‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 143 sur 158 · STRASBOURG — SURNATUREL · texte numérisé non relu

STRASBOURG — SURNATUREL

évangtllqur libcra/r, «lopuis iHld, etc. - Ct ucres df hh'iifnhnme : Rpboul, f^aujin-istiii- i-t Ijii'itfnisanre dans /f /ir/s- SlraslHiui ;:. lïC>8; llackeuschmidl, Annutli tind Bannherziykeil imJil5ass,Slrii:^bh.. 1880; (Ue Neuhofanstalty 1850 ; R. Reuss, CBuwe de bienfaisance pour /et pauvret honteux protestants, 1780-1880; voirie KireAenkalender fèr Els-Lothy Strassb., 1873 et suiv. — Sectes : voir la note à l'art. Elsass- Lothr, dans \a Heal-L^nri/clopœdic furprot. TheoL und K'trcfw àii^\\enxi% et Plilt. — Juifs: Fischer, tStiide sur C histoirr de?! Juifs dans lus (rrres de l'rrrf fir dr S'f> ashourff,,ÎAetZf 1867, et autres oiivragrs mrniioimés dans l.> ' '/('i/nt/iif' Jleitz. A. EnicnsoN.

SURNATUREL (Le).— Qu cst-ce que le surnaturel ?L'AcJidéniie trançaise déflnit le surnaturel « ce qui est au-dessus des forces de la nature; • et elle définit la nature m Tuniversalité des choses créées. » Il résulterait de ces définitions que Dieu seul est surnaturel, et seul peut accomplir des actes surnaturels. A une condition cependant, c'est que Dieu soit distinct de la nature. Supposez, en effet, que Dieu ne diffère du monde que coninip Tôtre en soi diffère de ses manifestations ou l'idral île la réalité ; su|»{)o<f'7. que les choses dites créées ne soient qur 1» > uunles d'agir ou d exister de la divinité ; que la wa/ura //a/w/ a/f/ et la «a/wro naturans ne forment qu'une seule et même substance, sous deux aspects opposés, mais inséparablement unis ; enfin, supposez un fMin> théisme quelconque, et le surnaturel est tout simplement Tabsurde et l'impossible : c'est surdi'jîn qu'il faudrait dire alors. Ou supposes seulement que Dieu agisse tdiijours nécessairement, qu'un déterminisme absolu gouverne éfernellcnient son être et son activité, Dieu n'est plu? en vérité qu'iiiit: înrcc de la nature, la prcrnirn» de toutes, la force iioiverselle qui eoiiii)ien<l touti^s les autres, dont toutes les autres sortent par une évolution nécessaire ; il n'y a plus de raison pour lui attribuer une intelligence et une volonté conscientes ni pour le distinguer de la nature où tout son être s*épuise, où toute son activité se verse et s^en^ forme* Nous retombons dans le panthéisme, et le surnaturel est encore l'absurde et l'impossible, parce qu'il serait le surdiinn. — Or, Dieu n'est réellement distinct de la nature que s'il est personnel, c'est-à-dire s'il possède une volonté intelligente et consciente, c'est-à-dire encore, s'il est libre. La lilierté est la eondition première du surnaturel. A \c bien entendre, elle est elle-même le surnaturel. !Nous délinirious volontiers la nature, Tensemble des choses et des êtres, enchaînés les uns aux autres, enchaînés en eux-mêmes par les liens d'une causalité nécessaire; ou, si Ton veut> l'ensemble des choses ^t des êtres dont le développement est tout entier et nécessairement déterminé par l'action des forces qui agissent en eux et sur eux. Ainsi entendue, la nature est le domaine du déterminisme, et le surnaturel est le domaine de la iilit rté. (Ju'on veuille bien le reuianjucr : le surnaturel ne supprime pa<. ne nie pas la nature; ce serait se supprimer, se nier soi-même ; pour qu il y ait quelque chose de surnaturel, il faut qu'il y ait quelque chose qui soit naturel. Les partisans du surnaturel ont cru quelquefois utile, pour le défendre, de mettre en question la réalité des lois qui régissent les forces de la nature; ils ont fait remarquer que ces lois n'étaient après

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tout que des généralisaliuns de rcxpéri»'ncp, des altstractions, par conséquent, des créations de l'esprit buuiaiu auxquelles rien dans le monde réel ne répondait exactement; ils ont parlé de la contingence, de rélastidté, de la variabilité de ces lois. Ce sont là des considérations qui ne peuvent avoir d'autre effet que de ( oniproinettre la cause du sumaturei auprès de nos couteniporains, de plus en plus convaincus de la fixité des lois de la nature. Non. le déterminisme rb^no dans la natiirp, et la scienco a raison de le constater et de le proclanirr. Mais, la nature n'est pas tout l'tHre ; elle n'est (ju'uu degré inférieur de IVtre : il \ a audessusd'elle le monde de la liberté, le monde desétresqui se connaissent et se possèdent, qui ne sont pas seulement déterminés, mais qui se déterminent. A. ce point de vue, Dieu n*est pas le seul être surnaturel. Toutes les créatures auxquelles il a donné la liberté sont rendues, par ce don glorieux, supérieures ù la nature, et peuvent être appelées, elles aussi, en un sens, surnaturelles. L'homme, par tout un côté de son être, par celui où il est placé sous le gouvernement des forces phvsiques,chimi(iues. l)liysiologi(}ues, etc, appartient à la nature; mais, en tant que se gouveruant lui-même, disposant de sa personne, disposant de la nature eu vue de ses desseins, il appartient au monde surnaturti. La créature libre avec le Dieu personnel, d'un côté, et le surnaturel, de l'autre, sont des affirmations étroitement solidaires. Qui admet les premières devra logiquement admettre la troisième; qui nie celle-ci ne pourra maintenir les deux premières qu'au prix d'une flagrante inconséquence. — Cela ressortira avec plus de clarté de ce qui nous reste à dire du témoignage île la conscience morale et de la conscience religieuse. Nous ne rappelleroiis pas comment la conscience morale postule avec l'autorité absolue qui est la sienne, la liberté de l'homme et la personnalité de Dieu, c'est-à-dire l'existence d'un monde surnaturel. Nous voulons seulement faire remarquer que, posant comme un axiôme la valeur souveraine du bien, la conscience morale affirme par là mêmiB que toutes choses n'existent que pour servir à la réalisation du bien. Or, le bien ne pouvant, toujours d'après la conscience morale, (Mre réalisé que par la liberté, il faut qu'une place ait été réservée à cette dernière, au sein du déterminisme de la nature. 11 suit de là que riiomme, eu sa qualité d'être moral, c'est-à-dire appelé à réaliser le bien, est supérieur à la nature ; il né doit pas se laisser déterminer absolument par elle; il doit se déterminer et même la déterminer, dans la mesure où le triomphe du bien l'exige. Voilà l'idéal. L'homme réel ne répond pas complètement à cette souveraineté que lui propose, que lui impose sa conscience îiiorale. Il y répond si peu et il consent si aisénnuità se laisser asservir, que c'est une (|uestion fort débattue de savoir s'il est libre en fait. Ceux-là mêmes (jui affirment avec le plus de résolution qu'il l est, sont contraints de confesser que sa liberté est toute enveloppée, toute pénétrée de nécessité. Pour triompher de la nature mauvaise qui est devenue la sienne, pour recouvrer et réaliser saliberté, l'homme sent le besoin d'un secours supérieur. Ainsi, de quelque côté ■ que l'on envisage la question, la conscience morale postule ou suppose le surnaturel. — La conscience religieuse le kit avec encore plus d'éclat.

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Qu'est-ce que la religion ? C'est, tlit-on couramment, l uniou de riiomiue avec Dieu. Mais, suivant les uns, Thomme est passif dans cette union; suivant d'autres, c*est Dieu. Les premiers entendent la religion d'une détermination imprimée par Dieu à rhomnic tout entier qui ne lait que la subir ; les seconds entendent la religion d'une aspiration, d'un mouvenientdr riiomme vers un Dieu immohile qui sclaisse approcher, conteinitler. adcirer. Ces Tarons (i'eulen<lrt' la reli-^rioii sont, l'une aussi bien que l autre, des j)niduils de la réflexion «les piiilosophes ou «les tht^olngiens. L'iiuniauilé n'a jamais compris de la sorte ses rapports avec la divinité. Nulle part et à aucune époque, elle n'a cru et pratiqué une religion qui n'admit pas tout à la fois une action de Dieu sur Thomme et une action de Thomme sur Dieu, qui ne fût pas un échange réciproque entre les deux, un donner et un recevoir mutuels. Ce qui réalise donc le rîipport essentiel enlre l'homme et Dieu, c'est la liberté, et le suriiatiirel. dans le sens lartre où ium< l'avons défini, est comme l'élément où se meuvent l'àme liuiiiaiiie et IVsijril divin, vivant l'un dans l'autre, l'un pour l'autre. — Cette nécu^^ilé du surnaturel, pour qu'il y ail rt-ligiou, devient encore plus évidente, quand on considère l'homme tel qu'il est en réalité, et quand on le met en présence de cette Vie supérieure dont il porte en lui-même l'idée et le besoin. L'homme se sent séparé de l'être infini par son ignorance, par sa culpabilité et par son asservissement au mal. Il faut que ces trois obstacles soient enlevés pour qu'il soit capable de s'unir avec Dieu. Or, Dieu seul peut se faire connaître à rhoinino; Dieu seul [x'ul assurer le pardon ; et seul aussi, il peut afTranehirdii mal et réjxénérer. Toutes ces actions sont des interventions por-itivcs la liberté diviue dans le cours de la nature et dans la vie de l'individu. Ce sont des actions surnaturelles. Vue par ce côté, la religion peut être définie le recours de la misère humaine à la pitié divine, et la présupposition fondamentale^ la condition même de son existence est la foi au secolirs divin, c'est-à-dire la foi au surnaturel. On sait le rôle que joue la prière dans toutes les religions ; elle est, dans toutes, la manifestation la plus autlu ntique et l'exereiee je plus nécessaire delà piété. Or. tlli'ii"e?t rien si ell<' n't st pas une aetiou de l'Iionnue sur Dieu, provo'|uaiil une action de Dieu sur l'homme (voir l'art, prière]. Aussi bien c'est un fait qu'il n'y a pas eu de religion sans surnaturel, comme il n'y en a pas eu sans prière. Chose étrange: on a prétendu tirer de là un argument contre le surnaturel. On pourrait tout aussi bien conclure de l'existence d'une multitude de fausses religions, qu'il ne peut pas y en avoir une de vraie. N'esl-il pas manifeste, au contraire, que c'est parce que la nécess ité de la relijjinnet celle du surnaturel sont l'une et l'autre fondé<>s ilan? U nature humaine, (|ue partout les hommes ont eu des religions nièiue erronées, et ont cru à un surnaturel, inéiiie absurde et confruuvé? — Commec'est surtout dans le domaine rolij^i ii\ que la question du surnaturel est posée, ce terme a été réservé pour désigner le surnaturel ^ vin, c'est dans ce sens restreint et spécial que nous l'emploierons dé90^ mais dans cet article. — Dans le christianisme, le rôle du surnaturel est considérable et caractéristitjuc. II ne s'y présente pas comme une a<ldition accessoire, comme un ornement ou comme une preuve. Le suraa-

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turel, dans TEvangile, c'est l'Evangile même. Tout entier, celui-ci est une intervention de Dieu pour affranchir l'hommecaptif du péclu' t | >ur le créer à nouveau, une rntreprisede Dieu pour rompre le fatal enclialnoîiifiit du mal et lui siihstitiier l'iifuroiiso solidarité du bien. Christ en qui il se résume est, si l'on peut ainsi |iarl<T. le surnaturel incarné, Dieu fait homme. Supprimer le surnaturel dans l'Evangile, ce n'est donc pas se débarrasser de quelques pièces surajoutées, de quelques superfétations gênantes, enfin de quelques parties extérieures dont il puisse se passer; c'est supprimer sa substance même, ce qui le fait être une action secourable de Dieu, c'est-à-dire justement ce qui Ta fait appeler Evangile. — Le surnaturel se traduit, se rend visible et palpable par des actes sur* naturels qu'on appelle miraclès. L'idée du miracle est plus étmite que colle du surnaturel. Elle s'attache à d^s actes particuliers, tandis que l'id.'e du surnaturel couiprend, dans sa généralité, le Dieu personnel, les êtres libres formés à son image, tout un monde aussi nmltiple et aussicomplc.xe que l'univers matériel qui resplendit à nos regards. Le miracle est une des manifestations du surnaturel ; nous le définirions to lontlers une action spéciale de Dieu. — On distingue les miracles spirituels et les miracles matériels. Les premiers constituent le fond même de toute vie religieuse. C'est d'eux que nous parlions quand nous rappelions tout à l'heure cet échan;j;e incessant ([ui s'établit entre l àme pieuse et Son Dieu : la conversion, l'assurance du pardon, la victoire sur la tentation, la réalisation <lubien à tous ses degrés et sous toutes ses l'ormes, la communion avec Dieu,riDteliigeace de sa parole et de sa pensée ne se produisent pas sans une intervention spéciale et efléctive de Dieu. Ce sont des miracles spirituels qu* on a pu appeler les miracles permanents. Ils se répètent et se renouvellent sans s^épuiser dans toute dme vraiment religieuse. On pourrait aussi les appeler miracles nécessaires, parce qu'il ne saurait y avoir, sans eux, de coniiniinion réelle avec Dieu. Contt ster la [)o-sibilité ou la réalité de ces niirarles reviendrait à contester la possibilité ou la réalité de toute religion vivante. On ne peut du reste les démontrer à autrui : ils sont affaire de fui et d'expérience individuelle. Nous rangeons dans la catégorie des miracles spirituels les fiiits d'tn«piVa/îon(voir ce mot). Us se distinguent de ceux dont nous venons déparier par b ur de<;ré, mais non par leur nature; ils s'en distinguent aussi par leur finalité : ilsont en vue, non plus seulement, le développement de la vie spirituelle d'un individu, mais celui de la révélaliiui divine dans le inonde; ils font de celui en (jui ils s'opèrent un orgaiu; spécial de Dieu parmi les hommes. — Les miracles matériels ou extérieurs s'accomplissent dans le monde visible, sur la matière organisée ou inorganisée. Ds sont nombreux dans les documents de la révélation chrétienne, et s'y présentent sous des formes diverses : guérisons de malades, multiplication de pains, résurrection de morts, etc. On ne saurait soutenir que ces miracles soient nécessaires à la vie religieuse au môme degré que les premiers, ni qu'ils doivent se répéter constamment et en ton! V\cn. Le niot de miracle, tout seul, désigne ordinairement les miraelos extérieurs, •>( c'est surtout au sujet de ces miracleslà que s'est engagée une controverse déjà ancienne et qui n'est pas près

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de finir : on conteste à la fois leur réalité et leur possibilité. — Ia piemière chose à faire dans cette discussion, c'est de marquer nettement le caractère des miracles dont il est question. Il ne s*agtt pas detoote espèce do faits surnaturrU '|u'od pourrait imaginer ou dont on pouniit recueillir la description dans los diverses reli;.;ions ol dans les diverses li^pendef; drs penplos. Il s'agit des niiraclos chrétiens. Or, quelle e?t l'idôe que nous donnent du miracle les documents évan^'éliques qui nous ont ( oiiscrvé les récits de ces laits extraordinairt-s ? Nous y rencontrons toujours le miracle rattaché au plan divin de la rédemption et accompli par un homme (ou un ange) employé à ce grand ouvrage. Il est mi que la rédemption est avant tout une œuvre spirituelle. Mais, ainsi que le foit remarquer Rothe, Dieu ne veut pas agir magiquement sur Tàme humaine, ce qui serait détruire son caractère moral et la &iie descendre de la dignité de personne à la condition inférieure de chose; il prend donc un détour et passe par le monde extérieur pour pénétrer i jnsqn'fi l'esprit. Il accomplit <los actes extraordinaires, qui apparaissant coiuuie étant en drliors cl au-des-ius du cours naturel des choses, qui ' ne peuvent s'expliquer par le seul Innctioiinement des forces d drs lois de la nature, qui ne peuvent se comprcnJrequc par l intervention d'une puissance supérieure. De tels faits éveillent l'attention, provoqueutla réflexion, placent vivement ceux qui en sont témoins en présence du Dieu Tout-Puissant. — Si le miracle se bornait à révéler la toute puissance de Dieu, il aurait un caractère peu moral et peu religieux : la convictioa que Dieu possède tui pouvoir sans limite et peut faire ce qu*il lui plaît, n'a rien de très relevé ni de très sanctifiant. Mais toujours le miracle révèle en quelque façon avec la puissance de Dieu sa bonté : par le seul fait qu'il se produit comuie un acte de Dieu, il donne une preuve seiisible de sa sidlicitude pitur les hommes; il le fait voir, intervenant p<»ur éclairer, pour secourir, pour sauver. Quand il n'a pas pour luit innuodial ! de guérir un homme de quelque mal ou de le consoler de quelque douleur, et même quand il a ce but, le 'miracle est ainsi fait qu'il préaeate comme une image visible des miracles spirituels du royaume de Dieu; il symbolise en quelque mesure l'œuvre de rédemption. Enfin le mincie éignate l'instruinent humain par lequel il est accompli comme un envoyé spécial, chargé d'une mission de Dieu auprès des hominos. Il rend attentif à la vérité que cet orijane (le la pensée divine doit pn)clamer. Le miracle est donc un prodi};e (-ripa;), la puissance de Dieu en action (vioy :), un ^il:ne (TrjjjLîTwI. et ce sont les noms donnés au miracle dans le NouNcau Testament, traduction des noms (jui le désignent «U'jà dans l'Ancien. — Le miracle ne produit pas nécessairement la couvictioo. En présence de ce fait religieux, comme en présence de tous les autres, rbomme reste un être libre et moral. Il ne peut pas, cela est vrai, os i pas être étonné, effrayé ou ravi. 3fais il peut ne pas croire. Le mizade ^ est une manifestation qui peut n'être pas comprise, une preuve qui peot être tournée. Le miracle est à sa façon un appel de Dieu, qui peut rester sans réponse. TI révèle la présence et l'action de Dieu, mais à ceux qui croient en Dieu ou sont disposé!^à croire en lui. Ceux (jui ne croient en Dieu ou ceux qui ue veulent pas le reconnaître, trouvent toujours un

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mKVi'n (l'tVIiapper à la .It-nmiistrati^in du miracle, \r.\rcc que rôvidonr.e lie la manifestation divine, tout en y étant pour ain<ii dire palpable, n'y est pourtant pusabsolue. Spinoza n'avait pas tort quand il taisait observer que le miracle étantfini, ne pouvait manifester avec une i)leine évidenceTinfini. Les considérations morales doivent s'ajouter à l'impression sensible pourqu\in fait, quel qu*il soit, paraisse une révélation de Dieu. — il s'en faut que les Evangiles nous montrent tous les témoins des miracles de Jésus-Christ devenir ses disciples et ses croyants. Jésus-christ fait des miracles pour prouver qu'il est le Messie et qu'il provient du P.'>re (Matlh. XI, 1-5; XII, 28; Jean V. :m; X. 'Mi-liH: XIV, It; cf. Act. III. 10; IV, 18; 1 Cor. XII, 5); eela n'aurait jamais dû (Hre contesté. ÎI n'en est pas moins vrai qu'il ne fait pas grand fond sur une foi qui n .lurait pas d'autre cause que les miracles (Jean II, 2 i) ; qu'il félicite ceux qui ont cru sans voir (Jean XX, 29) ; qu'il regarde comme le signe d'un de* gré inférieur de spiritualité le besoin de voir des miracles pour croire (Jean IV, 48) ; qu*il exige une certaine foi des malades qui veulent être guéris par lui (Matth. IX, 28-29; cf. Act. XIV, 9) ; que cette foi préalable est, d'après lui, non seulement h condition et la mesure, mais la cause du miraele (Matth. IX, Marc X, ; Lue VU, TiO, etc.^ et qu'il .'s( dit en .Matth. .XllI, ri8. qu'il ne lit pas beaucoup de miracles dans un eii lroit à cause do l'incrédulité des habitants. — Tels sont If s caractères des miracles dont on conteste la réalité et la possibilité. Quanta leur réalité, nous ne pouvons entreprendre de la démontrer ici ; c'est une question qui ne saurait être décidée en bloc, par des considérations générales; il &utpour chaque miracle ou pour chaque document racontant des miracles un examen critique particulier. Tout ce que nous voulons dire ici, c'est que la réalité d'un miracle se constate de la môme mani6re que celle de tout autre fait historique; que le miraele le plus significatif et ieplus essentiel, celui de la résurrection de Jésus-christ, est aussi le plus certifié; que les épîtres incontestées de saint P;iul constituent une base solide et inébranlable pour fonder la réalité des miracles; et enfin qu'il serait facile de montrer <iue, sans miracles, l'histoire de Jésus-Christ serait plus étonnante et plus surnaturelle qu'elle ne l est avec des miracles ; pour mieux dire, elle serait antinaturelle. « J'ai besoin des miracles, disait Rothe avec raison, pour comprendre Thistoire. » — Ndus examinerons rapidement les principales objections &ites à la possibilité du miracle. Nous ne relèverons pas celles qui proviennent d'un point de vue franchement panthéiste. II est évident que le panthéisme ne peut admettre pas plus le miracle que le snrnaturel. L'un comme l'autre supposent une distinction réelle entre Dieu et le monde. C'est seulement sur le terrain de la personnalité de Dieu ijue la (juestion peut se poser. D'après ce que nous avons dit plus haut, la personnalité de Dieu entraine, à nos yeux,' la réalité du surnaturel et la possibilité du miracle. Toutefois, il s'est rencontré des théistes, fermement convaincus de la personnalité de Dieu, et non moins fermement convaincus de l'impossibilité du miracle. Leur grande objection est ce qu'ils appellent Timmanence de Dieu. Ils ont raison d'abandonner Tancien déisme qui mettait un abîme entra Dieu et le monde, et ne concevait pas qu'après avoir

