LA CHARITÉ SUR LOIRE
gouverneur du Nivernais, réussit à lui imposer une capitulation qui fut violée le jour même. A peine les soldats catholiques étaient-ils entrés dans la ville, qu'ils se livrèrent à toutes sortes de cruautés. La Planche, spécialement désigné dans les conditions de la capitulation, ne dut son salut qu*au sang-froid avec lequel il sauta par dessus la muraille. Le lieutenant-général, arrêté et mis en prison, réussit aussi à prendre la fuite. Un médecin* nommé Anloine Vaysse, qui avait trouvé un asile auprès du frère de Théodore de Bèze, bailli de Yézelay, dans sa terre de Ghalonné, y fut saisi et rançonné plus tard. Le 3 mars 1563, le capitaine Le Boys de Mérille reprit la ville par escalade; il venait de combattre à Dreux aux côtés de Condé. Bientôt attaqué par les garnisons catholiques des environs, Nevers, Gosne, Auxerre, Gien et Bourges, venues avec six pièces de canon, ce capitaine soutint un siège de huit jours et, bien qu'il n*eût que 67 soldats, força l'ennemi à se retirer après lui avoir tué plus de quatre-vingts hommes. Le Boys ne quitta la ville qu'après la publication de • l'édit d*Amboise (49 mars 1563), qui y rétablissait l'exercice de la religion, aussi bien qu'à Villeneuve-ïe-Roi, Gravant, Avallon et Entrains. Mais en vertu de cet édit, La Gharité devait être rendue au roi, et les protestants faisaient difficulté d'en ouvrir les portes au duc de Nevers. Gelui-ci s'en saisit par surprise et le pillage s'ensuivit. - A la reprise des hostilités (1567), elle retomba au pouvoir des huguenots qui la conservèrent jusqu'à la paix de Longjumeau (1568). Quand la guerre civile eut recommencé, le duc de Deux-Ponts à la tôte dé ses Allemands reprit la ville (1569) avec la connivence des protestants, et y laissa une garnison afin de s'assurer le passage du fleuve pour son retour. Getté garnison, composée de deux compagnies d'infanterie et de quelque cavalerie, avait pour commandant Marailn de Guerchy, destiné à périr sous le poignard des assassins du 24 août 1572, dans la maison de Goligny. Assiégé par plus de sept mille hommes sous le commandement de Sansac, Guerchy, vaillamment secondé par le pasteur Jean de Léry, déploya une activité et une énergie supérieures, réparant les brèches, creusant un nouveau fossé, élevant un second mur derrière le premier, tuant plus de cinq cents hommes aux catholiques et les forç<'int à la retraite. Après le désastre de Moncontour, les garnisons protestantes du haut Poitou gagnèrent, par le Berri, Sancerre et La Gharité et* exercèrent dans les environs une domination ruineuse, surtout pour les monastères, les prieurés, les églises et les presbytères. L'armée catholique allait de nouveau ass^iégcr La Gharité, quand Goligny, transportant la guerre du Midi dans le Nord, et vainqueur au combat d'Arnay-le^Duc, apparut tout à coup et fit reculer les troupes royales. La paix de Saint-Germain, dite boiteuse ou malassùe {\S août 1570), accorda aux protestants quatre places de sûreté : La Rochelle, Gognac, Montauban et La Gharité, qu'ils devaient ccmserver deux ans*. Pour la première fois, de sérieuses garanties semblaient assurer l'exécution des promesses de la cour. Toutefois, lors de la Saint- Barthélémy, vingt-deux personnes furent massacrées à La Gharité