‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 163 sur 170 · LA ROCHEFOUCAULD — LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

LA ROCHEFOUCAULD — LA ROCHELLE

et Ta contemplé PascaL Mais là s'arrête la pensée de l'auteur des Maximes. Comme l'a remarqué avec justesse un éminent publiciste (S. de gacy) « la morale de la Rochefoucauld, c'est la morale chrétienne, moins le christianisme lui-même, c'est tout ce qui peut humilier et abattre le cœur, moins ce qui le relève ; ce sont toutes les illusions détruites sans les espérances qui remplacent les illusions ; en un mot, dans le christianisme La Rochefoucauld n'a pris que le dogme de la chute ; il a laissé le dogme de la rédemption. » Et le spirituel écrivain fait remarquer que «r le moraliste ne croit pas plus à la sainteté qu'à la sagesse, pas plus à Dieu qu'à l'homme. H n'y a pas de milieu pourtant; il faut croire à Dieu avec le christianisme, ou croire à l'homme avec le paganisme. Entre ces deux croyances il n'y a que quelque chose d'aride et de sec, un rire froid et moqueur, une sagesse sans élévation, un fond de bassesse que le talent même ne parvient pas à déguiser. » On peut objecter d'ailleurs à ce jugement amer et absolu qu'il n'est pas l'expression de la vérité toute entière. Les mots de vertu, de devoir, d'amour ne sont pas de vains mots ; ils correspondent à des réalités dans la nature humaine, tout au moins * à un ensemble de désirs et d'aspirations que nous portons en nous. Tout ne s'explique pas par Tamour-propre ou par l'intérêt; il y a deux hommes dans l'homme, dans chaque homme. Aussi bien l'auteur des Maximes rend lui-même témoignage de sa croyance à la réalité du sens moral par plusieurs de ses pensées, par celles-ci par exemple : « 11 est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé... Quelque méchants que soient les hommes, ils n'oseraient paraître ennemis de la vertu ; et lorsqu'ils la veulent persécuter, ils feignent de croire qu'elle est fausse, ou ils lui supposent des crimes... L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. » Au resté, il ne faut pas chercher dans La Rochefoucauld un système bien lié, mais bien plutôt une tendance, un esprit, un point de vue sur la société et la nature humaine, et l'on peut juger maintenant si ce point de vue est triste et incomplet. Le livre des Maximes est le livre de» esprits chagrins et désabusés ; la forme en est d'une netteté et d'une concision incomparables, mais il y manque le rayon de lumière et d'espérance qui éclaire et réchauffé le cœur, il y manque l'esprit de l'Evangile, la connaissance du remède après celle du mal. —-Sources : Mémoires de La Rochefoucauld ; M"* de Sévigné. Lettres ; Voltaire, Siècle de Louis XIV; Suard, Notice sur La Hoche foucauld ; Sainte- Beuve, Etude sur La Rochefoucauld ^ dans ses Portraits de femmes ; Victor Cousin, M'^ de Longueville, Jlf"« de Sablé ; A Vinet, Moralistes aux XVI^ et XVII* siècles; Prévost-Paradol, Elude sur les Moralistes français; S. de Sacy, Variétés littéraires. N. Recolin.

LA ROCHELLE. La Réformation, née spontanément dans notre patrie avec la traduction de la parole sainte en langue vulgaire par Jacques Lefèyre d'Etaples (1512) secondé par Farel, avait trouvé de l'écho sur plusieurs points de la France, notamment à Meaux, *à Sens et à Lyon. Elle pénétra de bonne heure à la Rochelle, malgré la rigueur des persécutions, à la suite des prédications d*un ecclésiastique de la