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cvrà la i^rande macliine do l'univers, lo civatour t-ùt encore à sVcupor de la Caire iiiarrin r. Dieu n'est st''j)art'' «le son œuvre ni par sa lîmiuleur, ni pur son inUilIérence. Il l'enveloppe et la pénètre de sa puissance, de son esprit, de sa sollicitude ; c'est sa volonté qui a fait l'exisleoce universelle et qui la maintient; s'il cessait, ne fût-ce qu'un instant, de m* loir l'univers, celui-ci disparaîtrait dans le néant comme un rêve. Os fait bien de reprendre au panthéisme cette vérité de l'immanence diviii<qu'il a merveilleusement développée, qui fait sa force et son priocipal attrait auprès des âmes religipiises, mais qui ne lui appartient pasoxclusivement. Saint Paul s'écriait : « Nous vivons, nous nous mouvons et nou« soinnit s en lui. » i.\el. XVIÎ. :iS'. On peut aller aussi loin i|u'on voutlni dans celle allirmalion di; riiniuamMice divine, à la comiitinn tpn- l'on maintienne avec une égale force la transcendance de Dieu. Dieu est dans le monde, mais il est distinct du monde et supérieur an monde, là est la vérité complète. Sans la transcendance, l'immanence n'est plu qu'un mot pour déguiser la confusion, l'idendité- de Dieu avee le monde. Sans rinimanence, la transcendance n'est qu'un mot pour déguiser l'inutilité de l'hypothèse d*un Dieu. Qu'on ne se laisse pas tromper par de grandes expressions, l'une de ces porfections sans l'iuilrc. c'est, eu réalité, la négation de Uicu môme. Mais l'une et l'autre réunies donnent le Dieu vivant et v:ai; et, du coup, elles fondent la possibiiil'' du miracle. Dieu est distinct du monde par sa personnalité, par sa volonté, intelligente et consciente, par sa liberté, c'est le surnaturel. Dieu est dans le monde, c'est pourquoi il peut y agir et s'y manifester : c'est le miracle. S'il était hors du monde, il ne pourrait agir dans le monde; s'il n'était pas transcendant an monde, il ne pourrait pas se distinguer de lui et, par cvonséquent, agir sur lui. L'immanence de Dieu n'est one objection réelle à la possibilité du miracle (]U(- lorsqu'elle est poussée jus«ju'à ridcntification de Dieu avec le monde, de la volonté de Dieu avec les fore s et les lois de la nature, enfin jusqu'à la négation de la transcendance divine. Mais, c'est alors la négation de la personnalité de Dieu, le panthéisme cf. W. neyschiag. dir \ isii>iis hypnih. dans les Slud. u. K> lùk.y 1870 p. 238-^48). — Le théisme fait d'autres ubjecliuuâ à la possibilité du miracle. Celles-là sont renouvelées du déisme dont les théistes se plaisent à dire tant de mal. Le miracle, dit-on, est eneuntn^ diction avec l'immutabilité divine : il suppose que Dieu n'agit pts toujours d une manière identique et semblable à elle-même ; qu'il wie quelquefois son action. Il n'est donc pas toujours le même. Or, l'iounstabilité n'est-elle pas le caractère nécessaire de l'être absolument parfait? S'il changeait, ce ne pourrait être que pour cesser d'être parfait ou pour le devenir davantage, deux suppositions également inadmissibles. De plus, le sentiment religieux réi lame nii Dieu en qui l 'tn puisse se cunlier absolument, parce qu'il reste éternelleinent le uîtiue. Tel n'est pas le Dieu du mirach , puisque c'est un Dieu changeant. SU a changé une fois à notre profit, qui nous garantit qu'il ne ehangen pas une autre fois à notre détriment? Ainsi, le miracle, mettant de h mutation dans l'être infini, porte atteinte du même coup à la notion philosojihique et à la notion religieuse de Dieu, L'objection confond

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doux choses qui (lr»ivoiit vive distiiigu/'cs : Dieu et son action. Dieu ne saurait changer, mais l'action de Dieu "peut changer. On peut .se représenter telle occurence où Taction de Dieu doit changer, pour que Dieu même ne change pas. Du moment que Ton admet la liberté dans les créatures, on doit admettre la possibilité qu'elles prennent des résolutions, en face desquelles Dieu modifiera son attitude et son activité à leur égard, sous peine de n\Hre plus le Dieu saint et hon. L'immutabilité morale de Dieu entraîne la varialtilit»' dans l'action diviiif m face de la variabilité humaine. La divinité impassible et inmi(dtili', qui agit éternellement de la môme manière, à la façon d'une force aveugle et fatale, qui n'est pas plus maîtresse de sa puissance que le soleil n'est maître de ra chaleur et de sa lamiëre» n*est pas plus le Dieu qu*il faut à Tàme humaine que la divinité mobile et capricieuse qui change sans raison et sans cesse. Le miracle ne s'accorde ni avec l'um^ ni avec Tautre de ces deux notions. Il est l'œuvre d'un Dieu immuable dans son caractbro moral et dans ses desseins, d'un Dieu <jui a mis la liberté dans sa créiiture et n'est que lidMc àlui-nièmeen en t«'n;inl coniplo dans sa ])rMpre activité ; il «e rattache à tout un vaste plan conçu rt exécuté par l'amour infini et éternel (cf. Jalirb. f. deutsche Theoloyie, II, die G'Sr.hichte d, Lehre v, d, (Jntermnderlichkeit Gottet, de Dorner). — On objecte alors, non plus Timmutabilité, mais la sagesse de Dieu. Cette sagesse infiuie a eu plus de prévoyance et d'habileté que les partisans du miracle ne supposent, dit-on. Le Créateur a tout arrangé de telle sorte qu'il n'eût plus jamais à intervenir; (jue les égarenionts de la liberté Inimainr fussent inévitablmnent cm'rigés par le cours naturel des choses, et (jue le niouvcnienl de l'existence, gouverné par les lois générales de l'univers, ramenât finalement tous les êtres dans l'ordre et dans le bien. Cette conception d*ttn ordre universel, et, comme on dit aujourd'hui, d'une évolution universelle conduisant tous les êtres, à travers mille transformations et mille vicissitudes jusqu'au sommet du bien et du bonheur, n'est-elle pas plus conforme à l'idée que nous devons nous faire de la sagesse et de l'amour infinis, que la supposition du miracle *\ni amène sans cesse le divin mécanicien à mettre la main à s<'i machine pour réparer tantôt im rouage, tantôt un autre? Il y a, en eilet, dans cette conception, un optimisme généreu.xqui attire et séduit; mais, quand on va au fond, on s'aperçoit que, sous ces belles apparences, se cache une doctrine de fatalisme qui ne peut être acceptée ni par la conscience morale ni par la conscience religieuse. En effet, dans ce point de vue, l'œuvre morale, l'œuvre de la rédemption ou, si l'on veut, du perfectionnement des hommes est confiée, non à la liberté, mais à l'ensemble des choses. Peut-on bien encore parler de liberté, quand tout a été prévu ot prédéterminé <lans l'ordre universel, et ipiand la conclusion liuale do tout développement est assurée d'avance et inévitable? Ce qu'il y a de certain, c'est que cette doctrine tend à inspirer le quiétisme le plus complet, Tindifférence la plus entière quant à' nos ^solutions et à nos actes. Puisque l'ordre universel doit à la '^ftn ramener dans l'harmonie tous les êtres, pourquoi m'inquiéteraîs-je de moimême? Pourquoi prendrais-je la peine de lutter? A quoi bon entre*

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prriulrc |)rémalur('iiionl de m'airranchir «le rptlf pa-i>ion «iont le temps me libtTora certaiiu'inenl, et J6 me donner à grand ••Horl c«tte vertu dont le mouvement naturel des choses ne manquera pas de m'oniv? Je n'ai qvCh m'abandonner au fleuve de l'existence et à me laisser bercer par ses flots. Je sais qu'ils ne peuvent me porter que vers d'heureux rivages. Voilà pour le point de vue moral. — Au point de vur religieux, cette doctrine tend à éliminer Dieu de notre vie spirituelle, p<iur mettre h sa placo nn anonyme, un impersonnel, un in. oiHfitnt. l'ordre universel. Elle ne nous permet p:is de voir la main *le Dm dans les évj'iieinents de notre vie, ni de reconnaître sa voix dans les appels qui arrivent à notre conscience. Partout, les lois générales, les forces de la nature, le cours des choses, Tordre éternel. Nulle ppit* un Dieu qui pense à moi, qui me cherche, qui m'appelle, auquel je parle et qui me répond. Cette belle conception peut inspirer de la résignation, deja sécurité; mais elle éteint la prière dans les âmes. D'ailleurs, ces eomparaisims si usitées de l'horlofrer qui doit à plu'^n'iir* reprises retoucher son liorloije mal faite ou usée |H)iir en réparer et on rermuvelcr les roiM;'-es. n'ont guère de rapport avec le miracle. Quel est le rouage «le la nature que le miracle ait pour objet de réparer? Pourrait-on citer un seul miracle de l'Ancien ou du Nouveau Testament qui trahisse une pareille prétention ? C'est de la réparation de rbomme qu'il est uniqnement question : les miracles chrétiens n'ont pas d'autre but. Est-ce que Von voudrait dire que l'homme est justement un de re< rouafres de l'univers que l'on ne doit pas supposer susceptibles de :e déraiiL'^er, et par eoiHéijuent, de réclamer une réparation de la niaiinle celui (jiu les a laits ? Cela signilierait que riiommc est toujours ce qu'u doit être, dans le plan du Créateur; qu'il ne peut pas pécher, c est-àdire qu*il est sans liberté : nous reconnaissons sans hésiter que, danses cas, le miracle ne se comprendrait pas. Mais, si l'on croit que Dieu a fait l'homme libre, c'est-à-dire capable de s'élever à la plus haute dignité, mais capable aussi do déchoir et de se perdre, on doit pen$er([ue l'amour divin s'est réservé les moyens de venir au secours de I i < réntnre à la(pielle il a eniifié un si glorieux, mais si périlleux pouvoir.En en inl riuunuïe à son imatre. Dieu a inlnMlnit la liberté au ^ein du dét^rminisniede la nature, et non pas seuleuiciit la liberté de l'homuic, mais la sienne aussi. En constituant de la sorte le monde moral avec ta chances redoutables et avec ses sublimes perspectives, il a liût quelque chose de plus grand, de plus digne de lui qu'une machine admirable, fonctionnant sans sedéranger jamais, in taeeuia iseeulorum; mais, il s est engagé, si Ton peut ainsi parler, à intervenir pour sauver rhonune de ses égarements, et potir le sauver sans détruire sa liberté; il a fondé la possibilité du mira<-le (cl". Charles liois, /{rof/ilf lifjrr/f'. \m.), p. 184-211). — An fond de cns (d)jections, se r.n lie une conception du miracle qui a été trop longtemps celle de la dogmatitjue chrétienne. Une notion plus exacte l'a remplacée chez les partisans intelligents du miracle, mais elle a été retenue par ses adversaires qui la trouvent commode sans doute pour leur plaidoirie. C'est cette défi» nition du miracle en vertu de laquelle il est une violation ou uneiu»-

SURNÂTUliËL. 1003

pension momentanée des bis de la nature. On voit d*ici toutes les

conséquences qu'on peut tirer contro le miracle d'une tello drlniition : Dieu se contredit, il vput les lois do l;i nature, et il les viole ; un seul iniraclf sf>r;iit lo boiilovorseinont de l'univers, car tout so lient dans le monde, et violer une loi, c'rpt les vi(di'r toutes, ete. Le mnllienr est que rotte définition du miracle, ne se rencontre aujourd'hui, nous le répétons, que chez ceux qui attaquent le miracle. Pour nous, nous Tairons défini une action spéciale de Dieu. Il nous reste à montrer qu'une action de Dieu, pour être spéciale, n'est point nécessairement contraire aux lois de ta nature. On peut supposer avec Rothe {ZurDogmaiik, p. 96-1 0'i) deux sortes de miracles, que nous appellerons, les nils, miracles absolus, les autres mîrarles relatifs. Nous n'examinons pas ici la question de savoir si cette distinction est bien fondée. Nous ne mettons pas en doute. a>surénient, (jue des actes créateurs soient en tout temps et partout possibles à Dieu, mais nous sommes porté à penser qu'il n'y a pas de miracle où Dieu fasse complètement abstraction de ce qui existe déjà, et crée quelque chose d'absolument nouveau, sans se servir à aucun degré de quelque chose d'ancien. Nous inclinons à croire que Dieu part toujours de ce qui est pour lui l'aire enfinfer ce qui n'est pas. La multiplication dos pains, l'eau chantrée en vin que Rothe cite comme les exemples de miracles au sens ;ili.-olu supposent et l'ont entrer comme éléments dans le prodij^e soit l'eau stiit le pain. L'action de Uieu n'est pas absolue du moment qu'elle est relative î\ quelque chose d'existant (cf. G. Fliigel, dan IVunder ti. die Erkennbarkeit Goties^ 1869, p. 34-40) .7- Admettons toutefois pour la clarté de la discussion, qu'il y ait des miracles absolus. La puissance créatrice y agit seule ; elle fait purement et simplement que ce qui n'était pas est. La nature, ses forces, ses lois sont absolument absentes du pbénom6ne. Elles ne sauraient donc y être ni violées ni suspendues ni contrariées. Le conllit n'est pas possible du moment (ju'il n'y a <iu'un seul acteur, Dieu. Seulement, par le fait que ces créations nouvelles sont accomplies au sein de la création déjà existante, elles sont placées sous le gouvernement des lois qui régissent cette dernière. Introduits par un acte absolu de Dieu, ces foits nouveaux entrent dans l'enchalaement des causes etde^ effets, sous l'action des forces universelles, dans l'échange des actions et des réactions, enfin se comportent comme tout fait naturel, selon leur caractère propre, et ne troublent en aucune façon l'ordre de la nature (cf. Ch. Renouvirr, Essai r/e crittijup tjf'',irt'iil<\ t. H, p. .3.'i.'l-3i^\ — Dans les mirach^s dits relatifs, la puissance divine pruute SOS matériaux à la nature, les traite conformément aux lois de la nature, avec le concours des forées de la nature, et elle produit ainsi des faits qui ne fussent jamais sortis de la nature livrée à elle-même. L'action de Dieu est ici analogue à l'action de l'homme. Le savant qui connaît les forces et les lois physiques sait les feire servir à ses desseins, il les combine, il les neutralise les unes par les autres ou les associe, et crée, en (fuelque sorte, des corps que la nature n'eût point produits toute seule. Celuicpii connaît les forces elles lois a;:is?ant danslemondo organisé, sait, par une culture appropriée, par une sélection intelligente

SURNATUREL

produire des plantes et même des animaux tout autres que ceux de h

nature. Dans? toutes cos action?, l'homme se montre capaltle <r ajouter à la nature sans violer la nature. Or le pouvoir de l'homiue est limitt» de tous côtés par Sun ij^nurance. Mais que l>ieue.\erce une action du intime genre dans le monde, couime il n'y a pas de limite à son savoir, cuuime il tient en ses mains toutes les forces de l'univers, il pourra produire des faits qui étonneront, qui sembleront peut-être des violations manifestes des lois de la nature, et qui pourtant auront été accomplis avec le concours de CCS lois. Il Tant se rappeler ce qui arrive constamment sous nos yeux : quand plusieurs Hirres agissent ensemble sur un point, si une force nouvelle s'ajoute à elles, la résultante petit être fort peu seinblaldr l't même diamétralement contraire à ce qu'elle fût été ^.ln^ celte adjonction. Mais cette résultante se produit sans altérer ni la nature ni les lois d'aucune des forc-es qui agissaient avant riutervcntioa de la force nouvelle. Chacune d'elles continue à agir comme auparavant, et son action entre pour sa part dans l*effet fioal. Ainsi, Dieu, qui n'est pas seulement intelliirencc etvolonté mais qui estaussi puissance, peut ajouter son action à celle des forces de la nature sans violer leurs lois, quoique extraordinaire que soit li> résultat de cette intervention. <jni^ l'on ne parle donc plus<lu iMUilcverseinent qu'apporterait dans le nii>nde le miracle, violation oususpensiun des lois delà nature. C'ert une couceptiuu et c'est un argument qui ont ensemble vieilli, et ne sont plus démise. — Nous en dirons autant d'autres objections plus fameuses que solides, qui reposent d'ailleurs sur cette définition inexacte et délaissée du luiracle. Hume(£'s«at sur les miracles) niait jusqu'à la possibilité de constater et de prouver un miracle : la négation des lois <le la nature ne pcut^tre attestée, disait-il, par l'expérience dont la certitude est foiiiiée sur la réffularité et la permanence des lois de la nature; d'ailleurs, ajoutail-il, il faudrait connaître parfaitement toutes ces lois pour décider tiuviiienl qu'un fait leur.est contraire ou supérieur. Ce qui n'empOche pas les aoteurs de cette objection de rejeter la réalité de ct-rtains faits uniquement parce que ces &it8 seraient surnaturels. On ajoutait encore qu'il sent toujours plus probable que les gens se sont trompés ou ont vuulu tromper, qu'il ne le sera qu'une loi de la nature a été violée. Rotlie Znr Dogm., p. lOlMlO' a fort bien répondu en queb[ues mots à ces dillii'iiltés qui ne prouvent guère que la ferme résolution de ne croire à aïK'iin miracle, en fùl-on témoin >oi-ménie. Stiiarl Mill i Si/sirr/i <>fltnjic,\\,Y- UtO déclare que tout ce que Hume a démuutré, c'est qu aucune preuve De peut prouver un miracle à un athée, ou à un déiste qui se cmit en étst d'établir par arguments que Dieu ne saurait intervenir pour produire le fait en question. Nous ne citons que pour mémoire et non sans souriie l'objection de M. Renan qui demande pour croire à un miracle qu'il soit plusieurs fois répété devant une commission de l'Institut! — Nous ne pouvons quitter ce sujet sans signaler un ouvrage «le M. C. Malan lils, Los luirnc/rs sotit-i/s n r/lctneiif des faits surntiliiirh? }^^' ris, 18ti;i^, où est e.xposé un point de vue original et profond. L'auleilT soutient que nous connaissons en Jésus-Christ la vraie nature humaine, et que nous la voyons en lui possédant et exerçant les pouvoirs miit-

SUHNATUIIEL

culou\ qn\ lui appartenaient dans la pensée du cnîateur et que le péché lui a t'ait prrJrc. Il suit delà que les laits que imus appelons surnaturels sont les vrais naturels, et que ceux que nous appelons naturels sont sousnaturels. Ceux qui auront lu les premières pages de cet article comprendront qu'il n'y a pas un abîme entre la pensée de M. Malan et la nôtre. — Reste une autre question à éclaircir: quel est le rôle que doit jouer le miracle dans l'apologétique chrétienne? D'après la description que nous avons donnée de l'action des miracles évan^éliques, il semble que c'est surtout ponrleseontemporains qu'ils ont »^lé accomplis, et «ju'ils ne sont pins nécessaires au môme de^r»'- pour des li ctcurs un des auditeurs de ri^vaiiifile, éloij^nés à tous les points de vue des premiers témoins. Uotlie s'écrie: " J'ai besoin, moi, des miracles pour comprendre riiistuire; mais, si vous ne pouvez les accepter, je ne vous les ituposerai pas: bénéficia non obtru' duniur,» Nous ne pouvons que souscrire à la pensée profonde qui se cache sous ces paroles paradoxales. Il est certain que l'on ne peut aujourd'hui donner lei miracles comme des preuves de révélation, puisqu'ils sont prouvés en même temps que la révélation et par les mômes arjfuments : il est certain que des miracles, quels qu'ils soient, ne peuvent fonder la vérité d'une doctrine quelconque puisqiie c'fst la dtjctrine qui prouve, en très grande partie, l'origine divine du miracle et ne permet pas de l'attribuer à des puissances d'erreur (Matlb. XII. 2i-33]. Il est certain enfin que l'essentiel pour la vie religieuse, n'est pas de croire à tous les miracles qui sont racontés ni à aucun en particulier, sauf & un seul qui les contient tous ( Il principe et qui est le plus grand de tous, savoir Jésus-Clirist possédant la vie en' lui-môme i t Im donnant à C'ux qui croient en lui. Pourquoi donc tenons-nous tellement à la possibilité et à la réaliti' des miracles? Ce n'est [)oint par un attacliement peu spirituali-te à des actes extérieurs, à des prodi!;es. Nous tenons à la possibilité du miracle, parce que la négation de celte possibilité, qu'elle soit faite au nom du déterminisme universel ou au nom de l'idée de Dieu, nous ravit le Dieu dont notre conscience religieuse ne saurait se passer, le Dieu distinct de la nature et supérieur à la nature, le Dieu libre et personnel, le Dieu qui ▼ient MU secours de l'humanité, le Dieu qui entend les prières et les exauce, le Dieu quia tant aimé le monde qu'il ad(uiné son fils uniijue pour sauver le monde. Nous tenons à la réabté des miracles : I" parce* que seuls ils nous l'ont c unprendrt! la réalisation liistoritpie de la révélation. Sans eux, nous ne pourrions nous expliquer, par exemple, comment Jésus-Christ a pu croire qu'il était le Messie, et surtout le faire croire; â« parce que la négation des miracles dout sont remplis les documents évangéliques entralue après elle la négation du caractère historique de ces documents. Si les miracles qu'ils rapportent sont faux, nous ne sommes plus assurés d'avoir des renseijjrnements autlieiiliques sur Jésus-Gbri-t. «on caractère, s i doctrine, son œuvre. Nmis ïi avons plus aucune crtitude de connaître et de posséder notre Sauveur. Jésus- Christ nous échappe avec U s miracles qui lui sout attribués. Tels sont les grands intéréû engagés dans la question du surnaturel et du miracle.— La littérature du suji t est abondante. Nous devons choisir. Les ouvrages que nous indiquons ici en indiquent d'autres à leur tour :

