‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 120 sur 170 · LABBE · texte numérisé non relu

LABBE

patience à toute épreuve remportèrent de beaucoup, chez le Père Labbe, sur la hauteur des vues, la perspicacité de l'esprit, le sens critique ; il fut moins un penseur original qu'un laborieux compilateur, et Vigneuil-Marville, qui se pique d'avoir été un de ses amis, ne l'en accuse pas moins d'avoir employé plusieurs fois ses confrères à la confection des ouvrages publiés sous son nom. De gigantesques entreprises, dont une seule aurait suffi pour absorber la vie d'un homme, furent souvent mises en train par lui et bientôt abandonnées ; son excessive mobilité d'esprit paralysait en effet son incontestable ardeur pour l'étude, et Baillet a dit de lui, avec raison, que s'il savait beaucoup, il était encore plus diligent que savant. Il convient également de restreindre dans une forte mesure les éloges donnés à son aménité et à sa douceur de caractère ; si ses confrères trouvaient dans son commerce un grand charme, les protestants et les jansénistes eurent à se plaindre, à plusieurs reprises, de son humeur acrimonieuse et d'un fanatisme qui ne reculait devant aucune déloyauté si son ordre pouvait en retirer quelque profit. Le Père Labbe mourut à Paris, le 25 mars 1667. La liste de ses ouvrages, qui se trouve au complet dans la Bibliothèque de Sothwell, les Mémoires de Niceron (XXY) et le Dictionnaire de Moreri, atteint le chiffre de soixante-quinze, parmi lesquels s'en trouvent, il est vrai, plusieurs fort médiocres. Nous ne mentionnerons que les principaux, en commençant par ceux qui ont trait à la géographie : 1° Pharus Gallix antiqux ex Cœsare , Hirtio, Strabone, Plinio, Ptolemeo, itinerariis, notitiis. Moulins, 1644, in-12. Le peu scrupuleux jésuite avait pris les meilleurs éléments de son travail dans la Descripiion de la Gaule, de Nicolas Samson, ce qui ne l'empêcha pas de l'accabler des plus amers reproches. Il s'ensuivit entre eux une controverse qu'arrêta le chancelier Séguier, à la demande des confrères eux-mêmes du Père Labbe, pour que ce dernier n'essuyât pas une défaite trop humiliante ; 2° Géographie royale avec le tableau des villes et des provinces du royaume de France^ Paris, 1646-1652, in-8° ; 3° Tableaux méthodiques de la Géographie royale, 1616-1647, in-f*. Dans le domaine historique, le Père Labbe se livra d'abord à des recherches locales sur sa province, mais les entreprit sur un plan si vaste que l'œuvre d'ensemble à laquelle elles devaient aboutir ne vit jamais le jour. Nous n'en possédons que deux fragments; 4° V Histoire du Berry abrégée dans V éloge panégyrique de la ville de Bourges, Paris, 1647, in-12; 5° Catalogue des Archevêchés et Evêchez soumis au Patriarchat, Primalie et Métropole de Bourges, Paris, 1648, in-4*». Des monographies sur le Berry, le Père Labbe passa à des résiftnés chronologiques soit de l'histoire de France, soit de l'histoire universelle, sacrée et profane; 6® Clef d'or de l'histoire de France ou tableau généalogique de la maison royale ; ses adversaires n'y voient qu'un plagiat de YHistoire généalogique de la maison de France, Paris,. 1652, in-12; 7° Histoire des rois de France réduite en forme if abrégé chronologique, Paris, 1667, in-12 ; 8** Discours historique touchant le mariage d'Ausbert et de Blitilde, Paris, 1647, un plaidoyer en faveur de ce mariage contesté parla plupart des historiens ; 9° Chronologix discend^e

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