‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 165 sur 263 · BURE — BURGONDES · texte numérisé non relu

BURE — BURGONDES

converti, comme nous l'apprend Théodore de Bèze. Retirée à Strasbourg, en 1540, elle y vivait vouée à l'éducation de ses enfants, lorsque Calvin, attiré par le renom de ses vertus, rechercha la main d'une compagne capable d 'affronter avec lui tous les périls et la mort même (lettre de Calvin à Farel, 7 avril 1549). Le mariage eut lieu en septembre 1540. Forcé peu de temps après de se rendre aux diètes de Worms et de Ratisbonne, le réformateur devait s'y trouver cruellement éprouvé en recevant la nouvelle que la peste frappait les amis qu'il avait laissés derrière lui et menaçait sa propre famille. Rentré à Genève, où il était rappelé malgré lui, il n'y resta pas longtemps seul. Le jour même de son retour, 13 septembre 1541, les Conseils de la ville délibéraient qu'un messager d'Etat irait chercher Idelette de Bure à Strasbourg pour qu'elle vînt partager la maison affectée au logement officiel de son mari. Tout ce qu'on sait d'elle, c'est qu'elle fut la digne femme d'un tel époux, son aide et son soutien dans les infirmités de la santé et dans les dangers de sa vie militante ; qu'elle se. dépensa dans la visite des pauvres, la consolation des affligés, l'accueil fraternel des étrangers. Elle avait eu, la seconde année de son mariage, en juillet 1542, un fils qui lui avait été bientôt ravi et dont la mort avait, on le voit par une lettre de Calvin à Viret (19 août 1542), accablé le malheureux couple d'une amère douleur, à peine allégée par les témoignages de sympathie des Eglises de Lausanne et de Genève. Deux autres épreuves de même nature étaient encore venues l'affliger, en 1544 et en 1548. De tels coups répétés avaient ébranlé une santé naturellement frêle : il en résulta une langueur habituelle qui s'accuse tristement dans la correspondance de Calvin. Malgré les soins vigilants d'un médecin ami, Benoit Textor, la fièvre qui la minait faisait de rapides progrès. Bèze,Hotman, des Gallars, Laurent de Normandie accourent, prévoyant l'issue fatale. La chère malade ne jugea même pas nécessaire de recommander les enfants de son premier mari à celui qu'elle allait quitter et qu'elle connaissait si bien. Sa mort fut pleine de sérénité. Calvin était présent, l'assistant de sa foi et de ses prières. Elle était calme et s'endormit du dernier sommeil le 29 mars 1549. Dès le 31, Viret adressait à Calvin ses fraternelles et pieuses condoléances (Calvini opéra, t. XIII, p. 226, note). « J'ai perdu, écrivait celui-ci, l'excellente compagne de ma vie,... aide précieuse, jamais occupée d'elle-même, jamais peine ou obstacle!... Tu sais si mon cœur est tendre, pour ne pas dire faible. Je suis prêt à succomber, si je ne faisais un violent effort sur moi-même » (10 avril 1549). — Voir la notice consacrée à Idelette de Bure par M. Jules Bonnet, qui a su tirer de l'ombre cette humble et touchante figure, et à qui nous avons emprunté cette succincte esquisse biographique. Ch. Kead.

BURGONDES (Les), peuplade germanique, avaient émigré vers le quatrième siècle après Jésus- Christ des bords de la mer Baltique vers le Rhin inférieur, dont Valentinien Ier leur confia la garde. Lors de l'invasion des Huns, ils remontèrent le Rhin et s'établirent en Savoie, du consentement d'Aétius. Leur contact avec le monde gallo-romain amena leur conversion au catholicisme (413). De la Savoie ils éten-

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