SDRNATOREL — TÂIPINGS

J. Mùller, JJisput. de miraculorum J. Christi natura, 183D-1841; K. J. Nitzsch, dans les Stud, ». Kritik., 1843 ; J. KœsUin, De miraculorum qux ChrUtus et prtmifjut dUcipuli feceruni, natura et ratione, 1860; dk Frage ûô, d. J^under, dans les Jahrb. f, deutscfw. TheoL, 1864; Joh. Hirzel, Ueber das inwdrr, 1803 :R. Uothc, Zur JJor/matik, 1863; Aul>erleri, gœltliche OffenbtinnKf, IHlil ; Iit>\ ^ciihijr, die Bedeutinv] des W'uuders, i862; Steinnieycr, dir \Vund*'rth'it>'ii d. Hm n, {WAV. Srfi/t-i>'rmacher, s. Lehre i om \\ undtn' u. l'ont I rh>'i iiaturliclien,à& LolnlIlalz^cll, 1872; Charles liois, l)u surnalurcl^ 1860; JJu surnaturel, réponse à M. Jié ville, 1801 (supplément dd la Revue chrétietvie, août 1861); 2)e la valeur religieme du .tumaturel, 1866; le Miracle et let loi» de k nature^ 1879; Réfille, dans la Nouv, Revue de théol., mars 1861; F. Pécaul, De l'avenir du théisme chrétien, 1864 : le e/in'siianisme libéral et le miracle, 1809; Fr. (iodcl, Les miracles de J. C, 1807; CliarU'S Byso, Le surnaturel, 1880; Crititpte phtlosop/n'fju*', riiKjuit'ine ainitîo : Les tuiracles, p. 1 ss; Les lois udfurt/les, p. 10 ss.; U. Collins, J'/n' iiliiflnsnphy fjf J. C. as unfolded in tite pitysicul aspect of his miracles, 1879 ; Ghiriiighellû, La critica scientifiea ed il Sovratmatih raie, Torino, 1866-1880. Charles Bok.

TÂÎPQIGS. — On donne ce nom aux rrlrbres insurgés qui tinrent en échec pendant quatorze ans (1850-180i) le. ^'ouvornerrif nt chinois; ils nous intéressent au point de vuf reli|^nfuj.\ j)ar les ra[)p(trts qu'ils eurent avpc les missionnaires protestants el les enipnuits (ju'ils firent aiil croyances chrétiennes. — Le promoteur de cette révolution, iiuug-Siu- Tseuen, né en 1813, exerçait la profession de maître d'école. Les |iaroles de missionnaires protestants qu'il entendit en 1833 à Canton, sans en comprendre le véritable sens, et surtout une série de TÎsioDt qu'il eut en 1837, le convainquirent qu'il était destiné à être revêtu des insignes impériaux et appelé à détruire les idoles. L'étude de plusieurs traités chrétiens le détermina à l'oiider, en 18 ii. de nombreuses romiimnaut^^ « d'adoratours de Dieu. » En 1817. il entre en relation avec le iiiissiuiinaire américain Uoberts, mais bientôt il le quitte, et, en 1850, ses uombreux amis et partisans se mettent à détruire les idoles uatioaales. Ls guerre était dès lors déclarée entre eux et le gouvernement impérial. Sin veut renverser la dynastie détestée des BCandchoux qui avait détrôné la dynastie nationale des Mings, et établir t'i sa place celle des Taïpings, c'est-à-dire « de la paix générale. » L'armée révolutionnaire qu'il a réunie s'empare en lHo.'{ de Nankin, dont Sin fait sa capitale, pendant qu'il remet à dix vice-rois l'ailministration des provinces (]iril a couq^uises (près de la moitié du Céleste empire). Eu 1800, Sin appelle auprès

TAIPLNGS — TALMUD

de lui le missionnaire Roberts en qualité de ministre des affaires i^trang^^es. Mais 1rs dévastations et les excès <le cruauté auxquels se livrèrent ses partisans déterniinèrent contre eux une réaction {générale; en 180 i. Nankin leur fut enlevé après un siège ionj; et sanglant : la perte de cette capitale entraîna la ruine liu parti. — Sin proclamait. ('(Hiime principe fondamental de sa révolution, les dix commandements; il répandait la Bible par milliers d^ezemplaires, et fit composer à Tusago du peuple des liYres de piété et des recueils de cantiques. Il proscrivait le culte des images. Il admettait la Trinité dans le sens arieD. Jésus avait été envoyé par son père dans le monde pour éclairer les hommes et les sauver par sa mort expiatoire. Sin, frère cadet de Jésus, était venu sur la terre pour faire connaître les enseignements de Jésus et pour détruire les démons, c*cst-à-duv la dynastie des Mandclioux. Celte prétention nous montre que Sin était bien plus un révolutionnaire politique (ju'un réformateur religieux; c'est donc à tort qu'on a vu dans les Taïjiings àti chrétiens arrêtés dans leur œuvre de propagaude par la persécution. Les Taïpings pratiquaient le baptême, mais ignoraient la sainte cène; ils repoussaient l'usage du vin et du tabac. Le commerce de Topium était ches oui puni de mort, mais ils toléraient la polygamie. Ajoutons qu'ils avaient adopté la sanctification du sabbat. — Voyez Daseler, Mitsions-maf/aztn, 4861-!80:2. E. Montet.

TALMUD. — NoTKs PKKLi.MiNAniF.s. Avant de parler de li vaste eomiiihilion qu'on désigne par le nom de Tahnud. il sera utile de fixer le sens de ce mot, et celui d'un certain nombre d aulres tt'rnies (jui figureront dans cet article. — Tubnud, dérivé de la racine làmad « apprendre », signiiie enseignement^ étude, de même que talmid veut diro disciple, étudiant. Les deux mots sont, que nous sachions, le seul exemple d'une semblable double formation de la même racine; ce sont des néohébraïsmes qui appartiennent au langage des derniers siècles avant J.-G. 2'aimid^ il est vrai, se rencontre une fois» dans le premier livre des Chroniques (X.W, 8); mais l'bébreu classique ne connaît que le nom de ruesrhàrêt (serviteur) donné à Josué ; puis les disciples des écoles des prophètes sont appelés las fils des prophrfes, expression qu'emploient encore les docteurs ou rabbins, en nommant un auditeur de leurs écoles ôar bè rab u le lils de la maison du maître ». A l'origine, lulinid devait être un nom abstrait comme talmud^ et il y a eu, ce semble, un dédoublement où Ton a réservé le sens d*étudiant au premier, et celui d'étude au second. Bans cet ordre d'idées, tatmud, « étude, » est opposé à ma WA, « œuvre », et l'on discute laquelle des deux est la plus méritoire ; on se décide pour la plus grande valeur de Tétude, parce q^ue celle-ci mène infailliblement à l'œuvre. C'est comme nous dirions, que la théorie doit précéder la pratique qui en découle. Il o<l probable qu'on disait d'abord d'une manière plus complète Inlmuil tùràh « étude de la loi » (cf. misclinali Prnh, i, 1). Bien plus tard, le nom de taliitud a été appliqué au recueil qui reniermeles extraits de toutes les études fuiltis sur la Loi ou sur la Bible depuis l'époque d'Ezra ou le cinquième siècle avant Tcre vulgaire jusqu'à la fin du cinquième siècle après cette ère. — Le Pentateuque, dans sa rédaction actuelle, ne fut achevé que peu de temps

TALMUD

avant Ezra. Le grand sm/VV- (<cribi\ ou plnlùt rrudit' marque Té poquo où la loi lut close, et devenait un objet d"«'tude. On lisait l.i Tôrdii et m l'expliquait en public devant le peuple assemblé (Néh. VIII, 8). On n'y ajoutait plus rien, et aucune décision, aucune prescription ne pouvait pins y être introduite. Cependant toute législation, religieuse ou civile, et la loi de Moïse était à la fois Tune et l'antre, a besoin d*étre développée. Aussi Néhéinie et ses successeurs, quel que fût le nom des hommes chargt^s de la direrfjnn de la nation, édictèreiit-ils des ordres, <h'< règjpment< qui, sans entrer dans la Tùrali, n'en avaient pas nionis Inrce de loi. La dt'lensc « (ju aucune charge n'entre dansla ville le jour du sabbat» (Néh. XIII, 10) avait ce caractère. — L'explication de la Loi, les additions et gloses qu'on y ajoutait prirent le nom de mû/nucA; les loisoeuyelles, formulées avec concision et netteté, s'appelèrent halâchâk. Ici encore nous avons deux noms que la langue classique ne connaît pas. Comme pour talmid et tahnud. l'un des deux termes se lit dans \c gme livre des Chroniques (.\III, 2:2 et XXÎV, 27), tandis que l autre, bit-n que probablement aussi ancien, ne se rencuntre pas dans rKiTitun'. Au début, le niidraseli interprète la loi et en l'ait disparaitr.' les obsi iirilés ; il en précise davantage le sens et la portée, et devient une glo;e perpétuelle, qui complète le texte du livre auquel il s'attache. Dans cetoidre dldées, les Chroniques parlent d*un midrateh sur le livre des Hois, et d'un midroich du prophète Idô. Le verbe dâtiuch, d'où ce nom dérive, signifie chercher, s'enquérir, sens qu'a, en arabe, talaba, qui a dimné naissance au mot tnltb « étudiant ; » seulement dans cette dernière lanprue, c'est le diseipb» qui rhinchc à s'instruire, tandis qu'en liéhreu, la racine s'appli(|U(' au maître (jui, à la suite de ses vcherclirs. instruit le disciple. La /;'/Aî<7<a/(, au contraire, est indépendante et ne se rattache à aucun texte, bien qu'elle s'inspire, comme on peut s'y attendre, de l'esprit de la Tôrah. Ne faire entrer dans la ville aucune marchandise le jour du sabbat, n'est qu'une manière de sanctifier le jour du repos et d'éviter tout tumulte qui en amènerait la profanation. — Cependant, cnmnii' la halAcliAli est ainsi, au dernier ressort, une conséquence de la loi, elle peut, si elle est ratlacliée à son princip<> rt formulée à \<\ milite du verset qui renferme ee prinrij)e, se convertir en un iniiirascli et se confondre avec lui. De là, ces deux manières sous lesquelles la lialà- ( hàli se présente plus tard, lorsqu'on se décide à l'écrire. Elle peut être ( \p osée à la suite de l'explication des versets de la Tôrah et se transforme ainsi en midrasch, ce qui a lieu dans Icsirccueils connus sous les Doms de MechUui pour l'Exode, de Sifrâ pour le Lévitique, et de Sifrè pour les Nombres et le Deutéronome. Le nom complet, dont on devrait désigner ces recueils, serait le Mithrisr/i lialnrhàh v décision léirislaf ivr. placée à la suite d'un verset qui en est la ba-e. >> llan iuent on se cuntente de placer la décision, reçue par tradition, au dessous ilu verset, sans la faire précéder d'une déduction, par les règles d'uuc liti:iqu(' spéciale, des paroles du verset; l'énoncé de la halàchAh cesse alors d'être une addition postérieure, il devient le résultat d'une interprétatiDO. Mais la halAcbàh se présente aussi à part et séparée de tout texte biblique ; au moment do sa codification, elle est alors rangée d'après

TilLMUD

les matières qa*eUe embrasse. Le livre qui renferme dans ce cas la 'halâobàh s'appelle Misehnâh, Avant d'aborder celle-ci» nous avons encore à uieoUonner un mot qui, à Torigne, parait avoir été le synonyme de halâchàh; c'est le Mmhag* Balàchâh n'est pas, comme on l'a prétendu, un aramaïsme qui remplace hilchatâ, mot que la version d'Onkelos donnecommc trarduction de l'hébreu m;.v(7/;)<î/(ExodeXX1.9). Car misdijmt est d'ordinaire rcudu dans cotte version par « jugement ») (lin, excepté dans le passage cité de l'Exode, où il s'agit de traiter la servante israéiite selon le droit en vigueur pour une lille libre. Halàch&h, selon nous, est un néohébraisme, imité par la version chaldéenne, et vient de la racine hàlaeh « marcher » ; il signifie la marcbe à suivre, la règle de conduite, exactement comme Tarabe slraf , qui vient de sâra (voir déjà R. Nathan, Aruch^ s. v.). Ce terme se distingue alors bien peu de minhagy de la racine nâhag <f conduire », qui signifie également « règle do conduite ». Toutefois, l'usage a "parfaitement distingué les deux termes : minhag est la coutume établie dont on ne connaît ni la cause ni l'origine, tandis que la halàchAh est connue un article de loi dont on ne connaît [)eut-étre, pas la date; mais elle est toujours considérée comme si elle avait été une fois promulguée et formulée, puisqu'à la rigueur on l'attribuerait à M^flse lui-même, qui l'aurait reçue de Dieu sur le Sinal {halâchàh lemôschéh misiUMu). — Midrasch et haUdiàb, interprétation et décision, se rapportent à la partie législative de l'Ecriture, aux cérémonies et pratiques du. culte et au droit civil. Les textes bibliques qu'ils ont à traiter commencent au chapitre xii de l'Exode; par là débute en effet la Mechiltâ (voy. ci-dessus, p. 1008). Mais la Genèse, les prcmiors onze chapitres de l'Exode et d'autres parties du même livre, telles (jue le passage de la mer Houge, la construction de la tente d'assignation, les derniers chapitres du Deuléronome, * enfin tous les livres historiques et prophétiques étaient également étudiés, interprétés, commentés. L'histoire très abrégée des personnages mis en scène, parut beaucoup trop courte pour l'imagination du peuple, avide d'entendre parler de ses ancêtres ; la tradition fournit de larges et riches suppléments. CSertains événements importants dans la vie de la nation avaient été racontés avec trop de simplicité; la légende colorait les récits et en multipliait les accidents. Les paroles des prophètes furent amplifiées et adaptées souvent aux siècles postérieurs et servairnl dans les réunions des synagogues à corriger les mœurs, à consoler les malheureux, à ranimer les espérances de la nation. Une sentence, empruntée aux Proverbes, était dépouillée de sa forme concise et rendue plus intelligible par les développements qu*on donnait au précepte de sagesse, et par les paraboles qu'on y ajoutait pour donner une réalité sensible à une règle trop abstraite. Nous venons de dépeindre ce qu'on appelle dans l'ancienne littérature postbiblique la Hagâdàh « exposition », ou, sous une forme aramaïsée, Agâdâ, ou bien encore midrasch hagàdâh, dont le sujet varie selon le caractère du passage, en dehors do la législation, qu'il s'agit d'annoter. La hagàdàh devient ainsi exégè.se, histoire ou légende, homélie et parabole (voy. Zuuz, Goltesdœnstliche Vorirœge, Berlin, p. 57 et suiv.). — Dans le cours des déti-

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nitions que nous venons de donner des divers termes rabbiniques, on a pu s'apercevoir de ce qu'il y a d'indécis et de lloltant dans le sens de quelques-uns d enlre eux. Si nous possédions des documents authentiques et datés depuis l'époque d'Ezra, ou pourrait suivre l'histoire des mots et de leur application; malheureusement cm doeuments ii*eiifteiil pas. et à part iaimid et midroieh que nouf Ibont dans les Chroniques, nous ne possédons aucun teite d'une chronologie certaîne, qui remonte an delà de la fin du deuxième siècle après J.-C. Le mot ilr^-rf^zxi de Josè^ {A. J.y Xlll, VI, 2), qui traduit évidemment rhébreu^>ad/<? hnyndnh [voy. mon Essai sur l'histoire de In Palestine, 1807, p. 159) attesti^ *iu moins l'existence de la /laf/àdô/t jionr le dernier siècle avant l'ère rhn^ tienne. Au moment où la littérature rabbinique nous ouvre ses sources, le sens propre de chacun de ces mots n'est pas établi; nous nous trouvons alors en face du Talmud. — lie Talmud se divise en deux grandes parties la Mheknàh; S" la &umârâ qui eet la glose perpétuelle de la Miscbnâh. La Guémârà est celle de Jérusalem, et forme . alors avec la Mischnàh le Talmud jerouschahni a Talmud de Jérusalem», ou relie de la Habylonie, et devient, jointe à la MischnAh, le Talmud Babli, (i Talmud de Babylone ». A part des variantes, pour la plupart iasignitiautes, la MischnÂh est la même dans ces deux Taimnds.

I. La, Mischnàh, de schdnâh, qui dans l'hébreu postérieur a pris le sens d*apprendre, d'étudier, ne se distingue guère de l'ancien iàmad, ndoe de talmud, La forme plus correcte serait mtscAfi^A; mais on rencontre pour les verbes, au troisième radical faible, encore d'autres exemples, où la différence des significations se reflète dans le changement des formes. Or, mischnéh tire son sens de schnnàh « répéter, faire iioe seconde fois », tandis que mischnàh pluriel iniscfuiayôt), e(tmmo nous venons de le dire, sifinilic dans le lan|?a[xe moderne f< ensei^înenient ». Les pères de l'Eglise, comme Epiphaue, ne l'en ont pas nioins rendu par 8cuT£p(i)<n(, en considérant le mot comme un abrégé de 'mùeknék katt&réh (Deutéron. XYII, 18), et l'ouvrage comme une teeonde loi après celle de Moïse. — Notre MischnAh a pour auteur R. lehouda kamâtif «lechefde la nation, «surnommé aussi Hakkàdosrh «le saint »>, sixième descendant du prrand Hillél, le Babylonien (c. 150 à :2I0). On dit auMÎ simplement Uabbi, le Maître par e.xcellence. Sa MischnAh n'était pas la première en date ; il y avait avant lui, pour le moins deux recueil!^ j»ortaul ce nom, dont l'un avait pour auteur il. Akiba,ie même dont leuoiii est mêlé à la révolte des Juib sous Adrien, et l'autre ftit composé par R. Mélr, un des docteurs de la seconde moitié du deuxième siècle, qoi a le plus contribué au relèvement des études rabbiniques après les rigoureuses interdictions qui suivirent la défaite de Bettar. On parle encore tl'autres MischnAh : mais il est douteux, alors, si ce mot désigne simplement l'enseignement d'iui rald>in,ou un livre de décisions sur une niatière déterminée, ou bien un code complet. La MischnAh de U. Akiha, et surtout celle de H. Méir, embrassaient tous les sujets de la législation civile et religieuse. Celle de R. lehouda parait avoir été la plus complète ; c'est la seule qui se soit conservée, grâce à la richesse de son contenu, et probablement aussi par suite de la grande situation de loo

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auteur. Nous savons, du reste, que pour la composer, R. lehouda ras* •embla tous les éléments qui subsistaient des écoles andennes, qu'il ▼oyagea et se rendit auprès des maîtres les plus célèbres de son temps, et qu'il prit finalement la Mischnâh de R. Méir pour base de son tra^ vail. Souvent il la copie textuellement, souvent il l'abrège, d'autres fois il la développe en ajoutant les renseignements qu'il a puisés nillpurs. voire même dans les archives de sa tauiille. Garniiel I, ou l'Ancien, qu'on connaît par les Actes des Apùtres(v. 34), Gamliel II, ou G. de lahnf^h. Simon III, le père de R. lehouda, et surtout les hommes sortis des écoles de Schani-

mal et de Hillél, son aïeul, dcrvaientfoumiràrauteur desmatières étendues pour la composition qu*U méditait et à laquelle il consacrait une grande partie de sa vie. — La Mischnâh est divisée en six sections appelées se-

