CAMBRIDGE — CAMERON
matiques et de négliger les autres sciences. Cependant la critique théologique est loin d'y avoir été inconnue, et c'est à Cambridge qu'ont paru quelques-uns de ces Essays qui ont tellement émotionné l'Angleterre religieuse, il y a quelques années (voirTarticle Essays and
Rewietvs). a. Gary.
CAMERARIUS (Joachim), célèbre humaniste allemand, né à Bamberg en L500, mort en 157't, était issu d'une famille dont le premier nom était Liebhard, et qui avait reçu le surnom de Camerarius, parce que plusieurs de ses membres avaient été chambellans. Il se lit de bonne heure connaître par des ouvrages pleins d'érudition, enseigna le grec et le latin à Erfurt (1521), à Wittemberg (1522), à Nuremberg (1526), et réorganisa les universités de ïubingue (1535) et de Leipzig (1541). Il embrassa la Réforme dès 1521 et se lia étroitement avec Mélanchthon. Esprit modéré, conciliant, sobre, plein de grâce et d'urbanité comme orateur et comme écrivain, Camerarius sut unir un culte passionné pour L'antiquité à une foi sincère en l'Evangile. Il fut chargé par le sénat de Nuremberg de plusieurs missions importantes, et jouit d'un grand crédit auprès des princes de son temps, même auprès de ceux qui ne partageaient pas ses vues religieuses. C'est sur les notes prises par ce savant délégué, lors de la lecture de la réfutation que les théologiens catholiques avaient présentée de la confession d'Augsbourg. que Mélanchthon rédigea son Apologie. Depuis 1530 jusqu'à sa mort, Camerarius assista à toutes les diètes et à tous les colloques importants : avec Mélanchthon il porta la principale responsabilité des Intérims d'Augsbourg et de Leipzig. Ses principaux écrits sont: VitaPh. Melanchthonis, Leipz., 1556, in-8°; Historica narratio de fratrumorthodoxorum Ecclesiis in Bokemia, Moravia et Polonia, Francf., 1625; Catechesis, seu initia doctrine in Ecclesia Christi, Leipz., 1563; flistoriœ Jesu Christi summalim relata expositio, Leipz., 1566; Sententix et sapientia Siracidx notatio figurarum sermonis inlibris Ev. et apostolis script., Leipz., 1569 • on lui doit des traductions estimées d'Homère, d'Hérodote, de Xénophon, dAristote, de Sophocle, de Thucydide, de Démosthène et d'autres auteurs^ grecs énumérés dans Fabricius, Biblioth. grœca, X1ÎI, 495 ss. CAMÉRON (Archibald), célèbre prédicateur écossais, né à Falkland, dans le comté de Fife. Lorsque Charles II publia l'édit de suprématie qui, tout en admettant la liberté religieuse, restreignait les privilèges accordés aux protestants et allait même jusqu'à porter atteinte à la liberté de leur conscience, Caméron provoqua chez un grand nombre de ses coreligionnaires une résistance énergique contre le nouvel ordre de choses. Les caméroniens tinrent des assemblées religieuses en plein air, connues sous le nom de conventieutes, déclarèrent Charles II déchu de ses droits à la couronne et proclamèrent le gouvernement républicain. Caméron n'hésita pas à prendre les armes, mais il périt dans une escarmouche et sa tête lut exposée à Edimbourg au bout d'une hallebarde. Le fanatisme farouche de la secte des caméroniens a été très-bien dépeint par Walter Scott dans ses Puritains d'Ecosse.
CAMÉRON (Jean) , célèbre théologien protestant, né à Glasgow en 1580 et mort a Montauban en 1626. Il quitta vers 1600 sa ville na- II. 36