AU BROGLIE — BROMLEY
d'espérance les unissaient. Madame de Broglie s'occupait avec zèle et intérêt des œuvres chrétiennes ; elle recherchait la société, l'entretien des personnes pieuses, même les plus humbles. Un mot sorti de leur cœur et allant trouver le sien, répandait sur son visage une expression de bonheur. Ceux qui ont eu le privilège de la voir dans quelque simple réunion de prière et d'édification, ne l'oublieront pas. Madame la duchesse de Broglie succomba le 22 septembre 1838 à une fièvre cérébrale. Le deuil l'ut profond, non-seulement dans sa famille et dans le monde où elle avait occupé une place brillante, mais encore parmi ses frères en la foi de tout rang et de toute culture, qu'elle avait aimés et édifiés par sa piété. Tous se sentirent frappés et comme découronnés. Fort liée avec l'éminent Ërskine, dont la foi et le savoir ont laissé tant de traces en Ecosse et sur le continent, madame de Broglie avait traduit trois de ses ouvrages, et ouvert ainsi à bien des âmes une source pure d'édification. Après sa mort, un volume a été publié, sous le titre de Fragments, où se trouvent réunis des écrits divers qui tous témoignent du sérieux, de l'élévation de son âme et de la portée d'un esprit qui ne se plaisait à prendre son essor que dans les hautes sphères religieuses. En voici les titres : Préface à l' Histoire des Quakers de Clarkson; Préfaces aux trois ouvrages d'Ershine; Notice sur le baron de Staël; Notice sur un ouvrage de M. E . Diodati : Essai sur le christianisme ; le Caractère du Christ; Paraphrase de la parabole de l'Enfant prodigue; Sur les associations bibliques de femmes, 182i.
BROMLEY (Thomas) naquit àWorcester en 1629 et mourut en 1691. Elevé par des parents pieux dans la crainte de Dieu, il alla à Oxford étudier la théologie, et il conserva même un fellowship du AU Soul's Collège, aussi longtemps que dura le protectorat de Cromwell, qui assurait la prédominance des Indépendants. Il devint de bonne heure disciple du théosophe Jacob Bœhme, dont il exagéra même la tendance, en refusant de s'unir à une Eglise et en déclarant le mariage une condition inférieure dont les parfaits devaient s'abstenir. Il forma toutefois, avec une vingtaine de personnes engagées comme lui dans les voies du haut mysticisme, une association mystique connue sous le nom de Société de Philadelphie. La Restauration l'ayant privé de son felloivship, il alla de lieu en lieu prêcher le prochain avènement du Christ, (( le commencement de l'Evangile éternel, » et la réapparition des dons miraculeux de l'âge apostolique. Dans un ouvrage qu'il publia sous ce titre : Révélations qui sont communément appelées extraordinaires, il essaye de prouver que l'Eglise n'a été privée en aucun temps de révélations extraordinaires et que tous les chrétiens peuvent en être favorisés. Joignant la pratique à la théorie, il eut des visions et publia des prophéties, sous la forme de Dix traités mystiques. Ses principaux ouvrages sont Le Chemin vers le Sabbat du Repos {The Way to llie Snbbath ofRcst), et ses Quatre-vingt-quatorze E pitres à ses bons amis (XCIV Evangelical Epistles to hisgood friends). Dans son Traité concernant le voyage des enfants d'Israël, il se livre à une allégorisation à outrance, qui faisait partie d'ailleurs des procédés exégétiques de son temps. Malgré de nombreuses infirmités, il continua à prêcher jusqu'à