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Saunuir s'arrêtait dans la voie lilxTale qu'elle avait ouverte}, Dieu n'accorde pas à tous l'assurance suffisante pour qu'ils arrivent à faire usage du pouvoir de croire; et si plusieurs périssent, ils ne doivent B*en prendre qu*à eiuc^mémet, la bonté de Dieu restant sauve et entière. Cette restriction était illogique aussi bien qu'opposée à l'esprit de Ykwk" gile; mais il était alors impossible d'aller plus avant dansle libénlisme. C'était beaucoup déjà que d*oser apporter quelque adoucissement au terrible dogme de la prédestination absolue, qui était oncore enseigné dans toute sa rudesse partout ailleurs iju'à l'académie fondée par Duplessis-Mornay ; et nous devons lionort r de notre respect les hommes courageux qui n'ont pas reculé devant cette œuvre si hardie : ils y ont perdu leur tranquillité, leur repos. — Notre théologien, en effet, comparut comme accusé devant le synode d*Alençon (1637) . Le modérateur. Benjamin Basnage, pasteur à Sainte-Hère-Eglise, en Normandie, lui était bostile ; et après s'être arrangé de manière h occupor la chaire, le dimanche 31 mai, il prit pour texte ces paroles de Saint Paul : Je crains rpi'atnsi que le serpent a séduit Eve par ses ru-^es, spmhlnhlement en f/iir[(jur sorti' vns pcnst'es se soient corrompues , se deti amant d*' la simplicitr qui est en Christ {2 Cor. XI, 3). « Sur quoi, dit un document cunteniporain, il prit occasion de parler fort amplement contre des gens qu'il aocusaitde tenir la doctrine de l'évangile trop fade et se dégoôf«rde U simplicité d*icelle, et de vouloir introduire une nouvelle religion etdei dogmes nouveaux qu'ils appelaient méthodes pourdétournOTlesbomines de la simplicité de l'évangile de Christ ; adjousta que l'apAtre nous avait advortis de nous donner garde de telles nouvelles méthodps, ayant exprimt' ce mcsnie mot (Hph. IV, 14). Et opposa le mot ixeOoîe'.ï duquel l'apnslrca usé'encet endroit, méthode, qui toutefois ne désigne pas méthode, mais açfuetf embûche. Et parla en telle sorte que combien qu il n'exprimast pas les noms de MM. Testard et Amyraut, non seulement tous ceux du synode, mais encore la plupart de ceux du lien, entendaient facilement que c'estoità ceux à quiH en vouloit et contre qui se disoieot toutes r es choses. Ce que plusieurs du synode improuvèront grandement et en demeun'^rent fort offensés, d'autant plus que ce jour là estoit crlui delà Pentecoste, auquel on a accoustumé de faire quelque commémoration de Tenvoy du Saint-Esprit sur les apôtres, dont il ne dit un seul mot, et dont la rencontre avec le temps du synode sembloit robliger entièrement non seulement à parler, mais de prendre pour le seul sujet de son presche. » — La majorité de l'assemblée synodale se montra moins intolérante que le modérateur. Testard et Amyraut qui, dès rouverture du synode, étaient accourus à Âlençon pour se défendre, eurent quelque peine -\ obtenir que leur affaire fût examinée : H.i;nagc trouvait toujours ijuelque prétexte pour retarder le momcrit de h bataille, attendant que ses amis fussent plus nombreux ou que les accusés, impatients de ces longueurs, ne quittassent la ville et qu'il fût alors plus facile de les condamner en leur absence. IL fallut pourtant entrer en discussion, d'autant plus que Tacadémie et l'église réformée de Saumur avaient envoyé à Alençon le pasteur et professeur de la Place et un ancien nommé Osan pour rendre témoignage delà pureté de doctrine et de
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rintégritéde vie des aeensés. La discussiou fat longue. Testard, qui parlait toujours le premier, soutint ses thèses avec beaucoup de fermeté et d*éraditioii. On Tiotenrogea plusieurs fois sur Tuniverwlité de Tinvitation, sur le péché origine), sur l'impuissance physique et morale; il eut à expliquer ces paroles hardies qu'il avait prononcées, à savoir: « que les méchants pouvaient <^tre sauvés s'ils voulaient. » En fin de compte le synode eut la sagesse d écarter C€tte guerre théologique qui, dans la sitiiMtion critique où se trouvait l'église réformée aurait été plus déplorable (jue la malveillance ouverte et bientôt la persécution du gouvernement. 11 refusa de s associer aux mesures de rigueur qui étaient réclamées par beaucoup de députés; et malgré les lettres quHl avait reçues des* universités calvinistes de Genève et de Leyde, il se déclara satisfait des explications fournies par les accusés; ceux-ci n'eurent rien à rétracter et furent renvoyés avec honneur. On leur fit promettre seulement d'user de discrétion, de prudence dans la manifestation de leur doctrine, ce qu'ils promirent sans trop de peine, ;\ la condition toutefois qu'on fît t.'iire au?si les étrangers, sans quoi ils se sentiraient libres de ne plus ganlt-r le silence. — La guerre ne lut pourtant qu'assoupie ; elle devait se continuer par les livres : ce n'est pas sans raison qu'on a parlé de la rabies theologica. Aux attaques des adversaires, Testard répliqua par les ouvrages suivants : Apologie pour le sentiment - det Bmngéliqttes touchant la justificathn,Savmnr,i9&è', Z'ajuttement du réformé mi- • soMchiemey entre les erreurs du pilagianisme et du maniehéisme, touchant la grâce universelle, 164 i, in-S'^; Sentiments de P. Testard sur la nature et la grâce; 1649, in-8°. Le P. Lelong lui attribue V Explication du livre de V Apnralypsp, qui parut à Genève en IG'ii.in-S", sous le pseudonyme de Philnlrf/n s Irrnifus. Il y a dans le t. XVII de la collection Conrart de la liibliothè<|np nationale un manuscrit de près de 230 pa^es in-lol.qui n'est pas proprement de notre auteur, mais qui fait connaître sa doctrine : Paraphase des thèses de M. Testard touchant la doctrine de lanatureetde la grâce. — Son fils, qui portait le même prénom fut appelé, dès 1660, au sortir de ses études théologiques, à exercer le ministère dans l'église de Dangeau, dans le pays chartrain. Il avait les opinions dogmatiques de son père, et sous ce rapport on lira avec inté~ rét l'attestation honorable que son église lui donna le dimanche 5 mai "1680, lorsque des infirmités précoces le forcèrent à quitter ce poste : «Le sieur Paul Testard, qui depuis vinj^t ans a exercé le saint ministère au jniliou de nous, a aujourd'hui pris congé de notre église, dans le dessein, s'il plaît au Seigneur, de se retirer à Blois, qui est le lieu de sa naissance... Comme il a travaillé dans l'œuvre du saint ministère d'une manière qui nous a donné bien de Tédification tant par la pure doctrine de la foi qu'il nous apréchée et les autres fonctions de sa charge que par ses bonnes mœurs et son honnête conversation ; aussi il a terminé aujourd'hui par une action qui a eu pour texte ces paroles des Nombres : u JJ Etemel vous bénit et vous conserve; » dont toute notre Eglise a tiré beaucoup de contentement et de consolation. Après le sermon et los prières que Icflit sieur Testard a faites, nous nous sommes embrassés et séparés avec des témoignages réciproques d'a£fectiou et d'amitié,
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