MONTGERON — MONTGOMMERY
Dans ces diverses stations de sa captivité, il continua son ouvrage dont le deuxième volume parût en 1741, et le troiisième en 1748. il consacra les dernières années de sa vie à la composition d*un ouvrage contre les incrédules, ce.travail ne fut point publié. Si Ton est en droit de reprocher au conseiller du parlement son enthousiasme mal placé, on ne peut nier la sincérité de sa conversion. Sa vie pénitente et la piété dont il ne se démentit jamais rachètent ses illusions. Le style de Montgeron a dé Téclat, sa phrase est large, coulante et passionnée. La harangue dont il fait précéder le premier volume de son ouvrage renferme des pages d'une vraie éloquence. En voici le titre : La vérité des miracles opérés par Vintercession de M. Paris et autres appelants, démontrés contre M, V archevêque de Sens, 3 vol. — On peut consulter sur Montgeron le Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la vérité, t. III ; le Dict. des Jansén. réimprimé par Migne; un ouvrage moderne fort bien fait: Histoire des Miraculés et des convulsionnaires de Saini-Médard, par P.-F. Mathieu, Paris, 1864; Nouv. ecclés., 1737 et 1737; Mémoires pour servir, à l'histoire ecclésiast. pendant le dix-huitième siècle, II, 158. A. Maulvault.
MONTGOMMERY (Gabriel de), comte de Montgommery et sieur de Lorges dans l'Orléanais, commandait, en 1545, les troupes françaises i envoyées au secours de Marie de Lorraine, reine d'Ecosse. Ce fut lui qui, en 1559, arrêta Anne du Bourg en" plein parlement. Quelques jours après, il blessa mortellement Henri II dans le tournoi donné rue Saint'Antoine sous les murs de la Bastille, et se retira aussitôt dans ses terres de Normandie. Quand il reparut sur la scène, trois ans plus tard, il avait embrassé la Réforme, dont il fut, sous Condé et Coligny, l'un des plus vaillants capitaines. En 1562, il s'empara de Bourges, alla ensuite combattre en Normandie et s'enfermer dans Rouen. La ville succomba après un siège héroïque; tout ce qui s'y trouvait fut passé au fil de l'épée. Cependant Montgommery réussit à s'enfufr et à gagner le Havre, d'où il passa en Angleterre. Il ne tarda pas à rentrer en Normandie, à se saisir de Saint-Lô, d'Avranches, de Vire, et réussit à empêcher le massacre des habitants de cette ville. Il reprit les armes dans la seconde guerre de religion, et se signala particulièrement dans la troisième (15G9), par la foudroyante rapidité avec laquelle il reprit le Béarn, enlevé à Jeanne d'Albret par le roi de France et rendu au catholicisme. Epouvantés par la prise et le . sac d'Orthez, les gouverneurs des autres villes s'enfuirent ou traitèrent avec le vainqueur. Au mois de novembre, le Parlement de Paris le condamna à mort^ et le fit exécuter en effigie sur la place de Grève. Etant à la cour au moment de la Saint-Bathélemy, il dut la vie à la précaution qu'il avait prise de se loger dans le faubourg Saint-Germain. Prévenu à temps, il s'enfuit avec quelques-uns de ses amis ; le duc de Guise les poursuivit, bride abattue, jusqu'à Montfortl'Amaury. Le fugitif gagna l'île de Jersey, puis il alla en Angleterre équiper, malgré le mauvais vouloir et les défenses de la reine Elisabeth, une flottille qu'il conduisit au secours des Rochellois. Mais il ne réussit qu'à s'emparer de Belle-Isle, qu'il évacua peu après (1373).