‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 90 sur 226 · E. CUNITZ · texte numérisé non relu

E. CUNITZ

AMBROISE LE CAMALDULE [1378-1431], né à Portico, près de Florence, général et réformateur de son ordre, légat d'Eugène IV aux conciles de Bàle, de Ferrare et de Florence, s'est surtout distingué par sa connaissance de la langue et de la httérature grecques. Il dirigea habilement les négociations entamées par Eugène IV en vue de Tunion de l'Eglise grecque et de l'Eglise latine, traduisit en latin un grand nombre de Pères grecs, composa des Vies de saints, un traité sur la sainte Gène, ainsi qu'une relation de sa visite d'inspection des couvents de son ordre en Italie. Ses lettres et ses harangues, recueillies par Mabillon^ ont été publiées à Florence en 1759 par Cannetus sous le titre de S. Ambr. Camald. Epistolœ et orationes.

AMBROISIEN (Chant). Ce que l'on sait sur ce sujet se réduit à quelques données très-peu précises et peu sûres. 11 parait avéré qu' Ambroise, évêque de Milan, de môme qu'il donna une Impulsion toute nouvelle à la poésie religieuse latine par les hymnes qu'il com-

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posa, fut aussi Fauteur d'une réforme importante dans le chant, tel qu'il se pratiquait dans TEglise d'Occident. Le témoignage le plus ancien et le plus authentique sur ce sujet nous est fourni par saint Augustin, qui, à la fin du 1. IX, ch. VI de ses Confessions, raconte la vive impression que, lors de son baptême par saint Ambroise, produisirent sur lui les hymnes el les cantiques chantés à Téglise, et combien son âme se sentait remplie d'une ardente piété. Il ajoute ensuite, au chapitre suivant, que depuis un an seulement, TEglise de Milan avait adopté ce moyen d'édification en l'empruntant aux Eglises d'Orient : Tune hymni etpalmi ut canerentur secundum morem orientaliumpartium institutum est. Et il rapporte que cette pratique était observée dans presque toutes les Eglises du monde. Paulin, qui faisait lui-même partie du clergé d'Ambroise, dans sa biographie de cet évéque, en décrivant cette iimovalion, la désigne plus particulièrement comme ayant consisté dans le chant diantiennes, c'est-à-dire de cantiques dont les strophes étaient alternativement chantées par deux chœurs ou bien aussi par un chœur et. le peuple. Ambroise, dans un passage de son Hexaëméi^on, insiste expressément sur la participation de toute la communauté, hommes et femmes, vierges et jeunes gens, au chant de l'Eglise, ce qui précisément constituait une partie essentielle de l'innovation qu'il introduisit. Antérieurement ce n'était qu'un chœur composé d'ecclésiastiques, les cantores, qui chantait. 11 paraît en outre que ce chant jusqu'alors n'avait consisté qu'en une espèce de récitation plus ou moins monotone. Ambroise, par contre, doit avoir adopté le chant plus vaiûé et plus mélodieux qui, par l'influence surtout de certains partis hérétiques, avait prévalu dans l'Eglise de Syrie et s'était ensuite répandu dans tout rOrient. On marqua davantage le rhythme des vers, en même temps qu'on s'appropria certains airs populaires, de manière à remplacer la simplicité sévère et monotone des premiers siècles par ce qu'on appela plus tard le chant figuré, avec ses modulations et ses mélodies capables d'élever et d'entraîner, sans toutefois blesser la gravité exigée par le caractère du lieu et du culte. La nature du chant ambroisien nous est expliquée par ce que l'on rapporte sur les abus mêmes auxquelles il donna lieu, en tant que saint Grégoire crut devoir réprimer les modulations trop théâtrales et empreintes d'une mollesse efféminée qui, peu à peu, prirent le dessus dans le chant ecclésiastique, en les remplaçant par un genre plus grave et plus solennel, appelé depuis du nom du pape qui en fut l'auteur, le chant grégorien ou le plain-chant. — ^Voy. Gerbert, de Cantu et Musica sacra, 1. 1, etc., S.-Blas., illA, in-4o.

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