‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 35 sur 170 · JEAN VIII · texte numérisé non relu

JEAN VIII

tome GXXVI de la Patrologie de Migne. Le nouveau pape quitta les voies de Nicolas II et d'Adrien II, et, par un grand acte de faiblesse (tel est du moins le jugement des historiens), il fit la paix avec Photius (voyez l'article Photius), et se réconcilia entièrement avec lui. Photius, enhardi, tint, en 879 et 880, un synode qui osa s*élever contre le huitième concile œcuménique. Il existe une lettre de Jean YIII à Photius, datée de 880, contre le mot Filioque; elle trahit, dit M. de Hefele, un si parfait oubli de ce qui convenait à un pape, qu'elle ne peut être authentique ; du reste les témoignages extérieurs ne nous en ont point conservé la trace. Il est vrai qu'au concile de 880 les légats avaient signé le symbole sans le plioque ; mais bientôt le pape, assuré que Photius avait corrompu ses légats, prononça de nouveau Tanathème contre lui. Les affaires politiques remplirent le règne de Jean VIII. Louis II était mort en 875 sans enfants, et ses deux oncles, Charles le Chauve et Louis le Germanique se disputaient la couronne impériale. Jean VIII, favorable à Charles le Chauve, réunit un synode à Rome et un autre à Pavie (876), pour reconnaître ses droits. Charles fut couronné à Rome, à la Noël de 875. Formose, évèque de Porto (voyez Formost\ fut mêlé à ces débats. Il avait été chargé d'importantes missions par Nicolas I*' et par Jean VIII luimême, et M. de Hefele n'est pas éloigné d'admettre que le pape ait été animé à son égard d'une passion haineuse. Il fut accusé des crimes les plus divers, et condamné à Rome en 876. On sait que le successeur de Jean VIII, Marin, le rétablit dans ses honneurs, et qu'en 891 il fut élu pape. Charles le Chauve convoqua pour juin 876 le grand concile de Ponthion qui se réunit en présence du roi et des légats. C'est là qu'Anségise fut déclaré, par lettre du pape, vicaire apostolique de France et de Germanie. Mais Hincmar,'à la tête du clergé franc, opposa au pape et à l'empereur une résistance passive qui fut invincible. Louis le Germanique mourut le 28 août 876, et Charles le Chauve courut se faire battre par Louis le Jeune, fils de Louis le Germanique. Carloman, frère de Louis le Jeune, soutenu sans doute par Formose et par les siens, se disposa aussitôt à se faire couronner à Rome à la place de son oncle Charles le Chauve. Ces faits appartiennent avant tout à l'histoire politique. Nous dirons seulement que le clergé italien se réunit à Ravenne en 877 et se déclara pour Charles le Chauve. Mais Charles le Chauve et le pape sont inquiétés par l'arméç de Carloman. Charles le Chauve s'enfuit et meurt (878), et Carloman est couronné roi des Lombards. Il demande la couronne impériale, mais le pape évite de répondre, et temporise jusqu'à la mort de Carloman (879). Cependant, le pape est insulté dans Rome même par Lambert de Spolète et par Formose. Pour chercher un appui auprès des Carolingiens, Jean VIII se retire en France, arrive en 878 à Arles et vient tenir à Troyes, le 11 août, un grand synode contre ses ennemis. Le clergé franc soutint énergiquement le pape. De Troyes le pape rentre en Italie à la fin de 878, et il se dispose à mettre un autre roi d'Italie à la place de Carloman malade, car, ditil (épttre 155), « l'empereur doit être surtout et avant tout appelé et

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