{iârim « ordres » {séries); chaque s^tion comprend un certain nombre de traités ou masnêchét (pl. mesachtôt) « tissus » {fe.r(iis'), qui se décomposent en ])t'rtilch)i « chapitres, » et haldchôt (pl. de hnlàrhnh) « paragraphes. » (ihiujue paragraphe contient une ou phisieurs décisions. Exemple : « Les ouvriers peuvent réciter le schemâ (premier mot d'une série de versets que Tlsraélite est tenu à réciter matin et soir et qui se composent de Deut. VI, ft à 9 et de Deut. XI, 13 à 21) en restant sur la dme des arbres ou sur le haut de l'échafaudage ; mats ils ne peuvent pas en faire autant en faisant la prière » (M. Berdchôt, chap. ii, § 4). Ici la décision ne rencontre pas de contradicteur. Ailleurs, les opinions ne sont pas d'accord. Exemple : « La prière du nuitin peut se faire jusqu'à midi. H. lehouda (bar ElA'i) dit : jusqu'à dix heures » [iùid.^ chap. IV, 1;. Gomme ce R. lehouda est i antagoniste ordinaire de R. Mèlr, on peut en eonclure que la permission de prier jusqu'à midi exprime Topinion de ce dernier docteur et que le paragraphe, sauf l'addition de la restriction introduite par R. lehouda, est emprunté à la MisohnAh de R. Mélr. — Remarquons à cette occasion qu'on nous présente presque toujours une opposition entre deux ou plusieurs docteurs de la même époque. Ainsi, en lace de H. Eliézer h. Hyrkanos, on voit le nom de R. Josué; H. Akilià est conihattu par U. Isiiiaèl ou H. Tarphôn, et ainsi de suite. Nous verrons le niôine lait se reproduire parmi les docteurs de la GuemArâ. — Voici un paragraphe où il se produit trois avis différents : « Le tckemâ du soir peut être récité... jusqu'à la fin de la première veillée (c'est-à-dire jusqu'à dix heures), c'est là l'avis deR. Eliéser; les docteurs disent : jusqu'à minuit; U. Gamliel (de lahnèh) le permet jusqu'à l'apparition de l'aurore» [ihid.. chnp. i. §1). Ajoutons en passant que les dDctfurs mentionnés dans ce paragraphe ne désignent probablement pas. comme à l'ordinaire. R. Môïr et son école qui appartiennent à une époque postérieure; ce sout plutôt les rabbins contemporains deR.BUéier et de R. Gamliel. L'avis de R. Gamliel est suivi de ces mots : « Il arriva un jour que les fils de R. Gamliel rentrèrent d'un festin et qu'ils lui dirent : nous n'avons pas encore récité ïesehemâ. Le père leur répondit : Tant que l'aurore n'a pas paru, VOUS êtes tenus à réciter le schemà » [ih'ulem). De tels développements sont assez rares dans la Mischnâh et sont intercalés ici par le potit-lils vn riioimour de sou graud-père. D'ordinaire, ou se borne à rapporter brièvement la

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halâchAh, telle «[u'elle était adoptée dans l'école. Lorsqu'il y a divergence d'opinion, on évite généralement de donner les raisons de

Tun et de lautre des docteurs et à plus forte raison d'exposer la discus-

.sion qui s'est engagée entre eux, bien que nous possédions quelquefois les actes ou procès- verbaux où le rédacteur df^ la MischnAh a puisé ses renseignements. L'amour de la concision a amené souvent une certaine obscurité dans nos textes qui ne deviennent intelligibles que i>ar le recours au texte original. Exemple :u S'il arrive qu'en étudiant la Loi, quelqu'un est arrivé à Deutéronome, chap. "VI, versets 4 à 9 (versets qui forment le sehemâ], et <iue cette étude coïncide avec Tépoipie de la journée à Ia(|iu>]Ie la récitation de ces versets est devenue obligatoire, il n'y satisfait (j ii'autant qu'en étudiant la Loi, il aura eu aussi l'intention de remplir ce devoir. — Entre les deux chapitres (Dent. VI, 5 à 9 et xi. 13 à 21) il est permis (de s'interrompre et) de donner et de rendre le Siilut counne marque de respect; niais au milieu d'un chapitre on ne peut le faire que par crainte (d'un châtiment qu'on s'attirerait, en négligeant de saluer ou de rendre le salut) » {iàid,, chap. u, § 1 }. La seconde p«rtiede ce paragraphe a besoin, pour être comprise, d'être précédée des mots suivants : «< Si, en récitant le schemâ, quelqu'un rencontre son mettre ou son supérieur. » En effet, la Miscbnàh de R. Mêïr portait ces mots et le rédacteur de notre Mischnàli les a retranchés mal à propos. Les exemples (|ue nous venons de citer et qui tous sont empruntés aux deux yvcniiers chapitres du môme traité donnent une idée rxacte des procèdes K. lehouda hannàsi, qui sont les mêmes partout. 11 transcrit dans son code, souvent textuellement, ce qu'il rencontre dans les recueils antérieurs, avant tout dans la Miscbnàh de R. Mêlr; il y ajoute, s'U y s lieu, les opinions de divers docteurs qu'il a entendues dans les écoles ou trouvées dans d'autres notes qu'il avait à sa disposition; il retranchées qui lui paraît superflu et ces coupures ne sont pas toujours heureuses. — Voici les noms des six sections et un résumé des sujets qui sont e\p«>s*'S dans chaijue section, i"^ S^'dfr Zenï iin a section des semeiii*'s. > Ellf contient traités [mesachtùt){\\x\ concernent la loi sur les prières ut euiugies, les dîmes et autres impôts de Tagriculture, les mélanges de plantations qui sont interdits, sur l'année sabbatique, sur les portions des récoltes qu'il faut abandonner aux pauvres, etc. — 2* Séder Mô'éd « section des fêtes ». ^e renferme dix traités relatifs au sabbat, aux pAques, au premier jour de l'an, au jour du grand jiardou, fi la fête des t;ili»Tnacles, etc. Srder iSàschiin « section des femmes Les sept traités ([ui la composent donnent les lois sur le mariage, le divorce, le lénrat, la femme soupçonnée d'adultère, le naziréat et les vœux. 4" Sèdxr N&Mn « section des dommages. » Elle développe dans dix traités toole la législation civile et criminelle, ainsi que la procédure et la composition des tribunaux. 5** Séder Kodaseàim a section des sacrifices. » Les objets des dix traités de cette section se rapportent aux diverses offrandes et victimes, ordonnées dans le l^vitiqne ; à l'époque de la n'-dartion de la Miscbnàh, c'est-à-dire après la destruction du temple, ces pn'scriptioiis n'avaient plus aucun côté pratique. Il faut cependant en excepter le traité de JJouiin, qui contient les règles à suivre pour l'abatage du

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Winil ot pour la constatation de l'état sanitaire de ranimai tué. 6® Sédor TiVutrôt « section des choses pures », euphémisme employé pour « des choses impures». C'est encore leLévitique, et surtout les ciiapitresxi à XIII, qui fournissent les textes aux douze traités, contenus dans cette section. Les cas d'impureté sont multiples pour les mes, les maisons, les hommes, les femmes, etc., et bien qu*un nombre considérable de ces prescriptions soient également hors d'usage, elles sont néanmoins énumérées et jugées. — Les docteurs dont les noms figurent dans la Mischnâh, por^ tcnt le titre de tannâ (pluriel tannnhn) « maître «, dérivé de /ewd, vpr?ion araméenne de schnnnh u enseigner », verbe (ju'on a donné plus haut comme la racine de viisrlnmh, qui, en araméen, est rendu par mituiià. Tannà désigne le maitrc qui a vécu avant la mort de R. lehouda hannflsl^ et dont le nom a eu Thooneur d'être mentionné dans son ouvrage, n est impossible de donner ici tous les noms des tannftim ; dont quelques-uns se rencontrent fort rarement sous la plume du rédacteur. Nous nous bornons aux plus considérables et aux plus anciens. Le premier en date est Siniénn le Juste, probablement le contemporain d'Alexandre (Ah()t, ch. I, ?; :2). lAsé (Joseph^ ben loi'zer de SerédAh et T(5sé ben lAliAnAn de Jérusalem paraissent avoir vécu au temps des prêtres précouiaaes. Ils ouvrent la série des couples [souggôl], qui dirigèrent, on ne sait pas exactement à quel titre, les aflkires religieuses de la nation sous les Asmonéens. Siméon ben Schàtah, qui formait avec lehouda ben Tabbal un des couples, était même le frère de Salomé, la femme du roi Alexandre Jannée. Le dernier couple, qu'on cite, ce sont les deux grands chefs d'école Schamnjîiï et HilltM. La .MisehnAh connaît surtout leurs disciples, appelés consfainnient JJèt Sc/ianvrini et Bf't IlUlêl « maison de Scham» mai et maison de Hillèl. ». Nous avons déjà parlé du lils de llillél, Gamlicl 1"% l'Ancien, de H. Gamliel de labnéh (lamniai, petit-fils de (Umliel I*' et grand-père de R. lehondà. R. lôhanàn, ben ZakkaY, témoin de la destruction du temple, fonda' l'école de labnéh, et y attacha certains privilèges de la ville sainte, afin d'établir l'unité religieuse à la place de l'unité nationale qu'on venait de perdre. Gamliel II raffermit l'omnipotence de cette école en lui assuraTif l'nppui de l'autorité romaine, et fit plier sous son jouer juscju'à son beau-trère. H. Eliézer. et jus(ju'à R. Josué, dont le caractère ferine et indépendant lui portait ombrage. Celui-ci, R. Tarplion, dont on a voulu recunuaitre le nom dans le Tryphon de Justin, R. Aklbà. le fougueux patriote, R. Ismaèl, chef d'école dans le Midi ou le Darôma, R. Eleasar ben Axaria, qui remplaça un instant Gamliel, destitué par les docteurs que sa conduite hautaine avait irrités, sont les noms les plus célèbres et les plus souvent cités pendant l'époque qui précéda la guerre d'Adrien. Dans la période suivante, nous mentionnerons U. lehouda ben ElAi . renoiniué par son éloquence; R. Néhémie, qui combat souvent les inter])rétations de R. leboudA; R. lôsé ben lialaphta, l'auteur de la chronique Sèder ùlam, R. Siméon ben lôhaï, le franc contempteur des Romains qui , par suite des persécutions qu'il s'est attirées, est devenu le héros de la légende rabbinique ; R. Méir, l'ami du philosophe Oenomaos de Gadara et d'Elisée le mécréant ; ce furent ces docteurs qui transplantèrent la science juive de la

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province de Judéo, dth-astép par la dornière révolte, en Galilée, à Uscha, Sepphoris cl Tibériade. (On peut lire les noms de tous les traités de la Mischnàh chez Herzog, Real-Encyclopœdie, vol. XV, s. t. Thalmud, et les noms des docteurs qui y sont mentionnés, chez Wolf, Bibliotheca hebr., vol. II, p. 405 et suiv. ; cf. ses Catalogus doctonm gemarieùrum, etc. p. 865 et suiv. ; puis son Bûtùria dœtorwn mànieorum prœatttnHum^ etc., vol. lY, p. 341 et suiv.). — Le langage de la Misehnah est un hébreu abâtardi. Des mots vulgaires remplacent les anciens termes hébraïques, l'araméen, déf^uisé ?ous des formes h<-\>r.'.]ques, fait invasion partout. (Par exemple : à la place de Aî/"rfV/, aramt-en afrésrh, itn dit hifrisch-, lnkhin, araméen atkèn, devient hitkm \ kkiinth, on substitue «rrf; lifnè, araméen min kôdâm^ devient kùdam. Les quatre exemples sont empruntés au commencement du même paragrapJie 1 du chapitre i*' de /dmd.) La constructioade la phrase, déjà fort changée dans les dernières compositions prosaïques de la BiÛe, est relâchée et plate comme Taraméen qui est le langage parlé du pays. Cependant la Mischnàh renferme aussi une iinantité énorme de dénominations de plaiite<, (le va-;t'< et de toute sorte d'njtjets, qui remontent souvent à une antiquité assez haute, et que l'Ecrilnre n'avait eu aucune occasion d'employer. La disposition des paragraphes et des chapitres dans chaque traité est sans ordre ni méthode. Les halàchôt se suivent sans liea logique, et les traités débutent la plupart du temps par des aocessoins infimes, qui supposent déjà un grand nombre de prescriptions, qo^Oi sont destinés à réglementer. Nous avons donné plus haut (p. lûi.'l) la discussion sur l'heure extrême, où il est permis de réciter le schéma. Or celte discussion se lit à la tète du traité, sans qu'on l'ait fait préc»"Nler d'une hal.'k'hîil) qui prescrit cette riciiation, ni d'une indication «les chapitres du Pentateuque, dont le sc/iemn se compose (voy. la préfare ih? Mamimonide à son Séfer hammitzvdi u livre des préceptes », qui sert d'introduction à son grand ouvrage Mitehnèh fdrdA «Deutéronome», où l*auteur, en donnant le plan de son ouvn|;e, indique implicitement toot ce qu'il y a de défectueux dans la disposition de la HischnAh.) Le titre et le contenu des sections, tels que nous les avons donnés plus haut (p. 1012), indiquent suffisamment qu'il y a là des traités qui n'ont aucune raison d'être classés dans le sthlrr auquel ils ont été attribués. Pourquoi le traité des prières et des eulogies est-il placé dans la section àcsemences ? Quel rapport y a-t-il entre la section des femmes et le uaziréat ? A cette dernière question, on a répondu que (Nombres ehap. V, vers, il, à chap. VI, vers. la législation relative au nasiréen ee trouve après celle qui concerne la femme soup<*onnée d*adultëre. Certes, c*est par cette raison que se détermina le rédacteur : mais est-elle foodée en logique? Il est certain que, dans chaque section, les trnifrs se suivent selon le plus ou moins grand nombre des chapitres de <-lia.}ue tniité. de façon à ce que celui ({ui a plus do chapitres précèdt' celui (pii en a moins. Mais c'est un ordre mécaniqut' qui ne saurait satisfaire persoiiue {voyez Zeitschrxft fûr jûdisehe Theologief vol. II, p. 47 i à m (article de M. Geiger) ; Bévue des études juives, vol. III, p. 205 à 210 (article de J. Derenbourg). — Nous n'avons parié ni des répétitions, ni des

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contradictions dont TœuvTe de R. lehouda est remplie. Tel paragraphe se lit plusieurs fois dans la Miscbnàh ; dans certain traité, les premiers

chapitres sont en opposition flagrante avec les derniers, et on y reconnaît le fait prrave que l'auteur a puisé à des sources difff'rentos sans faire aucun elîort pour les mettre d arconl (voyez Frankcl, //o^oye/<t«, p. '21\. et passvn). Malgri'i ces grandes et incoutostaliles imperfections, la Mischnàh du Nàâi fut acclamée par toutes les écoleâ de la Palestine et de la Babylonie. — Toutefois, les adversains ne manquèrent pas. On Tante beaucoup la charité et la modestie (ânâvâh) du riche et puissant lehoudà; mais ThumAité n*était pas la qualité maîtresse des descendants de Hillél, et Tami et familier d'Antonin, on ne sait plus lequel des sept empereurs qui portaient ce nom, avait sa cour dont l'opulence oiTusquait plus d'un docteur rigide ou envieux. On cite surtout le spirituel el savant Bar Kappàrà, ou Eliézcrbcn Ilakkappàr, <]ui ne cessait de poursuivre de ses railleries le ia^lueux ehef de l,i nation, et dont les piqûres lui étaient bien sensibles. Bar Kappàrà cl d'autres rabbins tentèrent uiènie de composer à leur tour des MischQàïot, sans qu'ils pusseat réussir à les faire adopter. Cependant il en est resté des fragments oonsidérables dans un ouvrage dont il est difficile de déterminér la date, le lieu d'origine et le caractère. Il porte le nom de Tàtafàt, en araméen Tà»eflâ « additions ou supplément » Faut-il placer cette composition au troisième ou au cinquième siècle? A-t-elle été rédigée en Galilée ou en Babylonic? Go sont là des questions qu'on n'est pas encore parvenu à résoudre. Telle que nous la possédons, la Tùspfia suit, à peu d'exception près, servilement l'ordre de la Mischnâli (jue tuutùt elle coiuuiente, tantôt elle complète, tantôt elle contredit. Souvent elle est inintelligible sans le paragraphe de la Mischnèh auquel elle se rapporte ; d'autres fois elle semble nous donner le texte original dans lequ^R. lehouda a fait ses coupures, et nous conserver l'image Adèle des vives discussions des écoles que la MischnAh a résumées dans des articles de code secs et arides. Ailleurs encore, elle suit sa propre voie indépendante et donoe des Aa/dcAt)/ que le Nàsi ignorait ou avait laissées de côté. La Toseftd parait ainsi un assemblage des fragments de provenance très diverse, et dont les éléiiu iits ne (it-seeudent pas plus bas que le coinmene.euient du troisième siècle. Prescjue tous ses paragraphes sont cités dans la Guemilnl de Jérusalem et dans celle de Babylone où ils sont appelés mischàiùt hùâniôtf ou, en araméen, baraitùt (plur. de mischnâ hisônâhf baraild) « mischnàh extérieure, » c'est-à-dire apocryphe. On nommait donc ces halâcMt apocryphes^ par rapport à la Mischnàh de Rabbi, comme cela avait eu lieu pour la Bible, où l'on distingua entre les livres admis dans le canon et ceux qui restèrent en dehors^ savoir les scfnriin hisônim, (L'ouvrage le plus important sur la MischnAh est de Z. Frankel,//'>r/o7etlcn in Misc/inam, Leipzitr, !S.'"»'.l(eii hébreu). Surle lanjjrapede la Miselinàli, ou peut comi)arer : Abrahaui (ieiger, Lehr-iind Lescbuch zur Sjjracbe dfr Mtscfmnfi, en deux fascicules, dont le premier contient les éléuieuts de la fframuiaire, et le second uue chrestomathie et le.\ique, Bresiau, 1845; L. Dukes, Die ^proche der Mischndh^ Esslingen, 1846; J.-H. Weiss, Siudien ûber die Spraehe dw Misckna, en hébreu, Wien, 1867.)

