BRUNO — BRUNSWICK
due au P. Bruni (Rome, 1789-91, 2 vol. in-fol.). Celle de M. Migne (Paris, 2 vol. in-8°) la reproduit.
BRUNO (Giordano), né à Nola en Carnpanie vers 1548, dominicain, s'inspira de la philosophie néoplatonicienne et surtout des écrits de Nicolas de Cusa, dont il développa les principes dans ce qu'ils avaient d'hostile à la théologie régnante. Il s'échappa de son couvent en 1580, fut professeur à Genève, puis se rendit à Lyon, à Toulouse, à Londres, à Oxford, à Wittemberg, àHelmstiedt, à Francfort-sur-le-Mein ; revenu à Venise en 1572, il fut jeté en prison et en 1598 livré au saint-office de Rome, qui le condamna, pour crime d'athéisme, à être brûlé vif (1000). Sa doctrine, exposée avec enthousiasme et qui provoquait partout d'énergiques protestations, était ufte philosophie de la nature. Bruno célèbre la grandeur infinie, l'inépuisable fécondité de la nature; l'univers n'a de limites ni dans le temps, ni dans l'espace, parce qu'il est la manifestation d'une puissance absolue de prendre successivement toutes les formes, d'une natura naturans, que ne peuvent percevoir nos sens attachés à ce qui est individuel, mais à la connaissance de laquelle nous nous élevons parla contemplation. Cette nature intime ou àme du monde estla coinciclentia oppositorum, conciliant en son sein tous les contraires. Etre universel, Mens, Dieu est la cause immanente de tous les phénomènes, la substance indivisible et présente dans tous les êtres, dans le brin d'herbe aussi bien que dans l'hostie consacrée. De cette monade première, entium imitas, se dégagent les monades qui, d'abord toutes identiques, se développent en vertu de leur virtualité, s'emparent des éléments plus faibles, s'épanouissent dans un maximum d'opposition réciproque, puis rentrent dans le sein delà nature universelle pour servir de pâture à d'autres monades grandissantes et plus tard revenir encore à une vie propre sous des apparences nouvelles dans un incessant devenir. Le système de Bruno était tombé dans l'oubli; Jacobi, dans ses attaques contre le spinozisme, appela de nouveau l'attention sur lui ; Schelling déclara qu'il avait trouvé dans ses écrits le principe de l'identité absolue. Les œuvres italiennes de Bruno ont été publiées par Y/agner (2 vol., 1830); les latines par Gfrœrer (2 vol., 1834, incomplet). — Voyez : CL. Bartliolmess, J. Bruno, J846; F.-J. Clemens, J. Bruno u. N. von Cusa, 1847; D. Berti, Vtta Ai G. B., 1860. A. Mattee.
BRUNSWICK (La Réformation du duché de). Le duché de Brunswick relevait des évêchés de Hildesheim et de Halberstadt; il était riche en • couvents et en fondations ecclésiastiques. Cependant la ville de Brunswick réussit à conquérir son autonomie vis-à-vis des ducs et des évêques; elle se rendit presque entièrement indépendante des uns et des autres et ne leur laissa qu'une autorité purement nominale; cette indépendance fut favorable à la Réforme. Les bourgeois de la ville lisaient les •écrits de Luther et sa traduction des livres saints ; mais ce furent surtout les cantiques allemands qui impressionnèrent le peuple; ils jouèrent un rôle important dans le mouvement religieux qui arracha cette ville à la domination de Rome. Les prêtres de Brunswick jouissaient de leurs revenus, sans s'occuper beaucoup de leur ministère ; ils chargeaient de