NEW-YORK
cette communauté, qui est la plus ancienne de New- York, est relaii- ,vement la plus riche. — Les luthériens ont 17 églises, 6 missions, 8,780 places, 5,5 il membres ; valeur de leurs immeubles : 3,813,â5() fr. — Lès juifs ont 13 synagogues, 10 missions, 17,705 places, 2,7oi membres ; valeur de leurs immeubles : 17,050,000 fr. — Parmi le> communions moins importantes représentées à New- York, mentionnons encore les congrégationalistes (5 églises, 4 missions, 670 membres), TAssociation évangélique (6 églises, 860 membres), les unitaires (3 églises, 1 mission, 50 membres), les universalistes (3 églises, 3 missions, 3,375 membres), les campbellites'(l église, 1 mission, 40 membres), les quakers (1 église, 2 missions, 550 membres), les hicksites, variété de quakers (2 églises, 1,050 membres), les moraves ; I église, 1 mission), les swedenborgiens (1 église, 8*) membres), les « adventists » (1 mission). Il faut ajouter 35 ou4<> Eglises qui ne se rattachent à aucune organisation régulière. En résumé, New-York possède 366 églises et 423 locaux divers affectés à révangélisation, comptant ensemble 375,000 places; les diverses églises y ont 247,772 membres ; la valeur totale des immeubles leur appartenant s'élève à 231,995,000 fr. On calcule que les Eglises de New- York dépensent annuellement pour le traitement de leurs pasteurs 4,520,530 fr. La population protestante de New-York ne duil guère dépasser 600,000 habitants, pour lesquels les divers lieux de culte protestant ont ensemble 275,000 places. Comme il est évident qu'il ne peut çuère y avoir que la moitié de cette population qui soit présente en même temps ayi culte, il en résulte que le nombre des sièges dans les églises correspond à peu près aux besoins. On a remarqué, dans la statistique ci-dessus, à côté des temples proprement dits fréquentés par les membres et les auditeurs réguliers, ccî* nombreux locaux de mission qui sont plus spécialement destinés à révangélisation des classes de la société qui ne se rattachent à aucun culte. L'émigration a amené à New- York toute une population démoralisée qui croupit dans le vice et la misère. Les chrétiens travaillent avec un zèle admirable à porter TEvangile dans les quartiers habités par cette population. Chacune des grandes Eglises pn>testantes possède une association de mission urbaine. 11 existe en outre une société qui n'a pas de caractère confessionnel ; c'est la « City Mission » dont les 40 missionnaires, aidés de 182 visiteurs bénévoles, ont fait, en 1879, plus de 46.(K)0 visites, ont présidé plus de 3,000 réunions, réformé près de 2,tK)0 ivrognes et distribué 700,0lM) traités. Le nombre total des « city missionaiies » rattachés aux diverses associations est de 266, qui font probablement 800,000 visites par an. Parmi les œuvres qui ont pour but révangélisation, mentionnons l'Union chrétienne de jeunes gens, avec son immense édifice central delà quatrième avenue,et sessixsuccursaIes,lesunion< déjeunes filles, les cafés de tempérance où l'on ne distribue aucune boisson alcoolique, les 23 salles de lecture pour les ouvriers ; onze réunions de prières quotidiennes dont la plus connue est celle de Fulton-Street, oii le grand réveil de 1858 eut son origine ; 356 écoles
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du dimanche avec 88,237 élèves inscrits. Les œuvres philanthropiques et charitables ont pris un très grand développement à New- York. La municipalité possède des hospices et des asiles de toutes sortes dont plusieurs sont situés dans les îles si pittoresques qui avoisinent la ville ; mais c'est à la charité individuelle que sont dus la plupart de ces établissements de bienfaisance : il hôpitaux, 30 dispensaires, 14 orphelinats, 36 écoles industrielles, 4 asiles pour réformer les ivrognes, plusieurs refuges pour les femmes déchues, des asiles pour les vieillards, pour les femmes, pour les enfants. Une foule d'associations s'occupent de tous les maux du corps et de l'âme. New-York est le siège de la plupart des sociétés religieuses américaines. La grande société bibUque américaine a son centre d'opérations dans l'immense » Bible House » d'Astor place ; six autres sociétés bibliques existent à côté d'elle. Ajoutons 13 sociétés de missions étrangèi^s, 10 sociétés de publications, 6 sociétés de traités, 7 sociétés d'écoles du dimanche, 11 sociétés pour évangéliser les marins. On a calculé que les associations religieuses et philanthropiques dont l'action est restreinte à la seule ville de New-Y'ork recueillent annuellement un budget de 20 millions de francs. Une somme égale est consacrée chaque année aux écoles publiques. 130,076 enfants fréquentent les magnifiques écoles qui relèvent du « Board of Education » et sont entretenues aux frais de l'Etat. 35,000 autres suivent les collèges et les écoles paroissiales, industrielles et privée?. On estime que 10,000 enfants grandissent encore sans recevoir aucune instruction. Ce chiffre est considérable et in(li((ue qu'il y a, dans les bas-fonds de cette grande cité, toute une population cosmopolite qui croupit dans l'ignorance et dans la misère et au sein de laquelle se recrute l'armée du désordre et du crime. Quelques chiffres montreront ce sombre côté de la situation. Il y a à New-York 7,874 débits de boisson, où l'on estime qu'il se consomme annuellement pour une valeur de 300 millions de francs.Sur les 65,486 arrêts prononcés par la police en 1879, il n'y en a pas moins de 46,781 qui ont été motivés par l'ivrognerie. Les prisons de la ville ont reçu dans l'année '40,879 pensionnaires. Ces chiffres disent assez que, s'il se fait de grandes choses à New-York pour l'évangélisation et la moralisation des masses, il reste beaucoup à faire. — La plupart dés détails qui précèdent ont été empruntés au 53** rapport (1880) de la « New- York City Mission, » auquel sont joints en appendices des détails statistiques fort complets sur l'ensemble des œuvres religieuses à New-York.