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suite de la reine Marguerite de Navarre, dont Ph. Vincent et A. Tessereau ne font pas connaître le nom, mais qui semble être Gérard Roussel. Marie BelandeIIe,Becaudelle ou Gaborite, brûlée vive comme protestante en 1534, avait été instruite à La Rochelle dans les principes de TEglise réformée (Crespin, d^Aubigné, T. de Bèze, A. Barbot, Ph. Vincent). Philippe Véron, dit le Ramasseur, fut envoyé par Calvin pour propager TEvangile dans TAunis, la Sâintonge et TAngoumois. Il fut secondé par Albert Babinot et trouva dans la classe lettrée et les universités ses premiers adhérents. Philibert Hamelin continua dans TAunîs, la Sâintonge et TAngoumois, une mission que le martyre seul interrompit le 18 avril 1557. Malgré la rigueur des éditsde François I^% la Réforme avait pénétré dans les écoles et les couvents et les arrêts de la cour ecclésiastique montrent l'impuissance du clergé à arrêter les progrès du mouvement religieux. Le 8 août 1548, la sénéchaussée saisit quelques protestants et les condamne à faire amende honorable devant le grand portail de Téglise de Notre-Dame de Gougnes. D'autres furent fustigés et bannis, d'après le dire du prêtre Soulier. En présence des arrêts de la cour ecclésiastique du 12 juillet 1550, les protestants tiennent secrètement chez eux des écoles où leurs enfants sont élevés selon l'Evangile, par des maîtres de la religion. Pendant que les écoles évangéliques se multiplient, les persécutions contre les protestants rochelais redoublent de violence. Constantin et Courault sont brûlés comme hérétiques, Manjeau battu de verges et banni par arrêt du 10 mai 1552. Le magistrat même qui avait signé la condamnation des martyrs embrasse leur foi : Claude d'Angliers, seigneur de la Saulsaye, conseiller du roi et lieutenant général de la justice à la Rochelle, qui allait recevoir la chevalerie des mains d'Antoine de Bourbon. Les réunions religieuses se tenaient la nuit dans des maisons à plusieurs issues soigneusement gardées. Plusieurs pasteurs prennent la direction du mouvement, Charles de Clermont dit La Fontaine, puis Pierre Richer de l'Isle , qui fonde le consistoire et établit la discipline en 1558. Antoine de Bourbon et Jeanne de Navarre viennent à la Rochelle et, sous leurs auspices, l'Evangile est prêché publiquement par Pierre David et Le Bois Normand. Cependant une allégorie religieuse ou moralité produit une vive impression sur les spectateurs. Une femme désolée et mourante que ne peuvent consoler ni le clergé séculier, ni les moines, est guérie par un inconnu qui vit dans la retraite et craint jusqu'à la lumière du jour, mais possède un livre merveilleux, aux sûres recettes, chaud au toucher et qui sent le fagot. Le pasteur Philippe Vincent désapprouve cette tentative. Cependant l'Eglise s'accroissait tous les jours. Le synode général réuni à Paris, à la lueur des bûchers en mai 1559, répond au vœu des Rochelais. Les magistrats adhèrent à la Réforme. Les pasteurs La Vallée et Bruslé se montrent publiquement. L'Evangile est prêché dans les salles de Saint-Michel et de Gargoulleau en 1561. D'un commun accord, les églises de Saint-Sauveur et de Saint-Barthélemy servent alternativement aux exercices religieux des catholiques et des pro-

