BORDAS-DEMOULIN — BORDEAUX
ronna ses Etudes de philosophie cartésienne, son Eloge de Pascal et son Discours sur Voltaire; mais ses deux ouvrages les plus importants sont : Les Pouvoirs constitutifs de l'Eglise (855) et V Essai sur ta Réforme catholique (1857), ainsi qu'un volume de Mélanges philosophiques et religieux. Renouant avec la tradition cartésienne et gallicane, dont il conserva la mâle vigueur, l'auteur accuse la papauté des maux de l'Eglise et de sa lamentable décadence; il signale son peu d'action sur le monde, la faiblesse de sa théologie, la médiocrité de son sacerdoce, l'affadissement de sa piété et de son culte, dû surtout à la funeste invasion de la mariolàtrie. Comme remède à ce mal, Bordas réclame la restitution de l'élément laïque, comprimé dans l'Eglise depuis le moyen âge, qui n'a été qu'une longue déviation de l'esprit chrétien, causée par l'amalgame de l'Eglise avec l'Etat. Il demande que le catholicisme soit mis en harmonie avec les besoins de notre âge et les idées démocratiques; que les fonctions dans l'Eglise soient rendues à l'élection populaire; que le sacerdoce des laïques soit reconnu dans ses droits à côté du sacerdoce des prêtres; que l'un et l'autre se régénèrent par le pouvoir fructifiant de la sainteté. L'Eglise n'a point de lois dans le sens coercitif et temporel ; elle ne fait rien que par la parole: elle-même est le pouvoir divin revêtu de la parole humaine. Pour elle, gouverner, c'est parler. Ces nobles accents ne rencontrèrent aucun écho, et Bordas-Demoulin termina sa vie pauvre et laborieuse de penseur à l'hôpital.
BORDEAUX (Burdegala, Burdigala), ancienne métropole de la Seconde Aquitaine, archevêché. Comme presque toutes les villes de l'Aquitaine, Bordeaux se glorifie d'avoir reçu la foi de saint Martial. Nous dirons à un autre article ce qu'il faut penser de la tradition qui place ce saint apôtre au premier siècle, tandis que Grégoire de Tours le fait vivre vers l'an 250. On raconte que le jour même où saint André subit le martyre, Martial, averti par une révélation divine, fonda l'église de Saint-André de Bordeaux. Nous dirons seulement qu'Oriental, vivant en 314, est le premier évêque de Bordeaux qui nous soit connu. Saint Delphin, son successeur, tint en 380 un synode contre les priscillianistes; il baptisa Paulin de Noie. Saint Amand, qui vint après lui, céda son siège à saint Seurin (vers 410-420; Boll., 25 octob.), qu'il ne faut pas confondre avec saint Séverin de Cologne, et sur la tombe duquel s'élève une église du onzième siècle, qui montre la très-ancienne crypte de Saint-Fort. Léonce le Jeune (542) fut chanté par Fortunat; Frotaire, prélat ambitieux, fut transféré à Bourges en 876 par le saint-siége, malgré les lois de l'Eglise. Géraud de Malemort tint en 1255 un synode (Hefele, VI) qui s'occupa de la discipline. Bertrand de Got (Clément V) avait été archevêque de Bordeaux. En 1306, dans un voyage qu'il lit dans cette ville, il exempta Bordeaux de la juridiction primatiale des archevêques de Bourges. Jean du Bellay (1545-1553), le cardinal de Sourdis (1599-1628), "le cardinal de Che- -verus (1826-1836) ont illustré ce siège. En 1605, pour être délivrée -d'une peste, la ville de Bordeaux se voua au culte de la Vierge. Les archevêques avaient juridiction sur Agen, Angoulême, Saintes, Poi-