‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 119 sur 170 · LABAUME-MONTREVEL — LABRE · texte numérisé non relu

LABAUME-MONTREVEL — LABRE

la race maudite des hérétiques, les évoques et les généraux se prononçaient pour l'extermination de tous les protestants des Gévennes. Bâville, plus attaché aux formes légales, et se rappelant à propos les deux dévastations du Palatin at (1674 et 1688), obtint que Ton se bornât à la destruction de quatre cent soixante-six villages, hameaux ou bergeries, disséminés dans les hautes Gévennes et habités par dix-huit mille six cent quatre-vingt-neuf protestants. Le 14 du même mois, Montrèvel publia l'ordonnance qui indiquait à chacun le lieu où il devait se retirer, sous trois jours, avec ses meubles et ses bestiaux ; puis la dévastation commença, ne réservant que les maisons catholiques. Mais elle devait s'étendre sur vingt lieues de pays; et durant les trois mois qu'elle dura, les troupes qui en étaient chargées eurent beaucoup à souffrir, et furent réduites à employer l'incendie pour aller plus vite. On avait cru par là affamer les camisards, on ne fit qu'en accroître le nombre, et le maréchal demanda de nouvelles troupes à Versailles. Il accusait Bâville de son impuissance, l'humiliait et l'insultait, sans que celui-ci s'en émût, assuré qu'il était de triompher de Montrèvel. En effet, les victoires remportées par Cavalier aux Devois-de-Martignargues , et par Roland au pont de Salindres, achevèrent le maréchal ; il fut rappelé au mois d'avril 1704, vaincu par les camisards, comme son grand-père Pierre de Labaume, évêque de Genève, avait été chassé par les Genevois. Mais en s'en allant, il fit aux insurgés des adieux dont ils se souvinrent, et infligea à Gavalier la défaite de Nages, qui allait changer la face des affaires. Le mî^échal n'en fut pas moins disgracié et ne survécut guère au roi. Cet homme de guerre, qui avait montré tant de bravoure sur les champs de bataille, mourut, dit-on, de frayeur, pour avoir renversé une salière, le 11 octobre 1716. — Voir les Mém, de Sl-Simon'; les Œuvres de Boissy-d'AnglaSy I, 375 ; Le Bas, Dictionn. encycL de la France; Nap. Peyrat, Hist. des pasteurs du Désert et Ballet, de Vhist, du proL, III, 185. 0. Douen.

LABBE (Philippe), jésuite français du dix-septième siècle, né à Bourges, le 10 juillet 1607, et fils d'un conseiller au présidîal, se distingua dès sa jeunesse par son ardeur pour l'étude et entra, le 28 septembre 1623, comme novice dans la compagnie de Jésus. Ses précoces connaissances le désignaient pour la carrière de l'enseignement ; aussi professa-t-il tour à tour et avec succès les belles-lettres, la philosophie et la théologie morale dans la môme maison de sa ville natale, dont naguère encore il était un des plus brillants élèves. Cette dernière chaire lui fut conservée en 1643 à Paris ; mais deux ans après il obtint de ses supérieurs de renoncer à une vocatiort. active pour se livrer tout entier au travail du cabinet. Les membres de sa compagnie ont vanté à l'envi le savoir extraordinaire du Père Labbe, et n'ont pas craint de le comparer aux plus doctes bénédictins pour rétendue et la variété des connaissances comme pour l'abondance de la production : à les en croire, le seul Père Petau, également du même ordre, pourrait rivaliser avec lui sur le terrain de l'histoire. Dans l'opinion de juges plus désintéressés, une forte mémoire et une

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