testants. Le consistoire paye les cierges qui ont servi aux offices catholiques du matin, dont Theure a été avancée pour la commodité du prêche. De la Rochelle, le simultaneum s*étend à toute la Saintonge « avec une grande paix », Jean de Lespine vient exercer le ministère évangélique à la Rochelle. L'édit du 17 janvier 1562 oblige les réformés à célébrer leur culte hors des murs. Bientôt ils rentrent en ville. Le 30 mai, la cène est célébrée publiquement sur la grande place de la Bourserie. Malgré les pasteurs, la populace « en haine des massacres et des mauvais traitements qu'on faisoit ailleurs à ceux de la Religion réformée » abat les images des églises Saint- Barthélémy et Saint-Sauveur. « Toujours y a-t-il une notable différence, dit Agrippa d'Aubigné, entre abattre des images mortes par zelle de Thonneur de Dieu et destruire cruellement les images de Dieu vivantes pour la haine et Tenvie qu*on leur porte. » Le 17 juillet 1562, les églises de Saint-Barthélémy et de Saint-Sauveur furent données aux réformés par Jamac. Le 25 juin, le prieur de Féglise catholique de Lagord se déclara publiquement converti au protestantisme. Bernard Palissy fuyant la persécution, se réfugia à la Rochelle et y fit imprimer ses livres. Montpensier mit une garnison à la Rochelle. Les assemblées furent de nouveau réduites à se tenir la nuit et secrètement. Rétabli dans le faubourg Maubec, par Fédit d'Amboise, le culte évangélique fut autorisé dans Jes salles de Saint- Michel et de Gargoulleau par lettres royales de Charles IX du 8 juin. La Vallée, Noël Magnen, Odet de Nort annoncèrent TEvangile en pleine liberté. Dès 1566, le temple de Marsilly était consacré Soli Deo et portait une inscription française qui élevait les pensées à la maison céleste, éternelle. Les Rochelais qui avaient gardé la neutralité pendant la première prise d*armes, se joignirent en 1567 au prince de Gondé. En 1568, les églises qui pouvaient gêner la défense de la place* furent démolies et les fortifications augmentées. Coligny, La Rochefoucauld, Condé, la reine de Navarre et son fils Henri se réfugièrent à la Rochelle. En 1571, le septième synode national, présidé par Théodore de Bèze, se réunit dans cette ville. La confession de foi de 1559 fut revue et confirmée et signée solennellement par les députés et les pasteurs de toutes Içs Eglises, Jeanne d'Albret, Henri de Navarre, Condé, Coligny, Louis de Nassau. Le collège fondé de 1566 à 1571 devint une académie protestante, grâce aux dotations de la reine de Navarre, de Condé et de Coligny. Lefèvre, Nicolas de Grouchy, Pierre de Martines s'y distinguèrent. L'imprimerie jetait le plus vif éclat avec les Haultin, à la fois fondeurs de caractères, imprimeurs, éditeurs et érudits. Les massacreurs de la Saint-Barthélémy trouvèrent les Rochelais sur leurs gardes. Aux premières nouvelles, ils se préparèrent à défendre courageusement leur vie et leur religion. Le siège de 1573 fut un triomphe pour le protestantisme. Grâce au courage des enfants perdus, à la loyauté de La Noiie, à la fermeté des maires Jacques Henri et Morisson, à la valeur des Rochelaises, qui, du haut des remparts, versaient des chaudrons de poix bouillante sur les assaillants, les Rochelais con-

quirent à force d'héroïsme la liberté de conscience pour tous leurs coreligionnaires de France. Un an à peine après la Saint-Barthélémy, les braves bourgeois de la Rochelle rétablissaient leur religion qu'on avait cru étouffer dans le sang. Les bénéfices des anciens édits furent confirmés et étendus, lorsque Henri lY accorda à ses anciens coreligionnaires TEdit de Nantes, la charte de la Réforme en France (1598). Sbus le règne^de ce prince, commence pour la Rochelle une ère de prospérité. Les études y sont florissantes, l'activité intellectuelle qui y règne, jointe aux développements imprimés au commerce et à Tindustrie, lui mérite le nom d'ÀmsUrdam française. — Mais Tâge de la tolérance n'était pas venu et de terribles revers allaient succéder à la paix et à la tranquillité de quelques années. Les horreurs du siège de 1628, les persécutions qui commencèrent dès qu on ne craignit plus les protestants, la révocation de TEdit de Nantes et les émigrations en masse qui la suivirent vinrent frapper TEglise réformée et du même coup la prospérité de la Rochelle. <i Le petit pays d'Aulnis, si riche jusque-là, etsi maigre aujourd'hui, fut comme anéanti, écrit J. Michelet. Plus de La Rochelle. Tous se firent Hollandais. Cette ville aujourd'hui est une espèce d'Herculanum ou de Pompéï. Chose bizarre ! les insectes, qui ont le sens très vif des choses condamnées à la mort, s'en sont emparés en dessous. Les termites rongent les charpentes. Telles maisons, jusqu'ici solides en apparence, s'affaisseront un matin. Image trop naïve de cette France du dix-septième siècle, souvent brillante et luisante en dessus, et dessous chaque jour plus vide. Un vieux secrétaire de Sully, qui s'était enfermé au siège et vit cette désolation, dit ce mot prophétique : a Voici les huguenots à la merci des puissances qui les détruiront. On en fera autant des peuples qui ne sont pas huguenots. » — <c Les conséquences de la Révocation de l'édit d'Henri IV, dit M. E. dePressensé, n'ont pas été autant déplorables pour les proscrits que pour les prescripteurs. Ce sera l'honneur du protestantisme français que d'avoir résisté sans fléchir pendant plus d'un siècle, non seulement au sabre des dragons et aux supplices infamants, mais encore à une législation qui le mettait hors la loi en lui fermant aussi bien le foyer de la famille que le foyer religieux. » Le 9 avril 1699, une protestante saintongeaise, arrêtée avec quarante-cinq autres femmes de ses compatriotes pour avoir assisté aux assemblées du désert, répond avec fermeté à l'interrogatoire de M. de Frezelière, ancien colonel de cavalerie, évêque de la Rochelle, plein des souvenirs de son premier métier. Les protestantes rochelaises, entassées dans les hôpitaux ou le couvent des Filles de la Providence, lassent par leur constance la rage de leurs bourreaux. En 1721, les dix-neuf prisonniers nîmois arrêtés à la suite des assemblées du désert et embarqués à la Rochelle, reçoivent de leurs coreligionnaires les plus tendres témoignages de sympathie. Refuse-t-on en 1746 les officiers protestants à la monnaie royale ? Dans peu de temps, la monnaie se trouvera sans maîtres. — La chambre de commerce est aux mains des protestants. Tons les armements sont faits par eux. Cependant rien ne peut dé-