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ÎI. Iji ;/uemârâ, ou /juemra, nom formé de la rucine guemar h^hv.. f/th)iar), qui signifie « aclipvpr, parfaire. » sens qui s'est conservt' dans l'hébreu postbiblique cl dans l'araméen lalmudique, et qui cependant ne saurait être appliqué à la guemârâ^ qu*on n'a pas eu rintention de qualifier de, « pamite. » La radoe se rencontre da reste à un grai)d nombn d'endroits où ce i^tus est inadmissible. Souvent notre mot se lit comme variante de halâchàh ou hilchatâ (voy. Haschi sur le Talmud de Babylone. Pesnhîm, 82^), on de talmud (voy. Berachôt, 5* et Graetz, Gesch. derJuden, IV, p. 4:21). On lui supposait doncle sens de décision ou d'enseignement. Nous préférons ce dernier, Guemàrâ ajoute, selon nous, un quatrième terme aux trois termes que nous connaissons déjà, lùràh, talmud .et misehnâh^ pour indiquer un nouvel enseignement, l'étude de laMiscbnih. Guemar est devenu, dans le langage des docteurs de Babylone, un nouveau synonyme de lâtnad, tandis qu'en Galilée od parait avoir employé également un nouveau mot, oulfân (de yelaf: voy. surtout Talmud de Jérusalem, Jcbârnôf, 6^), qui traduit du reste é^'alonient lalmoud et mi^chnùh voy. Targoum de II Rois XXII, 14). Au surplus, le nom de talmud a été presque toujours employé pour la Guemàrâ sans la Miscliuàli; yuemdrd et talmud passaient donc pour avoir le même sens. Cependant, afin de ne passer sous silence aucune opinion, nous devons ajouter que beaucoup de savants ont rendu guemârâ par tradition, version qu*U serait impossible d'appliquer comme titre à nos recueils (voy. Cwmentaire de R. Samuel bcn Môïr sur Pesâhim,îo\. iOo^i. — Nous avons déjà dit que lu Mischnâh de R. lehouda a été considérée connue le texte aut(uisé des hàlàchôt ou décisions, rendues i)ar les tanîVim et leurs prédécesseurs jusqu'à la mort de re docteur i c'était doue le code de la loi orale [lôrâh schebbéal j)èh], de même que la Tôràh était « le code écrit » {lôrâh tchebbîktâb). Ces deui dénominations ont conduit à une erreur singulière que nous devons signaler. On a soutenu que, pour conserver à la loi orsle son caractère particulier, et afin d'éviter le danger de toute confusiott avec lu loi écrite, il était interdit d'écrire la Mischnâh qui, malgré son étendue, aurait été transmise d'une génération à l'autre par la trailition, et apprise par cœur, « Ceux qui mettent les lialàchôt par écrit é |uivaleut à ceux qui brûlent la Tôràh, » est-il dit à plusieurs endroits au uom de R. lôbanAn, docteur célèbre de la première moitié du troisième siècle. Au nom des disciples de R. Ismâêl, chef d'école du commencement du deuxième siècle, on cite le passage suivant : « On conclut du met Exode XXXIY, 27, qu'on peut écrire les paroles de la loi, msis qos cela est défendu pour les lialAchôt »> {Temoura, 14"). Le même verset donne lieu à une (d)servation encore plus explicite : « Les paroles transmises oralement ne doivent pas être mises par écrit, et ce qui a t'té ordonné par écrit, ne doit pas être dit par cœur » [ibid., et Guittin, 00"). !Nous ferons observer tout d'abord qu'il est question dans ces passages de halàchôt détachées qu'on aurait pu, d'après l'opinion de ces nbbios» croire tirées de l'Ecriture, et non pas d'un ouvrage considérable comme notre Mischnâh, où chaque paragraphe avait sa place déterminée. U ^st bien arrivé que des versets, tirés de la sagesse de Ben-Sirè, aient été

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pris comme empruntés aux Proverbes ; pourquoi n'aurait-ori pas confoiulu une courte halàchàh avec un verset du Pentatouque. D'autre part, le rïifitourguemân, ou interpr6te qui, pemlant les lectures sahliatiques, était chargé (l'accompagner chaque verset, récité en hébreu, de la verûoii araméenne ou grecque, était obligé de traduire par cœur, sang avoir le targoum bous les yeux. Le rouleau du Pentateuque était placé devant le lecteur, et, pour éviter toute erreur dans la récitation du texte sacré, il lui était défendu de se fier h sa mémoire ; le traducteur, au contraire, devait <Mre exercé de manière à pouvoFr traduire chaque verset d'ap^^s l'iirbreu sans lire la version sur un livre, bien que ce livre fût écrit et que le metourgueniàn l'eût étudié cliez lui, avant de se rendre à la synagogue. Il semble que la MischnAh avait, elle aussi, été écrite, et que le même procédé était appliqué toutes les fois que la discussion s'engageait dans l'école sur un des paragraphes. Il n'était pas lu ; le maître qui dirigeait les débats, Tavait étudié d'avance, 'et Texposalt sans avoir un exemplaire de la Mischnàh devant lui ; mais le maître, comme ses collègues et ses disciples, en avaient évidemmetit des copies chez eux. et avaient connaissance de tous les passages qui se rapportaient au sujetde la leçon. « Avant d'aller apprendre (lemir/mur] chez votre maître, dit R. Mescharscbia à ses fils, lisez et éludiez d'abord la mischnàh, et ensuite rendez vous chez lui » {Keritôt^ 6'). Ajoutons qu'il est puéril d'attadier plus dlmportance qu'elle ne la mérite, k une boutade, comme celle-ci, qa'écrlre une halflchàh était un acte aussi coupable que brûler la Tôràb. On a foit la même comparaison pour ceux qui mettent par écrit des prières et des eulogies, ou des agadôt et des homélies. Puis on s'étonne devoir, que le même docteur, naguère si fougueux, liseJuiniéme dans un livre dWrfàdôt, ou voie un autre le faire, sans prononcer d'autre menace que Cflle-ci, que ce rabbin n'allait plus oublier ce (ju'il avait appris par sa lecture. En matière de théologie, ce n'étaient pas les rabbins du TUmud qui avaient seuls le privilège d*étre quelquefois trop bouillants. Puis il ne fout pas trop insister sur les propos contraires, attribués au même rabbin ; avec dos iiote>, prises dans un coure, on mettrait encore aujourd'hui le professeur le plus circonspect souvent en contradiction avec lui-mAme. — Et la gtiémArà est, pour une grande partie, composée de pareilles notes. Les niaîtres paraissent avoir, beaucoup moins souvent qu'on ne le suppose, redit,'»' eux-mêmes les observations ^out ils accompagnaient [les paragrapiics de la Mischnàh. De là presque à cbaque page des remarques, précédées de mots, comme ceux-ci : Rab lehouda dit : Hab dit; ou Rab Ibeouda dit : Samuel dit; ou R. Abba dit : R. lôhanân dit, etc., etc. Ge sont toujours les disciples qui rapportent les int^rétations et les opinions qu'ils ont entendues à l'école. Il arriva aussi, qu'au bêt hammidrnsrh, lorsque, le nombre des élèves était trop considérable, le docteur eut à ses cotés un rapporteur ou diseur attitré, qui leur transmettait ses paroles. Le num (jue portaient ces diseurs était amorâè (de amar, dire), et ce nom fut bientôt étendu à tous les docteurs qui vécurent après le rédacteur de la Hischnàh. C'était comme une marque de déférence envers le grand tidst; la même bumilité se révèle dans Taffectation des rabbins qui, à un certain

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moment, ne s'appellent plus Aac/i/îwim «savants,» mais lalmidèhackAmim « (lipciples des savants. » et, chez les Grecs, lorsque les «to^oî s'a^ pellent ^lAo'îovo'., On finit par distinguer l'époque des Tanwnm de celle des Amorâïm ; pour les premiers rabbins de la seconde période, qui avaient été encore les contemporains et les disciples immédiats de R. lehouda, le nom restait flottant, parce qu'ils se refusaient d'accepter le titre d*am6ra auquel s'attachait moins de considération qu*à celui de TannA. — Comme les lertt^urs du tnrgoum dans les synagogues, leiapporteur de l'explication de la Mischnàh fut appel<^ aussi metourgumân, mais le nom d'amorA remporta. 11 est curieux de fiiire observer qur lo >. os de ce ternu^ est aussi peu sur que celui de tous les autres terme s dnnt nous avons parlé. Car on l'a traduit également par « interprète, » de ùmar « exposer. » Peut-être aussi tire-t-il son origine d'une formule très répandue dans la guèmârà, amar mdr « le maître a dit, » et qui précède d'ordinaire la citation d'une mischnàb, d'une baraitA, ou bien aussi d'un passage d'une égale autorité. Dans cet ordre d'idées, les opinions, communiquées ainsi par les maîtres à leurs interprètes, portèrent le nom de schemnatil « ce qu'on avait entendu. » Dans un passage du Tahiiud [Sanhédrin^ U8**) on traite de frivole « celui qui, assis devant son iii.iitre (en qualité d'interprète) pense tout à coup à ce qu'il avait entendu ailleurs {schéma ata ), et qui, au lieu de débuter par les mots : iuoq maître dit {amar imtr), commença : nous avons appris à tel ou tel endroit. »

A. En Palestine, où le 6l8 de H. lehouda, Gamliël III (vers 210 jus(]u'fi 325). succéda à son père dans la dignité de nâsi, les écoles adoptèrent la MischnAb comme base de leurs études. La valeur personnelle plus prandt! de lebouda II, fils de Gamlii'l ITI, consolida le règne définitif di; ro'uvro. Toutes les copies, répandues dans les écoles, n'étaient pas tout à fait identiques. L'auteur lui-même avait apporté, à un âge avancé, quelques changements à son truTail, ce qui en constituait une première et une seconde édition ; ses deux premiers successeurs paraissent y avoir introduit des opinions que celui-ci n'avait pas cru devoir y consigner, et peut-être quelques-unes de leurs propres décisions : enfin les docteurs contemporains ou auditeurs de Uabbi ne crai^Miaient souvent pas de rlianj^er les textes arbitrairement, surtout lorsque l'école de Sepphoris fut devenue moins importante que celle de Tibériade. — Seppljoris avait pris le rang de labnèb, depuis que la province de Judée avait été dévastée et dépeuplée par la guerre de Bar- Koziba et Ton y introduisit certaines habitudes, qu'après la destruetion du temple labnèh avait empruntées à Jérusalem. La célébrité de Sepphoris s'était déjà établie par un grand nombre de docteurs renommés avant cette époque, et Halafta, son fils lôsé. et bien d'autres qui allaient régulièrenienf aux grandes fétPS rendre homniape au N.Asi de Iibnèh, avaient eu leur doniieile dans cette ville. Lors de la reconstitution de l'enseignement rabbinique sous Antoniu Pie, il ne restait dans la Judée, ou le Ddrôm (le sud) que peu de savants à Lydda ; l'autorité principale était en Galilée, et les juifs affluaient de préférence et en masse dans la ville, où siégeait ordinairement le nàst. La citadelle, située snr

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une hauteur près de Sepplioris et occupée par une forte garnison, en avait fait le centre de marchés très fréquontt's. Mais les mœurs des habitants étaient dissolues; les docteurs s'en retirèrent peu à peu, et Tiltériade, où R. lehoudâ avait séjourné pendant les dernit'^res années de sa vie, et où R. lôhanàn transportait son école, remporta bientôt sur Sepphoris. Ces deux villes étaient du reste les plus importantes pour les études rabbiniques; car Gésaiée de Palestine, où R. Âbbâhou jouissait d'une grande réputation et dont les savants {ffaekmê Xwin) sont souvent nommés, ne parvint jamais è devenir une ville d'études sérieuses; R. Abbfthou lui>méme envoya son fils s'instruire à TlbénaUc, — La eonversion des empereurs au christianisme amena la mine successive des écoles juives de la Palestine. Lydda et tout le Dârôm succombèrent d'abord sous les coups dTrsieinus, pénéral des années de Gallus ; Sepphoris, en Galilée, fut monis maltraitée et la connnunauté juive s'y maintint, bien que réduite à un état de grande misère ; Tibériade eut son tour, et en 359 le patriarchat juif s'éteignit pi|r un nâsi, qui, comme le chef de la famiUe, hasard singulier, s'appelait Hillél. jlome n'avait-elle pas aussi commencé et fini par un Romulus? — La rédaction de la guémârà de Jérusalem, nommée brièvement leruschalmi ^ se ressentit de cette fermeture violente des écoles. C'est un travail hâtif et inachevé. Les trois premières sections de la Misclnn\h sont annotées complètement ; les notes deviennent plus maigres pour certains traités de la quatrième; un seul traité de la cinquième et un seul également de la sixième, les plus importants pour la pratique du culte, ont été conunentés, niais imparfaitement. Quelques parties sont élaborées, d'autres obscures et seulement intelligibles par la collation des passages analogues de la guemàrft de Babylone, d'autres encore résistent à la sagacité des plus habiles talmudistes, parce qu'on a copié une sorte de sténographie, lÎBdte de la main des disciples, sans qu'on eût le mp^ de la transcrire (comparez Z. Frankel, Introductio in Talmud Hiersnlymitnnum, Breslau. ÎS70, p. 48 et siiiv.). On verra plus loin, à l'occasion de la guem;\r;i de Babylone, ou du BnhU, que pour celle-ei il fallut un grand nombre de savants et bien dos efforts pour nrriver à une rédaction passable. — On nomme communément R. lolianàn ;191) à 279), conmie rédacteur du lerouscbalmi, ce qui ne peut avoir d'autre sens que celui-ci : R. I6hanAn, qui étudia à Gésiïrée, enseigna à Sepphoris et fonda la grande école de Tibériade, qui, pendant plus d'un demi-siède, avait diseuté et expliqué toutes les parties delà Mischnâh devant des milliers d'élèves, et qui était l'autorité la plus incontestée des deux côtés deTEuphrate, avait jeté les premières bases du lerouscbalmi, et ses opinions indépendantes qui contredisent ou modifient souvent les dérisions de la Mischnâh même, y sont exposées avee plus d'ordre (jue celles des autres docteurs et rédigées déjà de manière à avoir subi le moins de mutilations possibles. U. Iôliaru\n était du reste le type le plus accompli du palestinien, et plus spécialement du galiléen. Aux charmes d'une grande beauté physique il joignait une rudesse d'esprit agressive. Bien que disciple de R. Osa'ià qui, ainsi que Bar Kappàrà (voy. ci-dessus, p. 1016) faisaient opposition par.

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leurs bara/tAt h la Mi«rhn;\li <lf R. lelioiida à LydJa dans lo Dârôm, R. lôhanAn n'aiinnit pas plus ios liabitants de Lydda (jne le? Babyloniens, u Lorsqu'un jour R. Simlaï le pria de Tinstruire, 11. lôbaiiàu l'interrogea sur le lieu de sa naissanee et jbuf son domieile. — Je suis de Lydda et habite Nehardea (en Babylonie, voy. Jns. AnHq,, XVIII, n, 1 et 9), répandit R. Simlal. — On n^instruit, reprit R. lôhanàn, ni un homme de Lydda, ni un liabylonien, à plus forte raison on ne saurait s'occuper de toi ([ui es né à Lydda, p( haliitos Nehardea ^> [B. Pesnhtm, H2^ ; cf. cependant, J. ihid., .32" . Mais il accordait aux fjaraîtôl ^rv?.t]\ïa autant do valeur (pi'à la Mischnàh, et était par là en désaccord avec son ami Hilfai ou Ilfai (Alphé^), qui disait : « Placez-moi sur la rive du fleuve, et si je ne parviens pas à prouver que chaque décision, eonleniw dans une baralta, peut se déduire d*un paragraphe de la Itisehnàh, jetez-moi à Teau » (J. JCetbouôt, 31«). Ce défi de Hilphal est reproduit dû» le Babli sous une forme légendaire ; après un ou deux siècles et en passant l'Euphrate les simples pandfs de ce partisan de la Mischnâh ont donné lieu à un conte moral amjuel le merveilloux ne manque pas. « Ilfaï et R. lôhanàn étudièrent la loi. Un jour ils éprouvèrent une praiide géne. Allons, dirent-ils, et faisons le commerce afln de pourvoir à nus besoins. Ils étaient assis auniessous d'un pont vermoulu pour rompre le pain, lorsqu'arrivèrent deux anges que R. lAhanAn entendit dire Toii à l'autre : jetons ce pont sur eux et tuons-les, puisqu*ils abandonnent la ^éternelle pour la vie passagère. I^sse-les en repos^ dit le second ange, l'un d'entre eux a devant lui un grand avenir. — R. lôhanàn entendit cet entretien, mais llfaï n'entendit rien. Questionné par son ami, Ilfaï convint (ju il n'avait rien entendu; R. lôhanàn en conclut que c'étiiit à lui que le j^rand avenir était prédit. Il communicjua donc à Ilfaï son intention de retourner à ses éludes. Ilfaï ne le suivit pas dans cette voie, et pendant qu'il se livrait aux affaires, on vint ofiDrir à R. léhanàn la place de chef d'école. Ah, dit-on i Ilfiil, si mon maître avait continué à étudier la loi, on n'aurait pas offert la dignité à l'autre maître ! Ilfaï (pour prouver sa science), alla alors se suspendre au màt d'un vaisseau et dit : si quelqu'un veut m'interroger sur une bàraïtà de K. Iliyy.'i ou de II. Os.riA, que je ne déduis pas d'une décision dp h Mischnâh, je me laisserai choir de ce nu\t et je me noyerai ■> Ta'amt, 21*). L exemple que nous donnons peut-être prématurément, sonira à &ire voir une des différences capitales entre la leronschalmt et le Bablt. — En dehors dos docteurs de la guemflrft de Jérusalem que nous avons nommés, nous mentionnerons encore comme les plus considé rallier: R. lanal à Sepphoris, le maître de R. lôhan;\n. R. Siméon ben LAkisch. ou Rcsch Lâkisch, le disciple et phis tard le collègue et ami de c('hii-ci; Lévi b. Sisaï, élève distingué de Rabbi, aussi versé dans la littérature bibli([ue que dans les connaissances rabbiniques, et qui, méconnu en Palestine, alla enseigner à Poum-Bedita et y mourut; R. Ami et R. Assi, les deux amis inséparables, R. Ifànà, fils et disciple de R. lônàh, et R. lôsé b. Aboun, les deux derniers docteurs remarquables du lerouscbalml. Ce sont ceux-ci qui presque partent terminent la discussion sur les questions haiachiques. La glose perpétuelle de

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R. lôhanàii. déjà considér;il)lpinent augmentée, rci'ut des acrroîssenients notables par U. lAzè, et son fils Saïuufl (vers la lia du qualriiMue sièi'lp), qui peuvent èlre consiilcrés cuiuuie la fin des aniuràïiii de la Galilé. (Yoy. Lerner, dans Mayazin fur die Wiuenschaft d. Judenthutns, 1881, p. 193). Mous dirons plus loin quelques mots des rabbins venus à Tibériade de la Babylonie pour s'y instruire et y enseigner. — Le lerousehalmi, né sur le sel de la Palestine, a pour nous l'avantage de nous peindre, niieui que ne le peut le Babil, Tactivité des «écoles durant les premiers siècles, la vie publique dont il reste toujours de fortes traces chez un {)euple qui continue à habiter le pays où il avait joui de son indépendance, et de f.iire allusion à certaines institutions juives fort intéressantes qu'eu Babylonie on ne connaissait pas. De ce nombre sont les confréries pieuses, habanurôt (pl. de habowâh)^ qui ont plus d'un rapport avec les coiUgia de Rome. Il parait qu*à Tinstar des prêtres qui formaient comme une easteà part, des hommes d'une grande piété s'étaient associés de bonne heure à Jérusalem , eu soumettant leur vie à certains devoirs rigoureux qui n'étaient obligatoires (jue pour le sacerdoce. Plus les prêtres étaient relAchés depuis Alexandre lannaï. plus ces lioinmes dévots devinrent sévères et rigides. La plus célèbre de ces confréries fut celle des Esséniens. Mais toutes ne se cloitraient pas, ni ne se détachaient de la vie publique. Au contraire les membres des confréries {habérîm en araméen, haàrâtâ) que nous connaissons par la MischnAh, et plus encore par le lerouschaUnl, s'occupaient activement de tous les besoins de la communauté. Le service des synagogues, la digne célébration du sabbat et des fêtes étaient de leur ressort. Ils fréquentaient les pauvres et leur distribuaient des aumônes; ils visitaient les malades, ensevelissaient les morts, consolaient les veuves et les or|)lielins. Tandis que les savants se livraient à l'étude, les habèrim s'occupaient des bonnes œuvres. Il y en avait qui se mettaient au service des rabbins, et leur procuraient ainsi tous les loisirs pour vaquer à leur propre instruction et à l'instruction de leurs disciples. Les confréries avaient leurs repas fraternels aux néoniénies, repas certes moins sobres que ceux des Esséniens, puisqu'uue halâchàh nous apprend qu'il ne fallait pas appliquer le nom de fils «adonné à la dissolution et à l'ivrognerie » (Deuter. .XXVI, 20], à un Itùbér qin s'est laissé aller à des excès dans une réunion pieuse (M. Sanhédrin, vni, 2). — La langue delà guemàrà de Jérusalem est la même que celle des versions araméennesde la Bible, surnomées /i/erosolymitaines. Cependant les formes sont plus vulgaires; les élisions et contractions plus fréquentes. Le dialecte hiérosolymttain de Taraméen chrétien qu'on connaît maintenant surtout par la publication de VEvangeliarium jette une grande lumière sur beaucoup de mots d'une analyse difficile. Au fond, nous avons dans cette gnemârâ l'image fidèle de hi langue parlée en (j;ililée avec toutes les incorrections et néjzligt nees pour lesquelles la population de celte province sepli-ntrionale de la Palestine a été si souvent stigmatisée par les Rabbins. Qn s'imagine facilement ce que pouvaient être de simples notes, prises ainsi par les élèves pen* dant Texposition de l'amèrà dans la Bêt-bammidrasch, et nous avons déjà dit, qu'en partie du moins, ces notes n ont pas été élaborées. (Sur

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h ItTOUSChaliiii, il faut surtout voir : Z. FrankpI. Intrnductio inTahnud hivrosobli/mitauiiin, ia-8**: ouvrage écrit eu ht'hrrii ; Cipiirt^r. Die Jemsalemische Gema/ a im (jesammtorganismus dcr talmudischen Litteratw, dans la ^«m/. Zeitsehrift, vol. YIII, p. S78 M.)

