‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 128 sur 170 · LA CHAISE · texte numérisé non relu

LA CHAISE

soumit les constitutions de Saint-Cyr, le chargea de présenter au roi les listes d'admission et le convia à toutes les fêtes un peu éclatantes qui s'y donnèrent, la première représentation d'Estlur entre autres. Le service de son ordre fut pour lui chose aisée, et il n'eut pour accumuler sur lui les honneurs qu'à profiter des disposition^^ toutes bienveillantes du monarque. Le système mondain d'éducation patronné par la compagnie plaisait en effet à Louis XIV, et le père de La -Chaise professait de son côté la maxime que « les dévots ne sont bons à rien ». Grâce à cette parfaite conformité de vues entre le confe.-^seur et son illustre pénitent, les révérends pères devinrent aumôniers de la flotte, furent chargés d'organiser les missions de Siam, obtinrent des subsides pour l'agrandissement de leur collège de Clermont, dont Louis XIV se déclara le protecteur et qui prit, à partir de ce jour (1678), le nom de collège Louis-le-Grand. En 1682 ses services furent récompensés par l'octroi d'une ravissante maison de campagne, Montlouis, qu'il meubla avec un grand luxe et où il se plaisait à recevoir la meilleure compagnie ; c'est sur l'emplacement de cette propriété qu'a été érigé, en 1804,1e cimetière dit du père La Chaise, en souvenir du jésuite auquel elle devait son illustration. — La prudence consommée du père de La Chaise et l'urbanité de manières qui le distinguaient, se montrèrent sous leur jour le plus avantageux dans les nombreuses querelles diplomatiques qui éclatèrent entre le* saint-siège et Louis XIV. D'après les documents récemment trouvés au ministère des affaires étrangères, il aurait pendant toute la durée de ses fonctions servi de médiateur entre les deux cours et travaillé avec autant de souplesse que de persévérance au triomphe des intérêts cléricaux tout en ménageant des satisfactions de pure forme à l'orgueil de son souverain. La même modération relative lui dicta sa ligne de conduite dans les affaires jansénistes : il empêcha que la répression du schisme fût poussée jusqu'à la destruction de Port- Royal et il affecta de laisser sur sa table le Nouveau Testament du père Quesnel, malgré le mauvais renom dans lequel ce livre était tenu au Vatican. « Je n'ai plus le temps d'étudier; j'ouvre ce livre et j'y trouve toujours de quoi m'édifier et minstruire. » Quant aux démêlés quiétistes, s'il dénonça auprès d'Innocent XlMolinos(1087), il s'efforça de concilier avec ses intérêts mondains ses sympathies pour Fénelon. M"'* de Maintenon raconte même, dans sa correspondance, avec un certain dépit, que le confesseur n'avait pas craint de faire au roi l'éloge de M. de Cambray après que celui-ci fut tombé en disgrâce. C'est dans ses rapports avec la R. P. R. que le père de La Chaise nous apparaît sous un jour véritablement odieux. Il avait, bien avant la révocation officielle de l'édit de Nantes, travaillé à la conversion des hérétiques. Au début, il est vrai, la corruption lui, souriait davantage que la violence. Il obtint, en 1679, de l'assemblée du clergé un emprunt considérable, du roi un subside de deux millions, ainsi que le tiers des économats et des fonds pris sur les revenus des abbayes de Cluny et de Saint-Germain, des Pré?. Les correspondants qu'il entretenait dans le Midi lui envoyaient sur les succès de la pro-

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pagande des relations mensongères qu'il s'empressait de communiquer à Louis XIV. Louvois flnit cependant par l'emporter dans le conseil et le père de JLa Chaise, loin d'user de son crédit en faveur des Yictimes, applaudit vigoureusement à toutes les atrocités commises contre elles. « On est fort content du père de La Chaise », écrivait en 1683 M- de Maintenon, il inspire au roi de grandes choses. Bientôt tous ses sujets serviront Dieu en esprit et en vérité. » Elle ajoutait en 1685, l'année de la révocation : « Le roi est fort content d avoir mis la dernière main au grand ouvrage de la réunion des hérétiques à l'Eglise. Le père de La Chaise a promis qu'il n'en coûterait pas une goutte de sang et M. de Louvois dit la même chose. » Lorsque les infirmités se firent sentir, le confesseur aurait voulu prendre sa retraite, mais Louis XIV, qui répugnait aux visages nouveaux, 1 enempôcha.« Parvenu à l'âge de quatre-vingts ans, ditSaintbimon, Il demanda instamment et inutilement sa retraite. Il lui fallut porter le fardeau jusqu'au bout. La décrépitude et les infirmités ne purent l'en délivrer. Sa mémoire s'était éteinte, son jugement affaibli, ses connaissences embrouillées, et Louis XIV se faisait encore apporter ce cadavre pour dépêcher avec lui les affaires accoutumées.» Le rude hiv^r de 1705 mit fin à ce long martyre (20 janvier). En dehors de la théologie, le père de La Chaise possédait des connais- • sances assez étendues, surtout en numismatique. Il fut nommé membre honoraire de l'académie des inscriplions et belles-lettres, lorsque celle-ci fut réorganisée enl70i parLouisXlV, reçut la dédicace d ouvrages de Vaillant et de Spon, et dota la ville de Lyon d'une bibliothèque, d un cabinet de médailles, d'un musée d'antiques. — Sources : Saint-Simon. Mémoire', VI; M- de Maintenon, Corrw- Pondancej R. de Chantelauze, Le Père de La Chaise, confesseur de lauu XI V. Lettres et documents inédits, Lyon, 1859.

Ë Strgehlih LA CHARITÉ SUR LOIRE, ancienne place forte rendue célèbre par sa position qui commandait un des principaux passages de la Loire, aujourd hui chef-lieu de canton du département de la Nièvre, à vingttrois Kilomètres nord-ouest de Nevers. La doctrine réformée s'y répandit dès 1540, ainsi que dans les villes voisines. Gien, Briare, cosne, Bonny. apportée par les nombreux étrangers qui naviguaient sur le fleuve ou suivaient l'unique chemin royal allant de Paris à Lyon. Toutefois 1 Eglise de cette ville ne fut dressée ou organisée qu en 1560; en 1561. elle avait pour ministre Jean Logery dit La Flanche, qui tint, cette année même, la première assemblée protestante à Nevers, et paraît avoir eu pour successeur La Haye, dont U controverse convertit le sieur de Bca.imont, tué à Jarnac avec Condé. Al ^"nu *PP"™°* l'arrivée de ce prince à Oriéans, les huguenots ae La Chanté se mirent en rapport avec lui et se rendirent maîtres de leur ville, dont le commandement fut confié à Amadet de la Porte, seigneur d'Issertieux. Diverses tentatives faites pour la reprendre échouèrent; mais une petite armée commandée par le pneur d Auvergne et par le seigneur de La Fayette, lieutenant et

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