Neckam, Neqmm], grammairien et théologien anglais, né à Saint-Alban en llo7, professeur à l'université de Paris entre 1180 et 1187, chanoine, puis abbé de Chichester; il mourut en 1217. Comme poëte, il est connu par ses vers sur la vie monastique, imprimés dans diverses éditions de saint Anselme, et par l'intéressante description du monde intitulée Jmus divinx sapientiai (Bibl. nat., ms. lat., 11867). Ses nombreux ouvrages sur la Bible, dont plusieurs, comme son Elucidarium bibliothecx et ses commentaires, existent en manuscrit en Angleterre, mériteraient une sérieuse étude. — Vo}- . Baie, Script, maj. Brit., 1557, 1, 27.5; Pits, De rébus a,ujl,, ÎG19, I, 298; du Boulay, I[,/)as5.;Cave, Script, eccles., Il, 286; Bist, litt. delà Fr,^ XVI|I, o2i; Th. Wright, Biofjr, Brit,, II, iiO: le même, Ancient vocabularies^ ^857, p. 98.

ALEXANDRE NEVSKY (t 1263), héros et saint russe, fils de Jaroslav H, grand prince de Vladimir. 11 devint, en 1238, grand prince de Novgorod, et remporta, en 1240, sur les Suédois aux bords de la Neva une victoire signalée, qui lui valut le surnom de Nevsky. Il combattit avec succès les chevaliers allemands de Livonie et les Lithuaniens. Il se fit donner par le khan des Tartares l'investiture de la principauté de Vladinair et sut obtenir de lui l'établissement d'un évéché sur les bords du Don. Il résista avec constance aux efforts que fit le pape Innocent IV pour le rattacher à l'Eglise latine. En 172i, Pierre le Grand fit transporter ses restes de Vladimir à Saint-Pétersbourg, dans le couvent qu'il avait élevé en 1715 sur le lieu de sa victoire. Il est le sujet d'un grand nombre de chansons et de légendes.

ALEXANDRE I«»", czar de Russie, né le 23 décembre 1777, monté au trône le 24 mars 1801, mort le 1«'" décembre 1825. L^éducation d'Alexandre fut, dans ses premières années, exclusivement laissée à sa mère, l'impératrice Marie, femme d'un grand cœur, d'une haute intelligence; son précepteur. César de Laharpe, développa également les côtés enthousiastes de sa nature, ses aspirations passionnées vers l'idéal. Son avènement au trône donna en tout domaine le signal de vastes réformes dont plusieurs ne parvinrent jamais à leur complète réalisation. Les grands événements qui se succédaient sans interruption en Europe firent sur TAme ardente, facilement excitable du czar une profonde impression. Des missionnaires moraves avec lesquels il entretenait d'étroits rapports, lui montrèrent, dans la lutte avec Napoléon, la victoire des armées russes, l'accomplissement merveilleux de prophéties contenues dans l'Ecriture sainte. « L'incendie de Moscou, s'écria un jour Alexandre, a éclairé mon âme. » L'exaltation religieuse du czar contribua pour une large part à surexciter le patriotisme de son peuple, à transformer en une guerre sainte la lutte contre Napoléon. Depuis 1831, Alexandre s'abandonna complètement à ses tendances mystiques. Il visita en 1815 Jung Stilling à Stuttgart, appela Gossner à Saint-Pétersbourg, correspondit avec Baader et Oberlin. Madame de Krudener, qu'il rencontra pour la première fois en 1815 à Heilbronn, devint son guide spirituel. Il se fit expliquer par elle l'Ecrilure sainte, assista aux pieux conventicules tonus à Heidelberg et à

Paris, réclama pour le triomphe de sa politique Tefficacité de ses prières. Ce fut sous rinspiration de Madame de Kxùdener, à l'instigation d'Alexandre, que le roi de Prusse, les empereurs de Russie et d'Autriche conclurent à Paris, le 26 septembre 4815, le traité dit de la Sainte- Alliance; les autres souverains de l'Europe ne tardèrent pas à s'y rallier à l'exception du roi d'Angleterre, du pape, du sultan. Les signataires s'engageaient au nom de la très-sainte Trinité à prendre pour seule norme de leur conduite, soit vis-à-vis de leurs propres sujels, soit vis-à-vis des nations étrangères, les préceptes de rEvangilo; tous les peuples, malgré les divergences de race, formaient une grande famille dont l'unique souverain était Jésus-Christ. Alexandre se montrait très-vivement préoccupé, à cette époque, d'une réunion entre les différentes confessions chrétiennes. « 11 y a dans le christianisme, disait-il à Joseph de Maislre, un principe supérieur à nos confessions particulières, qui en constitue l'essence. Commençons par combattre l'incrédulité, le véritable mal dont nous devions nous préserver. Lorsque l'Evangile sera pratiqué par tous, un grand pas sera déjà accompli. Je crois, je suis même certain qu'un jour toutes les confessions chrétiennes seront réunies en un seul faisceau. C'est notre devoir que de préparer, de hâter ce bienheureux moment. » Le libérahsme d'Alexandre se refroidit à la suite des mouvements populaires qui éclatèrent simultanément dans plusieurs provinces de son empire (1820-1822) : ses précédentes aspirations à la fraternité universelle lui parurent dangereuses, du moment qu'il les sut partagées par les francs-maçons ; il pratiqua toujours davantage le système de compression qui fut le plus clair résultat de la Sainte-Alliance. Madame de Krùdener perdit peu à peu toute influence; il vit en elle une prophétesse, une visionnaire et ne lui pardonna pas sa propagande en faveur des Grecs; en 1822 il lui intima, par une lettre autographe, l'ordre de quitter SaintrPétersbourg. Les questions religieuses occupèrent Alexandre jusqu'à sa mort; la maladie, les tracas du gouvernement, la peur des conjurations le jetèrent dans un mysticisme toujours plus sombre, une dévotion toujours plus mélancolique. — Alexandre combattit au sein de l'EgHse grecque la superstition et le fanatisme; il fut aidé dans cette tâche par quelques prélats distingués, entre autres le patriarche de Moscou, Philarète. Les Académies nouvellement créées de Saint-Pétersbourg et de Moscou contre-balancèrent l'influence traditionaliste de Kiew et répandirent, dans une certaine mesure, les idées de la théologie allemande. Une soUde instruction fut donnée aux ecclésiastiques dans les séminaires; des écoles furent fondées jusque dans les villages ; les popes furent affranchis du knout et des autres châtiments corporels. Toute contrainte cessa pour les dissidents {Durchoborzi) qui, sous Paul I*»*, avaient été traités avec une extrême rigueur; Alexandre, par sa bienveillance et la sagesse de ses mesures, convertit des sectaires jusque-là réputés dangereux en honnêtes et paisibles sujets qui peuplèrent de florissantes colonies les bords du Dnieper, les steppes de la Crimée. Dans les années qui précédèrent immédiatement la Sainte-Alliance, Alexandre se montra favorable au protestantisme. Sur un vœu formellement exprimé par

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