B. La propagation de la MisohnàbenBabyloDiesefit surtout parla bmille de R. Uiyyà, qui, originaire de la Babylonie, était devenu an des familiers le ptusintiuietetledisciple le plus disting^uédeR. iehouda. Quel ('tait jn^îqu'au commenceniont du troisième siècle l'état des études en Mésopotamie? Tous les éléments positifs pour répondre à cette question nous font défaut. Il n'est pas douteux qu'après la dernière grande immigration en Palestine sous Ëzra, de grandes et florissantes communautés juives ne soient restées dans le royaume des Parihei. Nous savons par Josèphe [Ant. juivei X'VHI» n, I et 9) que les eontribations pour le temple, provenant de ces contrées, étaient concentrées à Nehardea ; il y avait donc une administration régulière dei affaires du culte, et il est impossible que cotte administration se soit bornée h des envois d'argent à Jérusalem. On peut supposer que les réunions pour la prière et l'instruction dont on voit déjà des traces dans le livre d'Ezéchiel, étaient instituées en Babylonie, et c'est des rives de l'Euphrate qu'Exra apporta son ardeur pour la sanctification rigoureuse du sabbat et pour renseignement de la loi. Du rests, les prédications de saint Paul prouvent que la synagogue et réode le trouvaient partout, où il y avait des Juifs pendant les siècles qù précédèrent l'ère chrétienne. S'il en était ainsi en Grèce et à Rome, à plus forto raison l'instruction roli^Meuse devait être répandue en Babylonie. Retenus par leurs intérêts dans leur nouvelle patrie, les Juifs n'en avaient pas moins les yeux tournés vers la ville sainte, où la jeune génération allait souvent s'instruire et rapportait chez elle le fruit de ses études. Le roi Hyrean, après avoir été dépouillé de son trtoe. ebereba un refuge chez les Juife de Babylonie. Hérode fit venir un prêtre Babylonien pour lui conférer la première dignité du sacerdoce ; cependant ce n'était pas encore le moment des grands-prêtres ignorant":, et il faut que ce Hananël, c'était là son nom, ait pu dans son pays natal apprendre le service très couipli(}ué et très ditlicile du temple. 11 est probable que Hillél avait puisé une grande partie de son savoir aux écoles de sa patrie. Au moment de son élévation comme chef d'école, il pardt avoir été inconnu à Jérusalem. Ceci résulte des cireonstanees, racontées à cette occasion par le 'Palmud (J. Paakim 33*), et Ton sait quel eu il faut faire des légendes dont on se plaisait à entourer les premières années du séjour de Hillôl dans la capitale de la Judée. La renommée du grand Babylonien attira sans doute à Jérusalem beaucoup dt> j^nnes gen.s qui saluèrent dans leur maître leurconpatriote. .Mais les arrivant.* avaient certainement été préparés dans les écoles de leur pays el y retournaient plus tard. Hanania, neveu de R. Josué. quitta au coromeocernent du deuxième siècle la Palestine pour se rendre dans la gélak^ comme on nommait la Babylonie et sans doute pour y fonder une école (B. Sanhédrin^ 32''). 11 y avait donc là un centre de populations qui cultivaient la science. Vers le même temps^ R. Âklba, dans ses perpétoeiles

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pérégrinations, rencontra A Nehardea Néhéniie de Bét-deli, qui lui rapporta une décision de R. Gamliël l'ancien, qu'on avait nul)li»'e à lal)nôh (M. lebdmôi^ xvi,7). Néhémie. et, à son exeMi[de bien d'autres docteurs qui avaient séjourné à Jérusalem» où il y avait même une synagogue des Babyloniens, étaîeoi donc rentrés dans leur patrie. On dut surtout quitter la Judée quand les Romains envahirent la Palestine, et se mettre à l'abri sous la protection des Parthes. A Nisibe aussi, R. Idiouda ben Batyra et sa famille jouissaient d'une grande réputation; un R. lehouda y vivait avant la destruction du temple. Du tenipsde 11. lehouda hannâsi vécut à Sepphori R. Nathan, qui était le lils du chef de la captivité, {Rôsch Golâh, en araniéen : Résch GeloutA). C'est à cette occasion que nous entendons pour la première fois ce titre, qui avait un caractère officiel et qui subsista sous les Arsadndes, les Sasanides et sous la domination des Arabes. Mais aucun événement particulier ne justifie vers la fin du deuxième siècle la création de ce titre, et tout parait, au contraire, indiquer qu*il remonte à l'époque où la situation des Juifs de laPersefut réglée, et le pronvernement éprouva le besoin, que cette fraction des sujets eût son représentant. Si ces docteurs de la liabylonie ne sont guère cités dans nos sources, il importe de remarquer t|u'elles m- parlent pas beaucoup plus des Rabbins de la Palestine avant Hillél ; et on ne saurait donc tirer aucune conclusion de ce silence. Les discussions des écoles commencent à prendre un corps depuis que la Mischnàb leur sert de texte. — Nous sommes donc disposé à croire que la Babylonie ne fut pas dépourvue de maîtres sous le règne des Séleucides, dontl'ère fut même pendant longtemps Tëre des Juifs dans tous les pays. Il en a été de même sous les Arsacides, et Artaban III, le dernier roi de cette dynastie, parait avoir été l'ami de Rab Abba Aricha, connu sous le nom de Rab, « maître » par excellence. Rab, neveu de R. Hiyyà, avait écouté à Sepphoris renseignement deH. lehoudà hannàsi, et c'est lui qui apporta la Mischnàb en Ikibylonie. Le texte de ce recueil parait y avoir subi moins defluctuations qu'en Ghililée, où les nombreux contemporains et disciples du rédacteur étaient moins timorés, lorsqu'il s'agit d*y apporter quel> que changement. JLi'activité de Rab était immense; la guemàrà de Uabylone le nomme à tout propos. A Soura.où il fonda son école (vers 210), il était entouré de plus de 1200 étudiants, avides d'nnlendre les explications de la MischmUi et des baraitôt, qu'il avait apprises chez les auteurs, Rabbi et R. Hiyyà. Il propagea les lois rigoureuses au sujet de ce qui est permis ou défendu, alors en vigueur en Galilée, dans les contrées babylo.nniennes où elles étaient encore inconnues. L'enseignement scientifique eut surtout lieu deux fois par an, un mois au printemps et un second mois en automne, à la sidra, nom que portait l'école; l'instruction populaire était donnée à la foule pendant une semaine avant le conuiiencenient de chaque l'été. La ville regoruvait alors do tant de monde qu'il fallait dresser des tentes sur les places pultliqucs oudansles environs. — A son retour de la Palestine, Rab fut accueilli avec empressement par son ami, Mar Samuel. Samuel, dont la légende s'est emparée à cause de sa grande célébrité, n*a probablement jamais quitté sa patrie, et tout ce qu'on raconte de sa rencontre avec Rabbi, dont il aurait guéri

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une dangereuse ophthahnie, ne paruit qu'une fable, inventée pour faire ressorlir ses connaiesaneas médicales, ou bien, pour créer des rapports eatro un docteur aussi distiogué et le grand nâai. Samuel était, ce semUfl, veraé dans toutes les sciences de son temps et de sou pays. Uastronomie n'avait pas de secret pour lui, et il se vantait de se Retrouver aussi foeilement dans les voies du firmament que dans les rues de NaliarJea, sa ville natale. En jurisprudence il eut pour collègue au tribunal de Nahardca Karuâ, et la supériorité de ces deux magistrats était si Lieu rt'cr.nnup, qu'on les surnomma : les juges de le Gùiàh. Les décisions de Sau\uel eu affaires civiles ont force de M. Samuel était un patriote babylonien, et il entretenait d'excellents rapports avec la dynastie des Sasanidei; parmi les luifs, on l'apelle quelquefois le roi Schàbour. Rab et Samuel étaient unis par les liens d'amitié sincère, que les continuelles dieeussions rabbiniques ne troublaient pas. Car les deux docteurs étaient rarement d'accord, et à Naliardea on couibatlait eonstaiiuiit'nt les opinions Aiuises à Soura. Jusque dans sa pronouciation Sauiuel trahissait le Babylonien et Hab le (îaliléen. Samuel qui était resté dans son pays, distinguait soigneusement les lettres gutturales, comme on parle souvent plus correctement une langue que, jeuneencore, on a apprise à Tétranger, tandis que Rab avait apporté de son séjour dans le nord de la Palestine tous les défauts de la prononciation galiléenne. Par son attachement à là liabylonie, Samuel était le type le plus opposé à R. lôhanàn, quittait Palestinien jus(ju'au fond de ràme. Celui-ci traita Sauiuel avec déilaio. et il fallut la réputation toujours croissante du savant chef de l'éculf de Nahardea, pour que R. lôhanàn éprouvât un jour le désir de s yreudre pour faire la connaissance personnelle de Samuel, au moment même oîi la nouvelle de sa mort lui fut apportée. A côté desopinions rapportées dans le Babil directement par Rab et Samuel il y en a de nombreiiMS, qui sont données en leur nom par Rab lehouda h. lebeskiël (Exechiel» 220 à 299) qui fut di^cipledt' l'un et de l'autre. Rab eut à Soura comme successeur II. Huna (21:2 à 2U7) qui cultivait ses champs en même teinp? qu'il présidait en autonnie et au priuteujps les deux séances aniuiellts {ineUôià/i) de renseignement. Il était aussi célèbre par sa science proloude que par son inépuisable générosité. Â Nahardea R. Nabman b. Jacob (235-324), riche et fier patricien, remplaça Samuel, jusqu'au moment où, cette ville étant détruite (259), il transféra son éeole à Schechan-Zibsor le Tigre. R. lebouda, qui excitait souvent la liiauvaise humeur de U. Nabman et de son orgeuilleusu femme lalta(pour vl/a//a « biche», fonda une nouvelle inetlbtd à Poum-Bedîta. — C'est de Sanmel que R. lehouda tenait son allecliun ardente pour la liabylonie. Ou cherchait â celte époque jusque dans l'Ecriture la preuve que ce pays était préférable a li Palestine, et qu il était interdit de le quitter pour se rendre à Tibériade, R. Zééra, ou Zéra dut s'échapper secrètement pour aller continuer ses études en Galilée, parce qu'il était surveillé par son maître, R. lehouda qui avait deviné son intention. C'est que sous le règne d<>s Asareides, les Juifsavaientmenécn Mésopotamie une vie calme et paisible, etaucune loi d'exclusion ne h s frappait. Ils se battaient courageusement dans les armées des Parthes contre les Romains, qu'ils détestaient couime icà

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conquérants de la Iprre ?aintp qui avait élé ]eur propriété. En Babylonie ils savaient bien qu'ils foulnifut un sol étrangor, auquel ils ne pouvaient avoir aucun»' prélf-ntion. « Les ordonnances du gouvernement ont force de loi, »> c'est là un axiome posé par Samuel, et qu'aucun docteur de la Galilée n'aurait émis pour la législation romaine. « L'heure de la délimnce aura sooné, dit un autre doeteur, lorsque tu verras un cheval parthe attaché à un poteau de la Paleetine. » On comprend ainsi les terreurs de Tïajan pendant sa ipierro avec les Parthes; il savait bien de quel côté se tournaient les yeux des Juifs que la catastrophe deBettar n'avait pa^ encore anéantis. Nahanlea et SouM tHaient presque des villes juives conime plustard Lucène et Tolède en Andalousie. Les choses n'allaient guère plus mal sous les Sasanides. A part quelques vexations de la part des mages, qu'on supporta d'autant plus impatiemment qu'on avait pris rhabitude de la paix et de la tranquillité, les écoles étaient florisantes, et le chef de lacaptivité {Béseh ffe/ouM) jouissait à la cour d'unegrande considération et y occupait une position offîcielle importante. Lorsque Nahardea fut détruite par des hordes paimyriennes, au service de l'empire romain, Pouin-Badîta, ville situ/'c non loin de Soura la remplaça bientôt et partagea doréiiavant avec Souni la prloire des études rabbiniques.

Nous nous sommes arrêté quelque toinps aux trois principaux amoréens de la Babylonie, Ilab, Samuel et ilab lehoudà, parce qu'ils remplissent presque toutes les pages du BablL Les docteurs qui leur succèdent, et parmi lesquels nous aurons à citer des hommes d'une grande valeur, prennent pour sujet de leurs discussions les opinions émises par les rabbins et conservées peut-être par l'entremise de Rab lebouda luimême. On Ifs commente, recherche les raisons de leurs décisions, les met en contradiction avec eux-mêmes par suite des hâlacbôt, prononcées par eux à difFérentes époques, dans des circonstances dissemblables, (»u bien aussi peut-être mal rapportées. Ou clierche à mettre d'accord par des subtOités ce qui par sa nature répugne i toute harmonie. On aimait en Babylonie beaucoup plus ces jeux d*esprit qu'en Palestine, et le Babli donne bien mieux que le lerouschalmi l'idée de ces débats stériles qu'on appelait, à cause de leur véhémence et de leur Acreté le piipoâl, mot qui dérive de pUpelin « grains de poi\Te. » Rien que nous sachions, dans 1 histoire de l'cnseignemont, ne peut être comparé aux écoles rabbiniquesde la P,il<>stine et surtout de la Babylonie. Les universités chrétiennes du moyen âge furent à certains moments fortement agitées par des questions dogmatiques ou philosophiques qui soulevèrent des discussions ardentes et pauionnéîes. Beaucoup de ces luttes nous paraissent aujourd'hui vides, mais Tissue souvent fiineste que pouvait avoir pour son auteur la coud imnation de sa doctrine justifie l'acharnement qu'il met à la défendre. Uieu de] pareil dans les débats journaliers des écoles juives. On arginenle froidement, sans autre mobile que le désir de démêler la vérité dans une question sans importance; souvent ce n'est pas même l'intérêt de la vérité qui pousse des deux côtés à la discussion, on veut simplement montrer les ressources de son esprit et paraître plus habile que l'adversaire. L'école devient une salle d'escrime où tous les fleurets soot boutonoés. Car rarement il se rencontre un maître

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assez bilieux pour menacer «rune oxclusion temporaire <le l'école ou d'excoiumuni<Mtion un disciplo trop ciitèt»'. Eh bien, pendant près de trois siècles les meilleures intelligences juives de la Mésopotamie se consacrèrent conscieucieusement et, avec la conviction Je lair.- l'œuvre la plus méritoire, les ones à diriger ces disenssions, let antres à y prendre parti Certes, nous Tavons déjà dit, à rapproche des fêtes et pendantles sabbats et les fêtes, le grave docteur se déridait et choisissait pour le grand public des sujets plus attrayants empruntés à l*liistoire, à la légende, à la morale; mais alors il dérogeait, m s'occupant de matières indignes de lui. Nous devons ajouter, en l'honneur de Rah et de Samuel, que leurs noms se trouvent très souvent parnii les prédicateurs, et que, dans leur vie, ils donnent l'exemple de toutes les vertus qu'ils recommandent à leurs auditeurs. Ils sont généreux jusqu'à la prodigalité, modestes et affables avec tout le monde, empressés de &ire pénétrer partout l'étude et rinstruction. Mais si les questions de droit, dont la solution était surtout le fort de Samuel, avaient un cété pratique pour les partis intéressés, les problèmes posés avant tout parUab nes'expliquent que par la tendance de vouloir tout réglementer dans la vie journalière de risraélite sans rien laisser à l'arbitraire. L'uniformité poussée à ses limites extrêmes, garantit, il est vrai, l'union et la concorde dans les conuuunautcs dispersées. Quel que fût l'endroit où l'on se trouvait, on y rencontrait le même culte. Un court passage, tiré an hasard d'un traité du Babil, donnera au lecteur une idée de la manière dont les m»nVim discutaient les questions de droit. — Pour faire sentir la brièveté à laqu M II s'applique dans les livres talmudiquos, nous mettons entre parenthèses tout ce que nous ajoutons au texte pour le rendre plus clair: — (( Il est dit : Qiuiud un gardien remet l'objet cjui lui a été confié; à un (autre , gardien, Uah décide (}ue (ce gardien) est libre de toute responsabilité (des accidents). R. lôhanàn soutient qu'il est responsable. Là-dessus, dit Abay, selon l'opinion de Rab, non seulement no gardien sans gages qui met à sa place un gardien payé, dont la responsabilité est pins grande, n'est pas coupable, mais aussi un gardien à gages qui se fait remplacer par un gardien non salarié, bien que la responsabilité de celuici est moins grande. Pourquoi? parce que l'objet reste confié, ^ un homme raisonnalde. — De même pour R. lôhanàn, la responsabilité du premier .gardien n'existe pas seulement lors(|ue. ay.int été salarié, il s'est lait remplacer par un gardien qui ne l'est pas, cas uù la respunsabiiité a été diminuée, mais aussi quand, étant non salarié, il a* choisi un gardien salarié, ce qui augmente cependant la responsabilité. Pourquoi? parce que le propriétaire peut dire : je ne voulais pas mettre mon dépôt entre les mains d'autrui. — Rab Hisdà cbsei ve : L'opinion de Rab n'a pas été émise explicitement, mais on l'a tiré du cas p])écial que voici : Des jardiniers remettaient tous les jours leurs bêches à une vieille; un jour ils les confièrent à l'un d'entre eux qui, entendant le bruit d une noce, sortit et remit son dépôt entre les niains de la njénie vieille. Pendanl qu il allait et venait, les bêches ftirent Yolées. Ràb, à qui on demanda 1* jugement, déclara le jardinier irresponsable. Un disciple qui avait vu cette décision supposait que Hab avait nié toute responsabilité du gardien qui

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se fait remplacer par un autre, tandis qu'il n'en est rien. Lo cas était différent, puisque les jardiniers avaient l'habitude de d«''pusor leurs bêches chez la même vieille (où flics furent volées). — llab Ammi était assis (dans su ciiaire) et citait ce fait. Alors R. ALilia b. Marnai lui fit cette objection (de k HiflcbiiA oik il est dit) : Celui qui prend à louage une vache et la prête à un autre, si la vaehe meurt sans qu*il y eût aeddent, prête serment envers le propriétaire que la vache est morte naturellement et le prix de la vache lui est payé par celui à qui il l'a prêtée (voyez E.vode XXII, 13 et 1 i). D'après R. lôhanàn, le propriétaire pourrait allé^nier qu'il ne voulait pas que son dépôt passât entre les mains dautnii. — R. Ammi répondit: la Mischnâ s'occupe du cas où le propriétaire a autorisé le loueur de prêter sa vache. — Mais, reprit Abba, alors le prix en devait être payé au propriétaire I — C'est (que le propriétaire a ajouté, répliqua A. Ammi): selon ta volonté. — Ràmi bar HAmà objecta (la miscbnà suivante, où il est dit) : Si quelqu'un confie de Varient à un autre, qui le met dans un sac qu'il jette sur son dos, ou bien il laisse cet argent entre les mains de son fils ou de sa fille en bas âge, ou bien encore ne ferme pas bien la porte de sa maison, le dépositaire est responsable (si cet argent est volé), parce qu'il n'a pas gardé son dépôt convenablement. Il n'est donc responsable que parce que ses enfants sont petits et il ne le serait point s*Us étaient grands, et cependant le proprié^ taire pourrait lui dire : je ne voulais pas que mon dépôt passât entre les mains d'autrui. — Ràbà répondit : En remettant un dépôt, on pense également à la femme et aux enfants (du dépositaire). — Les docteurs de Nehardea disent : Puisqu'il est enseigné dans la mischnah: ou bien, il laisse rangent cntrt' les mains de son fils et de sa fille eu bas âge, on conclut non st ulement (|ue le dépositaire n est pas responsable quand ses enfants sont majeurs, mais aussi que, pour tout autre (que ses propres enfants), il devient responsable, n'importe que ces personnes soient petites ou grandes; car autrement, la mishcnàh n'aurait pas déterminé le fils et la fille (par un pronom possessif). Râbê dit : Voici la décision : Un gardien qui remet (un objet qui lui a été confié) à un autre gardien est responsable, non-seulement quand un gardien salarié en charge un gardien non salarié dont la responsabilité est moins gnimle, mais aussi dans le cas contraire, où la ri'sponsabilité augmente. (ïar (le gardien étant, en cas d'accident obligé de prêter serment devant la justice, Exode XXII, 7 et 10), le propriétaire peut prétendre avoir confiance dans le serment de l'un et ne pas en avoir dans le serment de l'autre » (B. Baba Maid, 36 a et b). — Le morceau que nous venons de traduire fait naître bien des réflexions. L'observation de Abay, bien loin d'éclairer le débat, ne fait que lembrouiller. Pour Rab, le fait que raconte R. Hisdâ prouve que sa décision s'appliquait à un cas spécial où l'un des ouvriers chargé exceptionnellement de garder les bêches, les remet pour un instant à la même personne qui les gardait toujours. Il est probable que H. lôhanàn aurait été d'accord cette fois avec Rab. Remarques qu'en effét le rédacteur de ce morceau a dû emprunter l'opinion de R. lôhan&n à une source paleàti-