sarmer les bourreaux. Le 1*' août 1746, Elle Vivien est pendu sur la place publique de la Rochelle, pour avoir présidé des réunions de prières. Son lecteur Louis André est condamné aux galères perpétuelles. Malgré ces rigueurs, les baptêmes et mariages au désert se multiplient. Le 7 mai 4751, Jean Trouiller est condamné aux galères perpétuelles pour avoir présidé des assemblées religieuses. Catholiques et réformés gardent le secret de la retraite des pasteurs du désert. Gibert et Pelissier échappent à toutes les recherches de la maréchaussée. Le 14 juillet 1756, Tintendant Bâillon condamne le pasteur Gibert à la potence, Etienne et Gentelot aux galères et André Bonfils au bannissement perpétuel et à la confiscation de leurs biens. Dieu permit à ses fidèles serviteursd'échapper à leurs bourreaux, dont rinique sentence, en supprimant la mémoire du chevalier Jean Daniel de Belrieu de la Grâce, qui par sa mort avait sauvé le pasteur Gibert, a conservé à la postérité le nom du martyr. Dans le mois de juillet 1756, vingt-trois protestants saintongeais passèrent devant la sénéchaussée de la Rochelle. Rien de plus émouvant que le naïf récit des peines, interrogatoires et confessions de foi de Tun d'eux, Jean Mesnard, tailleur à Marennes, accusé d^avoir pris part au culte du désert et d'y avoir lu la Parole de Dieu. Le 21 juillet 1756, l'intendant Bâillon condamnait à la potence Jean Guérin, Rose et Gaudeau, aux galères Jean Pillet, heureusement le jugement ne put être exécuté qu'en effigie. Bâillon ne faisait du reste qu'exécuter les ordonnances royales. Son prédécesseur Barentin avait condamné aux mêmes peines, le 17 décembre 1738, François Touzineau, prédicant et ses trois complices, le 24 juillet 1744, Joseph Bretagne dit Langlois «violemment soupçonné d'avoir fait le métier de prédicant n et Jacques Bourdron, son complice. L'indulgenbe ou la pitié du clergé catholique pour les réformés était punie aussi bien que les réunions de prières des protestants. C'est ainsi que Pierre-Louis Montfort, ci-devant curé d'Annezay, en Saintonge, est condamné aux galères à perpétuité par jugement rendu à la Rochelle, le 19 novembre 1746, par l'intendant Barentin, pour avoir conjoint par mariage Pierre Fauconnet, de Saujon et Jeanne Bouclier, religionnaires^ sans avoir observé les formalités prescrites par les lois de l'Eglise et de l'Etat, et d'avoir délivré des certificats pour les célébrations de mariage de Jean Biais et Jeanne Meschinet, de Saint-Just ; Elie Fleuri et Marie Brouard, du Gua, tous religionnaires, sans que les dits se soient présentés devant lui. Condamne Tasserant aux mêmes peines que le curé pour avoir été son complice, Pierre Gautret, au bannissement ainsi que Fleury, Fauconnet et Biais et leur défend de hanter et fréquenter les dits Meschinet, Brouard et Bouclier, comme aussi de se qualifier mari et femme, etc. Les parents sont condamnés à payer aux couvents des pensions exorbitantes pour l'entretien des enfants qu'on leur enlève. On trouve aux archives nationales, et dans celles de la Charente-Inférieure la longue liste publiée par le pasteur Armand de la Chapelle des prisonniers faits en 1746 pour cause de religion. — Cependant en 1757, les protestans de la Rochelle purent se

