‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 166 sur 263 · BURGONDES · texte numérisé non relu

BURGONDES

dirent leur domination sur les vallées du Rhône et de la Saône; leur royaume se trouva de la sorti' resserré entre les empires ariens des Visigoths de !a France méridionale et des OstrogOths d'Italie. Après la mort du roi catholique Gundioch (vers 174), la Bourgogne fut partagée entre les quatre lils de ce prince. Godemar, Chilpéric, Gondebaud et Godegisèle, dont le second seul était catholique; les trois autres étaient ariens. Vers la même époque, le roi visigoth Euric, connu par son zèle pour l'arianisme, envoya chez les Burgondes, qui subissaient sa suprématie morale, des missionnaires pour les détacher du catholicisme. Ceux-ci réussirent à se créer un parti parmi la population burgonde; ils eurent moins de succès auprès des Gallo-Romains, et ne tardèrent pas à rencontrer une résistance énergique de la part del'épispat, à la tète duquel se trouvait l'évêque de Lyon, Prudent, dont la femme de Chilpéric soutenait les efforts. Peu de temps après, Chilpéric fut vaincu par Gondebaud et mis à mort avec ses lils. De ses deux lilles Fune,Chrona, entra dans un cloître; l'autre, Clotilde, fut reléguée par son oncle à Genève. Les émissaires de Clovis ne devaient pas tarder à l'y découvrir. Le parti arien profita de son triomphe pour persécuter les évèques catholiques. Gondebaud cependant, par crainte de Clovis, et grâce à l'influence que Févèque de Vienne, Avite, sut prendre sur lui, ne persévéra pas dans cette voie; il s'efforça de modérer Fardeur des ariens et de gagner la population gallo-romaine par une administration équitable. Avite, le représentant de cette politique d'apaisé-" ment, crut consolider le pouvoir de Gondebaud en écrivant à Clovis une lettre de félicitations à l'occasion deson baptême; il y appelait son souverain le « soldat de Clovis », et célébrait la victoire du chef franc comme le triomphe de l'Eglise même. Peut-être espérait-il amener Clovis à une entente amicale avec Gondebaud et, d'accord avec saint Rémy, comptait-il sur l'influence pacifique de Clovis pour décider son maître à accepter la foi catholique. L'ambition des Francs et la haine que Clotilde, devenue la femme de Clovis, portait au meurtrier de son père, mirent à néant les plans d'Avite. Secondé par le parti que Clotilde possédait parmi les catholiques de Bourgogne, allié à l'arien Godegisèle qui était jaloux de son frère et à l'arien Théodoric, roi des Ostrogoths, Clovis battit Gondebaud à Dijon et l'obligea à lui payei tribut (500) . Malgré la modération dont Gondebaud fit preuve en matière ecclésiastique jusqu'à la fin de son règne (517) et l'habileté avec laquelle son lils Sigismond, converti par Avite, s'efforça de contenter les deux partis hostiles (par exemple au concile d'Epaunum ou Evionnay, dans le Valais, convoqué par lui dans la première année de son règne dans le but de réorganiser l'Eglise, où prévalurent les idées modérées d'Avite sur l'opportunité de laisser mourir L'arianisme sans le perse» cuter, tout m évitant de se souiller à son contact en faisant servir au culte catholique les vases sacrés et les basiliques profanés parles hérétiques), les lils de Clovis achevèrent, à l'instigation de Clotilde, L'œuvre commencée par leuT père. Trahi à la fois par te parti catholique de Clotilde et par les Burgondes ariens qui lui reprochaient son abjuration, Sigismond fut battu à Autun et livré à Clodomir qui le fit n 31

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