NEWTON — NEW- YORK
cron et de Vigil, un recueil de Six discours (1760) et des Lettres sur la religion (1762), qui firent beaucoup de bruit. L'auteur en fut dévoilé, et dès lors on le crut incapable d'entrer dans les ordres. En 1764, il obtint la petite cure d'Olney dans le comté de Buckingham ; en 177», il fut nommé recteur de deux paroisses de Londres et ne tarda pas à se faire une réputation de grand prédicateur. Newton mourut à Londres le 31 décembre 1807. On a de lui, outre les ouvrages dontilesl question plus haut, une Revue de l'histoii'e ecclésiastique, des sermons, des hymnes, etc.
NEW- YORK, la cité impériale, comme les Américains aiment à l'appeler, possède, d'après le recensement de 1880, une population de 1,207,215 habitants, qui dépasse deux millions d'âmes, si Tou y ajoute Brooklyn (550,000 h.), Jersey-City, etc., qui n'en sont séparées que par des barrières administratives et municipales. New- York a grandi, en ces dix dernières années, de 254,923 habitants et Brooklyn de 153,900, et il faut se souvenir que le taux d'accroissement de la population s'est considérablement ralenti depuis la crise commerciale de 1873 ; il est vrai qu'en l'année où nous écrivons (1881) l'émigration a repris avec une puissance extraordinaire. Le port de New- York, qui recevait en 1872,294,000 émigrants, avait vu ce chiffre tomber à 54,000 en 1877 ; mais dès Tannée suivante il remontait à 75,000, et ce chiffre est déjà plus que doublé cette année. Bien que New-York soit une ville relativement ancienne, dans un pays où de^ villes de 500,000 âmes comme Chicago n'ont qu'un demi-siècle d'eiistence, sa prospérité, qui la place immédiatement après Londres au point de vue commercial, date de ce siècle ; en 1800, elle n'avait encore que 60,000 habitants. Elle fut fondée vers 1614 par les Hollandais, qui lui donnèrent le nom de Nouvelle-Amsterdam. Elle ne se composa longtemps que de quelques chétives maisons, construites dans l'île de Manhattan, pour abriter les Hollandais attirés par le commerce des pelleteries. La petite colonie eut, dès 1619, son église et son pasteur. Celui-ci, nommé Everard Bogard. appartenait à l'Eglise réformée hollandaise. La liberté religieuse était dès lors respectée. Le gouverneur ayaivt emprisonné des quakers- en 1660, les directeurs de la compagnie lui écrivirent pour l'en blâmer : « Que tout citoyen paisible, dirent-ils, jouisse de la liberté. Cette maxime a fait de notre cité d'Amsterdam l'asile des exilés de tout pays. Marchez sur ces traces, et vous ferez bien. » Grâce à ce régimede liberté religieuse, des proscrits du vieux monde, puritains, huguenots, quakers* juifs, émigrèrent à la Nouvelle-Amsterdam. En passant, en 1664, sous le sceptre britannique et en prenant le nom du duc d'York, frère de Charles II qui la lui donna en apanage, la colonie stipula le maintien des privilèges de l'Eglise réformée hollandaise et la liberté religieuse des colons. En 1693 cependant, le gouverneur Flelcher établit l'Eglise épiscopale, et, deux ans après, lui ût accorder lesprérogatives d'une Eglise d'Etat, bien qu'elle ne comptât pas dans ses rang*^ le dixième de la populartion. Ce ne fut qu'en 4764 que l'anglais remplaça définitivement le hollandais dans la célébration du culte (voy.