ALEXANDRIE — ALFRED LE GRAND
chistes du Iroisièrae siècle. Les préoccupations de l'Eglise qui avait fondé la théologie chrétienne se partagèrent dès lors entre le dogmatisme soc de Cyrille et lascétisme des premiers moines. Elle ne devait plus échapper aux querelles interminables sur les deux natures jus* qu*au jour où la conquête musulmane viendrait les interrompre, comme plus tard à Byzance, en refoulant dans Tintérieur du pays cette chrétienté copte dont les déhris^nous ont conservé plus d'un précieux document. A vrai dire, la grande époque de Técole chrétienne d'Alexandrie ne dépassa pas le milieu du troisième siècle, il ne lui avait pas fallu un siècle pour laisser après elle une trace ineffaçable dans le champ de la pensée religieuse. — Matter, Etsai historique sur l'école d'Alexandrie, \, 273; Redepennîng, Origenes^ eine Darstellung seines Lebens und seiner Lehre, Bonn^ 18.41; E. de Pressensé, Histoire des trois premiers siècles de l'Eglise chrétienne^ vol. III et IV; Guericke, De schola qux Alexandrie floruit cateclietica^ Halle, 1824; Mœhler^ Patrologie^ vol. I. E. DB Pressensé.
ALFARABL Voyez Arabes (Philosophie des).
ALFRED LE GRAND, pctit-fils d'Egbert, qui le premier (en 800) avait réuni sous son autorité les royaumes de TOctarchie anglo-saxonne, était né en 849. Loi^qu'il fut élevé sur le trône en 871, l'Angleterre se trouvait dans la situation la plus critique. Depuis trente-six ans déjà ses côtes étaient infestées par des hordes de pirates danois qui, remontant les fleuves, portaient la dévastation dans ses campagnes, pillaient les villes, les églises, les monastères, brûlaient ou massacraient tout ce qui leur résistait, menaçaient enfin de replonger le pays dans le chaos de barbarie païenne dont il venait à peine de sortir. Alfred, aux prises dès son avènement avec ces farouches ennemis, ne répondit pas d*abord aux espérances que sa valeur et ses talents avaient fait concevoh*. Voyant son royaume épuisé par leurs continuels assauts, il essaya de pactiser avec eux ; ce qui ne fit qu'accroître leur audace. Les Danois avançant toujoui*s envahirent Tune après l'autre les principales provinces. Alfred lui-même, attaqué dans le Wessex, faillit tomber entre leurs mains. Fugitif^ abandonné des siens, il passa six mois dans la cabane d'un pauvre berger babil ant un district marécageux sur les frontières du pays de Cornouailles. L'adversité retrempa son caractère. Rejoint par quelques amis, il combina avec eux un nouveau plan d'attaque. Sous le costume d'un bai*de,il pénétra dans le camp des Danois; après avoir reconnu leurs forces, étudié leurs dispositions, il fait avertir les Saxons de se tenir prêts pour une action décisive. A l'appel du roi qu'ils croyaient perdu pour eux, ils accourent pleins d'enthousiasme; au signal convenu ils fondent avec impétuosité sur les Danois, les mettent en déroute, les poursuivent jusque dans leur camp, où ils les tiennent bloqués, et les forcent à demander la paix. Alfred, tout victorieux qu il était, ne pouvait espérer de chasser ni de détruire un ennemi qui occupait le pays depuis tant d'années. Mais si, aprèô lui avoir fait sentir la puissance de ses armes, il pouvait le décider à renoncer à ses mœurs barbares, à se vouer à l'agriculture et à embrasser la religion du vainqueur, le but serait atteint, l'Angleterre serait paci-