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nifinne, do m«^ine ((uc 1p Iprouschalnil (sect. lY, fol. 56 , cite la décision de Uab sans coiiiiailre les circonstances dans lesquelles elle avait étt' prise. — Ensuite, nous ne pensons pas qu'un puisse prentirf au séncia les deux objecliuns tirées dca deux paragraphes de la Mischnàh. La première objection tombe devant la différence qui existe entre un gardien, ou un berger qui, dans le lerouaehalmi, remplace le gardien, et na homme qui loue une vache; le premier n'a aueune permission d'employer à son usage Tobjet qu'il détient, tandis que l'autre paye les services qu'il veut en tirer et acquiert pour un certain temps une partie des droits du propriétaire. Enfin la nùschnAh, cité par Kàmi, traite du cas où le gardien néglige évidemment ses devoirs en abandonnant le dépôt à des mineurs incapables de le surveiller, ou en ne fermant pas runvcnablement sa maison. — Il est superflu de s'arrêter à la remarque subtile des docteurs de Nahardea, qui insistent sur l'emploi très naturel du pronom possessif pour en déduire une distinction entre le père qui laisse le dépôt d'argent à ses propres enfants et l'homme qui le remet entre 1« mains de mineurs en général. — La même confusion des idées <e n ncontrc souvent dans les deux (îuemârA, mais elle est plus fréquente dans le Babli. Nous reconnaissons eoiiune l'une des sources de cette confusiou les entremetteurs qui transportent les opinions des docteurs de la Galilée eu Uabylonie et vice versa. Nous avons déjà parlé plus haut, de Lévi bar Sisal qui quitta la Galilée pour aller en Mésopotamie, et de R. Zeéra qui traversa TEuphrate pour étudier à Tibériade. liais il y atsit des rabbins qui portaient le nom de unahôté » descendants, parce qu'ils descendent de la Palestine en Mésopotamie, mais qui remontaient austt de la Mésopotamie vers la Galilée. C'étaient des voyageurs de profession qui étaient accueillis avec empressement des deux côtés et qu'on questionnait à leur arrivée sur les décisions prises dans le pays (ju'ils venaient de quitter. R. Dimè ou R. Abdimé et R. Abiu ou Hùbin [msaieat ainsi constamment la navette; on nomme aussi Oula b. Ismaël et d'autres. Etaient-ils toujours des rapporteurs fidèles? Dana notre passage, il parait que non. — Voici encore un autre fait qui résulta du passage que nous citons. Les docteurs nommés dans la discussion sont Abay. R. Hisdi\, R. Ami, R. Abbà bar Mamal, Ràmi ou R. Ami bar HArnâ et Kàbà. Or, les deux premiers et les deux derniers appartiennent à la Babylouie, Abb;\ b. Marne) et Ami à la Palestine. La dillieulté soulevée [lar l'un ol résolue par l'autre qui est relative à l'opinion de R. L»hanàn, a donc été rapportée par un Galiléen et insérée dans le Babli. R. Hisdà (217-309). disciple respectueux de Rab et < j ai parait encore avoir assisté au procès des jardiniers qu'il raconte avait déjà plus de 80 ans, lorsqu'en 293 il succéda à R. lehoudà comme Résch-Metibtà de Soura. Son récit est intercalé entre les deux avis de Abay et Râbâ, qui donnent deux motifs différents pour l'opinion de R. lôbanAn. Ces deux docteurs, sortis de Téculp de Rabbab. NabménI i:270à330i. étaient à la tète des Académies peuiJaiit la première moitié du quatrième siècle, Abay (:28U à 338) à Poum-Bcdita, Ràbd (299 à 3o2) à Mahouzd, ville fameuse par l'opulence de ses habitants et le luxe eChréné de ses femmes. Sour& n'avait alors aucun mettre célèbre et l'école était en décadence. Abay et Hâb& sont CQmme aatrefoii

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Rab et Samuel, «leux champions descendant souvent dans la lice et discutant sur toutes les mati^^es des sciences rabbiniques. On appliqua à leurs di'putations comme h relie-? de leurs deux prédécesseurs le mot énigmatiijue de havâi/ôf, qui peut se traduire par « rencontres. » Le champ de bataille s'élargit constamment parce que chaque nouvelle géntoitioD^ ajoute les gloses laissées par la génération qui l'a précédée. Nous trouTODS enfin encore dans le passage cité Rémi ou A. Amt b. HAmA, un diâciple obscur de HAbA (cf. SeSahim, 96**), auquel le Babil reproche souvent sa précipitation et son inexactitude. — Il résulte de cette exposition que l'ordre de la rédaction est à tout point défectueux. Voici comment, à notre avis, les parties de notre texte devraient être disposées : La divergence des opinions entre Uab et H. lôhanAn devait être suivie de l'objection que Abba b. Marnai t'ait à Ami; puis viendrait le récit de R. HisdA qui prouverait qu'il n'y a pas de désaccord entre Ràb et R. léhanAn ; à ce récit succéderaient Texplication d'Abay qui est contraire à la conclusion R. Hisd&, Tobjectiou de RAmi et la réponse de Râbâ. De cette manière, la logique et la chronologie recevraient pleine satisfaction.

Si nous nous sommes arrêtés plus qu'il ne convient peut-être h cette page du Talnuid. c'est que nous avons cru donner ainsi au lecteur une image fidèle de la marche suivie dans l'ouvrage que nous nous sommes chargé de lui faire connaître. Mais nous voulons en tirer aussi une conclusion sur la méthode suivie dans la composition de rouvrage» Les amorélm qui prennent la parole dans notre morceau remplissent presque un siècle et demi, la moitié du temps qu'occupe l'activité des maîtres. Nous parlerons plus bas rapidement de la seconde moitié de cette époque; mais nous pouvons être certain d'avance que leur méthode ne différera guère <le celles de leurs prédécesseurs. Nous nous croyons en droit d'afiirmer qu'il y a plusieurs couches de rédaction. La MischnAh écrite par R. lehoudA hannàsi était le texte qu'étudiait sans l'apporter au Bét-Hammidrasch la première génération des docteurs; leurs observations et discussions étaient notées par les disciples et ajoutées comme gloses à la Mischnâh. Le grand recueil ainsi annoté servait de base pour les leçons à faire dans les écoles à la génération suivante. On ne se contentait pas d'augmenter bon nombre de gloses qui existaient déjà, on intercala, changea et compléta les notes des devanciers. Une troisième génération faisait comme la précédente et ;iinsi de suite. Quelque chose de semblable était déjà arrivé, nous le supposions du moins, lors de la rédaction de la MischnAh, et nous avons essayé d'expliquer par là le désordre que présente la suite des paragraphes dans l'ouvrage de R. lehoudA. C'était beaucoup moins grave dans un code oii Ton donnait sèchement les décisions souvent divergentes des tanAim, que dans le Talmud, où les entretiens et les discussions occupent ime place si importante. Dans ces luttes, les sujets s'affinent, on coupe, comme on dit vulgairement, un cheveu en quatre, et de distinction à distineti(m. on arrive à ce degré de subtihlé qui éttJiiiie et effraye dans une compilation aussi étendue. A force de vouloir déployer les ressources de sa sagacité, on invente des cas souvent biiarres pour exercer A leur solution les élèves qui aiBuent

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an\ rrolt^?. C'est du rpsto un di^faut qUP nos raMiins partatr^'nt avor rprtains (loctnurs do la srolastiquf dans lo moyen ù'^v. Uah Iehoiid;\, le disciple de Ualt ot de Samuçl, paraît avoir pt<^ le ]ireiiiier ijui égarât dans cette fausse direction les écoles de la Mésopotamie et Tépithète de schinéna que de temps en temps lui koce Samuel, le froià obsenwlnir én astres, le méthodique calculateur e^médecin, me paraît platètcoiileDiriHi blâme qu*un éloge ; le mot signifie plutôt « ÛDassier » que « sagaoe >. Cest un Babylonien de la génération venue après cdle de ce RabIellOUdi,iiD Ral) lirmeyAli, qui, une fois établi en Palestine, qualifie ses anciens compalrintes de sots (H. AV/'Hz/yô/. 75 a.). Kxelu de récole dans sou pays natal à cause de son incapacité notoire, R. lirmeïah devint célèbre à Tibériade, et en parlant de sa jeunesse, il dit : « Sur cette terre de ténèbres, l'uilfilligence s'obscurcit » {Menâhôtr 52 a.). — Chaque couple de amorilm qui suit renchérit sous ce rapport sur ceux que nous connaissons déjt La simplicité de Tesprit se perd, la simplicité du coeur s'en va quelquefois en même temps. Les docteurs sont plus fiers des triomphes qu'ils remportent dans ces luttes stériles que leurs ancêtres ne l'avaient été des victoires remportées sur les Romains; ils deviennent quolijiu'fois présoiiijttut'ux et méprisent les bonnnes qui cherchent ailleurs (jue ddii? les étu<ies rabbiniques les occupations de leur vie et la satisfaction «le leur esprit. L absence d'un raisonnement droit se fait toujours sentir plus ou moins dans les mœurs d*une époque et lorsque rintelligenee s'égare dans des voies tortueuses, le sentiment du juste et de l'injuste s'obscurcit en même temps. Ràbâ stigmatise commodes esprits frivoles les£smilicra du médecin Benjamin qui tenaient ce propos : «Quel avantage avons-nous jamais tiré de nos docteurs! ils ne sont parvenus avoc leur dialectique ni à n(tns permettre le corbeau ni à non»; défendre K'f pii^eons. » Abay. d'arcord avec R, lôséph, qualifie de nit^iue ceux qui diïuieut : w A quoi nous servent ces maîtres? S'ils étudient rEcrilure, c'est pour eux; s'ils étudient la Misebnâh, e'est encore pour eux! » (B. Sanhédrin, fol. 99 b. • tOO a.). $ans doute, les rabbins d'alors aTsient mérité rindifférence que le public témoignait pour lenrs études. — de là probablement la iDédiocrité des docteurs pendant les années qui suivent la mort de lUlbà. Ce n'est que vers le dernier quart du quatrième sièele qu'a])rès R. Nahman l». Isaac, dont la mort (330) nianpie la décaderire il(> l écolc de Pouui-liedîtA et R. Papa, assez riche pour établir à Narès, près de Soura, une metibtà qui n'a aucun éclat et qui touibeavec lui (375), on voit reparaître un docteur important, dont lactivité inlatigable iiiit époque dans la rédaction du Babil. R. Aschi (352 à 4S7}, issu d une ancienne fiemnille babylonienne, se mit, jeune encore, à la tête de l'académie de Soura. Il commença par fiiire démolir la vieille école élevée par Rab pour la remplacer par une forte et solide construction qui abrita pendant plusieurs siècles les rabbins et chefs de la metibt!\. niéiTie il y enseif;na pendant cinquante-deux ans et eut ainsi le temps de parcourir deux fois avec ses nombreux disciples toutes les matières dei études talmudiques, telles que deux siècles d'études continuelles les avaient amassées. A chacune de ces deux réunions annuelles (kallekjt on exposait quelques chapitres de la MischnAh avec las gloses etles glo-

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ses des gloses telles que maître et disciples les avaient pn^pan'es dans les longs intervalles qui séparaifnt les deux sessions. Nous supposions deux grandes couches Lalunidiques, l'une après l'époque de Rab et Samuel, l'autre après celle d'Âbay etRAbft. Aces havayôt s'ajoutait cette fois une dernière couche qui, non seulement complétait les andennes notes par les tiafaux des derniers araoràïm, mais qui les révisait et les rédigeait à nouveau, selon les vues de R. Asclii. Si ce n'était pas eneoi^ la condu^ sion définitive de la gueniàrA, c'était du moins im acheminement pour y parvenir. — Le moment était du reste bien choisi; il fallait abriter le fruit de tant d'efforts si l'on avait le désir d'en profiter. L'état des Juifs devenait grave; partout de gros nuages s'amoncelaient sur leurs têtes. L'empire chrétien les menaçait", Alexandrie les expulsait, la Perse ellemême sous lezdedjerd III et son successeur (440-457) les persécutaient. Depuis Tavénement des Sasanides, la religion de Zoroastre reprit son empire ancien sur toute la Mésopotamie. Les premiers rois de cette dynastie étaient modérés et tolérants. On a vu les rapports * x( olli nts -que Samuel entretenait avec Schabour. Les mages se conlfutaient de poursuivre les Juifs par des taipiineries continuelles, mais ils n'allaient pas l)ien loin. Les soirs du Sabbat, ils faisaient quelquefois irruption dans les maisons et y éteignaient la lumière quc^ d'après une habitude ancienne, on avait Thabitude d*y allumer. Us ne permettaient pas qu*on allumât pour la fête des Âsmonéens les feux de joie qu'on brûlait annuellement pendant huit jours dans les maisons juives; . U fallait dans tous les cas les garder dans l'intérieur de manière à les soustraire à la vue sur la voie publique. Souvent un prêtre enlevait de l'àtre un tison qu'il apportait trioiiipluilenient dans son temple, et le Juif avait la niortilication d'avoir b»ui-ni du bois au culte païen. La nouvel!*' do ces tracasseries était apportée à Tibériade et R. lOhanàn s'en plaiut amèrement. Les chrétiens de la Perse souffrirent également de Textension que prit alois le magisme et une lettre, écrite alors par un évéque de ce pays à Tempereur de Byzance, témoigne de leur mécontentement. Les Juifii qui ne possédaient nulle part une puissance temporelle à laquelle ils pussent s'adresser communiquaient discrètement leurs plaintes douloureuses à leurs frères en Palestine. Mais sous lezdedjerd 'le fanatisme des ma^^es ne connut plus de bornes. On enlevait les enfants juifs pour les élever dans la religion de Zoruaâtre ot les grandes assemblées hi^nnuelles à Sourà furent interdites. Il fallut donc que les succès- «eursdeR. Aschi, Rabba Tosfàèh et surtout R. Abinà on Rablnâ s'unissent pour continuer l'œuvre immense que Asch!, malgré un travail non interrompu de plus d'un demi-siècle, n'avaitpas terminée. — Rabloà marque l'achèvement définitif du Talmnd. Comme autrefois le lerouschalml, le Bablî dut sa rédaction finale aux malheurs qui Huidirent sur les docteurs. Ne pouvant plus eoiitinuer l'ouvre, il fallut bien la déclarer complète. L'enseignement dans les écoles étant interrompu, il n'y avait plus d'amoràim. Toute la sollicitude du siècle qui suit est tournée vers l'héritage des anciens. On ose encore soulever quelques questions, mais en y ajoutant soi-même la réponse; ce n'est pas une opposition qu'on risque, c'est une difficulté qu'on prévient. On cherche à édaiicir

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par (les gloses les pa^sa^n^s obscurs, on tire quelques décision» des procès-verbaux «bs lit ljats i\\\\)n a sous les yeux; niais ce n'est pas la faute de ces rabbins, si peu à peu, dans de nouvelles copies, leurs gloses, modestement placées à la marge, se glissent dans les testes. Os rabbins portent même un nonyeau nom; de même que les taoâim étaient eonsidérés comme supérieurs aux amorftlm, ceux-d prenaisnt dorénavant une place d'honneur par rapport aux t^bôrâé^ ou ceux (]uiiie s'arrogeaient plus que le droit « de faire des suppositions. »Tout le sixième sit»cle et une partie du septième jusqu'à bi cniiqn»^te de bi Perse parles Arabes sont occupés par ces diaskcuastcs. favorisés pendant une partie de cette époque par le gouvernement doux et tolérant d'Auouscbirvàn. Ils remirent eufm le Talmud tel qu'il nôus est parvenu, entre les mains des Gwénîm « les gloires (des académies) * comme on appelait sous l« Khalifes les maîtres qui dorénavant expliquaient à Soura et à Poum- Bedita le vaste recueil de la Guemara, comme autrefois les amonlm avaient inter])rété la Mischnàh. — La manière dont nous avons exposé l'origine et le développement du Talmud n'est pas celle qui est adoptée généralement. De mé.uje que pour biMiscbn;lb (voy. ci-dessus, p. 1018), une opiniou persiste à croire qu'aucune partie de la gueniàni n'a été mise par écrit avant Habiuâ; la rédaction de R. Aschl elle-même aurait été orale. Des hommes considérables tels que S. D. Luzxatto (Kérmekémèd, périodique hébr., vol. IV) et M. Grstc {Gefchkhte d, Juim, vol. IV) sont de cet avis. En dehors dû passage dté plus haut, où noas n'avons vu qu'une défense d'enseigner en ayant un livre écrit devant soi, l'argument principal de ces savants est tiré d'un document célèbre dans les annales juives, nous voulons parler delà Réponse do gi\ôn H. Sclierirjl et de son fils 11. Ilay (vers 987) aux rabbins de Kairouàn qui avalent interrogé ces premiers dignitaires du judaïsme sur les questions mêmes qui nous occupent. La lettre de R. Scheriré et de wn fils est en effet d'une hante importance et c'est presque la source onique pour l'histoire et la chronologie des quatre à dnq siècles qui s'étsient écoulés depuis Rabtnâ jusqu'à eux. Mais on peut se demander si, pour résoudre bi question sur l'origine de la rédaction du Talmud. Scherirà et Hay s'appuyaient sur une tradition autbeutique. Une étude altoutive de la paiii(! quebjue peu enibrnuiUée du )'espo)isui/i qui concerne ce sujet nous parait uu contraire indiquer qu'à l'acadéime ou était réduit à raisonner d'après les même passages talroudiqnes que nous avons sooi les yeux sans qu'on y eût conservé un témoignage écrit qui remontât sa cinquième siècle. Sans doute, une opinion ancienne comme celle de ces deux Gaôntm est fort respect^ible, mais elle ne saurait en rienrestreindie la liberté de notre jugement. On tire un argument pour l'opinion, que le Talmud éUiit seulement conservé dans la mémoire des docteurs, des mots mnéinoteciiniques qu'on rencontre encore aujourd'bui dans les éditions imprimées de cet ouvrage, et qui étaient bien plus nombreux dans les anciens manuscrits. On prétend que ces simânim, comme OD I P p > lait ces mots, aient seuls été mis pa r écri t , et qu'ils aient servi eomme guides pour l'élaboration et rédaction définitive des diven traités. A notra avis, on aurait ainsi possédé un moyen tout à &it insuiiOsantpiNir

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rappeler les longues discussions des docteurs sur un sujet. On comprenp beaucoup mieux que le maître, à qui il était (l<^fon(îu «l'apporter un livre à l'école et qui avait «'tudié les matières de son onseigiiemcnt avant de s'y rendre, ait écrit ces simàuini à son usage afin do se rappeler l'ordre qu'il devait suivre dans son exposition. Un mot, voire même une lettre, lui rendait fort bien ce service. — Le langage du Babil est fort mélangé. Des pages entières écrites en néohébralqueâtement avec d'autres pages d'un araméen babylonien, ressemblant fort au syriaque oriental et se distinguant nettement del'araméen employé parle lerouscbaiml. Les aphérèses et les abréviations sont l»paucoup plus rares; jusque dans les noms propres : on voit dans le Bulili Ahba, Afas, Aboun, etc., où h lerouschalm! a Bâ, Fas, Bonn, otc; liét-ScliéArim, villr prè* de Sépphoris où dHinfurait Rabbi, se transforme dans le dialecte palestinien et se réduit eu liè- Scharal et ainsi de suite. Souvent, au miUeu d'une phrase araméenne, oo rencontre des mots hébreux, ce qui provient, il est vrai, quelquefois d*iin copiste, puisqu'on retrouve dans d'autres recueils la même phrasQ sans ce mélange. On remarque aussi de temps en temps une intention dans cette irruption de l'hébreu au milieu d'un texte araméen; Dieu ou la voix céleste [bal-kôl, litt., fiUc de voix) sont introduits parlant hébreu à la place de la langue vulgaire dont so sort le narrateur, pour tout le .reste ; ailleurs, c'est le Messie qui préfère la langue sacrée (Sanhedtriny 986). Le style est serré, par suite du grand nombre "d'expressions de convention où un seul mot remplace une proposition entière ; la constructioD est négligée, comme cela a lieu dans une dis- 'cussion vive qu'on ressaisirait par la sténographie. On citerait difficilement un second exemple d'un ouvrage aussi étendu dont toutes les parties seraient compo>ées avec un tel parti pris de n'avoir aucun souci de la forme. Nous voyons dans cette su})rènie incurie une preuve de plus qu'il n'y avait pour le Talmud ni rédaction ni rédacteur dans le sens que nous attachons à ces mots: ce sont des couches qui se sont superposées les unes sur les autres en se pénétrant souvent mutuellement. On a parlé de la « mer du Talmud » (yam-Aa/to/mtMf) : l'image serait peut* être plus exacte si Ton pensait à ces terrains d^uUuvion que les dépôts successifs de plusieurs siècles viennent accroître et augmenter au gpré des vagues qui les lancent sur le rivage. — Le Bahlî, comme le lérouschalmî, n'a pas de gloses pour tous les traités. La première section n'a de guein;irà que pour le traité de Beràchôt, ou des Eulogies, tandis que le talmud de Jérusalem est complet pour ce séder. Babil et lerouschalml sont également pauvres pour la sixième section où le traité de Niddâk, ou « la femme à l'époque de son impureté » est seul pourvu d'une guemàrft. Quelques traités épars dans les autres sections de la Mischnâh, tels que « Schekdlhn » u des Sicles, » Abôt^ « les (apophtegmes des) Pères, » Middùl « les mesures (du Temple) » manquent aussi de gloses. Los traités ainsi dépourvus de commentaires et (jui concernent presque tous des lois sans application après la destruction du temple et hors de la Palestine n'ont probablement jamais servi de thème spécial aux grandes réunions semestrielles, et les matières dont ils s'occupent étaient élucidées acddentellement lorsque, par un* point quelconque, elles étaient

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mises en ruppurt avec celles qu'un disciflait. Aucun paragraphe dé la Miflchnàh n'egt resté sans qu'il ait été commenté en passant à quelque endroit du Talmud. (On a, dans ces dernières années, publié une 9110mârâ sur Abdt (1878) et sur Kéiim, en réunissant sous chaque pangraphe de ces traités, restés sans gloso, tuiitns ]ps explications qoi n trouvaient éparscs dans les autres parties du Talmud).