Matth. Leliévre.
NI€E [Nicta, Nicia), évêché dépendant autrefois d'Embrun, actuellement d'Aix. « Contrairement à l'usage et malgré l'exiguité de son territoire, la Civitas Cemenelensium avait deux sièges épiscopaux : Cimiez {Cemenelîum) et Nice, qui, à peine distantes l'une de l'autre d'une lieue, avaient chacun leur évêque particulier, avant que le pape Léon I*% puis en 464 le pape Hilaire, en eussent ordonné autrement. De là, le titre d'évêque de Cimiez et de Nice, que le prélat de la Civiias Cemenelensium prenait en l'an 549, et qui ne fut pas complètement
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abandonné lorsque Cimiez eut été détruit par les invasions lombardes à la lin du sixième siècle. C'est à Nice ou dans les environs, in Régions Nicensiy que vivait, en 576, le saint reclus Hospitius, auquel on attribuait le don des miracles, et dont le corps fut enseveli par l'ordre d'Austradius, l'évoque de la cité (Grég. ïur., ff. Fr., VI, 6, et GL Conf., î)7). Le corps de saint Hospitius, vulgairement connu sous le nom de saint Sospir, était encore conservé, au temps de Ruinart, dans l'église cathédrale de Nice ; quant au lieu de sa retraite, on le reconnaissait alors dans Saint-Sospir, près de Villefranche » (Longnon, Géogr. delà Gaule au sixième 5îcc/c,»p. 61). La légende rapporte que Cimiez reçut l'Evangile peu après la résurrection de Jésus-Christ, de saint Nazaire, qui y convertit le jeune Celsc, mais cette légende ne représente aucune tradition ancienne ; l'église de Nice regarde Bassus comme son fondateur, mais on ne sait rien de certain sur Tépoque antérieure à 381. La cathédrale était autrefois Téglise de TAssoraption, elle a été transférée dans celle de Sainte-Réparate. — Voyez Gallia Christiana, III; Giofl'redi, Nicia civ. sacris monum. UL; Cappelletti, Le Chiese d'halia, XIII, Yen., 4857. S. Berger.
NICÉE (Concile de). La ville de Nicée, en Bithynie, est célèbre dans l'histoire de l'Eglise parles deux conciles généraux qui y furent tenus en 325 et en 787, La première de ces grandes assemblées a eu une importance capitale dans le développement de la doctrine et delà discipline de l'Eglise. La controverse de Tarianisme fut l'occasion de la réunion du concile ; mais plusieurs autres questions importantes y furent aussi traitées, et la grande vénération qu'avait pour ce synode l'Eglise des siècles suivants a assuré à plusieurs de ses décisions une influence durable et considérable. — Pendant les trois premiers siècles de son existence, l'Eglise chrétienne n'avait pas tenu de réunions générales de ses conducteurs. Le besoin ne s*en était pas fait sentir, et, si même on avait voulu recourir à une assemblée de ce genre, les persécutions auxquelles l'Eglise était en. butte n'auraient guère permis une telle réunion. Mais depuis plus d'un siècle, les synodes diocésains et provinciaux étaient entrés dans les mœurb chrétiennes et formaient un rouage presque régulier de l'organisme ecclésiastique. Le jour où l'Eglise fut libre et put vivre en sûreté,ridée des synodes œcuméniques ne devait pas tarder à naître, et il fallut s'attendre à la voir paraître le jour où serait soulevée dans l'Eglise une controverse d'une portée considérable et d'une étendue un peu générale. La querelle de l'arianisme, qui s'élevait au moment môme où le christianisme cessait d'être persécuté, répondait bien à ces conditions. Cependant il ne semble pas que l'initiative de ces assises générales de l'Eglise soit partie du milieu même des docteurs chrétiens. Ceux-ci semblent avoir voulu chercher l'apaisement de la querelle dans les moyens en usage jusqu'alors, dans des conciles provinciaux, dans des lettres et des ouvrages polémiques ou iréniques des docteurs les plus considérés. Ce fut l'empereur, qui voyant l'extension prise parla querelle, le parti différent que suivaient les hommes les plus notables, Alexandre d'Alexandrie, Eusèbe deCésarée, Eusèbede