réunir et former corps secrètement. Le pasteur Pajon fut appelé. Un comité fut nommé et des groupes de vingt personnes se réunirent dans les maisons particulières pour la célébration du culte. Les registres de rétat-civil s'ouvrirent le 10 novembre 1761 . De fréquentes lettres étaient adressées au roi pour demander la liberté religieuse et la reconnaissance de Tétat-civil des réformés. Au niois de septembre 1757, les protestants avaient fepoussé une tentative de descente des Anglais. Leur patriotisme fut récompensé par Tenlèvement des plaques de bronze placées à Téglise des Minimes et si cruelles pour la rébellion des hérétiques en 1628. En 1768, Dangirard publia pour les protestants rochelais un psautier, suivi de cantiques et de prières, dédié à J. Périnet de Ghâtelbon. Le pasteur Bétrine reçut vocation en 1775. L*édit de tolérance de 1787 fut combattu par un mandement de Tévêque de la Rochelle, de Crussol d'Uzès ; mais ce mandement, combattu dans les rangs des catholiques par le supérieur de rOratoire, le père Tabaraud, fut déféré à la justice par le procureur du roi, Alquier, et supprimé. Le 24 décembre 1789,1a liberté entière de culte était accordée aux réformés. Supprimé en 1794, rétabli en 1795, le culte réformé fut reconnu par l'Etat par la loi organique du 18 germinal an X. La Rochelle devint le chef-lieu d^un consistoire, présidé successivement par MM. les pasteurs Rang, Fau, Delmas et Good. La salle Saint-Michel, depuis église des Récollets, devint temple du culte réformé en 1798. Le protestantisme rochelais a fourni à la députation les noms les plus considérés : MM. Dechezeaux, de Missy, Admyrauld, Dumoustier, Fleuriau de Bellevue, André Gallot, Majou, Rasteau, le colonel Denfert-Rochereau, H.Barbedette, etc. — La Rochelle compte aujourd'hui 18,000 habitants sur lesquels 1,000 se rattachent au bulte réformé. Elle est depuis 1648 le siège d'un évêché, elle possède 5 paroisses, 1 grand séminaire, des frères de la Doctrine chrétienne, un collège diocésain l'école Fénelon, des sœurs de la Providence, de l'Espérance, de N. D. du Refuge, ursulines de Ghavagnes, carmélites, de Saint-Vincent de Paul, delà Sagesse dites de Saint-Laurent, et petites sœurs des pauvres. Elle a un lycée, des cours d'adultes, 2 écoles communales de garçons, 9 écoles de filles, 5 établissements libres d'instruction secondaires de filles, dont 2 tenus par des religieuses, et un protestant. Une école d'hydrographie et de navigation, une école spéciale d'industrie, de marine et de commerce, une bibliothèque (30,000 volumes, 200 manuscrits), des musées de peinture, d'histoire naturelle, d'artillerie, un jardin botanique, un laboratoire, une académie, des sociétés d'agriculture, d'horticulture, philharmonique, des amis des arts, etc., une bibliothèque coopérative, un gymnase municipal, des hospices catholique et protestant, 3 salles d'asile, un bureau de bienfaisance, 10 sociétés de secours mutuels. Son hôtel de ville, les tours de la Lanterne, de la Chaîne et de Saint-Nicolas, ont été classés parmi les monuments historiques. Chef-lieu de la préfecture et de toutes les administrations, elle possède un tribunal civil, un tribunal et une chambre de commerce, une succursale de la Banque de

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