‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 92 sur 226 · AME · texte numérisé non relu

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les diverses formes de son activité, penser, sentir, vouloir, sa supériorité sur le corps, ses vertus et ses vices, son immortalité, tandis que les écoles étaient divisées sur d*autres points importants : le mode de formation de nos connaissances, la nature et Torigine de Tâme, son unité ou sa multiplicité. Le christianisme imprima une impulsion féconde à ces recherches, non-seulement par les enseignements des textes sacrés, notamment sur les rapports de Fâme avec Dieu, qui constituent un des éléments essentiels de la vie psychique (v. J.-T. Beck, Umriss der hibl. Seelenlehre, 1843; Delitzsch, System der bibL PsychoL^ â'^ éd., 1862); mais de plus la religion évangélique adonné à ces investigations un intérêt plus puissant. Elle est éminemment morale, et Tobjet principal de ses préoccupations, c'est le relèvement de Thomme, son rétablissement dans la justice et la sainteté. Par là les problèmes psychologiques furent envisagés, à un point de vue nouveau. L'existence m^^me de Tûme ne fut plus simplement constatée par le témoignage du sens intime (témoignage qui pourrait, comme celui des sens extérieurs, être sujet à l'illusion) ; mais impliquée dans le fait de notre responsabilité, imposée par le verdict de la conscience morale qui nous impute le mérite ou le démérite de nos actes (v. Tart. Conscience), On comprend dès loi*s que tout ce qui tenait aux conditions de la vie religieuse et morale ait été, de la part des Pères et des docteurs, l'objet d'une afBrmation catégorique, sanctionnée par le suffrage de toutes les Eglises. La liberté de l'âme fut maintenue fermement, et si le libre arbitre fut quelquefois refusé à l'homme dans son état de déchéance, du moins on enseigna toujours que l'homme, dans son état primitif, avait possédé la vraie liberté et qu'il la retrouvait dans l'économie chrétienne (v. les art. Liberté, Déterminisme, Prédestination), L'idée d'une vie future était trop intimement liée à celle du compte que nous avons à rendre de nos œuvres, pour qu'un débat pût s'engager sur ce point ; mais bien des opinions purent se produire sur les conditions de cette seconde existence (v. Immortalité, Eschatologie, Résurrection^ Anéantissement des âmes). De même la matérialité de l'âme fut combattue, en tant qu'elle pouvait amoindrir notre responsabilité. Par contre, d'autres questions, d'un ordre plus spéculatif, restèrent livrées aux discussions des diverses écoles. En ce qui concerne l'essence même de Tàme, les unes purent professer des degrés ou des éléments divers (trichotomie), tandis que d'autres affirmaient sa simplicité (dichotomie); mais lorsque le panthéisme voulut enseigner qu'il n'y a qu'un seul esprit, une âme identique et indivisible dans tous les individus, le sentiment chrétien s'éleva contre cette intrusion de Taverroîsme. De même, si l'on fut unanime pour affirmer que l'âme humaine est une création spéciale et immédiate de Dieu, on se divisa sur la question de l'origine des âmes individuelles (v. Traducianisme, Créaiianisme, Préexistence); la seule doctrine qui ne soit pas parvenue à se faire jour, est celle de la métempsycose. S'il y eut ainsi bien des discussions entre les écoles chrétiennes, c'étaient la dignité même de l'âme et ses intérêts les plus sacrés qui faisaient l'objet du débat, soit entre Pelage et Augustin, soit entre les thomistes et les scotistes, les

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