BROGLIE
obtint de M. de Broglie un nouvel engagement, plus explicite que le premier, de ne plus se mêler de l'administration «le son ancien diocèse : déclaration qu'il signa le S juillet à Dijon, mais qui ne l'em- [)r( ha pas de reprendre possession de son siège après la chute de l'empire. De nouvelles tribulations l'attendaient. Le congrès de Vienne ayant réuni la Belgique à la Hollande, .M. de Broglie donna le signal de la résistance des catholiques à un ordre de choses qui les soumettait à un souverain protestant. Il fallut l'intervention du pape pour qu'il se résolût à ordonner les prières publiques pour le roi. 11 refusa le serment de fidélité au roi et à la constitution qui reconnaissait également tmi> les cultes, déclarant que « jurer de maintenir la liberté des opinions religieuses et la protection égale accordée à tous les cultes n'est autre chose que jurer de maintenir, de propager Terreur contre la vérité. » 11 résuma ses vues sur ce point dans une foule d'écrits signés de ses collègues et approuvés par le pape. Son opposition aux lois sur l'enseignement ne fut pas moins intransigeante. Mais déjà le Jugement dort final des évêquessur le serment prescrit avait décidé le gouvernement à prendre des mesures de rigueur, et le 8 novembre 1817, la cour d'appel, jugeant par contumace, condamna M. de Broglie à la déportation. Il s'était déjà réfugié en France. Cette seconde vacance du siège de Gand, du vivant de son titulaire, amena, comme la première, dans Ce diocèse une série de difficultés légales qui touchaient de près à la persécution et qui ne se dénouèrent que par la mort de l'évêque, arrivée à Paris le 20 juillet 1821. P. Roufcet.
BROGLIE (Albertine de Staël, duchesse de), naquit le 8 juin 1797. Son enfance et sa première jeunesse se passèrent à Paris, à Coppet et dans l'exil. Ses nobles facultés, son àme sérieuse et tendre se développèrent sous des influences diverses. L'esprit de son illustre mère avait éveillé chez elle dès l'enfance le goût le plus vif pour les plaisirs de l'intelligence. Accoutumée aux entretiens des hommes éminents de tous les pays, bien jeune encore elle sut tout comprendre, tout apprécier. On était frappé, en la voyant, de l'expression vraiment idéale de sa physionomie. Elle était plus que belle ; elle rayonnait de pureté, de grâce. On devinait en elle une créature d'élite, bénie de Dieu, destinée à répandre le bonheur et à faire aimer tout ce qui est beau et divin. Mariée le 20 février 1810 au duc Victor de Broglie, elle connut le bien inappréciable d'une intime union avec un noble cœuret un grand esprit. Tout son être sembla s'élever encore au milieu des joies et des douleurs de la vie. La mort de sa mère, en 1817, fut pour elle un coup que 1rs années purent à peine amortir. Protestante de naissance, de plus en plus chrétienne de conviction, sa pensée et les besoins de son àme avaient accueilli l'Evangile comme le salut des simples et des petits. N»ii Erère, te baron Auguste de Staël, arrivé lui-même à la foi chrétienne avec toute la sincérité d'une nature fone et généreuse, exerça sur madame de Broglie une de ces influences quisont une aide puissante pour traverser les doutes et les anxiétés, dont la route, pour arriver ;'i la foi, se trouve souvent hérissée. On voit dans la touchante notice qu'elle écrivit après la mort de son frère, quels liens étroits de foi et