‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 157 sur 263 · BRUNSWICK · texte numérisé non relu

BRUNSWICK

leurs prédications de jeunes suppléants, fort mal payés ; ces vicaires s'attachèrent à la bourgeoisie dont ils surent gagner les sympathies, cl se montrèrent généralement favorables aux nouvelles doctrines. Souvent, au lieu de L'hymne à la Vierge, ils entonnaient un cantique Luthérien, «pie chantail alors tonte l'assemblée ; ils abandonnèrent de plus en plus la vieille prédication scolastique pour expliquer L'Evangile. Aussi le peuple ne voulnt-il plus soullVir d'autre prédication ; il interrompait par ses chants les plus savants discours et rectifiait les citations bibliques inexactes. Le clergé appela alors, pour rétablir son autorité, un des prédicateurs les plus considérés, le docteur Sprengel, habile controversisie; mais sur la lin de son sermon un bourgeois s'écria : «Prêtre {Pfaffe), tu mens! »et se mit à chanter avec toute rassemblée le cantique de Luther : Ach Gott vom ffïmmel sieh dàrein. Les prêtres prièrent alors le sénat de les débarrasser de leurs suppléants ; le peuple, de son côté, demanda qu'on le débarrassât des prêtres. Le sénat, hésitant d'abord, lut entraîné par le mouvement populaire. Après la diète de Spire (4526), qui accordait aux. luthériens une certaine liberté religieuse, on réformait partout eu Allemagne; on profita de l'absence du duc Henri, qui s'y lût certainement opposé, pour réformer aussi à Brunswick. Le 13 mars 1528, le sénat décida qu'à l'avenir on ne prêcherait plus (pie la Parole de Dieu; (pie la cène serait célébrée sous les deux espèces, et le baptême administréen langue allemande. On appela de A>\ ittemberg Bugenhagen (Pomeranus), le seul des théologiens saxons qui sût ie bas-allemand, pour organiser l'Eglise dans le sens luthérien ; sur Tordre du sénat, il lit une agende (Kirchenordnung), qui régla le culte et la discipline. Le surintendant fut chargé de remplir lesfonctions épiscopales; il devait prêcher, faire des conférences latines « pour les savants», surveiller la doctrine, la discipline, la question des biens de I Eglise, présider au choix des pasteurs, etc. Les moines mendiants quittèrent aussitôt la ville où leurs ressources vinrent à manquer. Après quelques agitations causées par les zwinglîens et les anabaptistes Lagende fut définitivement établie, imprimant à l'Eglise un caractère luthérien qu elle a longtemps gardé dans toute sa pureté. Dans le reste du duché, la Réforme s'établit beaucoup plus tard, car là régnait de 151 i à 1568 l'adversaire le plus acharné de Luther, le duc Henri, qui lutta contre lui jus* qu à sa mort. Luther cependant parait avoir eu d'abord quelque espoir dele gagner; en 1524, il écrivait à Spalatin : « Le duc Henri de Brunswick commence à embrasser l'Evangile » (de Wette. Luther % Bn'efe, II, p. 51li. Mais il luidéti'ompé. et il appelait plus tard le duc de Brunswick atus Nero (ibid., V, p. 314). Lorsque l'électeur Jean-Frédéric de Saxe e1 Le landgrave Philippe de Hesse s'emparèrent (1545) de Henri et de ses Etats, on réforma l'Eglise ; maison commit des excès regrettables; ( -m piiia et détruisit des couvents. Aussi, quand en 1547 Henri b" réintégra dans ses possessions, il put restaurer et maintenir Le culte catholique. Ce n'est que sous son successeur) le duc Jules, que la Réforme triompha définitivement. Martin Chemnitz, Jacques Andréas, auteur de La Formule de Concorde, et Pierre Ulner organisèrent L'Eglise; ils lui donnèrent une agende (lw janvier!569), qui fixa l'état ceci/'-

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