Nous n'avons pas encore parlé de la hagùdnh ou de la pi»rlion hoiiiilétiquo ou lôj^^endairr df^ la t;uenii\r;\ (voy. ci-dessus, p. 101 1 . Kii etl'et, elle eu est un liors-d'œuvre, très inégalement distribué entre les parties balachiques auxquelles elle est rattachée par un lien fort léger. Elle a dù être empruntée à des ouvrages spéciaux, ou recueillis de la bouche, soit des prédicateurs, soit- des conteurs. Certains traités ont paru psrtiealièrement propres à servir de récipient pour la liag{\dàh, p. e. le traité de Derôchôt, de Tdatitt « des jeunes, » d'Abôdâh Zârûh « de l'idolâtrie, » rte. Ce sont presque toujours les niêmos durteurs qui parai??ent dans la lialàchà ; K. lôhamln, R. EhlzAr Immi Pcdat cl K'urs successeurs en Palestijic, Rab, Sauuiel, R. leiioiula el les autres ainoràmi d-' la Babylouie nous ont laissé des fragnienls de leur activité agadique. D'autres rabbins, comme R. IdnàtAn, son disciple R. Samuel b. mAn ou Nabmént s*oocupent presque exclusivement de la prédiestioo. En dehors des sujets que nous avons mentionnés plus haut, il y s dM ordonnances médicales, en général peu scientifiques puisque les saperstitions babyloniennes y jouent le rôle principal : puis, des contes fantaisistes qui téaiuignent souvent d'une iin;igin;ition extnivaL'.'uite qu'aucune mesure n'arrête; enlin, un grand nombre de proverbes [lûjtiilaires, qui prouvent que les discussions de casuistique n ont pas fait perdre tout à fait aux rabbins le goût de la vie ordinaire. Mais la plupart du temps la hagAdàh contient des préceptes de la morale la plus élevés: la charité la plus exquise, la tolérance la plus large, la piété la plm douce n'y sont pas seulement enseignées ; elles sont presque toujooi» acctunpagnées d'exemples illustres qui montraient la morale eu action. Certes, dans une série de sentences et de faits, «|ui embrasse tant de siècles et où tant d bommes sont mis en scène, il ne manque pas des passages qui révèlent un esprit étroit, des sentiments exclusifs, des conceptions fausses des choses divines et humaiues. Les persécutés n*eot pas toujours pardonné à leurs oppresseurs, les martyrs n*ont i> toojours Ijéni leurs bourreaux. Le moment oii la hag^à a été incorporée dans le Talmud, était un temps bien dur pour les Juifs, et on n'avait pas le courage de faire disparaître certains apophthegmes qui sont emiireints d'une grande dureté, et que les ennemis des rabbins ont eu Soin de recueillir et de réunira part, en faisant accroire aux lecteurs malveillants que c'était là le T;ilmud. Mais, la hagi\d;\h appartient aui Midrâschimf et entre dans la même catégorie que le Midrasi.h rabbd sur le Pentateuque et les cinq Megillôt, le Tanhouma, les deux PètiM et tant d'autres ouvrages, écios pendant les dix premiers siècles de l'ère chrétienne. (Voy. Zyxnz^ Die gottesdiemtlichen Vortrœge derM n, Be^ lin, 1(S3:2). Il serait même superflu de donner ici des exemples de cette littérature étendue. Le fanatisme antgudalque a in^iré un

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nombre d'écrits et de gF08 volumes, remplis de tout ce que la hagâ4àh et les midràschlm peuvent contenir de blâmable, et souvent on y a doniif' îiiix passades ritrs un son^of une portée qu'ils n'avaient pas (voir les ouvrages d'Ei^oiiiuon-rer, Srliutit, Wagensoil et autres. — Contre le Talmud. en général, ceux de Uayniond Martin, Alphiuise de Spina, etc. parmi les anciens, et, récemment: Robling, Der Talmufijude, 4871. — D'autre part, les Juifs ont répoodu en publiant des anthologies, renfermant les fleurs les plus charmantes de ce vaste champ agadique. (Voir lee travaux de Zuni, Grûnbaum, Giuseppe Lévi, leaac Lévy, Klein, Michel Weill, etc. Parmi les auteurs chrétiens, il faut signaler: Nobel, Aritisches liichtschwert fur Hohlîngs Talmudjude, t881 ; Franz Delitsscb, Rohliiiffs Tnlmudjude, beletichtet, 5" édition, 1881). — Il est facile, en comparant ces proiluctions diverses, do <r former un jugement indépendant que nous n'avons nullement la prétention de diriger. — Le Talmud a eu son histoire lamentable, elle est celle des Juifs euxmêmes. Il a été plus d'une fois cité à la barre des tribunaux ecclésiastiques et condamné à être brûlé, tout comme un hérétique; les discussions entre certains rabbins célèbres qui défendaient le Talmud et des moines» la plupart des néophytes» qui recensaient avec véhémence, étaient presque toujours suivies de ces holocaustes, où des milliers de livres hébreux périrent dans les flammes ; les propriétaires allaient souvent rejoindre les chers trésors qu'on leur avait arrachés. (Voir, entre autres, le curieux docunient. publié par M. Isidore Lieb dans la Bévue des éludes juives, I, 2i7 et suiv.; II, 2AH et suiv.; III, 39 et suiv.). Mais, pour notre sujet, nous signalons ce fait seulement, pour expli(juer la grande rareté des manuscrits du Talmud, qui ont pu servir à établir un texte correct de cet ouvrage. Depuis quelques années seulement» un talmudiste habile et distingué, M. Raphafil Rabbinowicx, publie à Munich, oh se trouve le seul manuscrit complet du Babil, les variantes de ce manuscrit, en y ajoutant celles des traités détachés dont les copies ^e trouvent dispersées dans les grandes bibliothèques de l'Europe. Oxford, Paris. Florence, le Vatican lui ont fourni de riches contingents. Los anciens commentateurs où des passages du Taliuutl sont cités, les niidrAscliim qui en reproiluisent souvent des pages entières, lui ont égaleiiicnt donné une abondante moisson de leçons. C'est un labeur considérable que M. Rabbiaowicz a entrepris avec un savoir étendu et un courage patient qui sont au-dessus de tout éloge. Douze volumes de l'ouvrage intitulé IHkdouké Sôferim « Finesses des scribes, » Varim ieeiûmes in MUeknam et Talmud babylowieum, etc. ont déjà paru (1867- 1882). Ils contiennent les variantes des deux premières sections en entier, et de la majeure partie de la quatrième section. Dans les préfaces, placées en tétc de ces douze volumes. M, Rabbinowicz décrit aver beaucoup de soin les manuscrits dont il s'est servi. Une grande partie du 'VUI* volume est consacrée à une énumération détaillée des ditl'erentes éditions des douze tomes dans lesquels le Talmud a été dès le début distribué. On a, il est vrai, d'abord imprimé à Sonzino et Pesaro un petit nombre de traités détachés. Le traité de Btràthôu le premier qui parût, porte à la fin la date du 20 tébèt 5244 de la création (janvier

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l-'jR'i). Mai?, (lo? l'aiinép 1520, la cAlrbrc officino de Daniel Bomberg. à Vonise, entreprit plusieurs éditions de l'ouvrafre tout entier. Li première édition, déj'i accompagnée de nombreux commentaires, fut terminée en moins de quatre ans. Ces éditions, gurtoul celles des traités séparés sont derenues fort isres, et quelques-unes sont presque introonbles. Un lîehe particulier de Munich, M. Merzbacher, les a recherchéss à grands fiais dans les trois parties du monde, et a mis les exemplairei généreusement à la disposition de son savant ami. Dbs les premières impressions, on a eu l'idée, émineiiiinent pratique, d'adopter la même pagination partout, ce qui rend les citations très faciles. Les at:i«?f^meiits do la censure à l'égard des diverses éditions du Talmud sont f.irt curieu.x. L'édition de Bàle (1578-1581) est particulièrement iuelruclive. Non seulement les termes équivoques y ftirent changés et des moreesax qualifiée d'antiehrétiens supprimés, mais on interdit Timpression d'va traité entier, celui de Vldolâtrie^ bien qu'il s*occupe ezclusivemeat do culte païen. — Daniel Bomberg a en même temps publié le leroaschahnl dont on ne Connaît aujourd'hui j^uêre de manuscrit. Le préten ln manuscrit de la bibliothèque d'Erriirt a été définitivetnent rccoiiau pour ne (■(•ulcuir que la TAsefiA (voy. ri-dessus, p. lOlti). 11 a stTvi de baàc, avec un autre manuscrit appartenant à la bibliothèque impériale de Vienne, à l'édition de cet ouvrage par M. Zuckernisodl, actuellement rabbin à Trêves (Pasewalk, 1880). Le lerousehalrol a été do tout temps beaucoup plus négligé que le BablL Pendant des siècles entiers, les académies de la Babylonie sous les Gaénlm le mentionnent h' peine. On peut déterminer presque géographiquement les contrées où il a pénétré. Mais ceci fait partie de l'histoire fort intércssauto des études talinudiques, en .\sie, au nord de IWfrique, particulièremeul à Kuiroudn, dans la partie méridionale de l'Italie, à Bàri, à Otrante, à Rome, etc., en Espagne, en France et, sur les bords do Rhin, dans les villes de Mayence, Worms et Spire. Nous n'avons pu à nous en occuper id. — Nous parlions tout i l'heure de l'intérêt que présente Thistoire des études talmudiques, nous ajouterons quecet intérêt n'est pas exclusivement juif; la civilisation générale a eu sa part, disons une part importante, dans le prog^n'^s et le développement de C'^s études. Si certains esprits se sont rapetisses et jiervertis dans d.' tels débats minulieu.x et stériles, d'autres y ont acquis les (jualités d'uûc vive pénétration et d'une dialectique serrée. Des rabbins qui anient d'abord exercé et affiné lear intelligenoe dans les écoles talmudiqoes, l'appliquaient ensuite à d'autres sciences qu'ils fécondaient et dévdeppaient. La philosophie de Saadiâ, de Maimouide et de tant d'autres penseurs juifs a sa racine dans la Bible et le 'Falniud. Les premien traducteurs d'Arisfole et dWverroès ont pa?sé leur jeunesse dans les écoles rabbiniques. La scolastique était une sorte df féodalité et l'université une aristocratie; l'école juive était une démocratie et les plus bumbles eu emportaient quelques lambeaux de science qui l6l garantissaient des ténèbres, qui pendant tant de siècles couvrirent l'univers. Si les Juifs n'ont pas connu l'ignorance du moyen âge, e'sst au Talmud qu'Os le doivent. Joseph Derbubocbo.

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TâNDEBARATZ (de), Cunille protestante qui figure à La Roehdle à partir

de 1588, date du mariijgc de Pierre àv Tandebaratz avec GuiUemette Dargttcric. Le 26 avril 16:27 Jehan de Tandebaratz fut reçu en la communauté et bourgeoisie de La Rochelle et prôta serment en cette qualité. Fils de Pierre <le Tandebaratz, Jean épousa en 1623 Suzanne Gautron, dont il eut six enfants, parmi lesquels nous citerons le pasteur Jacques de Tandebaratz qui suivra, et son frère Daniel, aïeul de Marguerite, mariée le 23 avril 1725 à Samuel Joseph Meschiuet de Richemond. Consacré à Aytré en 1655, le pasteur Jacques de Tandeliar&ti reçut en 1660 Tocatioii du consistoire de La Rochelle. En 1680, il fut injustement condamné par l'intendant de Demuyn à mille livres d*amende. Il fut chargé en 1682 de haranguer révèque de La Rochelle, Henri de Laval, venu en personne au tt niple, signifier au consistoire l'avertissement du i*"" juillet, et il répandit à ce prélat avec beaucoup de di{;nité, de force et de modération. Kn 168i, il fut jeté à la Bastille avec ses collègues Daniel Henry de Laizemeut et Théodore de Blanc, et n'en sortit (}ue pour se rendre sur la terre étrangère, à la révocation de l'édit de Nantes.

TAYLER (John- James), historien anglican, né à Londres en 17U7, éUiit, du côté maternel, issu d*une famille française huguenote réftigiée en Angleterre pendant les persécutions. Son pbre, James Tayler, pasteur à Nottingham, l'envoya à l'âge de dix-sept ans compléter ses études au nouveau collège presbytérien de Manchester, puis à celui de Glasgow, oà il prit son grade de bachelier. Nommé en 1821 pasteur de la congrégation unitaire de Manchester, et désireux, selon le vœu des chrétiens de cette dénomination, de faire niarclier de concert chez la jeunesse l'instruction religieuse et la culture générale de l'esprit, il y donna des cours publics de littérature et d'histoire, dunt l un, en particulier, publié plus tard à deux reprises sous le titre: Retrospect victv of religious life m England est cité par Tillustre professeur Martineau comme « la plus, attrayante des histoires ecclésiastiques. » Il formait en même temps le plan d'un nouveau cours d'histoire générale, également destiné à la jeunesse, lorsqu'une fatigue de tète, causée par la multiplicité de ses travaux, l'obligea momentanément à quitter sa chaire. Il consacra ce temps de repos à un voyage en Allemagne, où il suivit les cours fie Gieseler, de \V. Schlefrel, de Brandiss, etc., et où il recueillit sur l'étal politique, r. ligieu.x cl scientifique de ce pays d'instructifs reuseignements qui nous ont été conservés et qui n'ont pas été sans influence sur l'éteudue et la profondeur des vues religieuses de Tayler. — De retour en Angleterre, il fut nommé en 1840 professeur au collège unitaire de Manchester, et en 1853, lorsque • ce collège, déjà auparavant affilié à l'université de Londres, eut été défi- DÎtivemeut transporté dans cette ville, à !'( nseignement de Thistoire de l'Eglise, dont il avait été d*abord chargé, il fut invité à joindre celui de la tht^ologie dogmatique et prati(îue; en outre, nonnné à l'unanimité principal de ce collège; plus tard entin, la chaire de théologie étant devenue vacante fut aussi confiée à Tayler. Mais, dans ce nouveau poste, la largeur de ses vues sur l'autorité des livres saints, malgré le pieu.x respect dont elles étaient empreintes, déplut aux unitaires de Londres. Sec*

TAYLER — TER HAAR

tateun attardés du soc ou étroit liltéraiisnie de Prieslley, il fut l'objet d'une protestation contre la nomination qui venait d'avoir Vmi. En fait, Taylor peut èlio considéré comme l'un des chels de cetto iiiodenu' ♦ixile uuitaire, dt ja si nombreuses en Amérique, qui, entièreriKMit (ietarhéc de celle de Prieslley, et inibue comme celle de Ghanuiiig de l'acliMté pratique et de l'oDCtion du sentiment chrétien, lui est supérieure eD sdencd. critique et historique, ^ràce aux lumières et à riropulnoii qu'elle a reçues de TMemagne. « Ma foi, disait Tsyler dans l'élémeot spirituel du christianisme, dans l'esprit qui a fait de Jésus et de Paul ce qu'ils ont été, dans la conformité de cet esprit avec les besoins de notre nature, s'est constamment accrue à mesure que j'ai examiné plus librotnont et sans crainte les documents historiques du christianisme. Sa libre recherche cxlt-rifure a été pour moi l'alinjcnt d'une foi InU' ;vt'/</'e tou jours plus prol'. iiide. » — De tels principes trouvèrent des amis intelligents dans la congré^jation de Tayler, qui, a une forte majorité, le continua daus ses fonctions; et en 4869, il fut, plus honorableoMot encore, délégué parles églises unitaires d'Angleterre auprès ds eellei de Transylvanie qui célébraient à Torda le troisième centenaire èi leur fondation. Il y reçut, non seulement des chefs de ces églises, mais de la population tout entière, laccueil le plus hospitalier et le plu> ibiteur. — Mais sa santé, ébranlée depuis plusieurs années parlaptrtd'une épouse chérie et celle d un lils dont l'esprit et le caractèn' avaient rempM son civnv des plus douces e--;pci'auces, ne put supporter le? fati};ues d'un si lony; voya|^e ; il mourut deux iiioi.s après ton r^-tour. laissant chez sou troupeau, ses élèves, ses collègues, et tous ceiu quj Favaient connu, d'unanimes regrets. « Jamais, dans le cours JemaTie, écrit son ami^ M. Martineau, je n*ai rencontré une nature plus donn et plus pure, une culture d'esprit plus riche et mieux pondérée. Pes d'hommes aussi simples et aussi modestes ont exercé uneinBuesee aussi étendue. Voici maintenant en quels termes il a caractéiisési prédication. « Lorsqu'il se levait pour parler en public, on pom"ait craindre que sa voix naturellement faible ne réussît point à se faire entendre. Mais aussitôt qu'il abordait la pensée dont son cœur étail plein, s'il ne trouvait pas le chemin du vôtre, s'il ne vous rappt'laparfois celui (|ui parlait avec autorité et non connne les àcribes, ou d? saurait dire quel langage était capable de vous émouvoir. » — 'h'j^ a laissé un très grand nombre d'ouvrages plus ou moins étendus éost la liste se trouve à la fin de sa correspondance. Nous nousbononii indiquer quelques-uns des principaux. Outre ses Christian aspects son ^e/ros^ec/5 déjà cités : The pcrpeluitry of Christian dispetuatw»: An nltempt to dsnntain the charnter of the gospel ; C hristumtif wh^ is tt or wliat had it done ; A Cat/iolir f firistian ckurch a icant of our tinte. — Mais de tous ces ouvrages celui qui le fait le Uii< ui omnaître, c'est sa correspoudauce recueillie en i87i par sa lille, màmt Oster Smith, 2 vol.

TBR HAAB (Bernard), historien poète néerlandais, né à Amsteidsoiie 13 juin 1806, dhme &mille de marchands. A dix-sept ans, il ooouDesçi ses études littéraires et théologiques à l'Athénée de sa ville natale etk*

TËU ilÀÀU — TëSTâUD 1039

acheva à Tuoiversité de Leyde, ipii, en 1839, lui décerna le diplôme de docteur en théologie. Après avoir rempli les fonctions de pasteur successivement à Emnes-Binnen, Arnheim, Vlardingen et Leyde (1825-43), son talent oratoire et poétique le fit appeler en cette qualité h Amsterdam. Il n'était pas moins remarquable comme historien; à la mort de Royards, il fut nomiué à la chair de théologie historique d'IJtrecht. (}u'il occupa pendant vingt années avec une grande distinction (1854-74). 11 fut promu à la dignité de recteur de ladite université, de 1859^, déclaré émérite et mourut dans sa pittoresque retraite de Velp, près Arnheim (Gueldre) le 19 novembre 1880. Avec MoU, Ter Haar s*e8t eff6rcé de mettre en relief la religion morale et la piété individuelle dans Thistoire ecclésiastique. Ouvrages principaux : Jean et Théogène, légende du siècle apostolique (poésie), Arnheim, 1838; Histoire de la réformation^ en tableaux (couronné par la Société de la Haye pour la défense de la religion chrétienne), 1*^ édit.,La Haye, 18io; n" édit., 1854; Lr mc/ier de Saint-raul (poésie), Amsterdam, 1847; De hislorùv ecclesiastta; et theologiœ inuralis studio, his noslrU diebuSf archisime conjugendo (leçon d'ouverture), Utrecht, 1854; trois recueils de poésies, Aruheim, 1857 et 1866; De historié» religùmit chrutianm intMe, hodie mmum spreta^ haud sme gravissimo damna coniemneada, Utrecht, 1860; Qm étaii Jésus? dix lectures sur la vie de Jésus d^. Henan, Utrecht, 1864; ' L," histurioijrajihif' de Vhistoire ecclésiastique^ 2 vol., Utredit, 1870-71.

TÉROUANNE {Torvenna, Pas-de-Calais, episcopatus Morinorum), cheflieu de» Morini, ancienne cité gauloise ruinée par Charles-Quint en 1553. Son évéché, sullragant de Reims, fut supprimé après la pri^e de la ville et servit à former les nouveaux diocèses de Boulogne 1 15()()-1801 ). d'Ypres et Sainl-Omer (voyez ce dernier nomj. Orner on Audomarus lut, on le sait, le plus célèbre évéque de Térouanne. — Voyez larticle SainU Bertin; Gallia ehristiana^ VL; divers travaux insérés dans les Mémiru de la Société des antiquaires, de laMorinie; les auteurs cités par le P. Gams; Giry, Grégoire VII et lesévêquesde Térouanne.

TESTâRD (Paul), sieur de la Fontaine, pasteur de l'église réformée de Blois et théologien distingué, naquit quelques années avant la lin du seizième siècle ; car "il était plus ancien dans le niinistirc (juc son ami Moïse Amyraiit, lequel vint au monde en 1596. 11 i st surtout connu par le procès que les calvinistes rigides lui suscitèrent, en même temps qu'au célèbre professeur de Saumur, devant le synode national d'Alençoo(i637). Il avait publié, en 1633, une année avant qa*Amyraut ne mit au jour son A^tté de la prédestinaiwnf des thèses latines sur la doctrine de k nature et de la grâce, qui provoquèrent quelque émotion chex les défenseurs du dogme gomariste de Itordrecht : EipT|vix<{v seu sff' nopsis doetrinm de natwraet gratia, Blsesis, 1633. 11 y soutenait la doctrine qui est connue sous le nom d'universalisme hypothétique (voy. le T\nm d'Amyraiit, t. I, 273 et ss). Selon lui, l'invitation ausalutcst universelle; la miséricorde (le Dieu est inlinie, et ne s'étend pas surquel(|ues élus seulement, mais sur tous; aucun décret divin ne prive fatalement personne des bienfaits que procure la mortde Jésus-Christ. Tous peuvent être saavés moyennant la foi. Seulement (et c'est en ceci que Técole de

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