‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 119 sur 263 · BORDEAUX — BORGIA · texte numérisé non relu

BORDEAUX — BORGIA

tiers et Périgueux, et, depuis i :> 1 T , sur les évêchés nouveaux de Condom, Maillezaïs, Luçon et Sarlat. Aujourd'hui Saintes et Sarlat ont disparu. La Rochelle a remplacé Maillezais, et Ton a mis sous l'autorité de Bordeaux les évèeliés de la liasse-Terre (la Guadeloupe), de Saint-Denis de la Réunion et de Fort-de-France, à la Martinique, institués en 1850. Urbain 11 a consacré, en 1096, l'église cathédrale de Saint-André: les églises Saint-Michel (1160) et Sainte-Croix (dixième Méele i mériteraient aussi notre attention. — Voyez dom Devienne, Hist. de />'., 1. 1771 ; I et II, 1862; Ravenèz, Orig. relig. de 7,\, 1861 ; Cirof de la Ville, Orig. chrét. de B., 1869; Gallia, II; Fisquet, Bordeaux, 1868. S. beeger.

BORDELUM, nom d'une secte (fui se forma dans le village de ce nom, près de Flensbourg, dans le duché de Holstein, vers 1739, sous l'intluence d'un piétisme antinomiste et malsain. Son fondateur est David Bsehr, prédicant saxon (f 1743), qui mena une vie désordonnée et prêchait, sous prétexte de spiritualisme, le mépris de tout ordre ecclésiastique, des sacrements, de la célébration du dimanche, du mariage et de la propriété. Il insistait sur la conversion intérieure et la nécessité de parvenir dès ici-bas à un état de sainteté parfaite. Un édit de Christian IV mit lin à la propagande de ces sectaires, dont la plupart furent impliqués dans des procès de mœurs.

BORELISTES. Adam Borel ou Borrel ( 1()03-1667), prédicateur réformé de la Zélande, se démit de ses fonctions, sous le prétexte que l'Eglise ('tait déchue de son rang et ne méritait plus son titre depuis la mort des apôtres. Il prétendait s'appuyer sur la Bible seule, sans le secours d'aucune interprétation humaine, et fonda, vers 1645, à Amsterdam, une secte dont les membres se distinguaient par l'austérité de leurs mœurs et la libéralité de leurs dons. Borel, qui était un savant fort instruit et un habile hébraïsant, publia une série d'écrits, parmi lesquels le plus connu porte le titre de : Ad legem et testimonium. C'est à tort que ses adversaires lui ont attribué des opinions sociniennes.

BORGIA (François de) [1510-15721. Fils de Jean de Borgia, duc de Gandie, et de Jeanne d'Aragon, il perdit sa mère à dix ans et fut élevé par l'archevêque de Saragosse, son oncle maternel. Honoré de la protection de l'impératrice Isabelle, qui lui ht épouser Eléonore de Castro, Borgia arriva, presque malgré lui, aux charges les plus élevées. Charles-Quint le nomma vice-roi de Catalogne. Mais , de tout temps, une vocation impérieuse le portait à la vie monastique. Un incident en redoubla la force. Chargé, comme grand-écuyer, de reconnaître, avant qu'on l'inhumât, le corps de l'impératrice Isabelle 1 1539), l'aspect de ce cadavre fit une si vive impression sur lui, qu'il lit vœu d'entrer en religion s'il venait à perdre sa femme. La mort de la duchesse lui permit d'accomplir son vœu. Porté depuis longtemps vers les jésuites, en faveur de qui il avait fondé, à Gandie, le premier collège ou ils enseignèrent, il obtint du pape, par l'intermédiaire de Loyola-, de pouvoir faire sa profession quatre ans avant de quitter le monde extérieurement. Borgia, qui n'avait alors que trente-six ans, se

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consacra tout entier à la Société et refusa le cardinalat et toute dignité ecclésiastique. Il prolita de son ancienne faveur auprès de Charles- Quint pour dissiper ses préventions contre les jésuites. Pendant que Lainez, leur deuxième général, et son vicaire Salmeron étaient absorbés , l'un par les affaires de France , l'autre par celles du concile de Trente , Borgia les suppléa dans le gouvernement intérieur de Tordre. A la mort de Lainez, il lui succéda dans le généralat (1565). Ce fut la bonne fortune de la Compagnie de trouver dans ses trois premiers chefs des génies différents qui se complétaient l'un l'autre. Borgia perfectionna les détails dont ses prédécesseurs avaient tracé les grandes lignes, et acheva par ses règlements l'édifice des Constitutions. Du reste , il eut dans Pie V moins un protecteur qu'un collaborateur, qui mit au service de la nouvelle Société tous les privilèges dont pouvait disposer le saint-siége. Il survécut peu à ce pontife et mourut la même année que lui. Urbain VIII le béatifia en 1624, et Clément X le canonisa en 1671. Ses nombreux ouvrages ascétiques, écrits en espagnol , ont été traduits en latin par le P. Deza (voyez Alegambe, Biblioth. script. Societ. Jesu, et Menofag. ejusd. Soc/et.). P. Rouffet.

BORRI (Joseph-François), né à Milan en 1627, lit ses études au collège des jésuites à Rome, s'appliqua avec ardeur à la médecine et à la chimie; mais ses dérèglements le firent chasser de Rome. Il se fixa à Milan, où il réunit autour de lui un certain nombre de partisans, parmi lesquels se trouvaient même des prêtres, dont il exigea le vœu de pauvreté, pour pouvoir leur enlever leur argent. Il insistait sur la nécessité de réformer l'Eglise et de donner à la Vierge Marie, « vraie déesse, incarnation du Saint-Esprit, présente dans l'Eucharistie, » la place qui lui revient dans le culte des fidèles. Le prétendu prophète fut obligé de fuir, sous l'inculpation de nombreuses escroqueries. Il séjourna sur les bords du Rhin et de la Baltique, se faisant passer pour le Médecin universel; \\ allait se sauver en Turquie, lorsqu'il fut arrêté à Vienne et livré à la justice romaine, qui le condamna à l'emprisonnement perpétuel. 11 mourut au château de Saint-Ange, à l'âge de soixante-huit ans. On a de lui une série d'ouvrages sur l'alchimie dont le plus curieux, La Chiave del Gabinetto (Col., 1691), se compose de dix lettres relatives à la nature des esprits élémentaires et aux secrets du grand œuvre ; la dernière contient une dissertation sur l'àme des bêtes.

BORROMEE (Charles de) [1538-1584]. Issu d'une illustre famille de Lombardie, neveu par sa mère du cardinal de Médicis, plus tard Pie IV, Borromée jouit, sans s'en laisser corrompre, de ce népotisme alors si commun dans l'Eglise et si souvent funeste. Pourvu à l'âge de douze ans de riches abbayes et cardinal à vingt-trois ans, il cumula sans en négliger aucune, à la cour de Rome, une foule de fonctions importantes. Il trouvait encore le temps de cultiver les lettres et surtout la philosophie. On ne peut douter que l'étude assidue d'Ëpictète, à qui il prétendait devoir beaucoup, n'ait contribué à donner à son caractère une teinte de stoïcisme antique. De ces études sortirent les Noctes Vaticanœ, série de conférences qu'il donnait dans une sorte d'académie de littérateurs instituée par lui au Vatican. On les a publiées à la suite

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