‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 73 sur 226 · ALFRED LE GRAND — AL-GAZEL · texte numérisé non relu

ALFRED LE GRAND — AL-GAZEL

fiée. Les Danois se soumirent à ces conditions. Pendant leurs longues ^ migrations, ^loignés de leurs prôtres, ils avaient eu le temps d'oublier * leurs idoles^ et ne demandaient qu'à échanger une vie de périls el de hasards contre une existence plus paisible. Ils suivirent sans hésiter leurs chefs au baptême; Alfred leur sernt de parrain et leur assigna pour résidence la province de Northumbrie. Apres cet acte de politique tout à la fois généreuse et habile, il put consacrer au bien de son peuple les quinze années de paix qui suivirent sa victoire. En môme temps qu'il fortifiait l'entrée des rivières navigables, et créait une marine qui lui permit (de 893 à 890) de repousser de nouvelles attaques des pirates du Nord, il assura l'ordre intérieur en réorganisant les tribunaux et leur donna pour règle un code de lois encore apprécié de nos jours. Enfin, il mit sa noble ambition à ramener l'Angleterre au degré de lumière et de civilisation d'où les invasions l'avaient fait déchoir, à l'élever même sous ce rapport à un degré qu'elle n'avait pas encore atteint. Les impressions qu'il avait reçues à Rome dans deux pèlerinages où son père l'avait conduit dans son enfance, plus tard à la cour de France, où subsistaient encore les traditions du règne de Charlema^e, l'éducation qu'il avait reçue par les soins de la reine Judith sa belle-mère, Alfred mit tout cela à profit pour le développement intellectuel et religieux de son peuple. Il releva les églises et les monastères, rétablit les écoles qui y étaient attachées, appela auprès de lui les hommes distingués par leur savoir, apprit d'eux le latin à l'âge de quarante ans, et traduisit lui-même, pour en répandre la lecture chez ses sujets, plusieurs livres de la Bible, les Méditations de saint Augustin, les Consolations de la philosophie^ par Boèce; Y Abrégé historique d'Orose, ï Histoire ecclésiastique de Bède, enfin le Pastoral de Grégoire le Grand, dont il offrit un exemplaire à chacun de ses évêques. Tant de travaux, après les luttes incessantes du commencement et de la fin de son règne, achevèrent d'épuiser le faible tempérament d'Alfred. Il mourut en 900 ou 901, décoré par son peuple du* titre de Grand qui ne lui a jamais été contesté. Il fut pour l'Angleterre un autre Gharlemagne, qui, sur un théâtre moins vaste et moins brillant, avec des vues moins étendues, fit admirer des mœurs plus pures, des sentiments plus humains, une âme plus élevée, des vertus guerrières enfin, qui ne furent jamais souillées par d'injustes conquêtes. E. Chastel.

ALFRIC, savant bénédictin, sorti du couvent d'Abingdon, chanoine de Winchester et archevêque de Cantorbéry (994), est le prélat le plus marquant de l'Eglise anglo-saxonne depuis Augustin. Il consacra sa vie à relever le culte, à instruire et à moraliser le clergé placé sous ses ordres. Nous avons de lui un Glossaritan, imprimé à Oxford en 1659, une grammaire, une anthologie connue sous le nom de Colloquia, un Homiliariumy une liturgie, une traduction et des commentaires sur les livres historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, et un recueil de canons, publié en 1737 à Londres sous le titre de Cûncilia Magnx Britannix et Hibe7*nix (voy. Edw. Rowei Moresi de Aelfrico archiepiscopo Commentanwn, éd. Thorkelin. 1789, in-4o). AL-GAZEL. Voyez Arabes (Philosophie des).

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ALGER OU plutôt AUGER DE UÉGE [Aigorus Leodiensis], théologien et canonîste, fut diacre et érolâtre dans sa pairie, et se retira en H2J * à Cluny où il mourut vers 1132, regretté de Pierre le Vénérable [Dibl. Cluniac.y p. 793 ss. ; cl'. 1175, 1274). On a de lui un recueil de droit canon intitulé De la Miséricorde et de la Justice (Marlène, V, 1019), qui parait une des sources de Gratien, et un traité du Sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ, publié par Erasme en 1530 [Bibl. Pair. Lugd,,XX\y 251), dans lequel il établit que la conmmnion sous les deux espèces est Tessence du sacrement et où il semble suivre Guitmond. On a publié de lui un Traité du libre nrbiti'e et un opuscule sur le Sacrifice de la messe. M. Hùfter [Beitrsege , etc. Munster, 1862, in-8») lui attribue, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale (lat. 3881), un Liber senientiaruniy recueil important de doctrine et de discipline. Nicolas de Liège a écrit la Vie d'Auger (Martène, /. /.). Voyez Richter, Beitrœgey L, 1834; ffist. Litt. de la Fr,, XI, 158 (2« éd.) ; Migne, 180.

ALGERIE. {Statistique ecclésiastique). Le recensement de 1872 attribue aux possessions françaises du nord de l'Afrique une population de 2,416,225 Ames. Sur ce nombre, 2,125,052 professent la religion musulmane; il y a 39,812 Israélites, 233,733 catholiques, C,00(i protestants et 10 à 12,000 individus dont le culte n*a pu être constaté. Il con\ient d'examiner à part chacune de ces confessions et de voir quelle en est, en Algérie, l'organisation. Nous commençons par la religion de la majorité. — I. Musulmans, Par la capitulation d'Alger, le 4 juillet 1830, le gouvernement français garantissait aux indigènes le libre exercice de leur culte. Cet engagement a été plus que tenu ; Tislamisme a été reconnu en Algérie, au même lilre que les divers cultes reconnus en France. L'administration lui accorde même une sorte de protection et interdit aux ministres des cultes chrétiens toute propagande et tout prosélytisme. Après la grande famine de 1868, l'inépuisable charité de Mgr LDi>Tgerie, archevêque d'Alger, avait recueilli un grand nombre <i'orphelins musulmans. Lorsque leur Age permit de les instruire des choses religieuses, ce fut dans la religion catholique qu'on les éleva. La susceptibiUté de quelques indigènes s'en trouva froissée et le maréchal de Mac-Mahon, alors gouverneur général, crut devoir écrire à Mgr d'Alger pour le rappeler à l'observation catégorique de la capitulation de 1830, ou plutôt de l'interprétation qu'en donne l'administration. Toutefois cette fSveur officielle ne porte pas bonheur aux mahométans algériens. Leur population diminue constamment depuis la conquête, et ils semblent condamnés à dépérir, si une force nouvelle ne >ient leur rendre une vie nouvelle, et quelle autre force que l'Ëvangile serait capable d'accomplir ce miracle. Mais il serait temps, car la décadence est rapide : 2,700,000 en 1861 ; 2,400,000 en 1866; 2,125,000 en 1872. La dernière période a été éprouvée par le choléra, la famine et l'insurrection, de sorte que là on s'explique la diminution. Mais la première période (1861-1866) a été normale de tous points et aucune cause extérieure ne peut rendre compte de ce recul. Dans l'état actuel, les 2,125,052 mahométans se répartissent ainsi entre les provinces: Alger, 757,908; Oran, 411,874;

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