BALSAMON — BALUZE
un patriarche, ainsi qu'à Jérusalem, Balsamon ne put prendre possession de son siège. C'était un homme savant et très-versé dans la science des lois. Il écrivit des réponses aux questions à lui posées par Marc, patriarche d'Alexandrie (chez Leunclavius, Jus graeco-romanum, t. I, p. 442-478), ainsi qu'un Commentaire sur le Nomokanon et le Syntagma de Photius, d'après l'ordre de l'empereur Manuel Comnène. Dans ces écrits il réfute entre autres les nouveautés de l'Eglise latine. Le Commentaire sur le Nomokanon fut imprimé en grec et en latin, à Paris, 1615, in-4° ; puis en 1661, dans la Bibliàtheca jur. can. vet. de Vœllus et Jristellus, t. II, p. 789. Le Commentaire sur le Syntagma se trouve dans le Synodicon de Beveregius, t. I. On attribuait longtemps à Balsamon une Collectio canon, eccles. en trois livres (Juste!. etVœl., Biblioth. jur. canon, vet., t. II, p. 1217), mais il est certain maintenant que cet écrit est beaucoup plus ancien.
BALTHASAR [Bélchàçar, BaATasap], dernier roi de Babylonede la race des Chaldéens, connu aussi sous les noms de Nabonnède (Bérose), de Nabonadius (Ptolémée), de Nabonnidoque (Mégasthènes), de Labynète (Hérodote), de Naboandel (Josèphe). Il fut tué, dans la dix-septième année de son règne, lors de la prise de Babylone par Cyrus, au milieu des débauches d'une fête qu'il donnait à sa cour, et dans laquelle il s'était servi des vases d'or et d'argent que son aïeul avait enlevés du temple de Jérusalem. Le prophète Daniel raconte les détails épouvantables de sa mort (V, 1, 30; VII, 1 ss.; cf. Hérod. I, 191; Xénoph., Cyrop.y VI, 5, 15 ss. ; Esaïe XXI, 5 ss. ; XIII, 14 ss.).
BALTUS (Jean-François), né à Metz en 1667, mort à Reims en 1743, entra dans la Société de Jésus dès l'âge de quinze ans et se distingua dans les divers travaux littéraires et théologiques de son ordre. Le premier et le plus connu de ses ouvrages est sa Réponse à V histoire des Oracles, de Fontenelle (Strasb., 1707, in-8°). L'académicien ne voulait voir dans les oracles antiques que l'eliet de pieuses fourberies; Baltus maintint que l'intervention du démon s'y était souvent exercée. L'érudition qu'il étale dans cet ouvrage n'était pas, dit-on, toute à lui; il y joignit en tout cas un tel emportement que, soit prudence, soit dédain, Fontenelle trouva plus à propos «que le diable passât pour prophète » que de se mesurer avec son contradicteur. Baltus s'appliqua ensuite, dans sa Défense des saints Peines accusés de platonisme (Paris, 1711, in-4u), à justifier les Pères de tout emprunt aux conceptions des anciens philosophes. Mais il dépassa le but, oubliant que l'antiquité païenne a souvent fourni aux Pères sinon des théories et des systèmes, du moins des idées et des réminiscences. L'écrit intitulé Jugement des saints Pères sur la morale des philosophes païens (Strasb., 1719, in-4°) est comme la contre-partie du premier. On a de Baltus une autre série d'ouvrages apologétiques sur l'accord des prophéties et du christianisme, et une foule de traités détachés sur les sujets ordinaires de ses études.
BALUZE (Etienne) , de Tulle (1630-1718) . La protection éclaijée de M. de Marca, archevêque de Toulouse puis de Paris, fournit à son goût pour l'histoire ecclésiastique l'occasion de se développer. A vingt-deux ans, il publia YAntifrizonius, critique delà Gallia purpurata de Frizon. M. de