‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 201 sur 263 · CAMUS — CANA · texte numérisé non relu

CAMUS — CANA

munauté, Louent L'aumône pour qu'on Leur étonne de L'argent, et par suite complaisants jusqu'à la connivence, n'ouï rien à refuser pour qu'on ne leur refuse rien. Cette étrange perversion de l'œuvre apostolique révoltait la candeur de Camus. « La dévotion aisée » eut en lui un adversaire infatigable, et il avait flétri la chose avant que Pascal lui eût donné son nom. .Néanmoins il ne faudrait pas voir dans l'évêque de Belley la vertu pesante d'un janséniste avant l'heure. Le disciple de François de Sales n'était rien moins que cela, comme le prouvent ses renuma spirituels. Le succès d'Honoré d'Urfé, son diocésain, dont IfÀstrée était « le bréviaire des courtisans », lui suggéra de composer, comme contre-poison à la lecture des romans mondains, une série d'historiettes où la vertu est aux prises avec toutes les épreuves. Il lit preuve en ce genre d'une fécondité digne des feuilletonistes de nos jours, et il put dire à son tour de ses productions : «Elles sont, si vous voulez, le bréviaire des halles, mais elles ne laissent pas de plaire au public, et elles se vendent bien. » Du reste, ses sujets étaient souvent aussi émouvants que ses titres : l'Amphithéâtre sanglant, le Spectacle d'horrein\ etc. Le bon évêque y usa, selon le mot cruel de M. de Salvandy à propos du théâtre de Victor Hugo, de toutes les ressources de l'art seénique et de l'art romantique. Le tout est un mélange de naïve malignité, de galanterie quelque peu indécente, de sensualisme et de spiritualité, en un style moitié moral, moitié burlesque et parfois éloquent qui, au temps de EAstrée, réussit plus peut-être par ses défauts que par ses qualités. Des 186 écrits de Camus, dont quelquesuns, comme Alexis et les Diversités, ont six et onze volumes, deux seulement ont survécu en réalité : C Esprit de saint François de Sales (Paris, 1641, b* vol. in-8°), abrégé et réduit à un volume par Collot, et I Wfoi'sinement des protestants de V Eglise romaine (Paris, 1703, in-12), publié par Kichard Simon avec des notes intéressantes de l'éditeur. C'est de beaucoup le meilleur de ses ouvrages. p- Rouffet.

GANA (de Kaneh, roseau). — l°Nom d'un ruisseau servant de frontière entre le territoire d'Ephraïm au nord et celui de Manassé au midi, et appelé dans le livre de Josué Nahal-Cana, rivière du roseau (Josué XVI, 8; XV11, 9). — 2° Ville de la tribu d'Asser mentionnée dans Josué XIX, 28. — 3° Bourgade de Galilée, où Jésus, d'après le quatrième évangile, accomplit dans un banquet de noces le miracle de l'eau changéeen vin (Jean 11, 1 ; IV, 40). On a cru retrouver son emplacement sur le chemin dta Nazareth à Sepplioris, à peu près à une lieue et demie de cette dernière ville, où se rencontre une localité nommée encore aujourd'hui K e un a. Josèphe à plusieurs reprises parle d'un village de Cana en Galilée située à la distance d'une marche de nuit de Tibériade | Vita, XVI. 17.. Faut-il l'identifier avec le Cana du quatrième Evangile? La chose piuait vraisemblable sans être certaine. Le Talmud mentionne aussi une bourgade de Galilée nommée Cana (Juchasin. f. 57 ; ci Othon, Lexic. riibb.. p. 115). Muant à la distance entre Cana et Capernaùm, les uns l'évaluent a sept ou huit lieues, d'autres à quatre, ("est qu'actuel* lement ni la place de Capernaùm ni celle de Cana ne sont bien certaines.

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