‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 93 sur 226 · AME · texte numérisé non relu

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catholiques et les protestants, les jansénistes et les jésuites.— A partir du dix-septième siècle, la psychologie se dégagea de l'autorité de TEglise et devint une science indépendante. Malheureusement, le rénovateur même de la philosophie. Descartes imprimait à ces études une direction fâcheuse, en professant une différence si profonde entre Tàme et le corps, la substance pensante et la substance étendue, qu'il ne pouvait y avoir de rapports entre eux et que toute action de l'un sur Fautre était l'effet d'une intervention directe de la Divinité. Tetens {Essais sur la nature de Vhomme^ 1777) ramena l'attention des philosophes sur le sentiment, qu'il considéra, sinon comme la force fondamentale, qui demeure insaisissable, du moins comme la faculté la plus intime, celle qui entre la première en activité. Si les enseignements profonds et subtils de Kant furent de bonne heure contestés, du moins le rôle primordial qu il assignait à la volonté devait ouvrir une voie nouvelle à l'étude de l'âme. L'école hégélienne n'a point produit de découvertes notables en ce domaine, mais elle a contribué à revendiquer les droits de la raison dans l'acquisition de la connaissance. De nos jours, les travaux psychologiques ont pris une extension plus grande que jamais. D'une part, les diverses écoles philosophiques ont été tenues de formuler chacune sa notion de l'âme ; les unes s'attachant à maintenir et à développer renseignement spirituahste (v. Garnier, Traité des fac, de l'âme, 1865; Waddington, De rame hum., 1862; J.-H. Fichte, Psychologie, 1864); d'autres cherchant à expliquer tous les phénomènes de la vie intérieure par des actions physiologiques ou même mécaniques. Du moins l'accord semble s'être établi sur un point, c'est de ne plus chercher le siège de Tâme dans quelque organe spécial du corps. De plus les phénomènes de la vie inconsciente ont été mieux étudiés; on ne considère plus l'activité de l'âme comme restreinte à ce que nous révèle le sens intime ; au delà du cercle lumineux où se meut le moi conscient et libre, on reconnaît une activité spontanée, instinctive, exerçant une influence considérable sur nos actes volontaires. Enfin une science nouvelle est née, la psychophysique, que son nom désigne suflisamment et qui a déjà produit des découvertes considérables. D'autre part, la théologie évangélique, amenée par l'influence de Schleiermacher à se préoccuper davantage de l'élément subjectif de la religion, s'est attachée à réunir en un corps de doctrine les enseignements de l'Ecriture sainte et ceux de la philosophie chrétienne ou profane. Elle a accueilli, sans prévention aveugle, les découvertes des sciences nouvelles et les hypothèses de leurs champions exclusifs, parce qu'elle espérait y trouver quelques éclaii*cis$ements utiles sur nptre rang, notre nMe dans la nature et sur ce qu'on a parfcHs appelé le réalisme biblique (v. les Dogmatiques de Martensen, Thomasius, etc.; les art. Geist, d'Auberlen, eiSeele, de Gœschel, dans Hersog*s Encyclop,), Ces travaux consciencieux ont permis de constater que les problèmes les plus élevés de la psychologie, celui de la solidarité qui unit les âmes dans leur déchéance et dans leur relèvement, celui des rapports avec Dieu ici-bas et dans l'éternité, celui de l'essence même de notre âme, demandent pour être approfondis, qu'on vienne

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